‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 474 sur 631 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

De la transsubstantiation.

Cette question est peu importante par rappoU aux protestants, qui, en admettant la présence réelle du corps de Jésus-Christ , ne se mettent pas beaucoup en peine de la manière. Luther même a tenu cette erreur pour peu importante; et pourvu qu'on ôte le péril de l'adoration matérielle, il la met au rang des (]uestions so[ihistii|ues et inutiles. Au fond , les prolestants demeurent d'accord que la consécration des éléments y opère quelque changement accidentel : que le pain, sans pourtant être changé dans sa substance, de vulgaire devient un pain sacré, un pain qui est dans l'usage, la communion au corps de Jésus-Christ. Drejerus, professeur de Kccnigsberg, auteur protestant, admet ici, en un certain sens, un changement substantiel. Je ne me rends point garant de cette doctrine; mais je ne

croirai rien dire qui soit opposé à l'analogie de la foi, en supposant que , par les paroles de l'institution , il se fait dans la sainte Cène, ou dans la consécration, un certain changement mystérieux, par lequel est vériliée, d'une manière impénétrable, cette proposition si usitée dans les Pères : Le pain est le corps de Jesus-Chri^t. Il faut donc prier les catholiques que, sans entrer dans la question de la manière dont se fait le changement du pain et du vin dans l'Eucharistie, ils se contentent de dire avec nous , que cette manière est incompréhensible et inexplicable; telle toutefois, que, par un secret et admirable changement, du pain se fait le corps de Jésus-Christ; et il faut aussi prier les protestants, à qui cela pourrait paraître nouveau , de ne se point faire un scrupule de dire, à l'exemple des premiers réformateurs , que le pain est le corps de Jésus-Christ , et le vin son sang; puisque ces propositions ont été autrefois si universelles, qu'à peine se trouvera-t-il quelqu'un des anciens qui ne s'en soit servi.

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