‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 512 sur 631 · Sess. XXV. — *3. AcC. iv et vu. uIjî sup · texte numérisé non relu

Sess. XXV. — *3. AcC. iv et vu. uIjî sup

dans quel esprit on doit faire cette prière , elle ajoute : « Saint Epiphane rapporte qu'Aerius 1) croyait inutiles les prières pour les morts; mais » nous ne prétendons point soutenir Aerius en » cela. » Ainsi ces prières sont utiles, et le sont aux morts; puisque c'est le contraire de cela que saint Epiphane, dont on loue le témoignage, a blâmé dans Aerius. « Les prières, dit ce Père', qu'on » fait pour les morts leur sont utiles. » Saint Augustin prêche aussi à son peuple « qu'il ne faut 11 nullement douter que les prières ne servent aux 11 morts, puisque ce n'est pas en vain qu'on les fait » pour eux^. » Dans ce même endroit, il fait souvenir « le peuple de la coutume ancienne et univer- » selle de l'Eglise, de faire mention expresse des » morts dans le sacrifice, et d'exprimer qu'on l'ofi're » pour eux; » d'où il conclut, que celte oblalion « leur est utile , pour être traités de Dieu plus dou- » cément que leurs péchés ne méritent. »

C'est aussi ce qu'exprime saint Epiphane, lorsqu'il condamne Aerius, qui disait : « Que sert aux » morts qu'on récite leurs noms après leur mort? » où il fait une allusion manifeste à la coutume de les nommer dans le sacrifice, comme on vient de le voir dans saint Augustin ; et c'est pourquoi ce même Père, dans l'extrait qu'il fait du livre des Hérésies de saint Epiphane^, rapporte celle d'Aerius, en ces termes : « Il disait qu'il ne fallait point offrir » ni prier pour les morts. »

Les liturgies des Grecs, souvent louées dans l'Apologie , confirment cette pratique et cette doctrine; puisqu'on y récite encore aujourd'hui les noms des fidèles trépassés , en disant : « Pour le » repos de l'âme d'un tel et d'un tel, et pour la ré- » mission de leurs péchés; » et saint Cyrille de Jérusalem, le plus savant et le plus ancien interprèle de la liturgie, dit « qu'on olTre le sacrifice en 1) mémoire des apôtres et des martyrs*; mais qu'il » y a d'autres morts pour qui l'on prie, par la foi » certaine qu'on a que leurs âmes sont soulagées » par le sacrifice qui est sur l'autel, et par l'obla- » lion qu'on y fait pour eux du corps et du sang de » Jésus-Christ. »

Il ne reste donc aucun doute qu'on ne priât pour les morts dans le dessein de les soulager, ainsi que nous faisons; et comme les luthériens déclarent en corps dans l'Apologie, qu'ils ne veulent pas s'opposer à cette pratique, la question est décidée par cet aveu.

Nous sommes bien aises d'apprendre de M. Molanus, qu'une partie des luthériens approuve, nonseulement cette prière , mais encore la pratique. C'est un reste des sentiments anciens que nous honorons dans le luthéranisme. Mais comme on a vu que l'antiquité, dont on veut suivre ici les senlimenls, parle également de la prière et de l'oblation pour les morts, il ne faut pas diviser son témoignage, et l'une el l'autre pratique est également recevable.

Du purgatoire.

l\'. La doctrine du purgatoire est précisément la même que celle de la prière pour les morts. — M.

1 . Ilœr. 75, ubi sup. — 2. Serin, xxxn, De Verbis Apost. nutic CLXXii, ubi sur- — -i- Aug., Hœr. 53. ubi sup. — 4. Cyril., Catech. myst. v, p. 3M.

PKo.irrr dk ukuniun entkk lks catholiquks

Mukuuis ii;u;iit enibarrassô à expliquer ce qu'on pourra faire sur celle niatirre en faveur des callioliquos, el il se réiluil à tenir la chose pour prob!6maliquc, selon le senlimonl qu'il allribue à sainl Auguslin. Mais la chose esl mainUuianl bien facile; puisqu'on a vu dans sainl Epiphanc el dans les liturgies grecques, donl l'Apologiu reçoit l'aulorilé, que les prières el les oblalions faites pour les âmes des morts, sonl faites pour leur souiageiuenl. Ces ànics sonl donc en étal d'être soulagées; par conséquent dans un état pénible ; el ce n'esl pas de quoi a douté sainl Augustin; puisqu'on vient de voir qu'il a dit « qu'il ne faut nullenienl douter que ces » prières et ces oblalions ne soulagent les âmes des » morts; » ce qu'il répète par deux fois, cl qu'il inculque jusqu'à dire que c'est la pratique ancienne el universelle de toute l'Eglise. On voit que s'il a douté de quelque chose en celte matière, ce n'est pas du fond des peines dont les âmes peuvent être délivrées , mais de la manière dont elles sont allligées , par exemple, si c'est par un feu matériel. C'est de cela seulement que sainl Augustin a douté, comme il paraît par les passages qu'on en produit; et l'Eglise n'a rien décidé sur ce sujet.

Des vœux monastiques.

V. Le témoignage de l'Apologie ôte toute difficulté sur cette matière. — L'auteur approuve le fond des institutions el observances monastiques, à la réserve du vœu de continence perpéluelle. Mais l'Apologie a tranché plus net; puisqu'elle a mis au nombre des saints , sainl Antoine , sainl Bernard , saint Dominique, saint François, qui certainement ont voué el fait vouer la conlinence perpétuelle à ceux qui se sonl rangés sous leurs instituls.

On peut aussi remarquer ici que saint Bernard, sainl Dominique, sainl François, qui constamment ont vécu el cru comme nous, el qui, comme nous ont dit et ouï la messe, sont mis au rang des saints dans r Apologie. Il n'y a donc rien, parmi nous, qui exclue de la sainteté et du salut; ce qui tranche tout en un mot.

Au reste, l'élat monacal n'étant pas de commandement, cet article ne peut donner à personne un légitime sujet de séparation.

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