CHAPITRE II
Explication.
J'entends parler d'une réunion qui se fasse sans blesser la conscience, la réputation et les principes, ou la doctrine et les présuppositions de chacune des deux Eglises ; en sorte que la vérité s'accorde avec la paix , conformément à cette parole de l'Ecriture : Cherchez la paix et la vérité'^. On doit donc, dans cet accord, laisser un chacun suivre le mouvement de sa conscience, sans contraindre personne à appeler la lumière ténèbres , ni les ténèbres lumière^ ; mais avoir égard à la vérité dans toutes choses, et éloigner en toute manière ce qu'on croit être une erreur. Or celte profession de la vérité, et cette reconnaissance de l'erreur, se doivent faire de telle sorte, selon les règles de la prudence et la pratique des apôtres, qu'il n'en arrive aucun scandale, ni rien d'où s'ensuive le mépris de la religion, ou qui porte préjudice ou à la réputation, ou à l'autorité des prélats et des docteurs de l'Eglise; ce qui arriverait, si l'un ou l'autre parti était obligé de révoquer ses prétendues erreurs , ou d'admettre dans cette méthode de réunion quelque chose qui soit contraire à ses présuppositions; et il ne faut pas seulement penser à cette pédantesque prétention de rétractation de prétendues erreurs, ni exiger, comme convenu, ce qui est nié par l'une des parties : tout devant se faire au contraire par voie