Dhil., I. I, sofl. 2, u. 20. —2. Idem. — 2. Iliid
j dont on empruntait'. C'était une impiété et une
' infamie tout ensemble de ne pas retirer assez
prompteraent un gage si précieux; et celui qui
mourait sans s'être acquitté do ce devoir, était
privé de la sépulture.
Le royaume était héréditaire ; mais les rois étaient oljligés plus que tous les autres à vivre selon les lois. Ils en avaient de particulières qu'un roi avait digérées , et qui faisaient une partie des livres sacrés^. Ce n'est pas qu'on disputât rien aux rois, ou que personne eût droit de les contraindre : au contraire, on les respectait comme des dieux; mais c'est qu'une coutume ancienne avait tout réglé, et qu'ils ne s'avisaient pas de vivre autrement que leurs ancêtres. Ainsi ils souffraient sans peine non-seulement que la qualité des viandes et la mesure du boire -et du manger leur fût marquée (car c'était une chose ordinaire en Egypte, où tout le monde était sobre, et où l'air du pays inspirait la frugalité^), mais encore que toutes leurs heures fussent destinées''. En s'éveillant au point du jour, lorsque l'esprit est le plus net et les pensées les plus pures , ils lisaient leurs lettres pour prendre une idée plus droite et plus véritable des alTaires qu'ils avaient à décider. Sitôt qu'ils étaient habillés, ils allaient sacrifier au temple. Là, environnés, de toute leur cour, et les viclimes étant à l'autel , ils assistaient à une prière pleine d'instruction, où le pontife priait les dieux de donner au prince toutes les vertus royales , en sorte qu'il fût religieux envers les dieux, doux envers les hommes, modéré , juste , magnanime, sincère , et éloigné du mensonge , libéral , maître de lui-même , punissant au-dessous du mérite , et récompensant au-dessus. Le pontife parlait ensuite des fautes que les rois pouvaient commettre; mais il supposait toujours qu'ils n'y tomberaient que par surprise ou par ignorance, chargeant d'imprécations les ministres qui leur donnaient de mauvais conseils, et leur déguisaient la vérité. Telle était la manière d'instruire les rois. On croyait que les reproches ne faisaient qu'aigrir leurs esprits, et que le moyen le plus efficace de leur inspirer la vertu , était de leur marquer leur devoir dans des louanges conformes aux lois , et prononcées gravement devant les dieux. Après la prière et le sacrifice, on lisait au roi, dans les saints livre?, les conseils et les actions des grands hommes , afin qu'il gouvernât son Etat par leurs maximes, et maintînt les lois qui avaient rendu ses prédécesseurs heureux aussi bien que leurs sujets.
Ce qui montre que ces remontrances se faisaient et s'écoutaient sérieusement, c'est qu'elles avaient leur efTet. Parmi les Thébains , c'est-à-dire dans la dynastie principale , celle où les lois étaient en vigueur et qui devint à la fin la maîtresse de toutes les autres , les plus grands hommes ont été les rois. Les deux Mercures, auteurs des sciences et de toutes les institutions des Egyptiens, l'un voisin des temps du déluge, et l'autre qu'ils ont appelé le Trismégistc ou le trois fois grand, contemporain de Moïse, ont été tous deux rois deThèbcs. Toute l'Egypte a profité de leurs lumières, et Thèbes doit à leurs instructions d'avoir eu demau-
1. Ilerod., 1. II, c. 136; Diod.. lib. I, sect. 2, n. 3i. —2. Piad.A. I, sect. 2, II. 22. — 3. Herod , 1. II. — i. Diod., lib. I, secl. 2, n. 22.