‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 250 sur 631 · Mat-c, VII. 2,3.— 2. La Roq., II. part., ch. l. p · texte numérisé non relu

Mat-c, VII. 2,3.— 2. La Roq., II. part., ch. l. p

DEFENSE DE LA TRADITION SUR LA COMMUNION

de bapUMnc? Chaque passage se doit entendre par sa pro|)rc suite. Personne ne révoque en doute que saint Jean-Rai, tiste n"ait baiitisé en plongeant dans l'eau , ni par conséquent que Jésus-Clirist n'ait été baptisé de môme, ni (juc lelKipléme qu'il a institué n'ait été une parfaite imitation de celui iiu'il a reçu.

Les passages que j'ai rapportés dans le Traih' de la Communion' no sont ni contestés ni contestables. La praticiue des apôtres n'est pas moins constante. Dans le baptême de l'eunuque, il est expressément marqué , que lui et Philippe descendirent dans l'eau, et que Philippe le baptisa de cette sorte^ ; et quand j'aurais oublié les fameux passages où saint Paul exprime si vivement la manière dont on donnait le baptême, en disant qtie nous y sommes ensevelis avec Jesus-Christ , afin de ressusciter arec lui^, ce que cependant je n'ai pas l'ait, l'anonyme m'aurait appris que ces passages « font voir que l'on » plongeait le iidèle dans l'eau, pour représenter » par là comme une espèce de mort et de sépul- » ture*. »

Toute l'antiquité l'a remarqué, et parmi une infinité de passages, je rapporterai celui de l'auteur du livre des Sacrements , digne du nom et du siècle de saint Ambroise : « On vous a, dit-iP, demandé ; » Croyez-vous au Père; vous avez dit ; J'y crois; et » vous avez été plongé, c'est-à-dire, vous avez été 1) enseveli : on vous a encore demandé : Croyez- » vous en Notre Seigneur Jésus-Christ et en la croix ; » et vous avez dit ; J'y crois; et vous avez été plon- » gé, et vous avez été enseveli avec Jésus-Christ, » et celui qui est enseveli avec lui ressuscite aussi » avec lui-même. » Et après : « Hier nous parlâmes » de la fontaine du baptême , dont la forme nous » fait voir une espèce de sépulcre : nous sommes » reçus et plongés tout entiers dans l'eau, et en- » suite nous en sortons; c'est-à-dire, nous ressus- » citons avec Jésus-Christ*. » L'Ordre romain dit la même chose : « La triple immersion, dit-iF, i> représente les trois jours que Jésus-Christ de- » meura dans le sépulcre , et l'élévation est comme » quand il en sortit. » Et saint Cyrille de Jérusalem représente ce mystère en un mot, lorsqu'il dit que l'eau salutaire est tout ensemble un sépulcre et une 7ner^. Cette manière de baptiser par immersion se trouve dans le douzième siècle dans Hugues de Saint-Victor'. Elle dure encore plus loin, et jusqu'au treizième siècle; et la chose ainsi assurée, dans le Traité de la Communion , n'a pas été contestée i)ar ceux (|ui l'ont condjattu. Qu'y a-t-il à chicaner davantage? Quand M. de la Roque aurait montré qu'en deux ou trois endroits de l'Ecriture, le mot de baptiser se [jouvait réduire contre sa propre nature à une simi>le infusion, toujours serait-il certain qu'en ce qui regarde le sacrement de Baptême, la pratique de saint Jean-Baptiste, de Jésus- Christ, des apôtres, et de tant do siècles, l'esprit même de celle action , et tout le dessein de celle sainte cérémonie, expliqué si clairement par saint Paul , conservent à ce terme de baptiser sa signill-

1. Trailé de la Comm., !1 . parC, pag. 527. — 2. Act., viil. 38. — 3. Kom.,vi. 4; Cal., ii. 12. — 4. Anon., 1. part., ch. m, p. 24. — 5. De Sacram., lib. ii, cnp. vu; lom. li, col. 359. — 6. Lib. m, cap. I. col. 361. — 7. OfT. Theopt.. p. 6137. — 8. Cyril., Hieros. Cal. ;V/ya(. 11, ji. 4, p. 312. — 0. Ilur/. Victor., île Eccl. myU , cap. XIX.

cation naturelle, sans ([u'on jniisse trouver dans l'Ecriture le moindre indice du conlraire.

Quand après cela, M. de la Roque avance, ce qui est très-vrai, que celle manière de baptiser n'a pas été inconnue aux anciens', ses citations sont Il'ès-bonnes pour la'ouver la tradition dont je conviens, et en même temps pour nous faire voir que dans une chose si importante, où il s'agit de savoir si nous sommes baptisés ou non, nos pères n'en ont [)as moins cru ce qu'ils ne trouvaiant pas dans l'Ecriture, quoique nous n'ayons pour garant de la validité de notre baptême que la seule autorité de l'Eglise.

Cet inconvénient a paru terrible à l'auteur de la seconde Réponse. Tout le fondement de la Réforme lui a paru renversé, si la seule autorité de P'Eglise peut établir de telles choses. C'est pourquoi il en vient à cet excès, de dire que le baptême sans immersion est un abus qu'il faut réformer. « Il est » vrai, dit-iP, que jusqu'ici la plus grande partie » des protestants ne baptisent que par aspersion; » mais assurément c'est un abus; et cette pratique » qu'ils ont retenue de l'Eglise romaine sans la » bien examiner, comme plusieurs autres doctrines » qu'ils en retiennent encore, rend leur baptême I) fort défectueux. Elle en corrompt et l'institulion » et l'ancien usage, et les rapports qu'il doit avoir » avec la foi et la pénitence et la régénéralion. La » remarque de M. Bossuet, que le plongement a » été en usage pendant treize cents ans, mérite » bien qu'on y rélléchisse sérieusement, qu'on re- » connaisse que nous n'avons pas assez examiné » tout ce que nous avons retenu de l'Eglise romaine, » et que, puisque ses plus doctes prélats nous ap- » prennent que c'est elle qui a aboli la première )> un usage autorisé par tant de fortes raisons et n par tant de siècles, elle a très-mal fait en cette » occasion , et que nous sommes obligés à revenir » à l'ancienne pratique de l'Eglise. » C'est ainsi qu'il ne craint pas de condamner son Eglise, pourvu que la Romaine ait tort la première, ni de se percer le sein, pourvu que le coup porte sur nous.

Il est vrai qu'il ajoute^, que « l'aspersion ne dé- » Iruit pas essentiellement le baptême, puisqu'aï près tout, baptiser signifie laver, et que l'on » peut bien se laver par aspersion; mais que si » elle ne détruit pas la substance du baptême, elle » l'altère et le corrompt en quelque manière. » Mais il se combat lui-même, quand il parle ainsi. Car corrompre la substance d'un sacrement, qu'est-ce autre chose que d'en corrompre et l'institution et le rapport qu'il doit avoir avec la régénéralion ? Or en quoi est la substance d'un sacrement, qui est un signe d'institution , si ce n'est dans l'institution même et dans le rap|iort qu'elle a avec la chose signifiée? Cependant l'auteur vient de dire que toutes ces choses sont corrcimpues dans le baptême sans immersion. Aussi répète-t-il que c'est un abus ; et nous sommes , dit-iP, résolus de le corriger désormais. Quel abus y aurait-il selon lui, s'il n'était pas contraire à l'institution et à l'Ecriture? Mais c'est qu'on ne s'entend plus, quand on prend pour règle ses propres pensées; d'où il arrive qu'on n'est pas moins contraire à soi-même qu'à tous les autres.

1. Pag. 227 et seq . — 2. Anon., r- 24. 2j. — 3. Anon., pai). 25. — 4^ Idem, pag. 26.

sous UNE ESPECE.

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