‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 510 sur 631 · Dans leliv. de ta Concp.VS —2. P. 130. — 3. P · texte numérisé non relu

Dans leliv. de ta Concp.VS —2. P. 130. — 3. P

— 1. D'in., IV. 24. — 5. Ci-dessus , ch. i, n. 4. — G. Sess. XiV, cap. vill. — 7. P. 101.

PIUl.IET DE RÉUNION ENTRE LES CATHOLIQUES

La inûine Apologie reconnait « la Goiilirinalion et » rExlrtMiic-Uiiclion comme des symboles sacrés, 1) ou de saintes cérémonies qu'on a reçues des » saints Pères, encore qu'elles ne soient point né- » cessaires au salut'. » Mais premièrement, il faut convenir que les Pères, dont on reconnait que nous les avons reçues, nous les ont données comme tirées de l'Ecriture : savoir, la Contirniation, de cette célèbre imposition des mains, par laquelle les apôtres donnaient le Saint-Esprit; et l'onction des malades, qu'on appelle ordinairement ExXrème-Onclion , des propres paroles de saint Jacques , qui assigne à ce sacrement les prêtres pour ministres ; pour l'action extérieure, l'onction avec la prière; et pour la promesse, celle de la rémission des péchés, qui ne peut venir d'autre que de Jésus-Christ et dont l'apotre saint Jacques n'a pu être que l'interprôle. Il en est de même des apôlres, lorsqu'ils donnaient le Saint-Esprit. On voit bien qu'ils ne peuvent avoir été les instituteurs ni les auteurs d'un tel don, et qu'ils n'ont fait qu'accomplir la promesse de Jésus-Christ, qui leur avait si souvent promis cet Esprit de force qu'ils reçurent à la Pentecôte, et qu'ils répandirent ensuite par l'imposition de leurs mains. Tout cela manifestement ne peut être qu'une institution divine; et c'est gratuitement, et contre toute la Tradition, qu'on a osé dire qu'elles n'étaient que temporelles; ce qui aussi ne s'accorde pas avec ce qu'on vient de voir dans l'Apologie, qu'elles sont reçues des Pères.

Quant à ce qui est porté dans la même Apologie, que ces cérémonies, bien qu'elles soient anciennes, à quoi il fallait ajouter, et prises de l'Ecriture, ne sont pas nécessaires au salut, ce n'est pas assez pour les exclure du nombre des sacrements; puisqu'on est d'accord que l'Eucharistie n'est pas de même nécessité que le Baptême; et même que les luthériens disent, aussi bien que notre auteur, qu'il n'y a point de commandement absolu et précis de la recevoir. Ainsi ce ne sera pas une raison pour exclure un rit ou une action et cérémonie extérieure du nombre des sacrements, et il suffît qu'on y trouve une institution divine avec la promesse de la gr;\ce.

De cette sorte, le mariage ne peut être exclu de ce nombre; puisque déjà on ne doute pas que ce ne soit une institution divine, et qu'il ne soit élabli comme un sacrement et un mystère de l'union de Jésus-Christ avec son Eglise. Car encore qu'il soit véritable, comme le dit notre auteur, que c'est une institution qui a précédé l'Evangile, et ainsi qui ne peut être attribuée spécialement à Jésus-Christ, il ne laisse pas d'èlre bien certain que Jésus-Christ l'a rétablie selon sa forme primitive ce qui suffît pour en faire un sacrement de la loi de grâce.

Pour les promesses, l'Apologie demeure d'accord qu'il y en a dans le mariage^; et si elle dit qu'elles sont plulàt Imipordks que spirituelles, ce serait une étrange erreur de rejelc^r ces grandes promesses, qui regardent la production et l'éducation des enfants de Dieu et des hériti(!rs de son royaume, et qui sont données pour sanctilier celle admirable union de corps et d'esprit, qui est spécialement établie pour ligurer l'union intime de Jésus-Christ avec l'Eglise. C'est pourquoi les anciens docteurs n'ont point hésité à mettre le mariage parmi les

sacrements de l'Eglise; jusque-là, que saint Augustin', comme sait très-bien M. Molanus, le compare au baptême, alin qu'on no douie pas qu'il ne l'ait tenu pour un sacrement véritable.

Ce n'est ilonc pas sans raison que ce docte auleura regardé la controverse des sacrcmeijts comme consistant plutôt dans les mots que dans les choses, et pouvant être, non-seulement diminuée, mais encore conciliée tout à fait par l'intelligence des ternies; de sorte qu'il ne parait pas qu'on puisse s'y arrêter, surtout après que l'on a vu les dilTicultés principales manifestement terminées par les Confessions de foi des luthériens, et par leurs écrits authentiques.

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