Donc quelque prince n'est [)as heureux
Ces quatre modes sont directs et manifestement concluants.
La force du terme moyen s'y découvre clairement.
On le voit pris universellement dans une prémisse , et encore dans la majeure qui se trouve la plus universelle , et oit ce terme important , qui unit les autres , est le sujet du grand extrême ; ce qui fait la majeure la plus naturelle, la plus propre à produire une conclusion directe : de sorte qu'il paraît en tète dans l'argument, et y exerce visiblemeot sa puissance.
Il s'en faut bien qu'il en soit ainsi dans les cinq modes indirects, et même dans tous les modes des autres figures.
Les exemples le font voir :
A. Ba- Tout ce qui est ha'i de Dieu est puni par sa justice , ou pardonné par sa miséricorde.
a- ra. Tout ce qui est puni par sa justice, ou
pardonné par sa miséricorde , sert à sa gloire;
('. lip. Donc quelque chose qui sert à la gloire
de Dieu est haïe de Dieu.
Au lieu de conclure plus directement : « Donc « toute chose haïe de Dieu sert à sa gloire; » auquel cas, en transposant les prémisses, l'argument serait en Barbara.
1. E. Ce- Nulle chose douloureuse n'est désirable; i. a. lan- Toute chose désij-able est convenable à la
nature;
e. tes. Donc nulle chose convenable à la nature n'est douloureuse.
A. Da- Quelque chose douloureuse sert à notre salut;
i. bi- Quelque chose douloureuse est désirable;
i. lis. Donc quelque chose désirable est douloureuse.
Au lieu de conclure directement : « Donc quel- » que chose douloureuse est désirable. »
Et remarquez que cet argument ne conclurait pas, s'il était construit en la forme de la quatrième ligure, o^est-à-dire si le moyen était attribut dans la majeure, et sujet dans la mineure, parce qu'ainsi il se trouverait toujours pris particulièrement, contre la règle sixième.
C'est pourquoi ceux qui ont parlé le plus subtilement de cette figure, ont changé l'ordre des propositions, et l'ont ainsi rangée :
J. Da- Quelque fou dit vrai.
((. hi- Quiconque dit \rai doit être cru; i. Us. Donc quelqu'un qui doit être cru, est fou.
■1. A. Fa- Toute qualité naturelle \ient de Dieu; 2. e. pes- Nulle vertu n'est une qualité naturelle; 0. mo. Donc quelque chose qui vient de Dieu ' n'est pas une vertu.