‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 523 sur 631 · Voyez la sooumle partio · texte numérisé non relu

Voyez la sooumle partio

concile sera plus libre que les autres, à cause que la conclusion se fera à la pluralité des voix? on n'a jamais prétendu que cela se fit autrement. Ainsi le nouveau concile n'aura que ceci de jiarticulier, qu'on y aura mis la condition d'y convoquer et assembler toutes les parties, pour y être également juges; ce qui est l'endroit jjrécis (jù l'on a vu l'anéantissement entier de tous les jugements ecclésiastiques.

Que si, sans se servir de cette raison, qui est celle que les protestants ont toujours eue dans la bouche : J'ai été juijé par ma partie, on prétend tenir en suspens ce certain concile par d'autres raisons, comme en disant, par exemple, que c'est cabale et intrigue; c'est en d'autres termes dire toujours la même chose, et toujours fournir aux hérétiques une excuse légitime; parce que ceux qui seront condamnés appelleront toujours intrigue et cabale tout ce qui sera fait contre eux. Les eutychiens donneront toujours aux orthodoxes , qui suivent le concile de Ghalcédoine, le nom de melchiles ou de royalistes : les nestoriens ne cesseront jamais d'attribuer leur condamnation aux jalousies de saint Cyrille contre Nestorius, et du siège d'Alexandrie contre celui de Conslantinople : ils diront que le Saint-Siège s'est laissé entraîner dans la cabale, et que son autorité a tellement prévalu dans le concile d'Ephèse, que ce concile en condamnant Nestorius, a déclaré qu'il y était contraint par les lettres du pape Célestin : toutes les sectes parlent tout de même; et s'il faut les écouter, il sera vrai de dire qu'il n'est pas possible de tenir jamais un concile légitime, et que chacun croira ce qu'il voudra.

Et pour enfin nous recueillir, et pousser en même temps la démonstration , selon les vœux de M. de Leibnitz, jusqu'aux dernières précisions; si, par exemple, toutes les fois qu'on voit un concile, qui seul et publiquement porte dans l'Eglise le titre d'oecuménique; en sorte que personne ne s'en sépare, que ceux qui, en même temps sont visiblement séparés de l'Eglise même, qui reconnaît ce doncile et qui en est reconnue : si, dis-je , on prétend le rejeter ou le tenir en suspens, sous quelque prétexte que ce soit, et principalement sous celui-ci, que ces séparés le regardent comme leur partie , et refusent, pour cette raison, de s'y soumettre, on détruit également tous les conciles et tous les jugements ecclésiastiques : on met une impossibilité d'en prononcer aucun qui soit tenu pour légitime : on introduit l'anarchie, et chacun peut croire tout ce qu'il veut.

C'est en cela que consiste l'opiniâtreté qui fait l'hérétique et l'hérésie. Car si , pour n'être point opiniâtre, il sudisait d'avoir un air modéré, des paroles honnêtes, des sentiments doux , on ne saurait jamais ([ui est opiniâtre ou qui ne l'est pas. Mais alîn qu'on puisse connaître cet opiniâtre qui est héréli(iuc, et l'éviter, selon le précepte de l'Apùlre', voici sa propriété incommunicable et son manifeste caractère : c'est qu'il s'érige lui-môme, dans son propre jugement, un tribunal, au-dessus duquel il ne met rien sur la terre, ou, pour parler en termes simples : c'est qu'il est attaché à son propre sens, jusqu'à rendre inutiles tous les juge-

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