‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 285 sur 609 · Mal · texte numérisé non relu

Mal

, -i. -2. Par., xxxvi,21, 22; /. Esdr., i, 1.

un faussaire heureux, que tout le peuple en aura cru ; et de nouveaux imposteurs , par un zèle admirable de religion , auront sans cesse ajouté aux Livres divins, après même que le Canon en aura été clos, qu'ils se seront répandus avec les Juifs par toute la terre , et qu'on les aura traduits en tant de langues étrangères. N'eût-ce pas été, à force de vouloir établir la religion, la détruire par les fondements? Tout un peuple laisse-t-il donc changer si facilement ce qu'il croit être divin, soit qu'il le croie par raison ou par erreur? Quelqu'un peut-il espérer de persuader aux chrétiens, ou même aux Turcs, d'ajouter un seul chapitre ou à l'Evangile ou à l'Alcoran?

Mais peut-être que les Juifs étaient plus dociles que les autres peuples, ou qu'ils étaient moins religieux à conserver leurs saints Livres ? Quels monstres d'opinions se .faut-il mettre dans l'esprit, quand on veut secouer le joug de l'autorité divine, et ne régler ses sentiments, non plus que ses mœurs, que par sa raison égarée?

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