Luc, XXII. 20; /. Cor., xi. 85. — 3. Idem
disjonctive ou, que l'Apôtre emploie dans le premier membre de ce texte , a la force de la conjonctive el, dont il se sert dans le second. C'est la seule réponse que donne à ce passage M. Jurieu , dans l'écrit qu'il vient de mettre au jour, sur la matière de l'Eucharistie'; et il traite noire argument de chicane ridicule, mais sans fondement. Car, quand il aurait montré que ces particules se prennent quelquefois l'une pour l'autre , ici où saint Paul les emploie toutes deux si visiblement avec dessein, en mettant ou dans la première partie de son discours , et réservant et pour la seconde , on ne peut s'empêcher de reconnaître que, par une distinction si marquée, il a voulu nous rendre attentifs à quelque vérité importante; et la vérité qu'il nous veut apprendre , c'est que si après avoir pris dignement le pain sacré on oubliait tellement la grâce reçue , qu'on prit ensuite le sacré breuvage avec une intention criminelle, on ne serait pas seulement coupable du sang de Notre Seigneur, mais encore de son corps. Ce qui ne peut avoir d'antre fondement que celui que nous posons, que l'une et l'autre partie de ce sacrement ont tellement le même fond de grâce, qu'on ne peut ni en profaner l'une sans profaner toutes les deux, ni aussi en recevoir saintement l'une des deux, sans participer à la sainteté et à la vertu de l'une el de l'autre.
C'est aussi pour cette raison que , dès l'origine du christianisme, on a cru qu'en quelque sorte que l'on communiât, ou sous une ou sous deux espèces, la communion avait toujours le môme fond de vertu.
IL Quatre coutumes authentiques pour montrer LE sentiment de l'ancienne Eglise. — Quatre coutumes authentiques de l'ancienne Eglise démonlrent cette vérité. On les verra si constantes, et les oppositions des ministres contradictoires et si vaines, qu'un aveu (j'oserai le dire) ne rendrait pas ces coutumes plus incontestables.
Je trouve donc la réception d'une seule espèce dans la communion des malades, dans la communion des enfants, dans la communion domestique qui se faisait autrefois, lorsque les fidèles emportaient l'Eucharistie pour communier dans leur maison, cl enfin, ce qui sera le plus surprenant pour nos réformés, dans la communion publique el solennelle de l'Eglise.
Ces faits importants et décisifs ont été souvent traités; je le confesse; mais peut-être n'a-t-on pas assez examiné toutes les vaines subtilités des ministres. Dieu nous aidera par sa grâce à le faire, de manière que non-seulement les antiquités soient éclaircies, mais encore que le triomphe de la vérité soit manifeste.
Première coutume : La communion des malades. — Le premier fait que je pose, c'est qu'on communiait ordinairement les malades sous la seule espèce du pain. On ne pouvait pas réserver ni assez longtemps ni si aisément l'espèce du vin qui esl trop