Rom., X. 2. —2. Jac, m. 14. —3. Matl/i., vu
SUR LES PROMESSES DE L'EGLISE
l'on ne cherche que pour trouver; l'on ne demande que pour obtenir; l'on ne frappe qu'afin qu'il nous soit ouvert. Au reste, Dieu nous rend facile k trouver la voie qui mène à la vie; car il veut notre salut , et n'expose pas ses enfants à des recherches infinies : autrement on pourrait mourir entre deux, et mourir hors de l'Eglise, dans l'erreur et dans les ténèbres : par où l'on est envoyé, selon la parole de Jésus-Christ, aux ténèbres ci-térieures', loin du royaume de Dieu , et de sa lumière éternelle. Pour éviter ce malheur, il faut se hâter de trouver la foi véritable, et prendre pour cela un terme court. Il est vrai que pour élever l'âme chrétienne, Jésus- Christ lui propose des vérités hautes, qui feraient naître mille questions, si on avait à les discuter les unes après les autres; mais aussi pour nous délivrer de cet embarras qui jetterait les âmes dans un labyrinthe d'où l'on ne sortirait jamais, et mettrait le salut trop en péril, il a tout réduit à un seul point, c'est-à-dire, à bien connaître l'Eglise, où l'on trouve tout d'un coup toute vérité autant qu'il est nécessaire pour être sauvé. Tout consiste à bien concevoir six lignes de l'Evangile , où Jésus-Christ a promis, en termes simples, précis, et aussi clairs que le soleil , d'être tous les jours avec les pasleurs de son Eglise, jusqu'à la fin des siècles. Il n'y a point là d'examen pénible à l'esprit humain : on n'a besoin que d'écouter, de peser, de goûter parole à parole les promesses du Sauveur du monde. Il faut bien donner quelque temps à l'infirmité et à l'habitude, quand on est élevé dans l'erreur; mais il faut, à la faveur des promesses de l'Eglise, conclure bientôt, et ne pas être de ceux dont parle saint Paul , qui, pour leur malheur éternel , veulent toujours apprendre, et qui n'arrivent jamais à la connaissance de la vérité^.
LII. Qu'il faut donner bon exemple à ceux qu'on veut convertir. — Mais voulez-vous gagner les errants? Aidez-les principalement par vos bons exemples. Que la présence de Jésus-Christ sur nos autels, fasse dans vos cœurs une impression de respect, qui sanctifie votre extérieur. Que vos tabernacles sont aimables, ô Seigneur des armées! mon cœur y aspire, et est affamé des délices de votre table sacrée^. 0 Dieu , que ces scandaleuses irrévérences, qui sont le plus grand obstacle à la conversion de nos frères, soient bannies éternellement de votre maison I C'est par là que l'iniquité et les faux réformateurs ont prévalu. La force leur a été donnée contre le sacrifice perpétuel qu'ils ont aboli en tant d'endroits, à cause des péchés du peuple : la vérité est tombée par terre : le sanctuaire a été foulé aux
1. Matlh , xxii. 13. — 2. //. Tim... m. 7. — 3. Ps., Lxxxm. 1.
pieds'. Des hommes qui s'aimaient eux-mêmes, ont rompu le filet, et se sont fait des sectateurs. Le vain titre de Réformation les fiatte encore. Ils ont fait, c'est-à-dire, ils ont réussi pour leur malheur. Ils ont abattu des forts, ou qui semblaient l'être : ils ont ébranlé des colonnes, et entraîné des étoiles; mais leur progrès a ses bornes, et ils n'iront pas plus loin que Dieu n'a permis. Il a puni par un même coup les nations de qui il a retiré son saint mystère dont ils abusaient , et ceux dont les artifices en ont dégoûté les peuples ingrats. Humilions-nous sous son juste jugement, et implorons ses miséricordes, afin qu'il rende à sa sainte Eglise cette grande partie de ses entrailles qui lui a été arrachée.
Cessons de nous étonner qu'il y ait des schismes et des hérésies ; nous avons vu pourquoi Dieu les soulTre, et quelque grandes qu'aient été nos pertes, il n'y a jamais que la paille que le vent emporte. Il faut qu'il en soit jeté au dehors : il faut qu'il en demeure au dedans : il faut, dis-je , qu'il y ait de la paille dans l'aire du Seigneur, et des méchants dans son Eglise. Si l'amas en est grand, aussi sera-t-il jeté dans un grand feu. Cependant, mes frères, la paille croîtra toujours avec le bon grain; plantée sur la même terre, attachée à la même tige, échauITée du même soleil , nourrie par la même pluie, jetée en foule dans la même aire, elle ne sera point portée au même grenier; rendons-nous donc le bon grain de Jésus-Christ. Que nous servirait d'avoir été dans l'Eglise , et d'en avoir cru les promesses, si nous nous trouvions à la fin, ce qu'à Dieu ne plaise, dans le feu où brûleront les hérétiques et les impies? Plutôt attirons-les, par nos bons exemples, à l'unité, à la vérité, à la paix : et pour ne laisser sur la terre aucun infidèle par notre faute, goûtons véritablement la sainte parcrte : faisons-en nos chastes et immortelles délices : qu'elle paraisse dans nos mœurs et dans nos pratiques. Que nos frères ne pensent pas que nous les détournions de la lire et de la méditer nuit et jour; au contraire, ils la liront plus utilement et plus agréablement tout ensemble, quand , pour la mieux lire, ils la recevront des mains de l'Eglise catholique, bien entendue et bien expliquée, selon qu'elle l'a toujours été. Ce n'est pas les empêcher de la lire, que de leur apprendre à faire cette lecture avec un esprit docile et soumis, pour s'en servir sans ostentation et dans l'esprit de l'Eglise, pour la réduire en pratique , et prouver par nos bonnes œuvres , comme disait l'apôtre saint Jacques-, que la vraie foi est en nous.