‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 75 sur 631 · VIII. Pourquoi Jésus-Christ dans cette promesse · texte numérisé non relu

VIII. Pourquoi Jésus-Christ dans cette promesse

1. Is., XLiii. 2. — 2. Idem, viii. 10 — Z. Joan.. vi. 45. — 4. Ps., XLiv. 17. — 5. Mallh., xm, 25, 30, 41. — 6. Idem, nui, 47; Luc, V. 3,7,

ne regarde que la fin du monde. — Au reste, le Fils de Dieu ne borne pas au siècle j)réscnt l'union qu'il veut avoir avec ses apùtres et leurs successeurs : il leur veut être beaucoup plus ujii au siècle futur. Mais s'il s'était contenté de dire : Je suis avec vous éternellement, on aurait pu croire qu'il leur promettait seulement l'éternité bienheureuse qui suivra le siècle présent; au lieu que conduisant l'elTet de cette prorncs.se jusc^u'à la consommation du mo7ide, sans y parler d'autre chose en cet endroit, on voit qu'il ne donne iioint d'autre terme à son Eglise visible ni à la sainte société du peuple de Uieu en ce monde, sous le régime de ses pasteurs, que celui de l'univers. Cependant la félicité de la vie future ne nous en est pas moins assurée, et cette promesse nous en est un gage certain, puisque si celui qui est tout-puissant pour accomplir tout ce qu'il promet , peut conserver son Eglise en ce lieu d'instabilité et de tentation malgré les flots et les tempêtes , à plus forte raison saura-t-il la rendre immuablement heureuse avec ses enfants quand elle sera arrivée au port.

IX. Deux conséquences de cette doctrine. — De là suivent ces deux vérités, qui sont deux dogmes certains de notre foi : l'une, qu'il ne faut pas craindre que la succession des apôtres , tant que Jésus-Christ sera avec elle (et il y sera toujours sans la moindre interruption , comme on a vu) enseigne jamais l'erreur, ou perde les sacrements. Car il faut juger des autres par le baptême qui en est l'entrée et le fondement. La seconde, qu'il n'est permis en aucun instant de se retirer d'avec celte succession apostolique; puisque ce serait se séparer de Jésus-Christ, qui nous assure qu'il est toujours avec elle. Voilà deux dogmes et deux fondements très-certains de notre foi, et qu'aussi le Fils de Dieu nous a proposés en termes exprès, et par des paroles qui ne pouvaient être plus claires. II est le seul qui a construit sur la terre un édifice immortel, contre lequel il promet aussi ailleurs que l'enfer ne prévaudra pas' : et en assurant à ses apôtres d'être (OMS les jours avec leurs successeurs comme avec eux-mêmes jusqu'à la fin du monde , il ne laisse à ceux qui seront tentés de sortir de cette suite sacrée, aucun endroit où ils puissent trouver un légitime commencement de leur secte, ni placer une interruption, quand elle ne serait que d'un jour ou d'un moment.

X. Caractère des hérétiques , qu'ils se séparent Eux-MÈ.MES, marqué par saint Jude et par tous les apôtres. — De là est venu aux hérétiques et aux schismatiques, jusqu'à la fin du monde, ce mauvais et malheureux caractère marqué par saint Jude : ce so7it ceux qui se séparent eux-mêmes ; et afin de réciter le passage entier : « Souvenez-vous, dit-il 2, » mes bien-aimés , de ce qui a été prédit par les » apôtres de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vous » disaient qu'aux derniers temps (dans le temps de » la loi évangélique) il y aurait des imposteurs qui » suivraient leurs passions pleines d'impiétés ; ce » sont ceux qui se séparent eux-mêmes; gens livrés » aux sens , et destitués de l'esprit de Dieu. » Remarquez ici que saint Jude, un des apôtres , cite à la fois tous les apôtres ses collègues et les compagnons de son ministère , comme établissant tous

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