Cont. Hesb Conf. Vest
SIXIEME KT DERNIEl! AVIÎRTISSEMENT.
Mais n'allèguenl-ils pas l'Ecriture? Sans doule, de la même sorlc que foui les socinicns. Je suis la rignc, je suis la porte; la pierre élail Christ : ils prouvent parfaitement bien qu'il y a dans l'Ecriture des façons de parler ligurées : dont celles-ci : Ceci est mon corps, est de ce senre. C'est ainsi (ju'un socinien raisonne : il y a tant de façons de parler où il faut admcUre une ligure ; pourquoi celle-ci : Le Verbe était Dieu, le Verbe a été fait chair, ne serail-clle pas de ce nombre? Ils sauront fort bien vous dire que Ji"'sus-Ghrist étant sur la terre le représentant de Dieu , revêtu de sa vérité, inondé de sa vertu toute-puissante, on le peut aussi bien ap|)eler Dieu et vrai Uieu , que le pain de l'Eucbaristie est appelé corps. Vous voilà donc dans les discussions, dans la conférence des passages, dans l'embarras des disputes, auxciuclles vous ne vouliez pas vous assujétir.
XXXII. Que lisiblement le calciniste est déterminé contre la présence réelle par le principe socinien. — Mais, direz-vous, l'Ecriture est claire pour moi : c'est la question. Le socinien ne prétend pas moins à cette évidence que vous : voilà donc toujours la foi dépendante des disputes; et ce moyen abrégé de l'établir tout d'un coup et sans discussion vous échappe. Mais enlin si l'Ecriture est si claire en cette maliére, d'oii vient que le luthérien ne peut l'entendre depuis plus de cent cinquante ans de disputes? Vous ne direz pas que c'est un profane, ennemi de Dieu, de qui il relire ses lumières , comme vous pourrez le dire d'un socinien. Il est du nombre des enfants de Dieu, du nombre de ceux qu'il enseigne, qu'il reçoit à sa table et dans son royaume. Voulez-vous faire dépendre la foi d'un simple fidèle, d'une dispute qui demeure encore indécise après un si long temps? Avouez donc la vérité : sentez-la du moins : ce n'est pas l'Ecriture qui vous détermine : la méthode socinienne vous entraine; et de deux sens qu'on donne à ces paroles : Ceci est mon corps , vous vous résolvez par celui qui Halle la raison humaine. Ainsi seront entraînés tous ceux qui mépriseront les décisions de l'Eglise; et tant qu'on ne voudra point fonder sur une promesse certaine, une autorité infaillible qui arrête la pente des esprits, la facilité déterminera, et la religion où il y aura le moins de mystères sera nécessairement la plus suivie.
XXXIII. Autre argument des socinicns stir les articles fondamentaux, dont ils demandent qu'on leur fasse coir la distinction par l'Ecriture ; ce que Le ministre avoue qu'il ne peut faire. — Mais voici dans les écrits des indillërents un attrait plus inévitable pour les calvinistes. L'auteur des Avis demande à M. Jurieu une règle pour discerner les articles fondamenlaux d'avec les autres'. Car il est constant, et le ministre en convient, « qu'outre les » vérités fondamentales, l'Ecriture contient cent et » cent vérités de droit et de vwt, dont l'ignorance » ne saurait damner-. » Il s'agirait donc de savoir si, en lisant l'Ecriture, le peuple, les ignorants et les simples, c'est-à-dire, sans comparaison la plus grande |)arlie de ceux que Dieu appelle au salut, (tourraient trouver cette règle pour discerner les vérités dont l'ignorance ne damne pas, d'avec les