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ET LES PROTESTANTS D'ALLEMAGNE
nients de l'Eglise. On en vient là manifestement par la méthode qu'on nous propose; on en vient donc manifestement à cette opiniâtreté qui fait l'hérélique, et voilà la résolution de la question dans sa première partie.
IL Bifférp.nce de la condescendance des Pères de Bâ'.e d'avec celle que M. Leibnilz et les protestants nous proposent. — La seconde, qui regarde l'exemple des Pères de Bâle, n'est pas moins aisée. Car il résulte des faits et des principes posés, que le cas où se trouvent les protestants est tout à fait dilTèrent de celui où nous avons vu les bohémiens et les calixlins'. Les prolestants demandent que l'on délibère de nouveau de toutes nos controverses , comme s'il n'y en avait rien de décidé dans le concile de Trente et dans les conciles précédents; mais nous avons vu que le concile de Bâle, en accordant aux bohémiens la discussion de l'article de la communion sous une espèce, déjà résolue à Constance, déclarait en même temps que celle discussion ne serait pas une nouvelle délibération , comme si la chose était indécise; mais qu'elle se ferait par manière d'éclaircissement et d'instruction, pour enseigner les errants, confirmer les infirmes, et convaincre les opiniâtres; ce qui est infiniment différent de ce que les protestants nous proposent.
Il est vrai que les bohémiens furent reçus à la communion , encore que de leur côté ils demeurassent en suspens sur un article décidé par le concile de Constance; mais, premièrement, ils se soumettaient à un concile actuellement assemblé, qu'on saisissait de l'atïaire par les termes de l'accord , et non pas, comme on voudrait faire aujourd'hui, à un concile à convoquer, que mille obstacles peuvent empêcher; c'est-à-dire, à un concile en l'air.
Secondement, ils reconnaissaient l'Eglise infaillible, et se soumettaient aussi à son concile actuellement assemblé, comme à un concile dirigé par le Saint-Esprit, après lequel il n'y aurait plus de retour; au lieu que les prolestanls, quoiqu'ils parlent à peu près de môme, de sorle qu'ils semblent vouloir tout déférer à ce concile , n'ont point encore tranché le mot , qu'ils tiennent l'Eglise et son concile pour infaillibles; et au contraire, l'Eglise où ils sont a des principes opposés à ce sentiment, qui ne laissent aucune espérance de finir nettement les contestations, ainsi qu'il a été dit.
Troisièmement : quoique le concile auquel les bohémiens se soumettaient fût le concile de l'Eglise de laquelle ils s'étaient séparés , ils ne le regardaient pas comme leur partie, et ne demandaient pas même que leurs prêtres y fussent assis avec les autres comme juges; mais ne connaissant d'autre Eglise que l'Eglise catholique romaine, ni d'autre concile que celui qui était composé de ses évèques, ils venaient en suppliants, et se contentaient de pouvoir dire leurs raisons devant les Pères du concile, comme devant leurs juges légitimes, dont il n'y avait plus aucun appel. Mais les prolestanls font le contraire; et en refusant de reconnaître pour légitime tout concile où les contendanls ne seront pas tous également juges , ils ferment la porte à tout jugement ecclésiastique, et ne laissent aucun remède au schisme et aux hérésies, comme on vient de voir.