‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 325 sur 609 · IX"" SIÈCLE · texte numérisé non relu

IX"" SIÈCLE

Irène gagne les peuples oppressés en les soulageant de tributs.

Nicéphore chasse Irène (801).

Mort d'Irène en exil (802).

Charlemagne achève de subjuguer la Saxe (803), et y établit la foi chrétienne (804).

Aaron, prince des Sarrasins (805), marche contre l'empereur Nicépliore, qu'il réduit à lui payer tribut, non-seulement pour l'empire, mais encore pour lui et pour son fils.

Charlemagne envoie son fils aîné au secours de Cagan, autrement Théodore, roi des Avares, prince chrétien, que les Sclaves, païens établis en Bohème, avaient chassé. Les Sclaves sont vaincus, et Léon, leur capitaine, est tué dans le combat.

Il fait son testament à Thionville (806)', où il partage son royaume entre ses enfants. Il paraît que son dessein était, en les faisant rois, de les soumettre à Charles leur frère aîné, à qui il destinait l'empire et la principale partie de la P'rance.

Il équipe une grande flotte qui (807), sous la conduite de Burchard , bat deux fois les Sarrasins aux environs des îles de Corse et de Sardaigne, qu'ils voulaient occuper.

L'empereur Nicéphore se rend odieux par ses cruautés (808).

Le pape Léon III (809) refuse aux envoyés de Charlemagne de consentir à l'addition faite en sa Cour et en Espagne du terme de filioque, ajouté au symbole de Nicée, qui, parlant du Saint-Esprit, avait dit simplement : QUI A PATRE PROCEDIT. Le Pape reconnaît pourtant que le Saint-Esprit, selon l'ancienne traduion , procède du Père et du Fils; mais de crainte des conséquences, il nie qu'il faille ajouler au symbole un terme que les concilesde Nicée et de Gonslaniinople n'avaient pas jugé nécessaire. La chose s'établit pourtant par l'usage, et personne ne fait diiïiculté d'ajouter au symbole une vérité unixersellemcnt approuvée.

Pépin, second fils do Charlemagne, que son père avait fait roi d'Italie (810) , irrité contre les Vénitiens, qui , par le traité entre Charles et Nicéphore , étaient demeurés aux Grecs, marche contre eux et se saisit d'une de leurs îles; mais voulant attaquer les autres sans savoir la route qu'il fallait tenir, il s'engage dans des bancs et dans la boue, où il est défait paroles Vénitiens, mieux instruits des lieux. Il en meurt de regret.

1 . L'empereur vent que s'il s'élève quelque différend au sujet de ce parl.ige, il se décide par lejUKcmcnl de la croix (Mabill., ad an. 806).

Les Vénitiens profitent de cette victoire et des désordres de l'empire de Constantinople, et tâchent de s'affranchir.

Nicéphore (811), après quelques avantages remportés sur les Bulgares, leur refuse la pai.\ et les réduit à combattre en désespérés; ils le défont. Ils le prennent, lui coupent la tète et boivent dedans. Après divers désordres, l'empire est donne à Michel Curopalate, gendre de l'empereur Nicéphore.

Charles, fils de Charlemagne, meurt. L'empereur donne le commandement de l'Italie à Bernard , bâtard de Pépin, et le reste de l'empire à Louis, qu'il avait déclaré roi d'Aquitaine dès son enfance.

I,es Bulgares font de grands progrès sur les empereurs de Constantinople (813)', et leur prennent Andrinople où ils exercent des cruautés inouïes.

Après la mort d'Aaron la division se met entre ses enfants et les Sarrasins. Les chrétiens de Syrie et de la Terre-Sainte sont la proie des deux partis.

Charlemagne fait une fin digne do sa vie chrétienne et pieuse (814), après avoir ordonné à son fils Louis de se mettre la couronne impériale sur la tète, en présence et de l'avis de tous tes seigneurs. Il mourut âgé de soixante-douze ans, la quarantième année de son règne, et la quatorzième de son empire.

Louis, appelé le Débonnaire, envoie à Rome Bernard (815), fils de Pépin, pour appuyer Léon, persécuté par les Romains. Il réprime les séditieux, et déclare Léon innocent.

Le pape Léon III meurt (616). Etienne IV, son successeur, est appelé en France, où il vient pour couronner l'empereur et sa femme Irmingarde.

Bernard (817) se soulève contre l'emperpur, qui marche contre lui. A son approche, Bernard est abandonné par les siens. L'empereur fait de cruels châtiments des partisans de Bernard et de Bernard lui-même, qui en meurt. Les remords suivent de près cette action sanguinaire, et Louis confesse son crime aux évêques.

Louis fait tenir beaucoup de conciles (819) en divers endroits de l'empire pour la réformalion do l'Eglise. Elle souffre beaucoup en Orient par les cruautés de l'empereur Léon Arménien, qui renouvelle les fureurs des iconoclastes. Cruelles persécutions et constance admirable du saint moine Théodore Studite.

Ce cruel empereur, attaqué dans l'église du palais le propre jour de Noël par les gens de Michel Ducas, autrement appelé JMichel le Bègue, fut tué après s'être défendu longtemps avec une croix qu'il prit sur l'autel. Michel, que l'empereur destinait au feu après la fêle,

i. Omission de cinq grands conciles, tenus par ordre de CliarlemaKne dans diverses parties de l'empire, pour la réformalion de la discipline i^Labhe, l. vu).

NEUVIEME SIECLE

pour punir sa désobéissance, est tiré des fers et élevé à l'empire.

Les chrétiens sont persécutés en Espagne par les Sarrasins 821 1.

Louis fait pénitence publique à Attigni pour le meurtre de Bernard (822). •

Il associe à l'empire Lothaire' son fils aine (823), qui est couronné à Rome par le pape Paschal 1", dans l'église de Saint-Pierre.

^lichel. empereur d'Orient :824)', envoie à Louis une ambassade solennelle, et lui fait présent d'un volume où étaient les livres attribués à saint Denis Aréopagite, que Louis fait traduire par Hilduin , abbé de Saint- Denis.

L'armée de Michel est défaite en Crète par les Sarrasins d'Espagne (826), qui avaient occupé cette ile qu'ils appelèrent Candie, du nom d'un lieu qu'ils fortifièrent. Arialde ou Harolde , roi des Danois , chassé de son royaume, est baptisé à Mayence, et fait comte de Frise par l'empereur Louis.

La foi s'ébranle en Orient par les désordres qui s'y augmentent sous Michel, le plus impie et le plus ignorant des empereurs. Le septentrion prête l'oredle à l'Evangile.

Euphème , gouverneur de Sicile, épouse une religieuse [827,, et , craignant le châtiment de ses crimes, appelle les Sarrasins d'Afrique qui occupent la Calabre et quelques parties d'Italie. Le traître Euphème est tué à Syracuse.

Le pape Grégoire V fortifie Ostie pour se défendre contre les Sarra'sins (829), et commence à enfermer l'église de Saint-Pierre dans la ville.

Pépin et Louis, enfants de Louis le Débonnaire, se révoltent contre leur père;830), sous prétexte de chasser Bernard , comte de Barcelone, qu'on disait aimé de Judith, seconde femme de l'empereur, par qui il se laissait gouverner. Judith se sauve d'un monastère où elle avait été renfermée, en promettant de disposer son mari à se faire moine : mais deux moines font reprendre cœur à l'empereur, et Lothaire, revenu d'Italie, prend son parti ; mais son père, trop doux, augmente l'audace des rebelles.

Pépin brouille de nouveau [832). L'empereur le fait arrêter et donne à Charles son fils, qu'il avait eu de Judith, r.\quitaine, partage de Pépin.

Les trois frères , jaloux de la puissance de leur marâtre 833 , qui ne songeait qu'à établir leur jeune frèie à leur préjudice, se réunissent. Le pape Grégoire IV, venu en personne en France pour les réconcilier avec leur père ne peut réussir dans cet accord. L'empereur, abandonné par les siens, est contraint^ de se laisser déposer à Compiègne par les évéques, qui, sous prétexte de le mettre en pénitence, le déclarent incapable de régner. Le Pape improuve ce procédé jusques alors inouï'.

Théophile, fils et successeur de Michel le Bègue, persécute les défenseurs des images (834 ; et aussi impie que son père, il ne peut résister aux Sarrasins.

Pépin et Louis sont touchés du malheur de leur père, et se détachent de Lothaire , toujours désobéissant. Louis est rétabli à Saint-Denis, et, avec ses deux enfants obéissants, il réduit Lothaire qui persistait dans la rébellion.

Il se lient un concile^ à Reims (83-31 contre ceux qui

1. Omi>sion des grandes suites qu'eut cette ambassade par rapport au culte des images , sur lequel l'empereur Louis et l'Eglise gallicane n'étaient pas encore d'accord avec l'Eglise romaine.

2. Les évêques assemMcs à Compiègne ne prétendirent point déposer l'empereur Louis ; ils le supposaient privé de l'empire depuis trois mois : aussi ne le nomment-ils que le seigneur Louis, ou cet homme vénérable, et ils ne lui ùlèrent ni la couronne ni les autres marques d'empereur, etc. {Fleury, tom. x, pag. 35»>).

3. On peut compter cet exemple pour le second d'nne entreprise remarqiialtlo des évèques sur la puissance temporelle, sous prétexte de pénitence : le premier est celui des évèques d'Espagne , au douzième concile de Tolède, contre le roi Vamba (Fleui-y. tom. x, pag. 'Soi).

4. 11 n'y eut point-dc concile à Reims en 835. Ce tut dans une assemblée

n. — T. VIII.

avaient osé déposer l'empereur. Ebbon, archevêque de Reims, le principal auteur de ce crime, est contraint de se déposer.

Les Normands se jettent en Frise (836); les Bretons se révoltent ; Louis réprime les uns et les autres.

A la vue d'une comète par laquelle il se croit menacé (837), il se prépare à la mort, et fait couronner Charles, son fils, roi de Xeustrie.

Il ôte l'Aquitaine aux enfants de Pépin ;838) , qui était mort, et l'ajoute au partage de Charles. Cela cause de grandes révoltes en Aquitaine.

Louis (839) , qui avait l'Allemagne en partage , se révolte contre son père, qui apaise par sa présence les troubles d'Aquitaine.

Il marche contre Louis et meurt en chemin 840).

Lothaire son fils aîné (841) , associé à l'empire depuis longtemps, est reconnu empereur, et , en cette qualité, il pl-étend que ses frères doivent lui obéir.

Guerre cruelle entre les frères (842). Sanglante bataille de Fontenay (843) , où périssent cent mille Français. Lothaire est défait (844), et les frères s'accordent, on ne sait comment , ni à tiuelles conditions'.

Les Sarrasins sont introduits en Italie par les ducs de Bénévent.

Lothaire associe à l'empire son fils Louis , et le fait couronner à Rome.

Alphonse le Chaste règne à Oviédo , et refuse aux Sarrasins, toujours brutaux, le tribut qu'ils exigeaient de cent jeunes filles. Raniire son fils-, roi de Galice, en défait soixante-dix mille par une victoire qui tient du miracle.

Les manichéens, pauliciens, prodigieusement répandus en Orient, y causent de grandes réxoltes {84-5), et, joints aux Sarrasins, ne sont réprimés qu'à peine par les empereurs.

Hincmar, moine de Saint-Denis, et ensuite abbé de Saint-Germer, est enfin élevé par son sa\oir à l'archevêché de Reims.

La France, épuisée par les guerres civiles, est ravagée par les Normands, qui, sous leur roi Horic, prennent Rouen, et pillent jusqu'auprès de Paris le monastère de Saint-Germain. Ils assiègent Paris qui se sauve de leurs mains par une longue et opiniâtre résistance.

Robert le Fort est en ce temps le rempart de la France contre ces barbares.

ris entrent en même temps dans l'Aquitaine d'où ils sont chassés.

Les Sarrasins d'Afrique sont à peine repoussés de devant Rome 846); mais on ne peut les empêcher de piller l'église de Saint-Pierre.

Le pape Léon IV (847; achève de la renfermer dans Rome, et bâtit pour cela la nouvelle ville, qu'il appelle Léonine, pour empêcher les insultes des Sarrasins.

Charles le Chauve (850), roi de Neustrie, est contraint de céder à Godefroi', duc des Normands, Rouen, et cette partie de la Neustrie qui est appelée Normandie, à condition d'en rendre hommage à la couronne de France.

Le pape Léon (8-32), après avoir achevé et fortifié sa nouvelle ville, travaille avec une vigilance infatigable à rétablir les villes d'Italie ruinées par les Sarrasins.

Cruelles persécutions en Espagne, principalement à

tenue d'abord à Thionville , et transférée à .Metz , qu'Ebbon consentit luimême à sa déposition.

1 . Le dernier accord se fit à Verdun, an mois d'août 8i3. Les trois frères partagèrent entre eux l'empire français. Lotbaire, avec le titre d'empereur, eut l'Italie, tout ce que l'on appela depuis la Lorraine et la Provence; Louis, toute la Germanie au delà du Rhin ; et Charles le Chauve , ce qui est en de'çà du RhAne . de la Saune et de l'Escaut.

2. .Miihonse le Chaste ne laissa point de lignée .ayant toujours vécu dans la conliiience. Ramire, dont la victoire sur les Sarrasins est rapportée à l'an 8ir., étail fils de Bermude , élu roi d'Oviédo en 788, et célèbre par une victoire oii soixante mille Maures restèrent sur la place, l'an 791-

En général, l'hisloire d'Espagne de ce temps-là est fort obscure.

3. ce n'est pas Charles le Chauve, c'est Charles le Simple qui a fait la cession de la Normandie ; elle a été faite, non à Godcfroi, mais à Rollon, l'an 911 ou 912.

SUITE DK L'HISTOIRE UNIVERSELLE

Cordoue ; apostasies fréquentes; et en môme temps grand nombre de martyrs'.

Charles le Chauve fait tondro Pépin et Charles ses neveux , fils de son frère Pépin.

Les Normands font de grands ravages le long de la rivière de Loire (8a3!. La France, épuisée par les guerres civiles et par les pillages continuels de ces peuples, a peine à se soutenir. La puissance royale est affaiblie, et les seigneurs commencent à s'approprier leurs gouvernements et leurs charges.

Lolhaire (8o4) se repenl d'avoir causé tant d'effusion de sang, et se retire dans le monastère de Pruym^ après avoir partagé ses Etats à ses enfants.

Micnel, tils et successeur de Théophile, imite les impiétés de ses ancêtres, et , plongé dans la débauche par Bardas, son oncle , ([ui voulait le rendre incapable de régner, il méprise les saints avertissements de Théodore, sa mère , et de ses sœurs.

Saint Ignace (83(3), patriarche de Constantinople, est chassé de son siège par Bardas, qu'il avait excommunié pour ses désordres. Photius, eunuque et allié de Bardas, est rais à sa place , contre les canons.

fjouis le Germanique, appelé par les seigneurs de France pour régler le royaume de Charles, son frère, y est reçu d'abord ; et rappelé par les dt'sordres de la Germanie, il s'en retourne sans rien retenir de ce qui s'était donné à lui.

Bardas (8.^9), pour modérer la haine du peuple et diminuer l'infamie de son administration , rétablit les écoles en Orient. Léon, philosophe, disciple de Michel Psellus, grand platonicien, enseignedans Constantinople.

Photius tente en vain de forcer par les tourments, Ignace à la cession, et ne peut surprendre le pape Nicolas I.

Il fait en sorte que les légats de ce grand Pape sont mal reçus en Orient (860).

Il tient un concile de .318 é\èques (8G1), où il contraint les légats du Pape d'assister et de souscrire. Ils couvrent leur lâcheté au Pape en lui taisant la vérité et l'appel d'Ignace.

Le jeune Lolhaire', fils de Lothaire, devenu amoureux de Valdrade (862), répudie sa femme Theutberge, malgré les remontrances du pape Nicolas.

Le Pape châtie les quatre légats d'Orient, et excommunie Photius.

D'autres légats (863), corrompus par Lothaire, confirment, dans un concile tenu à Metz, la répudiation de Theutberge. Le Pape casse ce concile, qu'il appelle prostitution, et punit ses légats.

Ce grand Pape répond avec une prudence admirable aux consultations qui lui viennent de toutes parts; il soulage les pauvres et rétablit les églises.

L'empereur Louis réprime les Sarrasins (866), qui voulaient occuper la Campanie et les pays voisins.

Valdrade est excommuniée, et Lothaire est menacé par le Pape.

Photius (867), pour se maintenir dans le siège de Constantinople injustement usurpé, soulève les Grecs contre le Pape qu'il no pouvait fiéchir, et leur fait faire diverses plaintes contre l'Eglise latine.

L'empereur Michel fait tuer Bardas, et associe à l'empire Basile, macédonien, qui chasse Photius et rétablit Ignace.

Les légats de Basile et ceux d'Ignace sont bien reçus à Rome par .\drien II ;868), successeur de Nicolas. Le faux concile de Photius'' est brûlé à Rome et à Constantinople.

1 . Plusieurs refusaient les honneurs du martyre à ceux qui s'étaienl offerts d'eux-mêmes, en disant pulilifiuement des injures à Maliomel {MabilL, tom. III, paiî. 2.) — 2. Prum en Ardcnncs.

3. C'iitait le second fils de rem|iereur Lothaire. Dans le partaKC que son père avait fait de ses Etats, il aviiit eu . à titre de royaume , ce qu'on a depuis appelé de son nom la Lorraine, ou le royaume de Lothaire, et qui était plus étendue que le duché de Lorraine, et K qu'on appelle les Trois- Evi'clïH.

•i. Ce n'est pas le concile de IMS évéqucs dont il a été parlé plus haut.

Lothaire et les seigneurs communient à Rome de la main ilu pape Adrien, après avoir juré tpte ce iirinco s'était retiré d'avec Valdrade, et ce faux serment est suivi d'une prompte mort des uns et des autres.

Huitième concile général tenu à Constantinople (869). Les légats du Pape y président ; l'empereur Basile y assiste. Photius est anathématisé; son faux concile cassé de nouveau.

Charles le Chauve se fait adjuger au concile de Metz le royaume de son frère Lothaire', malgré le pape Adrien.

Les disputes se renouvellent sous Ignace entre l'Eglise romaine et l'Eglise greccpie (870), à l'occasion des Bulgares que l'Eglise de Constantinople maintient dans sa dépendance immédiate, contre l'Eglise romaine qui la prétendait.

L'empereur Louis, pris à Bénévenl (872), dans son palais, par Adalgise, duc de Bénévent, etScordas, général des Sarrasins, jurent ce qu'ils veulent.

Abdala , prince des Sarrasins d'Afrique, est chassé par l'empereur Louis de devant Salerne qu'il assiégeait (873).

Les Danois ou Normands se jettent en Angleterre (874), etBéorède, roi des Merciens, après une longue résistance , leur abandonne son royaume.

L'empereur Louis meurt à Milan (875) dans une vieillesse décrépite.

Le pape -lean VIII, successeur d'Adrien II, appelle Charles le Chauve-, et le couronne empereur à Rome le jour de Noël. Mais cependant Louis, roi de Germanie, ravage la France.

Il meurt dans cette entreprise (876).

Charles le Chauve entreprend à cette occasion d'envahir le royaume de Louis, son neveu, appelé, comme son père, le Germanique, et il est battu, quoique le plus fort.

L'Italie, tourmentée par les Sarrasins (877), se ligue avec ceux de Bénévent et de Naples, et demande secours à Charles.

Charles meurt dans cette entreprise, empoisonné par son médecin qui était Juif. Son fils, Louis le Bègue, succède au royaume.

Le Pape, destitué de secours par la mort de Charles, paie tribut aux Sarrasins, et persécuté par Lambert, duc de Spolelte, il se réfugie en France.

Il envoie ses légats à Constantinople (878), avec ordre de menacer Ignace d'excommunication s'il ne lui abandonne les Bulgares. Cette division donne lieu à Photius de s'insinuer dans l'esprit de Basile. Il gagne ce prince de basse naissance en lui faisant une belle généalogie par laquelle il le fait descendre de Tiridate, roi d'Arménie. Il feint en faveur de cette famille, des prophéties chimériques que lui seul peut expliciuer. Ignace meurt dans cette conjoncture, et devant rarriv('e des légats. Basile rétablit Photius tant de fois condamné, et il lui laisse exercer d'étranges violences sur les amis d'Ignace.

Syracuse est prise par les Sarrasins. A Rome, le pape .Jean est mis en prison avec son clergé par Lambert, comte de Spolelte, et Adalbert, marquis de Toscane, (pii font jurer aux seigneurs de rendre obéissance à Carloman, un des fils de l'empereur Louis. Le Pape s'élant échappé vient à Arles et de là à Troie, où il couronne Louis roi et empereur', sans pourtant qu'il ait jamais joui de cette dernière dignité.

et auquel les légats du Pape avaient eu la liicheté de souscrire ; c'est un concile imaginaire dont Photius avait fabriqué les actes et dont il avait eu l'iidresse de se procurer un nombre ^irodigieux de souscriptions. Le Pape et saint Ignace y étalent excommuniés.

\. 11 s'agit de Lothaire. roi de Lorraine, qui mourut en 869. peu de temps après avoir reçu la communion du pape Adrien. 11 n'était pas frère de Cliarles le Cliauve , mais son neveu.

2. C'est à la demande de tous les ordres de la ville de Rome, dont le Pape regarde le concert comme une marque de la volonté de Dieu.

:i. L'auteur de VAri de vériller les claies assure positivement qu'il n'est pas vrai que le ]iape Jean VIII ait donné à ce luince la couronne impériale (Tom. II, pag. 2011, col. 2).

DIXIÈME SIECLE

Alfred, roi des Anglais, bat Gitron, presque mailre de l'Angleterre, et l'oblige à embrasser le liiristipnisme.

Louis le Bègue meurt 'S19). Il laisse Louis et Carloman , d'Insgar'de, sa première femme, dont le mariage n'avait pas été reconnu parce qu'il l'avait fait malgré son père , et de la seconde, un posthume appelé depuis Charles le Simple.

Charles le Gros , fils de Louis , frère de Charles le Chaux e, est appelé par le Pape dans l'Italie, déchirée par les courses des Sarrasins, les séditions des seigneurs et les factions des évèques.

Le Pape, faible par lui-même, et affaibli par les malheurs de l'Italie, ne soutient pas son autorité avec la même vigueur que ses prédécesseurs, et, surpris par les arliQces de Photius, il le confirme dans son siège. Ses légats, corrompus par cet homme autant adroit qu'audacieux, adhèrent au faux concile qu'il appelle huitième œcuménique, et abandonnent l'autorité de l'Eglise romaine.

Le pape Jean se réveille (880), casse ce qu'avaient fait ses légats, condamne Photius et son concile, et envoie Marin en Orient, où il souffre beaucoup pour la justice.

Mort de Louis II i;SS2,\ roi de Germanie.

Charles le Gros fait la paix avec les Normands. Godefroi , leur duc, son filleul, épouse Gille, fille du roi Lothaire , et on lui donne la Frise.

Le pape Marin , successeur de Jean , ajoute le filio- QUE dans le symbole (883), à l'occasion d'un évêque d'Aquilée , qui niait avec Photius que le Saint-Esprit procédât du Père et du Fils (884).

Adrien III , son successeur, excommunie Photius malgré les instances de l'empereur Basile.

Le monastère du Mont-Cassin , le plus riche de l'univers, et célèbre pour avoir été celui où saint Benoît établit sa règle , est brûlé par les Sarrasins (SS5i.

Carloman meurt' ; son fils Louis le Fainéant lui succède.

L'empereur Charles le Gros prend soin de Charles le Simple.

Mort de l'empereur Basile (886). Son fils Léon lui succède, ayant été tiré de prison un peu avant la mort de son père, par les ordres qu'il en donna sur des paroles qu'on avait apprises à un perroquet.

Sous Basile, les Scythes, appelés Croates et Serviens, avaient obtenu le pays appelé depuis, de leur nom, Croatie et Servie.

Léon , appelé le Philosophe, instruit par le livre d'Or, composé par Basile son père, règne sagement.

Il chasse Photius. qui voulait faire un de ses parents empereur, et fait patriarche son frère Etienne, destiné à l'Eglise dès le \ivaiit de Basile. Photius meurt, et laisse dans l'Oiient le levain du schisme qui ne se déclare pourtant que longtemps après. •

Il sort continuadoment du côté du Danemarck des troupes de Normands qui ravagent la France et l'Angletewe (887).

Charles le Gros perd l'esprit (888) , et , chassé de son royaume par Arnôuif, fils de Carloman, il meurt dans une extrême pauvreté.

Bérenger, duc de Frioul , se fait roi d'Italie. Guy, fils de Lambert, duc de Spolette, prend le titre d'empe'reur. Eudes, comte de Paris, descendu de Robert le Fort, se fait roi de France dans l'enfance de Charles le Simple. Tout est en confusion partout ; les évèques et les abbés ne songent plus qu'à la guerre.

Saint Etienne, frère de l'empereur Léon, meurt dans la communion de l'Eglise romaine et soumis au Pape.

Les Huns, introduits par Arnouif dans la Germanie (889) , la ravagent. La France et l'Italie sont en proie aux grands divisés.

Formose est élu Pape, et le schisme du diacre Sergius, qui s'était fait élire est dissipé.

). Carloman ne laissa poinl (Tenfanls. Louis le Faméaat fut le dernier roi Je la deuxième race. Il ne régna que longtemps après.

Il couronne Guy, empereur, et irrite Arnouif, Bérenger et plusieurs citoyens romains de parti contraire.

Charles le Simple, âgé de quatorze ans, est reconnu en France, et couronné à Reims par l'archevêque Foulcon , qui avait pris soin de lui pendant son enfance.

Formose sacre empereur Lambert, fils de Guy (893).

Il rétablit en Angleterre le christianisme presque détruit par les courses des Danois.

Le mauvais traitement qu'il reçoit de l'empereur, qu'il avait couronné, lui fait appeler Arnouif. qui prend Rome, venge le Pape , et est couronné empereur par ses mains (896).

Le Pape meurt (897), Bonifaceenvahitlesiége. Jean IX, homme scélérat, le chasse. Il est chassé par Etienne VI, qui s'établit par la force, et fait déterrer Formose, sous prétexte qu'il avait été transféré d'un autre siège à celui de Rome, contre les canons. La confusion est extrême dans l'Eglise romaine.

Eudes^meurt (898;, et Charles est reconnu par tous les seigneurs auparavant divisés.

Arnouif, déréglé en tout, meurt (899).

Guy. que Formose avait couronné , meurt.

Bérenger, duc de Frioul , et Louis , fils de Boson , contestent l'empire (900).

x" SIÈCLE.

Bérenger règne à Pavie. Il est chassé par Louis, qui se fait couronner à Rome par le Pape.

Les Huns ravagent les environs du Pô (902), et battent l'armée immense de Bérenger.

Par accord ils se retirent dans la Pannonie avec des richesses immenses (903).

L'empereur Louis , pris par Bérenger (904) , est privé de la vue et de l'empire.

Bérenger couronné par force, puis rejeté : Lambert reconnu.

Les Normands , convertis au christianisme presque par toute la terre, ne quittent point leur férocité (903). ]\Iais les victoires de Robert de Chartres les rendent meilleurs en France.

Alphonse le Grand, roi de Galice , remporte une victoire signalée sur les Sarrasins.

Les Papes se chassent l'un l'autre (907, 908). La race de l'infâme Marozie tient longtemps le siège de saint Pierre. Dieu pour\oit à son Eglise où il ne s'élève durant ce temps aucune hérésie.

Alphonse le Grand, tant de fois victorieux des Sarrasins, cède son royaume à son fils rebelle pour donner la paix à ses peuples.

Léon le Philosophe, illustre par sa piété et par son savoir, en mourant laisse l'empireàson frère Alexandre et à son fils Constantin Porphyrogénète (911).

Alexandre meurt des excès qu'il faisait à boire du vin (912). Constantin règne seul.

Le patriarche Nicolas rend raison de sa conduite et de sa doctrine au Pape.

Les désordres et les scandales continuent à Rome. Le respect que la religion gravait dans le cœur des fidèles pour ce siège ne s'affaiblit pas , quoiqu'on le vit si mal rempli.

Alphonse le Grand donne une grande bataille contre les INIaures, comme lieutenant de son fils : il les défait, et meurt quelque temps après, plus renommé par sa modération et par sa prudence que par tant de victoires signalées.

Le monastère de Cluni, fondé en ces temps, se rend célèbre par la sainteté de ses religieux et de ses abbés.

Louis, roi de Germanie, le dernier de la race de Charlemagne en Germanie, meurt. Charles le Simple, trop méprisé dans son royaume pour être considéré par les étrangers, ne put rien pour la soutenir. Conrad est élu par les .\llemands.

Kollon , duc des Normands, est baptisé à Rouen a\ec

SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE

les siens ; leurs mœurs s'adoucissent sous ce prince, qui fait, régner la justice et la piété.

Los lUilgares tourmentent les Grecs et assiègent Gonstanlinople (914). Une paix honteuse la sauve; mais les Bulgares la rompent bientôt, et prennent Andrinople.

Les Grecs et les Latins joints ensemble chassent les Sarrasins de Gavilian (915), d'où ils ravageaient depuis quarante ans toute l'Italie.

Jean X lève des troupes. Les Sarrasins sont battus, et l'Italie en est purgée.

Durant cette guerre, Bérenger est sacré empereur par le Pape.

Ordugno , prince pieux , transfère le siège royal d'Oviédo à Léon, d'où les rois prennent leur nom , appelés roi des Asturies.

Les Bulgares sont battus devant Constanlinople (917).

Le patriarche Nicolas, uni à l'Eglise romaine, purge l'Arménie des erreurs des manichéens et des Sarrasins.

Constantin , pour rendre les derniers plus doux aux chrétiens , leur accorde un oratoire dans Gonstantinople.

Par la mort de Conrad, Henri, duc de Saxe, est élu par les Allemands, et ensuite presque déposé (£19).

La France ne peut souffrir Haganon, favori de Charles le Simple (920).

Robert, frère d'Eudes, soulève les seigneurs et se fait sacrer roi (921).

La persécution continue à Cordoue. La vierge sainte Eugénie souffre le martyre (923).

Charles , secouru par les Normands, défait Robert et le tue de sa main : mais il ne sait pas profiter de sa victoire.

Hugues , fils de Robert, et Héribert , comte de Vermandois, soutiennent le parti. Hugues ne veut point s'attirer la haine en prenant le titre de roi, mais le fait donner à Raoul, duc de Bourgogne, son gendie.

Héribert trompe Charles le Simple, et le tient prisonnier. Ogine , femme de Charles , se sauve en Angleterre auprès d'Adelstan son frère, avec Louis son fils encore enfant.

L'empereur Bérenger, après avoir deux fois défait les Hongrois qui ravageaient l'Italie, est assassiné (924).

Raoul empêche ces peuples de piller la France.

Ordugno, roi de Léon, défait les Maures, et meurt. La division se met dans la famille royale, et un des fils d'Alphonse le Grand s'empare des Asturies.

La division se met entre Raoul et Héribert. Le dernier, pour faire peur à son ennemi, fait semblant de relâcher Charles le Simple (927).

Horribles scandales dans l'Eglise romaine (928).

L'empereur romain achète la paix des Bulgares qui ravageaient la Macédoine, la Thrace, et les environs de Constantinople.

Charles délivré, et tôt après renfermé de nouveau par Héribert dans Péronno , y meurt bientôt (929).

Henri, roi de Germanie, rend tributaires les rois des Normands et des Abrodites, et fait relleurir en Daneraarck la foi presque éteinte par la persécution (922).

Des enfants sont mis sur le siège de saint Pierre (93.3). L'Italie est sans maître, et tout s'y fait par la force. Constantinople a un patriarche de seize ans, à qui Albéric, patrice des Romains, fait donner le pallium par le Pape qu'il tenait prisonnier.

Les Huns ou Hongrois sont défaits par Henri, roi de Germanie.

Mort de Raoul (935). Hugues, appelé le Grand, persiste à ne vouloir point prendre le titre de roi, de peur de ses concurrents.

Henri , nommé l'Oiseleur, roi de Germanie, laisse, en mourant, le royaume à son fils Othon I, non moins grand ni moins pieux que lui (936).

Louis, nommé d'Outremer, fils de Charles le Simple, est rappelé d'Angleterre et sacré par l'archevêque do Reims.

A|)rès tant d'infâmes pontifes', Léon 'VII, digne du Saint-Sit'gc , y est i-levè. Il appelle Odon , abbé de Gluni, pour rétablir la discipline monastique.

Hugues, comte d'Arles et de Provence, se fait roi d'Italie et assiège Rome. La paix est faite entre lui et Albéric par l'entremise d'Odon, abbé de Cluni.

Gênes est surprise par les Sarrasins d'Afrique, qui metient tout à feu et à sang.

Othon le Grand est sacré à Aix-la-Chapelle (932).

Les Huns ou Hongrois ra\agent l'Italie et y sont défaits; mais une autre de leurs armées revient de France chargée de butin.

Ramire, roi de Léon , défait une armée de cent cinquante mille chevaux maures, en tue quatre-vingt mille et prend Abenain , roi de Saragosse.

Boleslas tue son frère saint 'Venceslas , prince de Bohême, pour avoir sa principauté.

Othon le Grand , presque abandonné par les siens (939) et accablé par le grand nombre de ses ennemis, qui avaient à leur tète son frère Henri , ne perd point courage, et à la fin les défait. Henri se soumet. Tous les auti'es périssent (940).

Il travaille à donner un bon successeur à Léon 'Vil ; et fait élire Etienne VIII.

L'Italie est toujours troublée par les guerres entre Hugues, roi d'Italie, et Albéric (941). Odon, abbé de Cluny, les met encore d'accord , mais les Grecs, durant les troubles, recouvrent la grande Grèce que leurs empereurs avaient laissé perdre.

Le Pape reprend fortement Hugues le Grand , Héribert et les autres princes français rebelles contre leur roi. Othon moyenne la paix.

Marin II succède à Etienne 'V^III (943). Il s'occupe à mettre la paix parmi les chrétiens.

Hugues est renvoyé en Provence (945) ; mais son fils Lothaire ne laisse pas de se maintenir en Italie.

Louis est fait prisonnier, et traite sa délivrance à des conditions avantageuses à Hugues le Grand , qui se rend maitre de Laon , en ce temps siège des rois de France.

Othon , victorieux dans un grand combat des Danois et des Sclaves (949), rebelles à Jésus-Christ et à lui, règle les églises de ces pays.

Lothaire, roi d'Italie, meurt du poison (950). Bérenger envahit le royaume et fait cesser l'empire des Français en Italie.

Othon le chasse (951), et épouse Adélaïde, veuve de Lothaire, qui semblait lui apporter l'Italie en dot.

Il se tient à Augsbourg une assemblée des seigneurs germains et lombards, où Bérenger, soumis, est fait gouverneur d'Italie par Othon le Grand (952); mais il use mal de son pouvoir.

Albéric, patrice des Romains (954), laisse à son fils Octavien son titre et son autorité.

Luitolphe, fils d'Othon le Grand, se révolte contre lui. Les armées prêtes à combattre, et en même temps la |)aix faite par saint Ulderic , évêque d'Augsbourg.

Othon donne à son fils ambitieux le royaume d'Italie.

Louis meurt tombé de cheval en poursuivant un loup à la chasse. Il laisse le royaume à son fils Lothaire ; et Charles, son second fils, est fait duc de Lorraine.

Hugues le Grand meurt (955). Il est enterré à Saint- Denis" avec les rois qu'il surpassait en pouvoir.

Othon défait de nouveau les Hongrois dans la Germanie, et fait pendre quelques-uns de leurs chefs.

Théophylacle, patriarche de Constantinople, fils de l'empereur romain, se rompt une veine, et se brise courant à che\al (956). Sa passion pour les chevaux était si désordonnée, qu'il quitta l'autel pour voir un poulain qu'une belle cavale venait de faire. Il n'était pas

1. Pour prononcer ce jugemenl lit-aucoup trop siivèrc, Bossuel scmlilp ne s'are inspira que de Luilpraud, passionné daraclcur des Papes au prolil des empereurs allemands. Le lecteur doit s'en rapporter plutôt à Flodoard , auteur plus rapproclu; des événements, plus impartial, et plus exact en tout, comme le nrouvenl les monuments les plus aullientiqucs (le cette époque agitée. (E. »•)

DIXIÈME SIECLE

plus réglé dans le reste de sa conduite, et vendait les dignités ecclésiastiques.

Luitolphe, fils d'Othon, meurt, et Bérenger, gouverneur, devenu maître par sa mort , tyrannise l'Italie (938).

L'empereur Constantin Porpliyrogénète est empoisonné par son fils Romain (960). C'était un prince pieux, mais négligent. Il estimait les Français, et les excepta à cause de la noblesse de ses princes et de ses seigneurs, en défendant à son fils les mariages avec les étrangers.

Le pape Jean XII appelle Othon contre le tyran Bérenger, et lui ôte la couronne impériale ; mais ce prince , avant que de s'engager à la guerre d'Italie , fait couronner en Allemagne son fils Othon.

Il chasse Bérenger et son fils Adalbert.

La Crète , recouvrée par Nicéphore Phocas, général de l'empereur romain, est convertie des erreurs des Mahométans par le patriarche saint Nicon.

Saint Dunstan, évèque de Vigorne, en Angleterre, est célèbre par toute l'Eglise, et vient à Rome, où il est reçu avec respect.

Othon le Grand , sacré empereur à Rome par Jean XII (962), fait de grands dons à l'Eglise, et confirme les donations des rois de France, en se réservant la confirmation des élections des Papes, et quelque inspection sur le gou\ernement temporel.

Le Pape , irrité contre l'empereur, qui avait reçu deux de ses cardinaux rebelles (963), se joint à Adalbert, fils de Bérenger; mais l'empereur retournant à Rome, le Pape est contraint de prendre la fuite. Il est déposé pour ses crimes ' par un concile d'évèques d'Italie et d'Allemagne. Léon VII est élu . et le peuple romain jure de ne point recevoir de Pape que du consentement des empereurs.

Nicéphore Phocas, vainqueur des Sarrasins sous l'empereur Romain II, appelé le Jeune, lui succède, quoiqu'il eût laissé deux enfants, mais en bas âgé. Il envoie Manuel pour délivrer la Sicile de ces infidèles. Il est battu, et un évèque de Sicile, nommé IIip|)ol5te, prédit que l'ile ne serait point délivrée par les Grecs, mais par les Francs.

Le même empereur ajoute la Chypre à la Crète (964), qu'il avait conquise sous son prédécesseur. Il reprend Ântioche , et cent autres villes que les Sarrasins avaient occupées.

Ses victoires ne lui gagnent pas l'affection du peuple, à qui il fut odieux , parce qu'il se fortifiait dans son palais , et ne regardait que les soldats.

Les Romains rebelles sont défaits par Othon auprès de Spolette. Ils chassent Léon , et rappellent Jean , qui excommunie Léon et Othon, et meurt, dans une occasion infâme -.

Othon nrend Rome par famine ; mais son armée est désolée par la peste.

Il emmène en Saxe le pape Benoît V [96'j), homme pieux et désiré par les Romains. Ce Pape meurt, et Jean XIII est mis en sa place.

Les Polonais, race d'Ésclavons qui habitaient la Sarmatie, se convertissent à la foi. Dobera , fille de Boleslas, roi de Bohême, convertit Micislas , leur prince, son mari.

Adalbert, qui se disait roi d'Italie, et Jean XIII. chassés par les Romains, appellent Othon (966). Les Romains rappellent le Pape ; mais Othon chasse les consuls ijuc le peuple romain avait créés , fait pendre leurs tribuns, fait fouetter le tribun de la ville, pour assurer le repos des Papes.

Othon , assemblé à Ravenne avec le Pape , pourvoit au règlement de l'Eglise (967). Son fils Othon II est couronné empereur le jour de Noël par le Pape.

1. Par un conciliabule schismatique qui prélenttil meUre à sa placn i'aiitipape Léon VIII , comme le prouve Noël Alexandre lui-nnîme. (E. B.)

2. Au témoignage de Luilprand , l'un des membres du conciliabule. (E. lî.)

Los dissensions de la famille royale de Léon relèvent les Sarrasins abattus, et Sanehe a recours à eux contre son frère Ordugno le Mauvais.

Godefroi , comte d'Anjou , dans les guerres entre les Français et les Normands , tue un géant Danois horrible avoir.

Les Normands entrent en Galice sous Gonderède, leur capitaine, avec cent vaisseaux, et ruinent Compostelle; mais ils sont presque tous défaits par les voisins rassemblés.

Nicéphore, après quelques plaintes contre l'empereur Othon , qui protégeait contre lui les princes de Bénévcnt , de Capoue et de Salerne , fait un accord avec lui dans le dessein de le tromper; et sous prétexte de dijnner Anne , sa fille , au jeune Othon, il défait les Latins qui venaient au-devant do cette princesse. Les capitaines d'Othon vengent cette perfidie en lui ôtant la Pouille et la Calabre.

L'horreur d'une si noire action fait révolter contre lui ses sujets et sa propre femme. Jean Zémisce, chef de la sédition , est fait empereur.

Le nouvel empereur défait les Bulgares, les Russiens et les Turcs, en plusieurs combats ; renverse le royaume des Bulgares (971); prend leur roi Bonse et leur capitale , qu'il appelle de son nom Joannopolis; fait triompher la Mère de Dieu , dont il met l'image dans un chariot qu'il suit à cheval ; et au lieu do mettre son nom sur sa monnaie, il y met cette inscription : Christ, roi des rois.

Othon , justement appelé Grand, et, en effet, le plus grand des empei-eurs depuis Charlemagne, meurt O'TS).

Jean Zémisce pousse ses conquêtes sur les infidèles bien avant dans l'Orient , et prêt à prendre Damas , il meurt empoisonné par Basile, un dos officiers de l'empire, qui rétablit Basile et Constantin, enfants de l'empereur Romain le Jeune , sous lesquels il gouverne tout.

Les empereurs envoient Eupranius en Calabre, pour en être gouverneur.

Lothaire , roi de France , craignant Charles son frère et Hugues Capet, fait couronner son fils Louis.

Saint Edouard, fils du roi Edgar, règne en Angleterre (967), et aide saint Dunstan à réformer les mœurs du clergé.

Othon II, empereur (977), donne, à titre de duché, la Lorraine inférieure qu'il ne croyait pas pouvoir garder, à Charles, frère de Lothaire , qui en fait hommage à l'empereur, et s'attache aux Allemands.

Hugues Capet, qui se préparait une voie à la royauté, se sert de cette conduite pour le rendre odieux en France.

Les Français ravagent la Lorraine (978), et prennent presque Othon à Aix-la-Chapelle. L'empereur le leur rend bientôt, et vient jusqu'auprès de Paris; mais il est battu au passage d'une rivière, et perd son bagage, heureux de sauver sa personne.

Par la mort de saint Edouard (9791, Ethelrède, âgé de dix ans, est couronné roi d'Angleterre par saint Dunstan, qui prédit que le royaume n'aura point de paix jusqu'à ce qu'il \ ienne un roi étranger.

Aralde , roi des Danois (980 , étend la religion. Vaincu par Suenne, son fils, qui en était l'ennemi, il meurt de ses blessures. Suenne. souvent chassé et souvent rétabli, se convertit et rend la Xorwége chri'lienne. La France, dans une entrevue entre Othon et Lothaire, perd la Lorraine haute et basse, que Lothaire cède malgré les seigneurs, et que l'empereur partage entre Charles et Fridéric. gouverneur de la Lorraine, appelée Mosellane, parce qu'elle était située entre la Meuse et la Moselle.

Sauves, roi des Bulgares '981), rétablit ce royaume ruiné durant les divisions de l'empire de Constantinople ; mais il est chassé du Péloponèse, plus parles prières de saint Nicon le Pénitent que par la résistance des habitants du pavs.

Les Grecs, pour se conserver la Calabre, appellent

SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE

les Sarrasins (982). Olhon fait do grands apprêts jjoiir les chasser.

Il perd une bataille* navale contre les Grecs et les Sarrasins (98.3), et d'abord se sauve à la nage, puis il est pris sans être connu ; et sauvé par sa femme Théophane, il metirt de chagrin. Dans une assemblée tenue a Vérone , il déclare son successeur Othon III, son fils aîné , et fait Henri, son cadet, duc de Saxe.

Pierre, éxèque de Pavic (984), homme de grand mérite, est mis dans la chaire de saint Pierre après la mort de Benoit VII, et prend le nom de .Jean XIV.

Chassé de Rome par le tyran Cresccnce (98.'i), maître du château Saint-Ange, il fuit en Toscane, d'où il appelle, à son secours l'empereur Olhon dont il a\ail été le chancelier, et il est rappelé par les Romains.

La Gastille et la Galice sont tourmentées \iar les Sarrasins qui ruinent Compostelle, et contraignent Ramire, roi de Léon , à faire une paix honteuse.

Louis V, imbécile (987)-, méprisé et abandonné de tout le monde, même de sa femme, est appelé le Fainéant, ou le MHiL FECiT. Il mcurt sans enfants. Les Français mettent Hugues Capet sur le trône. Il est fait roi à Noyon et sacré à Reims. Quelques amis de Charles s'y opposent; mais on n'écoute rien en faveur d'un prince que la France méprisée avait en horreur.

Hugues, pour assurer la couronne à sa famille, fait sacrer à Reims son lils Robert (988).

Adalbert, évêque de Prague (989), no réussit pas dans les soins qu'il prend de son peuple. Dieu bénit ceux qu'il prend des Hongrois qui se con\ertissent. Leur prince Géric, premier chrétien, obtient par prières un fils qu'il appelle Etienne.

Charles, duc de Lorraine, prend Laon. Hugues accourt, défait les Lorrains, assiège Laon. Les Français négligents sont défaits et lèvent le siège. Hugues^ sans s'étonner, lève une nouvelle armée.

L'archevêque de Reims, Arnouif, Qls bâtard du roi Lothaire, livre sa ville à Charles, son oncle (990); mais Charles, assiégé dans Laon, y est pris par Hugues Capet avec sa femme. Il meurt prisonnier à Orléans, et laisse des enfants malheureux.

Arnouif, archevêque do Reims , à la poursuite de Hugues, est déposé par le concile de Reims (991). Gerbert, précepteur de Robert, est mis à sa place; mais Arnouif n'acquiesce pas à la sentence.

Le Pape, in\ité par Hugues à venir en France pour terminer l'affaire de Reims, se contente d'y envoyer un légat par qui Arnouif est rétabli dans le concile de Mouson (995). Hugues et Robert dissimulent. Gerbert s'impatiente et se retire vers Othon III, où il est en grand crédit.

Gerbert est fait archevêque de Ravenne par le crédit d'Othon, qui était alors en Italie (996).

Grégoire V, successeur de Jean XIV, est soutenu par Othon contre un antipape, et le couronne empereur.

Concile à Rome où quelques-uns tiennent que les électeurs de l'empereur sont établis, mais autres que ceux qui sont à présent.

Saint Adalbert, évêque de Prague, après la conversion des Hongrois , empêché par Boleslas do retourner en son siège, va prêcher rE\angile en Prusse, où il souffre le martyre (997). Saint Boniface, parent trèschéri de l'empereur Olhon, convertit les Prussiens.

Saint Etienne succède à Géric. Dans une guerre civile qu'il a à. soutenir pour la foi, il choisit saint Martin et saint Georges, martyr, pour ses généraux. Il remporte

1. Le 13 juillet 982, Ollioii tombe dans une emliuscitle des infidèles et des Grecs réunis, qui taillent en pièces la plus grande partie de son armée. 11 n'èfliapiia lui-même qu'avec peine; il fut liiènie pris suivant plusieurs liistoriens; mais n'étant point reconnu, il se raclicta {Art de vdii/ier les dates, tom. i[ . pa;^. 13).

2. La .jeunesse de ce roi , la brièveté de son règne , et la valeur qu'il fit paraître durant le siégc de la ville de Reims , dont il se renrlit maître , font assez voir que c'est à Inrt que qtielqucs-uns de nos liistoricns lui ont donné leliom de Kainéant. C'est la judicieuse réllesioa que fait dom Vaiselte (.lr( devérifier les dates, tom. i, pag. 5(j5).

une victoire signalée, et bâtit un monastère magnifique en un endroit de la Pannonie, où saint Martin, né en

ce pays, avait prié.

Hugues Capet meurt, et Robert, son fils, lui succède sans difficulté.

Après quelques difficultés avec le Pape sur son mariage (9981, il acquiesce et vit saintement.

Les Sarrasins ruinent la Galice et le royaume de Léon.

Les princes voisins leur défont soixante-dix raille hommes de pied et cinquante mille chevaux. Leur roi Almansor se fait lui-même mourir de faim.

Véramon, roi de Léon, laisse Alphonse V, son fils, encore enfant. Garcias, comte de Gastille, défait les Maures.

Olhon III, étant en Italie, fait brûler vive sa femme Marie', pour avoir accusé un comte de Modène de l'avoir voulu forcer, au lieu (]u'clle l'avait sollicité.

Gerbert, archevêque de Ravenne, est fait Pape à la place de Grégoire V, sous le nom de Sylvestre II (999). L'ignorance du siècle fait qu'on l'accuse d'être magicien à cause qu'il savait les mathématiques et quelques curiosités de la science naturelle.

Il envoie la couronne royale à Etienne, prince de Hongrie (1000), qui offre son royaume à saint Pierre.

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