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SECONDE INSTRUCTION PASTORALE SUR LES PROMESSES DE JÉSUS-CHRIST. li:
qu'on ne perde pas, s'il se peul, la piste de l'Evangile. C'est à quoi je dois travailler principalement dans ce discours, où je me propose d'en expliquer les promesses fondamentales. Elles consistent en sept ou huit lignes; et afin qu'on ne puisse plus les perdre de vue , je commence par les réciter : « Toute puissance m'est donnée dans le ciel et dans » la terre. Allez donc, et enseignez toutes les na- » lions , les baptisant au nom du Père, et du Fils, et » du Saint-Esprit, et leur enseignant à garder tout » ce que je vous ai commandé : et voilà, je suis » tous les jours avec vous (par cette toute-puis- B sance) jusqu'à la fin du monde'. » Si je trouve dans cette promesse faite aux apôtres et à leurs successeurs les avantages qui ne leur appartiennent pas , il sera aisé de le remarquer, puisque l'auteur a pris soin de les ramasser dans un livre particulier, qui est le quatrième de son ouvrage, avec une discussion assez exacte. Le soin qu'il prend d'avertir son lecteur, qu'il n'écrit point pour les théologiens et pour les savants, et que c'est ici une pièce destinée au peuple-, nous fait entendre quelque chose de simple et de populaire , qui par là doit être aussi très-intelligilJle. Dieu soit loué. Si l'on tient parole, nous n'avons point à examiner des arguments trop subtils , où le peuple ne comprend rien , et l'auteur se va renfermer dans les vérités dont tout le monde est capable. Il répète dans le corps du livre' : Nous ne'cricons pas pour les savants, trop versés dans cette matière pour y 7'ecevoir instrucHon ; mais pour un peuple, qui a perdu ses livres et l'habitude de parler de ces matières, et d'en entendre parler . On lui va donc composer un livre, oii il retrouve ce qu'il a perdu de plus simple , de plus nécessaire , et de plus clair dans les autres. Les savants et les curieux ne sont point appelés à cette dispute; c'est aux peuples qu'on veut montrer la voie du salut , dans les avantages que Jésus- Christ a promis à leurs pasteurs, afin de les diriger sans péril , comme sans discussion , dans les voies de la vérité et du salut éternel. Comme ma preuve dans ce dessein doit être formelle et précise , le peuple le plus ignorant la doit voir sans beaucoup de peine; mais en même temps, si les réponses du ministre ne sont manifestement que de vains détours, elles ne feront que montrer à l'œil la faiblesse de la cause qu'il veut soutenir. Refuser une ou deux heures de temps, ou quelque peu davantage , si la chose le demandait , à la considération d'un passage de l'Evangile, dont le sens est si aisé à entendre, et dont le fruit sera la décision de toutes les controverses, ne serait-ce pas à la fois vouloir s'opposer à son salut éternel, à la gloire de Jésus-Christ, à la vérité des promesses qu'il a faites en termes si clairs à son Eglise et à ses pasteurs?
II. Témérité du ministre qui ne veut pa:^ croire que J ésusrChrist ait pu donner en six lignes un remède à toutes les erreurs. — Dès le premier chapitre du livre IV*, le ministre croit révolter contre moi tous les esprits , en disant : « M. de Meaux » réduit tout à un seul point de connaissance, qui '> est l'autorité de l'Eglise. Tout, dit-il, consiste à 1) bien concevoir six lignes de l'Evangile, où Jésus- » Christ a promis en termes simples, précis, aussi
1. Malth-tXvvm. IS, 19, 20. — 2. Avert., n. 3. — 3. ro»ii. i, o. 2,n. i,p. 125. — i. Tom. il, liv, iv, n. 13, p. 553.
B. — T. IV
» clairs que le soleil, » d'être tous les jours avec les pasteurs de son Eglisejusqu'àla findes siècles'. Le ministre s'écrie ici : « Dieu a donc grand tort » d'avoir fait de si gros livres et de les avoir mis » entre les mains de tout le monde. Six lignes : que » dis-je, six lignes? Six mots gravés sur une plan- » che à Rome auraient levé toutes les difficultés, » puisqu'il devait y avoir à Rome une succession » d'hommes infaillibles, et qu'il n'y a point de curé » dans l'Eglise qui puisse changer sa doctrine. » N'embrouillons point les matières. Il ne s'agit ni de Rome, ni de l'infaillibilité de ses papes, dont le ministre sait bien que nous n'avons jamais fait un point de foi, ni de celle que le ministre veut imaginer que nous donnons aux curés et aux pasteurs en particulier : il est question de savoir si la sagesse de Jésus-Christ est assez grande pour renfermer en six lignes de quoi trancher tous les doutes par un principe commun et universel. Qui osera contester à Jésus-Christ cet avantage? « Mais, dit-on, si tout » est réduit à six lignes , Dieu a donc grand tort » d'avoir fait de si gros livres : » comme qui dirait : si, après avoir récité deux préceptes de la charité , qui n'ont pas plus de six lignes, Jésus-Christ a prononcé , qu'en ces deux préceptes, c'est-à-dire , dans ces six lignes, était renfermée toute la loi et les prophètes^ : si saint Paul a poussé plus loin ce mystérieux abrégé, en disant que tout était compris dans ce seul mot, diiiges, etc.', pourquoi fatiguer le monde à lire ces gros livres des Ecritures, et obliger les prophètes à multiplier leurs prophéties? Si, conformément à cette doctrine , saint Augustin a enseigné que l'Ecriture ne commande que la charité et ne défend que la convoitise, pourquoi mettre tant de grands volumes entre les mains des fidèles? Comme donc Dieu a donné un abrégé de toute la doctrine des mœurs qu'il a comprise en six lignes , ainsi Jésus-Christ en a donné un pour ce qui regarde la foi, en comprenant dans six lignes toutes les voies qui nous mènent à la vérité, et ne demandant autre chose sinon que l'on reçoive les enseignements qui se trouvent perpétués dans la succession des pasteurs , avec qui il sera tous les jours, depuis les apôtres jusqu'à nous et jusqu'à la fin du monde.
III. La force de la vérité en tire l'aveu de la bouche des protestants : témoignage de Bullus , protestant anglais, et du synode de Dordrecht pour l'infaillibilité des pasteurs. — Il ne faut donc pas s'étonner que Jésus-Christ ait renfermé en sis lignes tant de sagesse, et le remède de tant de maux. Au reste, ce que ce ministre trouve si étrange, n'est pas seulement accordé par les catholiques, mais encore par les protestants. Je n'en connais point parmi eux de plus éclairé que Bullus , prêtre protestant anglais, le défenseur invincible de la divinité du Fils de Dieu, et de la foi de Nicée, contre les sociniens, à qui il oppose, en ces termes, l'autorité infaillible du concile de Nicée. « Si, dit-il*, dans » un article principal, on s'imagine que tous les » pasteurs de l'Eglise auront pu tomber dans l'er- » reur et tromper tous les fidèles , comment pour- » rait-on défendre la parole de Jésus-Christ, qui a » promis à ses apôtres, et en leurs personnes à
1. Mallh., XXVII. 20. — 2. Idem, xxii. 1. Bull., Def. fld. Nie, pi-oœm., n. 1.
•3. iJoî.i., xni- 9.-
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SECONDE INSTRUCTION PASTORALE
» leurs successeurs, d'ùtrc toujours avec eux? Pro- » messe, poursuit ce docteur, qui ne serait pas » véritable, puisque les aiuHrcs ne devaient pas )> vivre si longtemps, n'était que leurs successeurs » sont ici compris en la personne des apôtres mô- » mes. » Voilà donc manifestement l'Eglise et son concile infaillibles, et son infaillibilité établie sur la promesse do Jésus-Christ enlendue selon nos maximes. Si l'on dit que c'est là protluire en témoignage un particulier protestant, qui parle contre les principes de sa religion, c'est ce qui fait voir que ce n'est pas nous qui inspirons de tels sentiments, mais qu'on les prend dans le fond commun du christianisme, quand on combat naturellement pour la vérité , comme faisait ce savant auteur contre ses ennemis les plus dangereux.
Mais ce n'est plus un particulier, c'est tout un synode, qui oppose aux remontrants, lorsqu'ils rejetaient l'autorité des synodes qu'on assemblait contre eux : 0 que Jésus-Christ, qui avait promis à ses » apôtres l'esprit de vérité, avait aussi promis à son » Eglise d'être toujours avec elle; » d'où il tire cette conséquence, « que lorsqu'il s'assemblerait, de plu- » sieurs pays, des pasteurs, pour décider, selon la « parole de Dieu , ce qu'il faudrait enseigner dans » les Eglises , il fallait avec une ferme confiance se )> persuader que Jésus-Christ serait avec eux selon » sa promesse'. » C'est un synode qui parle; iln'cst que provincial, je l'avoue; mais il est lu et apjirouvé par le synode de Dordrccht, où toute la Réforme était assemblée, sans en excepter aucun pays; en sorte qu'on l'appelait le synode comme œcuménique de Dordrecht. Qui leur inspirait ce langage si contraire aux maximes de leur religion? D'où leur venait cette ferme confiance : conliance selon la promesse, et par conséquent, selon l'expression de saint PauP, conliance selon la foi, plus inébranlable que les fondements de la terre, quoique soutenue du doigt de Dieu? C'est que les hommes se trouvent souvent imprimés de certaines vérités fortes qu'ils ne suivent pas. Ils posent le principe; ils ne peuvent soutenir la conséquence. Les philosophes connaissent le pouvoir immense de Dieu : ils n'ont pas la force de l'adorer, et se perdent dans leurs pensées. Le Juif croit Michée, qui lui annonce la venue du Christ dans Bethléem', il n'a pas le courage de s'élever à sa naissance éternelle avec le môme prophète. Notre ministre demeure d'accord « qu'il ne » faut jamais quitter l'Eglise de Dieu. Où est, dit- » il*, l'homme assez fou, pour contester qu'on ne » doive toujours demeurer dans l'Eglise de Dieu? » il vaudrait autant demander s'il est permis de se » damner. « Voilà de belles paroles, mais qui s'en vont en fumée et se réduisent à rien, si l'on ne fait qu'éluder tous les expressions des promesses faites à l'Eglise, pour en venir à conclure qu'on se peut sauver dans le schisme^, loin de vouloir demeurer dans l'Eglise de Dieu, comme la suite le fera paraître.
IV. Chicarieries manifestes du minisire : vai7is i7icidenls sur chaque parole de Jésus-Chrisl : ce que c'est, que tout le monde que les apôtres et leurs successeurs devaient enseifjner. — Mais il faut con-
1. Syn. Delph. Ad. Dord., p. (Xi. —2. Rom., iv. i:i, 10, I9i 20, etc. — 3. Mich., v, 2. — 4. Kverl., n. 3. — 5. Ci-dossous, n. 56, elc. 68, etc.
sidérer d'abord comme le ministre incidente sur chaque parole des promesses de Jésus-Chrisl. Répétons-les donc encore une fois; et n'ou))lions pas, sur toutes choses, qu'elles commencent j)ar ces termes , qui sont l'àmc et le soutien de tout le discours : Toute puissance m'est donnée dans le ciel et dans la terre; ce qu'il continue en cette sorte : allez donc avec la foi et la certitude que doit inspirer un tel secours : allez , enseignez les nations, et les baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit , leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé : et voilà je suis avec vous , par celte toute-puissance à laquelle rien n'est impossible, j'e suis, dis-je , avec vous; j'y suis tous les jours jusqu'à la fin du monde'. Osez tout, entreprenez tout, allez par toute la terre y attaquer toutes les erreurs : ne donnez de bornes à votre entreprise ni dans les lieux ni dans les temps : votre parole ne sera jamais sans effet : je suis avec vous; le monde ne pourra vous abattre : le temps, ce grand destructeur de tous les ouvrages des hommes, ne vous anéantira pas;;'e suis avec vous, moi le Tout-Puissant, dès aujourd'hui, tous les jours, et jusqu'à la fin du monde.
Ces paroles portent la lumière jusque dans les cœurs les plus ignorants : embrouillons-les donc, disent vos ministres. C'est ce que va entreprendre, avec plus d'adresse que jamais, celui qui m'attaque; et voici par où il commence. « M. de Meaux, » qui soutient que ces deux mots : Je suis avec » vous, sont simples, précis, clairs comme le so- » leil, et qu'ils n'ont besoin d'aucun commentaire, » est obligé d'y en faire un, dans lequel il insère » SCS préjugés, et fait dire à Jésus-Christ ce qui lui » plait^. « Voyons, lisons, examinons, s'il y a un seul mot du mien dans ce qu'il appelle mon commentaire. « Il y trouve (M. de Meaux) une Eglise » toujours visible , comme une chose qui est sortie » avec emphase de la bouche de Jésus-Christ. » Laissons l'emphase qu'il ajoute, et voyons si j'explique bien les paroles du Fils de Dieu : « Il ne » faut pas demander, c'est ainsi, dit-il, que M. de 1) Meaux fait parler ce divin Maître , si le nouveau » corps, la nouvelle congrégation, c'est-à-dire, la » nouvelle Eglise que je vous ordonne de former, y> sera visible, étant, comme elle le doit être, com- » posée de ceux qui donnent les sacrements et do » ceux qui les reçoivent. Cependant , poursuit le » ministre, Jésus-Christ n'a rien dit de semblable. » Il n'a rien dit de semblable, mes frères? L'a-t-on pu penser, que la distinction expresse de ceux qui enseignent et de ceux qui sont enseignés , de ceux qui baptisent et de ceux qui sont baptises , n'eût rien de semblable à une Eglise visible? A quoi donc est-elle semblable? A une Eglise invisible? La fausseté saute aux yeux. La prédication de la parole est comprise en termes formels, sous cette expression, enseignez : l'administration des sacrements n'est pas moins évidemment contenue sous le baptême qui en est la porte; ce sont là les caractères propres et essentiels qui rendent l'Eglise visible : tous les chrétiens, sans en excepter les protestants, l'entendent ainsi. C'est donc ici une chose qui non-seulement est semblable à l'Eglise visible, mais qui est l'Eglise visible elle-même.
1. Matth., xxviii. 18, 19, 20. — 2. T. il, l. iv, c. 2, n. 3, p. 559.
SUR LES PROMESSES DE JÉSUS-CHRIST A SON ÉGLISE
Passons et écoutons le ministre. « M. de Meaux » trouve encore ici l'Eglise composée de toutes les » nations, jusqu'à la lin des siècles'. » Eh ! de quoi sera donc formée, d'où sera tirée, de qui sera composée cette Eglise, dont les pasteurs ont reçu cet ordre? Allez par tout le monde , prêchez l'Evangile à toute créature'^ : et encore, allez, enseignez toutes les nations^. Mais, direz-vous, il n'exprime pas que l'Eglise, qu'il a désignée par ces paroles, sera jusqu'à la tin composée de toutes les nations. Non, sans doute ; il ne dit pas non plus que moi , que toutes les nations y seront toujours actuellement rassemblées; mais les apôtres et leurs successeurs ne cesseront de prêcher et d'annoncer l'Evangile à toutes les nations, au sens que saint Paul disait après le Psalniiste : Le bruit que fait leur pre'dication (celle des apôtres) retentit par toute la terre , et la voix s'en fait entendre par tout l'univers''; et encore : Votre foi est annoncée par tout le inonde^ ; et encore : L'Evangile est parvenu jusqu' ci vous, comme il est dans tout l'univers, et y fructifie, et y croît, comme parmi vous^. Il ne dit pas que tout le monde doive croire à la fois : Cet Evangile doit être prêché ou sera prêché (successivement) par toute la terre, en témoignage à toutes les nations; et après vieiidra la fin''. C'est Jésus-Christ lui-même qui parle, et il donne à son Eglise le terme de la fm de l'univers, pour porter à toute la terre la lumière de l'Evangile.
Mais tous croiront-ils? Non , répond saint Paul* : Tous n'obéissent pas à l'Evangile , selon que dit Isaie : Seigneur, qui croira les choses que nous avons ouies? Mais je dirai : N' ont-ils pas ouï? jmisqu'il est écrit : Le bruit s'en est fait entendre par toute la terre. S'il y a des particuliers qui ne croient pas à l'Evangile, qui doutent qu'il n'y ait aussi des nations, puisqu'on en trouve même, à qui l'esprit de Jésus ne permet pas de prêcher'^, durant de certains moments? Allez donc chicaner saint Paul, et Jésus-Christ même, et alléguez-leur la Chine, comme vous faites sans cesse, et, si voulez, les Terres australes, pour leur disputer la prédication écoulée par toute la terre. Tout le monde , malgré vous, entendra toujours ce langage populaire qui explique par toute la terre, le monde connu, et dans ce monde connu une partie éclatante et considérable de ce grand tout; en sorte qu'il sera toujours véritable que ce sera de ce monde que l'Eglise demeurera toujours composée, et que la lin du monde la trouvera, enseignant et baptisant les nations, et recueillant de chaque contrée ceux que Dieu lui voudra donner.
V. Suite de vains incidents sur les paroles de Jésus-Christ. Si le gouvernement ecclésiastique est une chose à deviner dans ces paroles, ou s'il n'y est pas expressément enseigné. — Voilà ce commentaire chimérique qu'on m'accuse de faire à ma fantaisie des promesses de Jésus-Christ, quand je n'allègue que saint Paul et Jésus-Christ lui-môme , pour les expliquer. Mais voici encore une autre partie de ce commentaire des promesses de l'Evangile. « M. de » Meaux y trouve une Eglise qui subsistera rangée » sous un même gouvernement, c'est-à-dire, sous » l'autorité des mêmes pasteurs; à quoi le ministre
1. T. II, l. IV, c. 2, n. 3, p. 559. — 2. Man-., xiv. 15. — 3. Matth., xxïiii. 19. — 4. Rom., x. 18. — 5. Idem , i. 8. - 6. Col., I. 6. — 7. Matth., xxiv. 14. — 8. Rom., x. 16. — y. Ac<., XVI. 6, 7.
ajoute, en insultant : « Le simple ne voyait point » cela dans le texte de saint Matthieu' : » comme qui dirait : Le simple n'y voyait pas que le troupeau serait gouverné par les enseignements des aprjtres, à qui il est dit : Allez, enseignez, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Le simple ne voyait pas que c'est là le gouvernement ecclésiastique : le simple ne voyait pas que toute l'autorité des pasteurs devait consister à donner les sacrements, ou bien à les refuser aux indignes, selon qu'ils écouteraient ou qu'ils n'écouteraient pas la prédication de leurs pasteurs, et que ce même ministre conclut enfln par cette amère raillerie : « Le peuple ne voyait pas toutes ces » choses : il avait besoin d'un autre soleil , c'est-à- » dire de ^L de Meaux, pour l'éclairer, et pour lui » découvrir ce qui est plus clair que le soleil^. » Il fallait un nouveau soleil , pour apprendre au peuple , que partout où il y a prédication, sacrement, gouvernement ecclésiastique, il y a une Eglise visible à qui appartiennent les promesses, puisque c'est à elle, en termes formels, qu'elles sont adressées par le Sauveur du monde.
VI. Autre chicane. Comment la promesse est adressée au commun des fidèles ainsi qu'aux pasteurs. — Mais écoutons encore où le ministre se réduit : « Pesons, dit-iP, toutes les paroles de Jésus-Christ, » comme M. de Jleaux les a pesées, et par ce moyen » nous en découvrirons le sens et la vérité. » C'est là, mes frères, ce que je prétends; et puisque votre ministre le prétend aussi, c'est pour lui que je vous demande une audience particulière.
« Premièrement, M. de Meaux borne celte pro- » messe aux pasteurs de son Eglise , quoiqu'elle » soit commune à tous les fidèles, avec lesquels » Jésus-Christ sera jusqu'à la consommation des » siècles. » Il produit saint Ililaire et saint Chrysostome, et se donne la peine de prouver ce que personne ne contesta jamais. Quand j'ai dit que la promesse de Jésus-Christ s'adressait directement aux pasteurs, j'ai pour garant Jésus-Christ, qui leur dit lui-même : Enseignez et baptisez. Il parle donc directement à ceux qu'il a préposés à la prédication et à l'administration des sacrements. Mais tout cela est fait pour le peuple : Tout est à vous, dit saint PauP, soit Paul, soit Céphas, soit Apollon. Nous ne sommes que les ministres de votre salut , dont la dispensation nous est commise. Jésus-Christ est avec les apôtres pour le profit des fidèles, les fidèles sont donc compris dans la promesse. Je vous prie, dit-il '', nwn Père, non-seulement pour ceuxci, c'est-à-dire, pour mes apôtres, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi par leur parole. On voit qu'il prie pour les fidèles, en les attachant aux apôtres. On n'a pas besoin d'alléguer saint Hilaire ni saint Chrysostome; la chose parle d'ellemême; et le profit des fidèles sous le ministère, marque clairement la part qu'ils ont à la promesse , encore qu'elle se trouve directement adressée à leurs pasteurs, comme il fallait pour établir l'autorité, aussi bien que l'éternité de leur minislère.
VII. Sens naturel des paroles de la promesse. — Ecoutez donc les paroles, et prenez l'esprit et l'intention des promesses Je Jésus-Christ : Je suis avec
1. T.u, p. 5.59. — 2 Idem , p. 560. - 4. /. Cor., III. 22. — 5. Joan., xvii. 20.