I. Eccii., \\v. 12, — . :?, Tûm. n,p
Dès le commencement de son ouvrage, il en avertit le lecteur par ces paroles ' : « Enlin l'Inslruclion » pastorale de M. de Meaux , contenant les pro- » messes que Dieu a faites à l'Eglise, a paru lors- » que l'édition de cet ouvrage était déjà forl avancée. » Elle entrait si naturellement dans notre dessein, » que nous n'avons pu nous dispenser d'y répon- 1) dre. » Et un peu après : « M. de Meaux sait ef- » fectivement choisir ses matières : celle de l'Eglise » lui a paru susceptible de tous les ornements qu'il » a voulu lui donner; et si les années ont diminué » le feu de son esprit et la vivacité de son style, elles » ne l'ont pas éteint. On a tâché de prévenir les » effets que l'éloquence et la subtilité de ce prélat » pouvaient faire dans l'esprit des peuples , en fai- » sant dans le quatrième livre (du tome II) une dis- » cussion assez exacte des avantages qu'il donne à » l'Eglise et à ses pasteurs. »
Ces avantages, que je donne à l'Eglise et à ses pasteurs , ne sont autres que ceux qui leur sont donnés par Jésus-Christ même, lorsqu'il promet d'être tous les jours avec eux jusqu'à la fin de l'univers. Je m'attache uniquement à ce texte, pour ne point distraire les esprits en diverses considéralions. C'est en vain que le ministre insinue que, tout alïaibli que je suis par les années, on a encore à se délier de l'éloquence et de la subtilité qu'il m'attribue. Il sait bien, en sa conscience, que cet argument est simple. Il n'y a qu'à considérer avec attention les paroles de Jésus-Chrisl dans leur tout, et ensuite l'une après l'autre. C'est ce que je ferai dans ce discours, plus uniquement que jamais. Je n'ai ici besoin d'aucuns ornements ni d'aucune subtilité , mais d'une simple déduction des paroles de l'Evangile.
J'avoue que les traités de controverse ont quelque chose de désagréable. S'il ne fallait qu'instruire en simplicité de cœur ceux qui errent apparemment de bonne foi, de tels ouvrages apporteraient une sensible consolation; maison est contraint de parler contre les ministres, qu'on voudrait pouvoir épargner comme les autres errants, puisqu'enfin, ce sont des hommes et des chrétiens; et on serait heureux de ne pas entrer dans les minuties , dans les chicanes, dans les détours artilicieux, dont ils chargent leurs écrits. Il n'y a point de bon cœur qui ne souffre dans ces disputes, et qui ne plaigne le temps qu'il y faut donner. Mais comment refuser à la charité ces fâcheuses discussions? Puisque donc on ne peut s'en dispenser sans dénier aux errants le secours dont ils ont besoin, éloignons du moins de ces traités toul esprit d'aigreur : faisons si bien