‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 42 sur 631 · Avis, Tr. I, «>■(, \,p. 19. —2. Tah., Lcit. ni, p. UV · texte numérisé non relu

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autres, et connaître par conséquent quelles erreurs on peut supporter, et jusqu'où l'on doit étendre la tolérance : en un mot, quelle raison il y a d'en exclure les socinicns plutôt que les luthériens. C'est ce qu'il faudrait i)ouvoir établir par l'Ecriture; mais c'est à quoi les ministres ne songent seulemciil pas. Au lieu de nous faire voir dans les saints livres la désignation de ces articles fondamentaux, le sommaire qui les ramasse ou la marque qui les distingue de tous les autres objets de la révélation , M. Jurieu se jette dans un long raisonnement où il prétend faire voir, sans dire un mot de l'Ecriture, qu'il y a trois caractères pour distinguer ces vérités fondamenlales' : le premier est la révélalion; le second est le poids cl l'importance; le troisième est la liaison de certaines vérités avec la fin de la religion. XXXIV. De trois moyens proposés par le ministre pour distinfjuer les articles fondamentaux, deux d'abord lui sont inutiles : son aveu qu'on ne peut faire ce discernement par l'Ecriture. — Il ne faut pas s'arrêter au caractère de révélation qui est le premier, puisque c'est là que le ministre est d'accord qu'ii y a cent et cent vérités de droit et de fait révélées dans l'Ecriture, qui néanmoins ne sont pas fondamentales : ce caractère n'est donc pas fort propre à distinguer ces vérités d'avec les autres. Passons au second, qui est le poids et l'importance, où d'abord il est certain qu'il faut entendre un poids et une importance qui aille jusqu'à rendre ces vérités nécessaires au salut : car le ministre ne dira pas ([ue Dieu qui se glorifie par son prophète d'enseigner des choses lUiles : Je suis, dit-il^, le Seigneur ton Dieu , qui t'enseigne des choses utiles, prenne le soin d'en révéler de peu importantes. Ce n'est donc rien de prouver en général que ces vérités soient importantes , si l'on ne prouve qu'elles le sont jusqu'à être de la dernière nécessité pour le salut. Cela posé , écoutons ce que nous dira le ministre : « Sur le second caractère, qui est le poids » et l'importance , il faut savoir que le bon sens et » la raison seule en peuvent juger. Dieu a donné à » l'homme un discernement capable de juger si I) une vérité est importante ou non à la religion : » tout de même qu'il lui a donné des yeux pour )) distinguer si un objet est blanc ou noir, grand » ou petit, et des mains pour connaître si un corps » est pesant ou léger. » "Voilà- de ces évidences que la Réforme nous prêche. M. Claude nous les expliquait d'une autre façon, et nous disait qu'on sent naturellement que l'àme est suffisamment remplie de la vérité, comme on sent naturellement que le corps a pris une nourriture suffisante. Ces ministres pensent par-là trouver un asile où l'on ne puisse les forcer. Car qui osera disputer avec un homme sur ce qu'il vous dit de son goût , ou prouver à un entêté de sa religion quelle qu'elle soit, qu'il n'a pas ce goût qu'il nous vante, et qu'il ne sent pas comme à la main le poids îles vérités du christianisme jusqu'à savoir discerner celles qui sont nécessaires au salut d'avec les autres? Sans doute ils ont trouvé là un beau moyen de chicaner. Mais ce qu'il y a d'abord à leur dire , c'est que , sous prétexte de celle évidence de goût et de sentiment, ils renoncent formellement à prouver par l'Ecriture l'importance cl la nécessité des vérités fondamen-

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