‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 407 sur 631 · A S0.\ PÈRE, SUR MONSIEUR FERRY · texte numérisé non relu

A S0.\ PÈRE, SUR MONSIEUR FERRY

Du 20 août 16GG.

Je pense à M. Ferry, et verrai , avant mon départ, tout ce qui se pourra faire pour lui. La Cour est un peu dilhcile pour les moindres grâces qui ont quelque apparence de suite. J'y agis comme pour moi-même.

Du 21 août.

Je vous prie de rendre en main propre à M. Ferry, cette lettre ou mémoire, et de lui dire que j'espère faire, à son contentement, l'alïaire qu'il m'a recommandée, et de le prier de vous dire ce qu'il pense de ce mémoire.

Du lor septembre.

Je vous prie de dire à M. Ferry que j'ai parlé au roi avec tous les témoignages d'estime dus à son mérite. Il me reste à instruire M. le Tellicr, que je n'ai pu encore voir. Je puis bien lui dire néanmoins que l'alTaire semble prendre un bon train. Les Pérès Jésuites, nommément le Père Annal, prennent fort bien la chose et entrent dans nos sentiments.

Du 4 septembre.

Sur le sujet de M. Ferry, j'ai parlé de son alfaire au roi el à M. le Tellier, avec tout le bon témoignage que j'ai pu rendre de sa personne et de son mérite. On parait disposé à l'obliger : on désire savoir les termes du règlement, en vertu duquel on prétend l'exclure du droit de faire fonction , après qu'il aura un successeur, el les raisons particulières qu'il a contre. Je suis instruit de ce dernier, il faut avoir les termes du règlement. Vous pouvez l'assurer que je n'omettrai rien de ce qui dô[iendra de moi pour son service.

Il est vrai (pie plusieurs théologiens d'importance confèrent ici des moyens de terminer les controverses avec messieurs de la religion prétendue rèfurmèe, et de nous réunir tous ensemble. Il y a quelques ministres convertis, fort capables, qui

iloiincnl des ouvertures qui sont liion écoulées : ils procèdent sans passion cl avec beaucoup de charité |)Our le parti qu'ils ont quitté; c'est ce que vous pouvez dire à M. Ferry, et que très-assurément on veut procéder chrétiennement cl de bonne foi.

Du 20 septembre.

Je fais un voyage de huit ou dix jours; à mon retour je ferai plus ample réponse à M. Ferry. Je vous supplie de lui dire en attendant, que pour son affaire particulière on n'omettra rien; pour la générale, dont nous avons parlé ensemble, qu'on est persuadé qu'il y peut beaucoup et qu'il a bonne intention. Il a bien pris mes pensées, et plût à Dieu que tous eussent ses lumières el sa droiture.

LETTRE de Bossuet le père au ministre Ferry, en lui envoyant les Extraits précédents.

Voila, monsieur, les extraits au vrai, que vous avez désirés de moi, des lettres de mon fils. Je vous demande pour moi la satisfaction qu'il vous a plu me promettre de l'honneur de votre conférence sur les points portés dans le mémoire que je vous ai mis en main de la part de mon lils, de l'all'ection cordiale duquel je vous assure comme de la mienne.

Je suis, monsieur, votre, etc. Rossuet.

Faites-moi savoir quand il vous plaira que je vous voie et chez vous et à votre loisir, sans incommodité, dès aujourd'hui ou demain, pourvu que ce ne soit pas demain matin.

LETTRE de M. Ferry, à

La dernière lettre que M. Rossuet père m'a communiquée de M. son fils, ne portait autre chose, sinon ces mots : « Je pense ou je crois qu'à force » de tourner l'affaire de M. Ferry, nous en tirerons » quelque chose de favorable. » Et parce que je n'avais rien répondu en la mienne du 2 décembre 16GG, à ce qu'il m'avait écrit dans sa précédente, louchant l'invocation des saints, parce que je voyais bien que nous ne tomberions pas d'accord facilement sur cet article, qu'il voulait être laissé dans le culte public, il ajoutait à son père qu'il reconnaissait bien que ces matières ne se pouvaient traiter commodément, que dans des entretiens familiers et en présence.

Du 8 février 1667.

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