TROISIÈME PARTIE. — LES EMPIRES
les esprits turbulents y trouvaient de nouveaux ' moyens de brouiller et d'entreprendre.
Cependant le nombre des pauvres s'augmentait sans fin par le luxe , par les débauches , et par la fainéantise qui s'introduisait. Ceux qui se voyaient ruinés n'a%-aient de ressources que dans les séditions , et en tout cas se souciaient peu que tout périt après eux. On sait que c'est ce qui fit la conjuration de Catilina. Les grands ambitieux, et les misérables qui n'ont rien à perdre, aiment toujours le changement. Ces deux genres de citoyens prévalaient dans Rome; et l'état mitoyen, qui seul tient tout en balance dans les états populaires , étant le plus faible , il fallait que la république tombât.
On peut joindre encore à ceci l'humeur et le génie particulier de ceux qui ont causé les grands mouvements, je veux dire des Gracques, de Marius, de Sylla, de Pompée, de Jules César, d'Antoine et d'.\uguste. J'en ai marqué quelque chose; mais je me suis attaché principalement à vous décou\Tir les causes universelles et la vraie racine du mal , c'est-à-dire cette jalousie entre les deux ordres , dont il vous était important de considérer toutes les suites.