CHAPITRE VJII
Des moyens de prouver la vérité des arguments, et -premièrement de la réduction à l'impossible.
On a plusieurs moyens pour faire voir la validité des syllogismes de toutes les figures et de tous les modes. Entre autres, on propose des règles pour chaque figure ; mais je trouve peu nécessaire de les rapprocher, parce qu'en considérant les règles générales du syllogisme, on trouvera aisément ce qui fait valoir chacun des syllogismes particuliers.
Il y a d'autres moyens de mettre le syllogisme à l'épreuve , l'un desquels s'appelle la réduction à l'impossible.
La réduction à l'impossible est un argument par lequel on moutre que celui qui nie une conséquence d'un argument fait en forme , en quelque mode que ce soit, est contraint d'admettre deux choses contradictoires.
Cela paraît clairement dans les quatre premiers modes de la première figure. Prenez par exemple , cet argument dans la première.
A. Bar- Tout ce qui est ordonné de Dieu est pour
le bien ; a. ha- Toute puissance légitime est ordonnée
de Dieu; "■ '*"• Donc toute puissance légitime est pour
le bien.
Mettez que la conséquence soit fausse , la contradictoire est donc vraie; et au lieu de dire : Toute puissance légitime est pour le bien , il faudra dire : Quelque puissance légitime n'est pas pour le
bien. Et cela étant, il faudrait dire, ou que ce que Dieu ordonne n'est pas pour le bien, ou que la puissance légitime u'est pas ordonnée de Dieu ; c'est-àdire qu'il faudrait nier ce qu'on accorde. -
La chose est trop évidente dans les quatre premiers modes, pour avoir besoin de cette épreuve. Mais prenons un des arguments des autres figures, qui soit des plus éloignés des directs de la première. En voici un en Baroco dans la deuxième figure :
A. Ba- Tout heureux est sage ;