XI. Le cœur et le cerveau sont les deux maîtresses parties
Voilà quelle est à peu près la disposition du corps, et l'usage de ses parties, parmi lesquelles il paraît que le cœur et le cerveau sont les principales et celles qui , pour ainsi dire , mènent toutes les autres.
Ces deux maîtresses parties influent dans tout le corps. Le cœur y envoie partout le sang dont il est nourri ; et le cerveau y distribue de tous côtés les esprits par lesquels il est remué.
Au premier, la nature a donné les artères et les veines, pour la distribution du sang; et elle a donné les nerfs au second , pour l'administration des esprits.
Nous avons vu que la fabrique des esprits se commence par le cœur, lorsque battant le sang et l'échauffant, il en élève les parties les plus subtiles au cerveau, qui les perfectionne, et qui ensuite en renvoie au cœur ce qui est nécessaire pour exciter son battement.
Ainsi ce% deux maîtresses parties , qui mettent pour ainsi dire tout le corps eu action , s'aident mutuellement dans leurs fonctions, puisque sans les vapeurs que le cœur élève du sang , le cerveau n'aurait pas de quoi former les esprits , et que le cœur aussi n'aurait point de battement sans les esprits que le cerveau lui envoie.
Dans ce secours nécessaire que se- donnent ces deux parties, laquelle des deux commence? C'est ce qu'il est malaisé de déterminer, et il faudrait pour cela avoir recours à la première formation de l'animal.
Pour enlendre ce qu'il y a ici de plus constant, il faut penser, avant toutes choses, que le fœtus ou l'embryon, c'est-à-dire l'animal qui se forme, est engendré d'autres animaux déjà formés et vivants, oii. il y a par conséquent du sang et des esprits déjà tout faits, qui peuvent se communiquer à l'animal qui commence.
On voit, en eftet, que l'embryon est nourri du sang de la mère qui le porte. On peut donc penser