CHAPITRE VII. Des modes des syllogismes
Il semblerait qu'il dût y avoir autant de façons d'argumenter que les propositions et les termes peuvent souffrir de différents arrangements ; mais il y a des arrangements dont on ne peut jamais former un syllogisme ; par exemple, nous avons vu que des pures particulières et des pures négatives , il ne se conclut rien.
Il y a grand nombre d'autres arrangements qui sont exclus par de semblables raisons ; et enfin il ne s'en trouve que dix-neuf concluants , qu'on appelle modes utiles.
Aristote les a exprimés par la combinaison de ces quatre lettres, A, E, I, 0.
Par il, il a exprimé l'universelle affirmative;
Par E, l'universelle négative ; .
Par /, la particulière affirmative;
Par 0, la particulière négative.
Selon cela, les philosophes qui ont suivi Aristote, ont exprimé les dix-neuf modes en ces quatre vers artificiels , fait pour aider la mémoire : Barbara, Celarcnt, Darii, Fcrio , Baralipton Celantes, Dabitis, Fapesmo , Frisesoynorum Cesare , Camestres, Festino, Raroco , Darapti Felaplon , Disamis, Datisi, Boeardo, Ferizon.
Dans chacun de ces mots , il ne faut prendre garde qu'aux trois premières syllabes dont les voyelles marquent la quantité et la qualité des trois propositions du syllogisme ; ainsi , dans Baralipton et dans Frisesomorum, les syllabes qui excèdent trois sont surnuméraires et n'ont d'autre usage que d'achever les vers.
Les quatre premiers mots désignent quatre modes directs de la première figure et les cinq autres en désignent cinq modes indirects, qui sont les mêmes que ceux qu'on donne à la figure de Galien.
Ainsi , il y a neuf modes dans la première figure, qui sont compris dans les deux premiers vers.
La deuxième en a quatre , signifiées par ces mots : Cesare, Camestres, Festino, Baroco.
Les six autres mots appartiennent à la troisième , et tous ensemble font dix-neuf.
La plus excellente manière d'argumenter est comprise dans les quatre modes directs de la première figure. Deux de ces modes concluent universellement, et deux particulièrement; deux affirmativement et deux négativement. Ils sont exprimés par :
a. Bar- Tout ce qui est ordonné de Dieu est pour
le bien; a. ha- Toute puissance légitime est ordonnée de
Dieu;
DE LA TROISIÈME OPÉRATION DE L'ESPRIT
a. ra. Donc toute puissance légitime est pour
le bien.
£. Ce- iSuiie chose ordonnée de Dieu n'est éta-
blie pour le mal ;
a. la- Toute puissance légitime est ordonnée de
e. rent. Donc nulle puissance légitime n'est éta blie pour le mal.
A. D((- Tout homme qui abuse de son pouvoir est injuste;
i. ri. Quelque prince abuse de son pouvoir;
*. i. Donc quelque prince est injuste.
E. Fe- Nul injuste n'est heureux;
• i. ri. Quelque prince est injuste;