‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 278 sur 631 · CH.\PITRE X · texte numérisé non relu

CH.\PITRE X

Suite des preuves de la réserve sotis la seule espèce du pain : saint Optât, Jean Moschus.

Un auteur du même temps que saint Ambroise, c'est saint Optai, évéque de Miiève en Afrique , rc-

1. Trac, de laps., p. 189. — 2. Hieron. ad Pam., Ep. xxx. lom. IV, //. part., col. 2^19. — 3. Lttur^. Patn. Arnhros. Miss, in dep. S.Sat., t. i, p. 3, I».

proche à Parménien et aux donatistcs , qu'ils avaient détruit, qu'ils avaient Ole , qu'ils avaient rdclé les autels où leurs Pères avaient otl'ert, où le corps el le sang de Jésus-Christ habitaient par .certains moments', c'esl-à-dirc, au temps du sacrilice. Il ajoute un peu après, qu'ils avaient brisé les calices qui portaient le sang de Jésus-Christ'^. Voilà une expression distincte du corps et du sang. Mais lorsque le même saint Optât fait voir que ces hérétiques, puur muntrer qu'ils trouvaient profanes tout ce que les catholiques consacraient, et même l'Eucharistie, avaient jeté aux chiens celle qu'on réservait, il ne parle plus que du corps. Il ne dit pas que les hérétiques aient jeté à terre ce sang précieux; mais seulement « qu'ils donnèrent l'Eucharistie à leurs 11 chiens, dont aussitôt la dent vengeresse déchira » les coupables du saint corps-''. » Pourquoi en parlant du corps et du sang, dans le lieu où ils ont été tous deux profanés, ne parle-t-il ici que du corps, si ce n'est parce que dans la réserve il n'y avait que le corps seul, et que le corps seul fut ici exposé au sacrilège?

El quand, au commencement du septième siècle, nous voyons, parmi les histoires de Jean Moschus*, que dans une province d'Orient chaque fidèle gardait les parliculcs de la conmiunion qu'on lui confiait le jeudi saint, jusqu'au môme jour de l'année suivante, qu'on les gardait dans un linge trèspropre; qu'un particulier les ayant oubliées dans l'armoire où on les mettait, on trouva quelque lemps après que toutes les saintes particules oXal aYiai [jiepîSïi;, loin de s'ôlre corrompues, comme on le craignait, avaient miraculeusement produit un épi; faut-il encore ici, sous le bénéfice de la figure synecdoche, dire qu'on gardait le sang précieux avec le corps? Pourquoi donc n'est-il parlé que de ce qu'on mettait dans un linge, que des morceaux ou des particules sacrées, que de ce qui fut changé en épi? apparemment pour montrer que, dans les symboles de la mort de Notre Seigneur, était contenu ce grain mystique que sa mort a multiplié. Si l'on gardait aussi la sacrée liqueur, pourquoi ne dit-on pas ce qu'elle était devenue? En vérité , c'est trop abuser, je ne dis pas des figures de la rhétorique, mais de la crédulité du genre humain.

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