Deut., XXX
REFUTATION OU CATECHISME
nos cœurs, cl la sainte charité rôgnanlo pur l'allacluMiiciit au souverain bien.
Comijaraison de notre justice arec celle d'Adam. — Que si nos adversaires ubjecteut que les oi)posilioiis de la convoitise diniinueiil les transports de la charité, nous y consentirons volontiers; et toutefois nous ne craindrons pas d'assurer, avec l'admirable saint Augustin, que la grâce du Saint-Esprit abonde tellement en l'Ame des justes, que leur charité, quoique combattue, a quelque chose de plus vigoureux qu'elle n'avait en Adam notre premier iicre , lors([u'elle y jouissait d'une pleine paix. Car Adam n'avait rien à combatlre dans une si grande félicité, dans une telle facilité de ne pécher pas. « Mainte- » nanl , dit saint Augustin', il faut une liberté » plus grande contre tant de tentations qui n'étaient » pas dans le paradis, alin que ce monde soit sur- » monté avec toutes ses erreurs, toutes ses terreurs » et les attraits de ses fausses amours. » D'où vient celte liberté plus grande, sinon d'une charité plus puissante , que la gr;\ce de Jésus-Christ inspire à ses saints? En elfet, n'est-il pas nécessaire que celte charité soit plus forte et plus fortement attachée à Dieu; puisqu'ayant à se raidir contre tant d'obstacles, malgré tant d'ennemis dedans cl dehors, elle ne laisse pas de dire de tout son cœur : Jésus-Christ est ma vie'^ ; et : Je vis non plus mol, mais Jésus-Christ en moP? Aussi saint Augustin nous enseigne que Dieu mettant Adam dans le paradis, voyait bien qu'il devait tomber; « mais en » même temps il voyait, dit-il ■*, que par sa posté- » rite aidée de la grâce , le diable serait surmonté » avec une plus grande gloire des saints. » Ainsi , quoi que la convoitise entreprenne pour détruire la justice des enfants de Dieu, elle demeure victorieuse par la charité, qui est la véritable justice, comme l'appelle saint Augustin , et la grâce les remplit tellement, que nous voyons tout ensemble en l'hounne lidèleplus de force, plus d'inllrmité; plus de gloire, jtlus de bassesse. Qui pourrait opérer un si grand miracle, sinon celui (pii dit à saint Paul, qui se plaignait de se voir assailli d'une tentation violente ; Ma (jrdcc te suffit, car ma puissance se parfait dans V infirmité'^?
Concluons donc enfin celte question , et confessons que la doclrine catholique triomphe de tous les reproches de ses adversaires. Car s'ils nient la vérité de notre justice, et l'accomplissement de la loi à la manière que nous avons exposée , ils contredisent à l'Ecriture et outragent l'esprit de la grice. Que s'ils combattent l'accomplissement de la loi , pour montrer qu'il n'est jamais si exact qu'il évite toule sorte de répréhension, ils ne louchent point à, notre créance; puisque l'Eglise catholique confesse avec le plus grand de tous ses docteurs", que « Dieu justifie tellement ses saints, qu'il ne
1. Major fjuippe iibertas neceasaria est adversiis tôt et lant/is tentationes quœ in paradiso non fuerunt,. . . ut citni omnibus amorihus , terfoyibus , errorilnis suis vincntur hic munUus, etc. IJe Gor. et Crat., e. 12, n. 35, tom. x, col. 709.