‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 214 sur 631 · hUm · texte numérisé non relu

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RÉFLEXIONS SUR UN ÉCRIT DE M. CLAUDE

fidèles, el en ce sens sont à eux , parce qu'ils sonl leurs serviteurs en Jésus-Christ \ établis dans la chaire, non pas pour eux-mêmes, car pour eux il leur suffirait d'être de simples fidèles, mais pour édiller les saints. Qui désire d'être dans la communion de ces saints, n'a que faire de se tourmenter à les discerner d'avec les autres : car encore qu'ils ne soient connus et parfaitement discernés que de Dieu seul , on est assuré de les trouver sous le ministère public et dans la profession extérieure de l'Eglise catholique. Il n'y a donc qu'à y demeurer pour être assuré de trouver les saints ; parce que cette profession, et la parole des prédicateurs toujours féconde, qui ne manque jamais d'en engendrer, les tient toujours inséparablement unis à la sainte société où ils l'ont reçue. C'est pourquoi quand Jésus- Christ promet d'enseigner toujours avec son Eglise, il comprend tout dans celte parole; et rendant par la vertu de cette promesse l'Eglise infaillible au dehors dans la manifestation de la vérité , il la rend dans l'intérieur toujours féconde. Si les prédicateurs de la vérité sont , par leur vie corrompue, indignes de leur ministère, Dieu ne laisse pas de s'en servir pour sanctifier ses fidèles , car il est puissant pour vivifier, même par les morts; et un bras pourri peut devenir agissant entre ses mains. Au reste, ces vrais fidèles, connus de Dieu seul, animent tout le ministère ecclésiastique : un petit nombre de ces saints cachés suffit souvent à rendre efficaces les prières de toute une Eglise; la conversion des pécheurs sera souvent aussitôt l'effet de leurs gémissements secrets, que le fruit des prédications les plus éclatantes. C'est pourquoi saint Augustin attribue les salutaires effets du ministère à ces bonnes âmes, pour lesquelles et par lesquelles le Saint-Esprit est pleinement dans l'Eglise. Mais que la puissance ecclésiastique pour cela dépende d'eux , c'est ce que saint Augustin , ni aucun des saints docteurs n'a jamais pensé ; et M. Claude , qui les cite , ne les entend pas. On le verra pleinement quand il publiera son écrit ; il nous suffit en attendant, d'avoir montré qu'il est de ceux , et Dieu veuille qu'il n'en soit pas jusqu'à la fin, qu'il est, dis-je, de ceux dont parle saint Paul, qui se condamnent eux-mêmes^.

C'est en elTet , selon cet apôtre , le vrai caractère de toutes les hérésies; et aucune société n'a jamais porté plus visiblement ce caractère marqué par saint Paul, que l'Eglise prétendue réformée.

Elle se condamne elle-même, lorsque, n'osant assurer qu'elle soit infaillible, elle se voit néanmoins contrainte d'agir comme si elle l'était , et de rendre témoignage à l'Eglise catholique en l'imitant.

Elle se condamne elle-même, lorsqu'elle élève tous les particuliers qu'elle enseigne au-dessus de

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