LETTRE IV
DE L'ABBÉ BOSSUET AU MÊME, Sur l'affaire de la réunion.
Monsieur,
Je crois avoir déjà fait quelques avances trèsconsidérables pour l'affaire que vous m'avez recommandée. J'espère qu'elle sera trouvée juste et raisonnable en votre personne : et comme je n'ai pu encore aller à la Cour tant qu'elle a été à Fontainebleau, à cause des occupations qui m'ont arrêté ici; à présent qu'elle est à Vincennes, je prétends que dans peu de temps je pourrai vous en donner des nouvelles assurées, et telles que vous les souhaitez.
Cependant je vous supplie de voir le récit que j'ai
IMKi.lET DE RÉU.NMON DKS l'IlOTESTANTS DE FRANGE
dressé le plus siinploracnt que j';ii pu des choses que nous ;ivons iraili'cs , et d'avoir la bonlô de dire à mou piTc ce que vous en jugerez, et s'il y a ou quelque chose de plus ou de moins. Je vous garderai sur ce sujet el sur toutes choses tel secret que vous prescrirez; et de mon coté je n'empêche pas que vous ne communiquiez tout ce que je vous ai donné par écrit, à ceux à qui vous le jugerez à propos.
Permettez que je vous conjure de nouveau de vous appliquer à la grande et importante all'aire dont nous avons parié, et croyez que c'est de trèsbonne foi et sans avoir dessein de tromper ni de violenter personne, que l'on y veut travailler. Au reste, je ne puis assez vous dire combien je vous suis acquis, ni l'extrême désir que j'ai de vous faire connaître que je suis de cœur, monsieur, votre, etc.
lîossuET , grand doyen de Mets.
A Paris, ce 21 août l(iG6.