‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 240 sur 609 · I. Conc. Nie. II, can. vii, tom. VU. Conc., col · texte numérisé non relu

I. Conc. Nie. II, can. vii, tom. VU. Conc., col

testé , c'est q,ue , loin de les désavouer, tous ces sièges ont accepté le concile sans qu'il y paraisse de contradiction, et il a été reçu par toute l'Eglise. Les Français, environnés d'idolâtres ou de nouveaux chrétiens dont ils craignaient de brouiller les idées, et d'ailleurs embarrassés du terme équivoque d'adoration , hésitèrent longtemps. Parmi toutes les images , ils ne voulaient rendre d'honneur qu'à celle de la croix, absolument difîérente des figures que les païens croyaient pleines de divinité. Ils conservèrent pourtant en lieu honorable, et même dans les églises, les autres images, et détestèrent les iconoclastes. Ce qui resta de diversité ne fit aucun schisme. Les Français connurent enfin que les Pères de Nicée ne demandaient pour les images que le même genre de culte , toutes proportions gardées, qu'ils rendaient eux-mêmes aux reliques, au livre de l'Evangile et à la croix; el ce concile fut honoré par toute la chrétienté sous le nom de septième concile général.

Ainsi nous avons vu les sept conciles généraux , que l'Orient et l'Occident, l'Église grecque et l'Eglise latine reçoivent avec une égale révérence. Les empereurs convoquaient ces grandes assemblées par l'autorité souveraine qu'ils avaient sur tous les évêques, ou du moins sûr les principaux, d'oii dépendaient tous les autres , et qui étaient alors sujets de l'empire. Les voitures publiques leur étaient fournies par l'ordre des princes. Ils assemblaient les conciles en Orient , où ils' faisaient leur résidence, el y envoyaient ordinairement des commissaires pour maintenir l'ordre. Les évêques ainsi assemblés portaient avec eux l'autorité du Saint- Esprit et la tradition des églises. Dès l'origine du christianisme, il y avait trois sièges principaux, qui précédaient tous les autres, celui de Rome, celui d'Alexandrie, et celui d'Antioche. Le concile de Nicée avait approuvé que l'évêque de la Cité sainte eût le même rang'. Le second et le quatrième conciles, élevèrent le siège de Constantinople, el voulurent qu'il fût le second^. Ainsi il se fit cinq sièges, que dans la suite des temps on appela patriarcaux. La préséance leur était donnée dans le concile. Entre ces sièges, le siège de Rome ' était toujours regardé comme le premier, et le concile de Nicée régla les autres sur celui-là'. Il y avait aussi des évêques métropolitains qui étaient les chefs des provinces , et qui précédaient les auj très évêques. On commença assez tard à les appeler archevêques; mais leur autorité n'en était pas moins reconnue. Quand le concile était formé, on proposait l'Ecriture sainte; on lisait les passages des anciens Pères, témoins de la tradition : c'était la tradition qui interprétait l'Ecriture : on croyait que son vrai sens était celui dont les siècles passés ; étaient convenus, et nul ne croyait avoir droit de l'expliquer autrement. Ceux qui refusaient de se soumettre aux décisions du concile, étaient frappés d'anathème. Après avoir expliqué la foi, on réglait la discipline ecclésiastique et on dressait les canons, c'esl-à-dire les règles de l'Eglise. On croyait que la foi ne changeait jamais , et qu'encore que la discipline pût recevoir divers changements, se-

i. Conc. Nie, can. mi, tom. n. Conc., col. 31. — 2. Conc. C. P. 1, can. m, ibid., col. 948; Co«c. Chalced., can. xxviii . tom. I , c. "69. — i 3. Conc. Nie, can. M, uH sup.

DISCOURS SUR L'HISTOIRE UNIVERSELLE

Ion les temps et selon les lieux, il fallait tendre, autant qu'on pouvait, à une parfaite imitation de l'antiquité. Au reste, les Papes n'assistèrent que par leurs légats aux premiers conciles généraux; mais ils en approuvèrent expressément la doctrine, et il n'y eut dans l'Eglise qu'une seule foi.

Constantin et Irène (787) firent religieusement exécuter les décrets du septième concile ; mais le reste de leur conduite ne se soutint pas. Le jeune prince , à qui sa mère fit épouser une femme qu'il n'aimait point, s'emportait à des amours déshonnêtes ; et, las d'obéir aveuglément à une mère si impérieuse , il tâchait de l'éloigner des affaires où elle se maintenait malgré lui. Alphonse le Chaste régnait en Espagne (793). La continence perpétuelle que garda ce prince, lui mérita ce beau titre , et le rendit digne d'affranchir l'Espagne de l'infâme tribut de cent filles, que son oncle Mauregat avait accordé aux Maures. Soixante et dix mille de ces infidèles tués dans une bataille, avec Mugaït, leur général, firent voir la valeur d'Alphonse. Constantin tâchait aussi de se signaler contre les Bulgares ; mais les succès ne répondaient pas à son attente. Il détruisit à la fin tout le pouvoir d'Irène (795), et, incapable de se gouverner lui-même autant que de souffrir l'empire d'autrui , il répudia sa femme Marie , pour épouser Théodote, qui était à elle (796). Sa mère, irritée, fomenta les troubles que causa un si grand scandale. Constantin périt par ses artifices. Elle gagna le peuple en modérant les impôts , et mit dans ses intérêts les moines avec le clergé par une piété apparente. Enfin elle fut reconnue seule impératrice. Les Romains méprisèrent ce gouvernement et se tournèrent à Charlemagne, qui subjuguait les Saxons , réprimait les Sarrasins , détruisait les hérésies, protégeait les Papes, attirait au christianismes les nations infidèles, rétablissait les sciences et la discipline ecclésiastiques, assemblait de fameux conciles où sa profonde doctrine était admirée , et faisait ressentir non-seulement à la France et à l'Italie , mais encore à l'Espagne , à l'Angleterre, à la Germanie, et partout, les effets de sa piété et de sa justice.

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