‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 231 sur 609 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

se prépare à la guerre de tous côtés. Le césar Sévère, que Galérius envoya contre Maxence (307), le fit trembler dans Rome'. Pour se donner de l'appui dans sa frayeur, il rappela son père Maximien. Le vieillard ambitieux quitta sa retraite, oti il n'était qu'à regret , et tâcha en vain de retirer Dioclétien, son collègue, du jardin qu'il cultivait à Salone. Au nom de Maximien, empereur pour la seconde fois , les soldats de Sévère le quittent. Le vieil empereur le fait tuer; et en même temps, pour sappuver contre Galérius , il donne à Constantin sa liUe Fauste. Il fallait aussi de l'appui à Galérius après la mort de Sévère; c'est ce qui le fit résoudre à nommer Licinius empereur^ : mais ce choix piqua Maximin, qui, en qualité de césar, se croyait plus proche du suprême honneur. Rien ne put lui persuader de se soumettre à Licinius ; et il se rendit indépendant dans l'Orient. Il ne restait presque à Galérius que l'Illyrie où il s'était retiré après avoir été chassé d'Italie. Le reste de l'Occident obéissait à Maximien, à son fils Maxence et à son gendre Constantin. Mais il ne voulait non plus , pour compagnons de l'empire , ses enfants que les étrangers. Il tâcha de chasser de Rome son fds Maxence , qui le chassa lui-même. Constantin, qui le reçut dans les Gaules , ne le trouva pas moins perfide. Après divers attentats, Maximien fit un dernier complot , où il crut avoir engagé sa fille Fauste contre son mari. Elle le trompait ; et Maximien, qui pensait avoir tué Constantin en tuant l'eunuque qu'on avait mis dans son lit, fut contraint de se donner la mort à lui-même. Une nouvelle guerre s'allume ; et Maxence , sous prétexte de venger son père , se déclare contre Constantin (312) qui marche à Rome avec ses troupes'. En même temps, il fait renverser les statues de Maximien : celles de Dioclétien , qui y étaient jointes, eurent le même sort. Le repos de Dioclétien fut troublé de ce mépris ; et il mourut quelque temps après, autant de chagrin que de vieillesse.

En ces temps, Rome, toujours ennemie du christianisme , fit un dernier eflbrt pour l'éteindre , et acheva de l'établir. Galérius , marqué par les historiens comme l'auteur de la dernière persécution', deux ans devant qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire , le contraignit à faire ce sanglant édit (302), qui ordonnait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais. Maximien, qui les haïssait, et n'avait jamais cessé de les tourmenter, animait les magistrats et les bourreaux ; mais sa violence, quelque extrême qu'elle fût, n'égalait point celle" de Maximin et de Galérius; On inventait tous les jours de nouveaux supplices. La pudeur des vierges chrétiennes n'était pas moins attaquée que leur foi. On recherchait les livres sacrés avec des soins extraordinaires pour en abolir la mémoire; et les chrétiens n'osaient les avoir dans leurs maisons, ni presque les lire. Ainsi, après trois cents ans de persécution , la haine des persécuteurs devenait plus âpre. Les chrétiens les lassèrent par leur patience. Les peuples, touchés de leur sainte vie, se convertissaient en foule. Ga-

i. Lact. de Mort. Persec. c. 2fi. 27. - 2. Idem, c. 28, 29, 30, 31, 32. — 3. Ibid., c. 42 , 43. — 4. Euseb., HUt. eccl.. lib. VIII. c. 16; De vila Confiant. . 1. 1, c. 51; Lact., idem, c. 9 etseq.

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