Anon. ,p. 245. — 2. Xicet., Disp. cum Latin
DÉFENSE DE LA TllADITION SUR LA COMMUNION
on aurait remarquô celte innovation. Puis donc qu'on n'a point iii;ir(]ué que jamais on ait réservé ni donné au peuiiic autre clioso que lo pain sacré, on doit croire qu'il est ainsi de tout temps immémorial. Le concile de Laoïiicée, où il n'est parlé que du pain, conlirme raiiti(]uité de cette tradition : d'où il s'ensuit que l'ollicc des présanctiliés, à la réserve des innovations que nous venons de marquer, est le même qu'il a été dans son origine : qu'on n'y donnait que le corps; et que si l'on y parle du sang, ce n'est pas à cause des deux espèces, puisqu'on ne les y donnait pas; mais c'est k cause que la subslance avec la vertu du sang se trouvait efTeclivement dans le corps.
Et c'est de quoi, sans aller plus loin, nous avons la preuve assurée dans cet olïico; puisque nous y avons vu l'adoration qu'on rendait à l'Eucliarislie, lorsque de la sacristie on la portait sur l'autel. Car c'est alors qu'on disait : Maintenant les vertus célestes tout adorer avec nous, et : Voilà le Roi de gloire qui fait son entrée. Il y a constamment plus de mille ans qu'on a fait celte prière. Ni les Paschases n'avaient paru , ni Bérengcr n'avait été condamné; et l'Eglise orientale chantait déjji en voyant passer l'Eucharistie : Voilà le Roi de gloire qui fait son entrée, et les puissatices célestes l'adorent avec nous. Ce Roi de gloire n'était pas un cadavre sans âme et sans sang : c'était Jésus-Christ entier, Dieu et homme , et par conséquent son sang avec son corps. Mais c'en est assez sur le service des présanctiliés comme on le faisait dans l'Eglise grecque. Voyons de quelle sorte on le célébrait parmi nous et dans l'Eglise latine.