‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 215 sur 631 · Cor., IX. i. — 2. TU,, III. U · texte numérisé non relu

Cor., IX. i. — 2. TU,, III. U

son propre jugement; et les forçant, quelque ignorants qu'ils se sentent, à examiner après elle , sans les rendre capables, elle les rend seulement indociles et présomptueux.

Elle se condamne elle-même, puisqu'on vantant les Ecritures, elle ne se sent pas assez d'autorité pour les faire recevoir à ses sectateurs sur sa parole, et laisse ses propres enfants, à qui elle les présente à lire, dans les incertitudes d'une foi humaine.

Elle se condamne elle-même, lorsque forcée d'avouer qu'elle ne s'est établie qu'en rompant avec tout ce qu'il y avait d'Eglises chrétiennes dans le monde, elle se donne le propre caractère de toutes les fausses Eglises.

Enfin, elle se condamne elle-même, lorsque forcée à reconnaître la perpétuelle visibilité de l'Eglise dans l'indéfectibilité du ministère, elle ne peut se soutenir sans reconnaître d'ailleurs dans le ministère une corruption universelle, et sans autoriser les particuliers contre toute la succession de l'ordre apostolique.

Que si elle se condamne elle-même en tant de sortes , qu'il lui serait salutaire de se condamner enfin elle-même en retournant dans le sein de l'Eglise catholique, qui ne cesse de la rappeler à son unité I

Que ces messieurs ne nous parlent plus des abus qui nous font gémir. C'est mal remédier aux maux de l'Eglise que d'y ajouter celui du schisme. Sontils si heureux, ou, pour mieux dire, si orgueilleux et si aveugles, qu'ils ne sentent rien à déplorer parmi eux? et veulent-ils autoriser tant de sectes sorties de leur sein, qui, en se plaignant de leurs désordres dans ce même esprit de chagrin superbe avec lequel ils ont autrefois tant exagéré les nôtres, font tous les jours schisme avec eux , comme ils l'ont fait avec nous? Que n'écoutent-ils plutôt la charité même, l'unité même, et l'Eglise catholique, qui leur dit par la bouche de saint Cyprien ' : « Ne » vous persuadez pas, nos chers frères et nos chers » enfants, que vous puissiez jamais défendre l'E- » vangile de Jésus-Christ, en vous séparant de son » troupeau, de son unité et de sa paix. De bons » soldats qui se plaignent des désordres qu'ils » voient dans l'armée, doivent demeurer dans le » camp pour y remédier d'un commun avis sous » l'autorité du capitaine, » et non pas en sortir pour exposer l'armée ainsi désunie aux invasions de l'ennemi. « Puis donc que l'unité ecclésiastique ne doit » point être déchirée , et que d'ailleurs nous ne » pouvons pas quitter l'Eglise pour aller à vous, » revenez, revenez plutôt à l'Eglise votre mère, et à » notre fraternité : c'est à quoi nous vous exhortons » avec tout l'etfort d'un amour vraiment fraternel. » Amen , amen.

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