IV. Les parties au-dessous de la poitrine
Au-dessous du poumon est l'estomac, qui est une grande membrane en forme d'une bourse ou d'une cornemuse, et c'est là que se fait la digestion des viandes.
Plus bas, du côté droit est le foie. Il enveloppe un côté de l'estomac, et aide à la digestion par sa chaleur. 11 fait la séparation de la bile d'avec le sang. De là vient qu'il a par-dessous un petit vaisseau, comme une petite bouteille, qu'on appelle la vésicule du fiel, où la bile se ramasse, et d'où elle se décharge dans les intestins. Cette humeur acre, en les picotant, les agite, et leur sert comme d'une espèce de lavement naturel , pour leur faire jeter les excréments.
La rate est l'opposite du foie : c'est une espèce d'épongé, où s'imbibe l'humeur terrestre et mélancolique, d'où viennent, à ce qu'on tient, les vapeurs qui causent ces noirs chagrins dont on ne peut dire le sujet.
Eterrière sont les deux reins, où se séparent et s'amassent les sérosités, qui tombent dans la vessie par deux tuyaux qu'on appelle les uretères, et font les urines.
Au-dessous de toutes ces parties sont les entrailles ou intestins, où, par divers détours, les excréments se séparent, et tombent dans les lieux par où la nature s'en décharge.
Les intestins sont attachés et comme cousus aux extrémités du mésentère; aussi ce mot signifie-t-il le milieu des entrailles.
Le mésentère est la partie qui s'appelle fraise dans les animaux , par le rapport qu'elle a aux fraises qu'on portait autrefois au cou.
C'est une grande membrane étendue à peu près en rond, mais repliée plusieurs fois sur elle-même; ce qui fait que les intestins, qui la bordent dans toute sa circonférence , se replient de la même sorte, et se répandent dans tout le bas-ventre par divers détours.
On voit sur le mésentère une infinité de petites veines plus minces que des cheveux, qu'on appelle des veines lactées , à cause qu'elles contiennent une liqueur semblable au lait, blanche et douce comme lui, dont on verra dans la suite la génération.
Au reste, les veines lactées sont si petites, qu'on ne peut les apercevoir dans l'animal qu'en l'ouvrant un peu après qu'il a mangé, parce que c'est alors, comme il sera dit, qu'elles se remplissent de ce suc blanc, et qu'elles en prennent la couleur.