Traité de la Commun., p. 259. — 2. La Rnq., p
sous UNE ESPECE. — SECONDE PARTIE.
ver sans péril; et la communion sous une ou sous deux espèces parut si inJitVérente à toute l'Eglise, que cette seule diflîcullô la déterminait à une seule en tant de rencontres; c'est-à-dire, en toutes celles où l'on usait d'une longue et ordinaire réserve.
Quand donc M. de la Roque nous objecte qu'il était « aisé d'emporter le pain et le vin dans les » vaisseaux mêmes où on les avait apportés , selon » la coutume, alin de les offrir pour la célébration » du sacrement'; » il ne veut qu'amuser le monde. Car qui doute qu'il ne fut aisé de les^ emporter? Mais qu'il l'ùt également aisé de les garder l'un et l'autre, ou que ce fût la coutume de les emporter, comme il le prétend; c'est de quoi il s'agissait, et ce qu'il ne prouve pas. Qu'on ait emporté le corps, qu'on l'ait réservé, on n'en peut douter; et nous avons vu partout le coffret, la boite et les linges qui servaient à ce saint usage. Mais le ministre, qui a vu dans l'Ordre romain que les fidèles, en approchant de l'autel, y présentaient du vin dans une lîole pour le sacrilice, y a-t-il vu quelque part, ou a-l-il vu en quelque autre endroit de l'antiquité qu'on emportât ces fioles pleines de vin consacré? Jamais ; et il n'en est fait mention dans aucun endroit. On voit bien, lorsque les fidèles présentaient chacun leur fiole pleine de vin, qu'on en versait dans un grand calice autant qu'on avait besoin d'en consacrer pour la communion du peuple; mais que jamais on ait rempli ces fioles , ou quelque autre vaisseau que ce fût, de vin consacré pour le réserver, on n'en voit rien du tjjjjt; et au contraire, on a vu clairement dans l'Ordre romain, et partout ailleurs, qu'on réservait seulement la partie solide, qu'on pouvait garder plus aisément et plus longtemps. Après tant de preuves, peut-on encore douter de notre doctrine?
Jusques ici nous avons ôté tout refuge à nos adversaires, en leur ôtant les quatre endroits où ils avaient mis leur confiance. Mais j'ajoute, par abondance de droit, que quand ils auraient montré par ces endroits que l'on emportait souvent le vin consacré, ils n'en pourraient rien conclure contre nous; puisque d'ailleurs il est si constant que très-souvent on emportait le pain seul, ce qu'ils n'ont pu désavouer tout à fait, comme nous l'avons fait voir, de sorte qu'il faudrait toujours conclure que c'était une chose libre, et c'est tout ce que nous prétendons.