I . -V. Fleury met Xicolas Force-Bras
gneurs à perdre la tête. Les deux enfants, Edmond et Gaspard, furent créés par Henri VI, leur frère utérin, comtes de Pembroc et de Richement. Edmond épousa une femme de la maison de Lancastre, et Henri VII, roi d'Angleterre, est sorti de ce mariage.
Gauthier, comte d'Athalie, conjure contre Jacques , roi d'Ecosse. Catherine Duglas, dame d'honneur de la reine, met son doigt au lieu de verrou et le laisse rompre. La reine, qui se met entre le roi son mari et le meurtrier, reçoit deux coups; mais le roi, percé de vingtdeux, tombe mort. Le comte reçoit un châtiment digne de son crime. Jacques II succède en bas âge, et le royaume est troublé.
Eric, roi de Danemarck et de Norwège, chassé de Suède depuis longtemps par Engelbert , rentre en le tuant, et veut laisser ses royaumes à Bogislas, duc de Poméranie, fils de son oncle, qui se retire volontairement dans l'Ile de Gothiande, avec ses richesses et sa maîtresse.
Tout se prépare à la rupture- entre le Pape et le concile (1437). Ils ne peuvent convenir du lieu où on l'assemblera avec les Grecs. Les Pères veulent Bàle; le Pape propose Florence. Le Pape et le concile envoient séparément leurs légats aux Grecs, qui reçoivent ceux d'Eugène.
Jean Paléoîogue part pour l'Italie, quoique détourné par le Turc, qui craint l'union. n
Le concile fulmine contre le Pape. Plusieurs Pères quittent; ce qui donne plus de confiance à Eugène, qui transfère le concile d'abord à Florence, et enfin à Ferrare, lieu agréable aux Grecs.
Sigismond punit les hérétiques bohémiens, et les envoie "périr dans les guerres contre les Turcs. Il meurt âgé de soixante-dix ans, du règne de Hongrie le cinquante et unième, de Rome le vingt-septième, de Bohème le dix-septième, de l'empire le cinquième. Sa vie dissolue est imitée par sa femme, qui, après la mort de son mari, s'abandonne à l'intempérance avec un excès qui fait horreur.
Albert d'Autriche, mari d'Elisabeth, fille de Sigismond , succède au royaume de Bohème et à celui de Hongrie. Son beau-père le jugeait digne de l'empire, et croyait heureux les royaumes dont il serait prince.
Le concile suspend Eugène 1438;. Le cardinal Julien et les autres cardinaux se retirent, à la réserve de Louis, Allemand, cardinal, archevêque d'Arles, homme saint et docte.
Le concile s'ouvre à Ferrare. Jean Paléoîogue arrive à Venise avec son frère Démétrius, le patriarche Joseph, et environ sept cents prélats. L'empereur Grec arrivant auprès du Pape lui baise la main. Les chefs de saint Pierre et saint Paul, 'avec l'Evangile au milieu, le Pape à la droite avec les Latins , l'empereur à gauche , avec le patriarche et les Grecs, on commence les disputes.
Albert est élu roi des Romains.
La neutralité germanique entre le Pape et le concile est également condamnée par Eugène, et à Bâle.
Charles VII défend aux prélats français d'aller à Ferrare, où pourtant quelques-uns se trou\ent.
Il envoie une ambassade à Bâle pour empêcher qu'on ne prononce contre Eugène, et ordonne l'assemblée de Bourges , où la pragmatique est faite selon les décrets de Bàle un peu modifiés.
A Ferrare, seize sessions se passent en disputes entre les Grecs et les Latins, et le concile est transféré à Florence d'un commun consentement.
René paie une grande rançon à Philippe et va en Italie, fait la guerre à Alphonse qui est contraint de lever le siège de Naples après la mort de son frère , tué d'un coup de canon.
Philippe, duc de Milan, dans la guerre contre Venise et Florence , donne le commandement de ses troupes à François Sforce.
Edouard, roi de Portugal, meurt de peste par une
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
lettre, dans une rctraitor)ù il so jette pour l'éviter. Alphonse V, son fils, lui succède, à l'âge de six ans, sous la régence de sa mère; mais les Portugais veulent des hommes, et la régente est obligée de se retirer.
Le Pape arrive à Florence (1439), après avoir évité les embuscades que lui avaient dressées sur le chemin Alphonse et Philippe ses ennemis.
Le patriarche meurt, et laisse un écrit qui marque son union a\cc l'Eglise latine , et sa soumission envers le Pape. L'accord est résolu et souscrit de l'empereur grec et de tous les prélats, à la réserve de Marc d'Ephèse. L'empereur s'en retourne chargé de richesses. Le Pape instruit les Arméniens qui se soumettent à lui.
On lui fait son procès à Bâie ; la plupart des prélats se retirent.
L'ermite Amédée, autrefois duc do Savoie, est élu Pape, et s'appelle Félix V.
Marc d'Ephèse trouble tout en Orient (1440).
Isidore , archevêque de Russie , emprisonné par les Russiens , et dé|)Ouillé de tous ses biens, parce qu'il reconnaît l'Eglise romaine, vient à Rome.
Albert meurt. Fridéric III ou IV, si on compte Fridén'c le Beau, duc d'Autriche, fils d'Ernest et cousin d'Albert , est élu à vingt-six ans, et tient l'empire cinquante-trois.
Après la mort d'Albert, les royaumes de Hongrie et de Bohème sont troublés par l'imprudence de la teine Elisabeth. Elle avait deux filles; et, se croyant grosse , dans la crainte d'accoucher d'une troisième fille, elle laisse établir par les Hongrois Uladislas, roi de Pologne. Elle a un fils qu'elle nomme Ladislas. Le royaume se partage entre Uladislas, déjà établi, et cet enfant que sa mère emmène en Autriche.
Fridéric refuse le royaume de Bohème , et le laisse gouverner par deux régents, l'un catholique et l'autre liérélique, jusqu'à ce que Ladislas soit plus graud.
Eugène et Félix so donnent des anathèmes; mais Félix était peu suivi, et la France, qui approuvait le concile, ne cessa jamais de reconnaître Eugène, qu'elle croyait mal déposé.
Les maisons d'Orléans et de Bourgogne se réconcilient. Charles, duc d'Orléans, racheté par Philippe, duc de Bourgogne, de la prison des Anglais, où il était depuis la bataille d'Azincourt, épouse Marie de Glèves , sa nièce.
Quelques-uns croient l'imprimerie trouvée en ce temps.
Blanche, reine de Navarre, meurt, et laisse plusieurs enfants à Jean son mari, qui demeure roi (1441).
Alphonse .tâche d'affamer Naples (144:2). Un maçon, qui se sauvait de la ville par un aqueduc, est découvert. Alphonse entre parce chemin-là. iTené, après avoir fait tout ce qu'un grand capitaine et un brave soldat pouvait faire, se relire dans un des châteaux, d'où d se retire sur les galères de Gènes à Pise , à Florence, et enfin en France. Alphonse demeure le maître.
Amurat , après sept mois, lève le siège de Belgrade, battu trois fois par Jean Huniade, vaivode de Transilvanie, que quelques-uns appellent Corvin, du village où il est né.
Le jeune Démétrius se révolte contre son frère Jean Paléologue, et l'assiège dans Conslantinople avec les Turcs ("l443). La paix se fait; mais les Turcs songent toujours à se rendre maîtres de la \ille impériale.
Alphonse, douteux entre Eugène et Félix, s'offre à reconnaître celui qui fera sa condition meilleure. Eugène l'emporte, et le roi rappelle de Bâle ses ambassadeurs.
Eugène est reçu à Rome après dix ans, et ôte l'impôt qui avait causé la révolte.
Huniade, par ordre du roi Uladislas, attaque les Turcs sur le llouvo Morave avec dix mille chevaux, durant la nuit ; en tue trente mille , en prend quatre mille ; les autres , jusqu'à cent mille, prennent la fuite. Il bat encore le gouvernement d'Asie et le prend. L'impatience
des chrétiens l'empêche de chasser les Turcs de la Grèce.
Georges Castriot se fait rendre Croie et toute i'Epire, sur une lettre qu'il fait écrire par force au secrétaire du Ijassa, qui était avec Castriot au combat donné sur le Morave.
Le Soudan d'Egypte assiège Rhodes (1444), d'où il est repoussé avec honte par les chevaliers.
Grande armée de terre et de mer pour chasser d'Europe Amurat. Il offre la paix qu'on accepte et qu'on rom|)t après par les conseils du cardinal Julien.
Amurat, qui par l'accord s'était retiré en Carmanie , repasse en Europe, passe le Bosphore par le moyen des Génois, et combat les chrétiens auprès de Varne. La victoire est longtemps douteuse. Uladislas, roi de Pologne et de Hongrie, est tué combattant courageusement. Sa tète, mise au bout d'une lance, inspire le courage aux Turcs et la terreur aux chrétiens. Jean Huniade, contraint de prendre la fuite, est échangé bientôt '. Le cardinal Julien est tué par un batelier qui crut lui trouver beaucoup d'argent. Amurat, victorieux, souhaite des victoires aussi ruineuses que la sienne à ses ennemis. Douze gentilshommes polonais, des mieux faits et des plus jeunes, choisis pour ce prince infâme, conjurent sa mort, et, se voyant trahis, se tuent les uns les autres pour ne point tomber en la puissance de ! ce brutal.
Durant la trêve entre la France et l'Angleterre, le dau|)liin Louis assiège Metz pour l'amour de René , roi de Sicile, qui prétendait qu'elle appartenait au duché de Lorraine. Il avait épousé l'héritière de ce duché. La ville, prise après cinq mois, se rachète de deux cent mille écus d'or. Louis fait la guerre aux Suisses avec des troupes reformées, les défait en plusieurs rencontres, prend Montbéliard , repousse ceux de Bâle; mais à la lin il s'égare dans des chemins détournés, et revient à peine en France.
L'empereur Jean Paléologue meurt sans enfants (1445). Son frère Démétrius dispute l'empire à Constantin son aîné : mais les Grecs et les Turcs, sans qui les Grecs n'osaient plus rien faire, préfèrent Constantin, illustre pour avoir bien défendu le Péloponèse.
Ladislas est reconnu roi de Hongrie, sous la régence de Jean Huniade. Fridéric, entre les mains de qui il avait été déposé dans son bas âge, ne le veut point rendre.
Casimir, frère d'Uladislas , est élu en Pologne.
La neutralité germanique est levée, et le pape Eugène est reconnu à Gènes (1446). Les Adornes, les Fulgoses et les Fiesques prétendent au gouvernement , et Gênes est déchirée par trois puissantes factions , durant lesquelles Charles VII occupe Final.
Henri VI, roi d'Angleterre, prince faible, laisse tout le gouvernement à Onfroi , duc de Glocester. Marguerite d'Anjou , sa femme, l'excite à reprendre l'autorité. Le duc est éloigné des affaires, qu'il avait si bien maniées durant vingt-cinq ans. On lui fait son procès, et enfin il est étranglé par sentence des seigneurs.
Dordrecht est inondé, et cent mille hommes périssent dans les eaux.
Après la paix d'Allemagne, Eugène meurt (1447). Nicolas V, de basse naissance , mais de grand méiite et savant, est élevé malgré lui au pontificat. Il commence son pontificat en travaillant à la paix de l'Italie. Il se tient une grande assemblée à Lyon pour l'obliger à certaines choses envers Félix , moyennant qu'il se déposât.
Philippe, duc de Milan, aussi impie cpie son père, meurt comme lui sans sacrements. Sa succession est prétendue par l'empereur, par Alphonse, roi d'Aragon, et avec plus de droit, par Charles, duc d'Orléans, du coté de Valentine son aïeule; Milan songe à s'all'ranchir,
1. Huniade se retirant vers la Hongrie, fui fait prisonnier en Valacliie ; mais peu de temps après on lui rendit la liln-rté , que l'on accompagna de pr&cnts. Continuation de Fieiiri/, t. XXII, p. Mi.
QUINZIÈME SIÈCLE
mais elle en est empêchée par Venise et par François Sforce, qui avait épousé une bâtarde du défunt duc.
Casimir est couronné roi de Pologne.
Le légat Jean Car\ ayal refuse de" sacrer Rochysana , élu archevêque de Prague , et le confond dans une dispute (1418). Les hussites se réveillent et se rendent maîtres de Prague. Le légat a peine à se sauver de leurs mains.
Jean Huniade entreprend de venger sa dernière défaite, et il est de nou\eau battu, après trois jours de combat opiniâtre. Il se sauve à peine, contraint de demeurer trois jours sans manger. Il tombe le quatrième enire les mains de deux voleurs. Pendant qu'ils disputent entre eux sur une croix d'or qu'il avait, il prend l'épée de l'un dont il tue son camarade , et le met en fuite lui-même. Egaré par son guide , il tombe entre les mains du despote Georges son ennemi, qui ne le lâche qu'en l'obligeant à lui donner pour otage Ladislas son second fils, qu'il retire ensuite par les armes.
Charles, fils de Canut, des anciens rois Goths, après la mort du roi Christophe, est élu roi de Suède.
Les Danois ou les Xorwégiens élisent Christian ou Christiern.
Félix abdique, pressé par Charles VII, et plus encore par son propre fils Louis, duc de Savoie 11449). Il est créé légat perpétuel en Savoie. Les ornements pontificaux lui sont laissés à la réserve de quelques-uns. Ses cardinaux sont reçus par Nicolas. Tout cela se fait à Lausanne, où le concile de Bâle s'était transféré , et il finit en consentant à la cession.
Milan , affamé par François Sforce et mal secouru par les Vénitiens, le reconnaît pour duc.
Le fils du roi de Castille se révolte contre son père, en haine d'Ah arez de Lune.
La trêve entre la France et l'Angleterre est rompue parla prise de Fougères, que les Anglais surprennent au duc de Bretagne. Rouen et plusieurs villes importantes de Normandie sont reprises par les Français. L'Angleterre est agitée de guerres civiles. Le roi est contraint de livrer au peuple de Londres ses favoris, qui sont tués.
Croie est assiégée par Amurat et défendue par Scanderberg (1430). Nicolas V travaille à lui envoyer du secours.
Victoire des Français à Formigny, entre Carentan et Baveux. Les .anglais sont chassés de Normandie.
Àmurat désespère de vaincre la résistance de Scanderberg, dont la valeur semblait être au-dessus de l'homme (I4ol). Ainsi il lève le siège de Croie avec un chagrin mortel et meurt d'apoplexie.
Mahomet II , son fils aîné, lui succède à vingt et un ans, prince né pour la guerre, qui avait une telle haine pour les chrétiens, qu'il se lavait les yeux quand il en avait vu quelqu'un.
Nicolas V in\ite les Grecs à la concorde, et les menace des jugements de Dieu s'ils persistent dans le schisme.
Le cardinal Isidore, autrefois archevêque des Russiens, parle fortement de l'imion à l'empereur Constantin VIII et au sénat; mais il n'est pas écouté.
Fridéric se prépare à mener en Italie le jeune roi de Hongrie et de Bohême , âgé de douze ans; et prévoyant les troubles, il ne le veut rendre à ses sujets que capable de régner.
Les Anglais sont chassés de Guyenne par Jean , comte de Dunois , et il ne leur reste que' Calais seul.
Charles, prince de Vianne, se soulè\e contre le roi son père. Ce jeune prince attaché à ses études attendait sans impatience la succession du royaume, qui lui appartenait par Blanche sa mère ; mais le nouveau mariage de son père l'oblige à songer à lui. Il s'emporte jusqu'à faire la guerre; mais il est battu, pris, et tenu deux ans en prison. Il craint le poison , et ne veut prendre de viandes que celles que lui donne son frère Alphonse.
Fridéric est reçu magnifiquement à Venise, où il fait
casser par un fou le service de cristal qu'on lui présentait , pour en a\ oir un d'or (1 432). Il vient à Rome baiser les pieds du Pape. Il y entend le beau discours d'^Enéas SiUius, et le panégyrique prononcé par le jeune Ladislas sur les prérogatives du Saint-Siège. Il est couronné avec sa femme. Il retourne en Allemagne, et en repassant à Venise , il fait le marquis d'Esté duc de Modène et de Regge.
Arrivé en Autriche, il est obligé par Jean Huniade à rendre le jeune Ladislas, qui retourne en Hongrie.
Bordeaux pris par les Anglais est aussitôt après repris sur eux, et ils perdent toute espérance de recouvrer la Guyenne, qu'ils avaient tenue trois cents ans.
Mahomet se prépare au siège de Constantinople , et élè\e un fort sur le Bosphore, auquel les Grecs sont obligés de contribuer (1433). Un peu après il fait faire des canons qui jetaient des pierres de huit cents li\ res, et fait autour de la ville une circonvallation de treize mille pas. La ville trop forte par terre est attaquée par la mer, qui est fermée par soixante-dix vaisseaux attachés ensemble , outre lesquels Mahomet avait trois cent vingt vaisseaux et deux cent cinquante-huit mille hommes. Six mille Grecs, et six mille tant Vénitiens que Génois, défendaient la place, commandée par Jean Justinien , Génois. Trois vaisseaux génois avec un de l'empereur forcent la flotte de Mahomet , lui tuent douze mille hommes, et entient dans le port sans aucune perte. Jean Huniade venait de Hongrie avec des troupes. L'assaut général se donne le 23 mai. Il s'y fait un grand carnage de Turcs. Justinien , légèrement blessé , se retire sans donner aucun ordre , et ne veut plus revenir. Les Grecs prennent la fuite; la ville est prise avec ses richesses immenses, capables de lui attirer plus de secours qu'il n'en fallait pour se défendre. L'empereur Constantin accablé dans la presse évite les mains du \ ictorieux. Les Génois rendent Péra. Justinien , retiré à Scio , y meurt de regret. Plusieurs savants grecs se retirent en Italie , oii ils sont bien reçus , à Rome par le Pape , et à Florence par le magnifique Côme de Médicis. La connaissance de la langue grecque s'étend par tout l'Occident. Alvarez de Lune est disgracié, et perd la tête à Valladolid.
Les desseins de l'einperenr et des princes chrétiens contre le Turc sont rendus inutiles par leurs divisions {1434;.
Jean, roi de Castille, meurt. Henri IV son fils lui succède à l'âge de trente ans, et mène une vie infâme par ses débauches.
Nicolas V meurt de regret de la prise de Constantinople. Bessarion , célèbre archevêque grec, fait cardinal depuis l'union dont il fut un des principaux promoteurs, prêt à être élu Pape, est rejeté, comme Grec trop nouvellemeht converti. Alphonse Borgia, Espagnol, est fait Pape sous le nom de Galixte III. Il fit revoir le procès de la Pucelle d'Orléans, et justifia sa mémoire. Ses accusateurs et ceux qui l'avaient condamnée périrent mal.
Le Pape fait tout ce qu'il peut pour exciter les chrétiens contre les Turcs.
Mahomet assiège Belgrade avec cent cinquante mille hommes (1436). Le cardinal Jean Carvayal , légat du Pape, amène au secours quarante mille hommes, dont Jean Huniade est général. La rivière rougit du sang des Turcs. Les chrétiens entrent dans la ville épuisée, et soutenue seulement par les sermons de Jean Gapistran , cordelier. INIahomet ne laisse pas de donner l'assaut. Jean Gapistran, à la brèche avec un crucifix, soutient les soldats autant que la valeur de Jean Huniade. Les Turcs entrent plusieurs fois et plusieurs fois sont repoussés. Mahomet reçoit une blessure qu'on croit mortelle, et lève le siège en désordre, laissant devant la place cent grosses pièces de canon. Huniade, accablé du travail prodigieux de cotte journ('e, meurt saintement, et laisse deux fils, Louis et Tilathias.
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
Ladislas fait mourir l'ainé des enfants ri'Huniade qui avait tué un di's ennemis de sa maison (1 i'>7).
Le royaume de Chypre est troublé par la mort du roi Jean, décédé sans enfants, et par les prétentions de Jacques, bâtard du roi précédent, contre Louis de Savoie, qui avait épousé Charlotte, fdie du même roi.
Le cardinal d'Aquilée, envoyé légat en Orient, y remporte de grands avantages sur les Turcs, et châtie deux parents du Pape qui avaient pillé l'île de Chypre. Le Pape approu\e son procédé.
Ladislas, roi de Bohème et de Hongrie, et duc d'Autriche , réconcilié a\ec Fridéric, meurt à Prague, où il élaitxenu pour épouser Madeleine, fille deCharlesVII, roi de France.
Mahomet prend Dorinthe , et profitant de la division des deux frères Paléologue, Thomas et Démétrius, il rend le Péloponèse tributaire (H.ïS).
Le royaume de Hongrie est donné par élection à Mathias, fils de fhmiade.
L'empereur Fridéric, le roi de France, et Casimir, roi de Pologne, prétendent à la Bohème. Georges Poggebrache, qui avait gouverné le royaume durant la minorité du dernier roi, est élu par les états du pays, quoique hussite.
Alphonse, roi d'.4ragon et de Naples, meurt. Les louanges des gens de lettres, dont il était le protecteur, couvrent ses \ices et relèvent ses vertus. Jean, son frère, roi de Navarre, lui succède en Aragon; il laisse par testament le royaume de Naples à Ferdinand, son bâtard. Il surmonte aisément les obstacles que le Pape lui faisait, et, avec plus de peine, ceux que lui suscitèrent René avec Jean d'Anjou, son fils, et Charles, prince de Vianne ; mais le dernier meurt bientôt, et avant le roi Jean, son père.
Calixte meurt au milieu des grands desseins qu'il avait contre les Turcs. ^Enéas Sylvius, Siennois, autrefois grand défenseur du concile de Bâle, est élu, et s'appelle Pie II. Il tient une assemblée des princes chrétiens a Mantoue, pour les exciter contre le 'l'urc.
Jacques le Bâtard, arche\èque de Nicosie, qui prétendait le royaume de Chypre, se sauve en Egypte (1 4.39) d'où, par le moyen de Mahomet, il obtient du Soudan une flotte pour occuper Chypre.
Le P'âpe ordonne aux Kohéniiens et Silésiens d'obéir à Georges tant qu'il ne ferait rien contre la foi.
Il s'achemine vers Jlantoue. Le magnifique Côme de Médicis le reçoit à Florence. C'était un particulier sujet de cette république, mais <iui avait accpiis par sa sage.sse et sans violence une autorité presque souveraine dans sa patrie, et qui égalait les grands princes par le.libéralités qu'il faisait paj-aiti-o, princi|)alement dans les grands édifices sacrés et profanes qu'il faisait, et par les pensions qu'il donnait aux gens de lettres, dont Florence était en ce temps, par ses soins, le plus agréable domicile.
L'assemblée de Mantoue ne [iroduit rien. Pie n'attend plus de secours que do l'Allemugno, qu'il favorise en tout.
Jean d'.Anjou gagne une bataille navale contre Ferdinand. .Au lieu d'aller droit à Naples, il perd le temps à assiéger d'autres villes. Cependant Ferdinand reçoit les secours que le Pape et Sforce lui envoyaient.
Monombasia ou Malvasia, autrefois Epidaurus, qui n'était accessible que par un endroit, se donne au Pap) (1460), pendant que Thomas , un des frères Paléologue, ' la veut livrer, et que l'autre ne la peut défendre.
Jacques II , roi d'Ecosse, est tué au siège d'un château que sa femme, fille du duc Gueldres*, ne laisse pa-; de prendre. Jacques III, son fils, règne sous la tutelle de sa mère.
Les Génois se révoltent contre les Français, Le Papa les favorise. Prosper .Adorne est chef de la' rébellion. Lo secours envoyé par Charles 'VII est défait par l'évêque Paul.
René, roi de Naples, qui venait avec une armée navale, est mis en fuite, et la citadelle de Naples rendue.
Jacques lo Bâtard occupe la Chypre par le secours des Egyptiens et des Turcs (1461). Le Pape lui refuse la couronne.
Les Génois perdent Famagousto après trois ans de siège. Le roi Louis passe sa vie tranquillement à Ripaille ; sa femme Charlotte ne cède que lorsqu'il n'y a plus d'espérance.
David Comnène , qui avait donné sa fille en mariage à Mahomet pour obtenir sa protection, perd Synope et Trébisonde. Cet empire est renversé par les Turcs , après a\ oir subsisté deux cent cinquante-sept ans. David est tué avec ses enfants, dont l'un s'était fait mahométan.
Scanderberg fait une trêve a\ec Mahomet, et donne secours à Ferdinand contre la maison d'Anjou.
Marguerite d'.\njou, reine d'Angleterre, défait Richard , duc d'Yorck , et le comte de "\^'ar\vick , et met le roi Henri son mari en liberté. Edouard , comte de la Marche, fils de Richard, le venge par une victoire qui lui fut disputée trois jours. Le roi et la reine s'enfuient en Ecosse avec leur fils Edouard, et gagnent les Ecossais en leur donnant Warwick.
Charles 'VII craint le poison, et se laisse mourir de faim. Tout le monde l'abandonne, excepté Tanneguy.
Louis XI son fils , qui était auprès du duc de Bourgogne, vient avec lui prendre possession do la couronne. Il consent, pour plaire au Pape, que la pragmatique sanction soit abolie; mais les oppositions du parlement et de l'université la font subsister.
Bladus, roi de Valachie, prince cruel et haï des siens, est dépouillé de son royaume par Mahomet (1 462). Son frère Dracule est mis h sa place.
Jean d'Anjou est chassé du royaume de Naples par la défection de tous les seigneurs de son parti. Pie et Louis , roi de France, s'écrivent sur ce sujet des lettres de pique.
La Bohême est troublée par le roi Georges , qui protégeait les hussites.
Il délivre l'empereur Fridéric, assiégé à Vienne par son frère .Albert.
La Bosnie est envahie par le Turc, qui fait tuer son prince contre le traité (1463). Mathias, roi de Hongrie, reprend Jayse', capitale de cette province, et en fait lever le siège aux Turcs.
Entrevue de Louis et de Henri, roi de Castille. Louis gagne en ce voyage- le Roussillon et la Sardaigne.
Louis XI rend Savone à Sforce , duc de Milan , ou en haine de la maison d'Orléans, ou parce qu'il le trouvait aussi utile (1 464). La guerredu bien public se commence contre Louis XI.
La guerre sainte est entreprise et abandonnée par Philippe, duc de Bourgogne. Grande assemblée de gens de guerre à Ancône. Le Pape ne leur donne que des indulgences, et tout se débaiide.
Le Pape meurt. Paul II succède.
Scanderberg , assiégé par Mahomet dans Croie sa capitale (146.d), se défend, et fait une guerre continuelle aux Turcs avec des avantages presque égaux de part et d'autre.
Henri, roi d'.Vnglelerre, revient déguisé en son royaume. Il est découvert, et remis dans la tour de Londres.
Bataille de Mbntihéri, entre Louis XI et les princes du bien public. Le roi fait une paix désavantageuse par le conseil de Sforce son ami, qui lui mande que tout est bon , pourvu qu'il désarme les princes , qu'il saura bien désunir après, et les abattre les uns après les autres.