COPIE DU PLEIN POUVOIR
Donné par l'empereur Léopold, à M. l'évêque de Neustadt en Autriche, pour travailler à la réunion des protestants d' Allemagne ' .
LiiopoLi), par la grùr.c, de Uicii , empereur do.s Romains, etc., à tous les fidèles de notre royaume de Hongrie et de "Transylvanie, Etats, ou autres, ilo queUnio condition, dignité ou religion qu'ils soient, qui verront, liront ou entendront lire ceci, salut et notre grâce.
Toutes les lois divines el humaines contenant une
]. Nuus it^ivuns pa» trouvé dans les papiers de Bussuet l'uriginal laliu do cet acte. (Edit, de Paris.)
obligation formelle, et les conclusions des diètes de l'empire , aussi bien que les lettres do fraiche date de la plus grande partie des protestants, qui depuis peu sont entrés en conférence avec notre féal el bien-aimé le très-révérend Christophe , évêque de Neustadt , marquant la grande nécessité qu'il y a , que nous aspirions à ce que dans les royaumes et provinces des chrétiens, tant dedans que dehors de l'empire, il y ail une parfaite union , non-seulement à l'égard du temporel , mais encore à l'égard du spirituel, autant qu'il concerne la foi orthodoxe el le véritable culte d'un même Dieu ; et que sinon toutes (comme la sainte Ecriture et la raison nous font pourtant espérer avec l'aide de Dieu) au moins les essentielles controverses, difformités et méfiances soient levées ou diminuées; d'autant qu'il parait à plusieurs, et se trouve ainsi en eli'et en grande partie, que les diversités de sentiment sur les points principau.x viennent du défaut de la charité mutuelle, el de la patience nécessaire pour bien entendre el expliquer sincèrement le vrai sens et opinion d'un chacun, et les significations différentes qu'on donne aux termes ou mots qu'on emploie ; et ayant de plus considéré avec combien de succès el d'utilité ledit évêque a travaillé dans la diète de l'Empire et ailleurs , tant sur celle matière sainte, qu'a l'égard de la conservation de notre dit royaume de Hongrie.
A ces causes , nous avons jugé à propos de lui donner par la présente plein pouvoir, el tout ce qui regarde notre autorité el protection royale , el une commission générale de notre part, de traiter avec tous les Etats, communautés, ou même particuliers de la religion protestante dans tous nos royaumes el pays, mais particulièrement avec ceux de Hongrie el de Transylvanie , touchant ladite réunion en matière de foi , el extinction ou diminution des controverses non nécessaires, soit immédiatement , ou par députés ou lettres, et de faire partout avec eux, bien que sous ratification ultérieure, pontificale el royale , tout ce qu'il jugera le plus convenable el utile à gagner les esprits, et à obtenir celle sainte fin de la réunion qu'on se propose. Et en ce point, nous donnons aussi à tous susdits protestants nos sujets de Hongrie et de Transylvanie, y compris encore leurs ministres ou prédicateurs, une pleine faculté de venir trouver ledit évoque au lieu où il pourra être, et d'envoyer à lui publiquement ou secrètement.
Mandons sérieusement et sévèrement, en vertu de celle-ci, sous grièves peines, à tous ceux que leur charge oblige d'avoir égard à ces choses, de ne faire ni laisser faire aucun empêchement à ceux qui viendront ou enverront audit évéïiue, sur l'invitation qu'il leur aura faite pour la sainte lin susdite ; mais de leur faire toutes sortes de faveurs ; comme aussi nous assurons ledit évoque de notre très-clémente protection pour tous les cas el lieux où besoin sera, cl particulièrement à l'égard de cette sainte occupation, elde la sollicitation qu'il pourra faire touchant l'exercice do religion, ou tolérance, ou autres matières appartenantes; le tout en
PROJET DE RÉUNION ENTRE LES CATHOLIQUES, ETC
vertu et témoignîige de nos présentes lettres-patentes, en forme de sauf-conduit et plein pouvoir. Donné en notre cité de Vienne en Aulriciie, le 20 du. mois de mars de l'an 1691.
(L. S.) Signé, LEOPOLDUS.
Blasius Jachlin, E. L. Nitrensis,
.JOHANNES MAHOLANUS.