Cor., VI. n. — 2. Ac«., XV
3. Qui misericordià Deî adjutus et gratiâ , se ab eis peccatis abstinuertt , quœ etiam crtmina vocaiitttr, atque illa percuta, sine quibus non hic vivitur, mundare operibus misericordiœ et piis ovationibus non neglexerit, merebitur hinc exire sine peccato, quamvis ciim hic viveret, habuerit nonnuUa peccata : quia sicut ista non defuerunt , ita etiam remédia, quibus purgarenlur, affuerunt. August., Ep. lxxxix, nunc ci.vii, n. 3, tom. ii, col. 543.
REFUTATION DU CATECHISME
» iliiels on ne vit pas en ce monde, par des œuvres » de miséricorde et par do saintes prières , encore » qu'il ne vive pas ici sans p6ché, il méritera d'en ]) SORTIR SANS AUCUN PÉCHÉ; parco que, ajoute ce » grand docteur, comme sa vie n'est pas sans p6i> chô, aussi les remèdes pour les nettoyer ne lui » manquent pas. » Doctrine vraiment sainte, vraiment salutaire, qui honore la grAce et confesse l'iulirniitè. Quiconque croit ainsi avoue ses péchés, et ne laisse pas de connailrc que Dieu les clTace; lui-même touché de son Saint-Esprit, il les lave par un baptême de larmes pieuses; il ne présume point de ses propres forces; mais il remercie humblement celui dont la vertu ôtc de nos âmes les taches que nous y faisons par nos volontés déréglées.
De là il s'ensuit manifestement que la grice , qui nous justifie , lave nos péchés , qu'elle les efface et qu'elle les ôte. Or ce n'est pas la fonction d'un juge de laver et d'ôter les péchés, mais seulement d'absoudre le criminel; de sorte que c'est une pure imagination de croire que la justification du pécheur soit plutôt un acte de juge qui exem]ile du mal de la peine, qu'une action d'un créateur inliniment saint qui elïace le mal de la coulpe.
C'est pourquoi, le second point de notre créance, selon que nous l'avons rapportée', c'est que Dieu nous justifie , non en prononçant , mais en répandant sur nous son Esprit : ce qui montre clairement qu'il nous justifie d'une manière infiniment différente de celle dont on use dans les tribunaux. Aussi les ministres ont été contraints de nier que la justification des pécheurs soit attribuée au Saint-Esprit dans les Ecritures. Erreur grossière et extravagante que Dumoulin enseigne en plusieurs endroits de son Bouclier de la Foi^. Mais l'apôtre saint Paul s'y oppose , écrivant ainsi aux Corinthiens : « Vous » avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez » été JUSTIFIÉS au nom de Notre Seigneur Jésus- » Christ, et en l'esprit de notre Dieu'. » Pouvaitil parler en termes plus clairs? Et encore instruisant son disciple Tite : « Quand, dit-il ■*, la bénignité » de Dieu notre Sauveur nous est apparue, elle » nous a sauvés, non par les couvres de justice que » nous avons faites, mais selon sa miséricorde, par » le lavement de régénération et renouvellement du )> Saint-Esprit, qu'il a répandu sur nous abondam- » ment par Jésus-Christ notre Sauveur. » Je demande à nos adversaires, de quoi nous sauve, selon l'Apôtre, le Saint-Esprit répandu sur nous? N'estce pas des péchés qui nous opprimaient? Par conséquent il nous justifie, puisqu'il nous sauve de nos péchés. Et de là vient que l'Apôtre poursuit en ces mots : « Afin que justifiés par sa grâce , nous » soyons héritiers selon la promesse de vie éler- » nelle. » Saint Paul distinguait-il, comme les ministres, la grâce qui nous régénère, avec celle qui nous justifie? Mais pouvait-il dire plus expressément que nous sommes justifiés parle Sainl-flsprit, et ainsi cpie la justification du pécheur n'est pas une sentence au dehors, mais une action au dedans? Où sont les yeux de nos adversaires, s'ils ne voient pas encore cette vérité?
1. Ci-dessus, ch. 4. — 2. Dumoulin , Bouclier de la Foi, srct. 33, 61 , et ailleurs. — 3. /. Cor., vi. 11. — 1. TH., m. 4,5,6.