PREMIERE PARTIE
La pratique et le sentiment de l'Eglise dès les premiers siècles.
I. Explication de cette pratique. — La pratique de l'Eglise, dès les premiers temps, est qu'on y communiait sous une ou sous deux espèces, sans qu'on se soit jamais avisé qu'il manquât quelque cliose à la communion lorsqu'un n'en prenait qu'une seule.
On n'a jamais seulement pensé que la grâce attachée au corps de Notre Seigneur fût autre que celle qui était attachée à son sang. Il donna son corps avant que de donner son sang; et on peut môme conclure des paroles de saint Luc elde saint Paul', qu'il donna son corps pendant le souper, et son sang après le souper : de sorte qu'il y eut un assez grand intervalle entre les deux actions. Suspendit-il l'eiïet que devait avoir son corps, jusqu'à ce que les apôtres eussent reçu son sang ; ou si dès qu'ils reçurent le corps, ils reçurent en même temps la grâce qui l'accompagne, c'est-à-dire, celle d'être incorporé à Jésus-Christ , et nourri de sa substance? C'est sans doute le dernier. Ainsi la réception du sang n'est pas nécessaire pour la grâce du sacrement, ni pour le fond du mystère : la substance en est tout entière sous une seule espèce; et chacune des espèces, ni les deux ensemble ne contiennent que le même fond de sanctification et de grâce.
Saint Paul suppose manifestement cette doctrine, lorsqu'il écrit , que celui qui mange ce pain ou boit le calice du Seigneur indignement, eut coupable du corps el du sang du Seigneur^ : d'où il nous laisse à tirer celte conséquence , que si en recevant l'un ou l'autre indignement , on les profane tous deux ; en recevant dignement l'un des deux , on participe à la grâce de l'un el de l'autre.
A cela il n'y a point de réponse, qu'en disant, comme font aussi les protestants, que la particule