On lit dans uue copie mise au net Padoue
coup de délais, reçoit ordre d'entrer dans les terres de l'Etat ecclésiastique. Il meurt. Gaston de Foix, neveu du roi, est envoyé en Italie, et le maréchal Trivulce, qui commande en l'attendant, prend Boulogne.
Le concile s'ouvre à Pise. Jules, devenu plus modeste, reprend son premier esprit par la douceur de Louis.
Il con\oquele concile de Latran. Maximilien espère de se faire Pape et d'avoir le royaume de Naples. La chimère de joindre ensemble le pontificat et l'empire le détache d'avec Louis.
Le concile, maltraité à Pise, est transporté à Milan, oii il est méprisé, malgré l'autorité du roi. Maximilien le fait condamner dans l'assemblée d'Augsbourg.
Albuquerque prend Malaca.
Sélim, rétabli par les janissaires, empoisonne son père après l'avoir fait déposer. 11 fait mourir ses frères et leurs enfants; quelques-uns se sauvent
Gaston de Foix lait lever le siège de Bologne à Raimond de Gardonne et Pierre de Navarre, et prend Bresse.
Louis, abandonné de ses alliés et de Henri VIII, résout de ne garder plus de mesure avec le Pape. 11 commande à son neveu d'assiéger Rome, et fait faire la médaille 011 était cette inscription : Perdam Babylonem.
Gaston de Foix, à vingt-deux ans, gagne la bataille de Ravenne, et périt en poursuis anl l'ennemi vaincu.
Le concile de Latran commence.
Les Français, loin de profiter de leur victoire, perdent Milan et Gènes par la conjuration de toute l'Italie contre eux.
Maximilien Sforce est rétabli à Milan.
Le concile de Pise fait vingt dt'crels contre le Pape. Il procède à une nouvelle élection. Tout le monde s'en moque, parce qu'on voit qu'il n'est assemblé que par un intérêt d'Etat. Dans la prise de Milan , il passe à Turin, et de là enfin à Lyon, où il se dissipe de luimême.
Les Suisses sont déclarés par le Pape défenseurs du Saint-Siège.
Ferd'nand, avec une bulle' qui ôtait le royaume à Jean, roi de Na\arre, comme allié do Louis, excommunié , envahit ce royaume. Jean se sauve en Béarn.
Slenon , prince de Suède, célèbre par ses vertus et par son grand cœur, laisse son Etat à Stenon Sture, son tils.
La Floride est découverte par les Castillans le jour de Pâques fleuries, d'où elle tire son nom.
Jules meurt peniJant qu'il méditait un décret qui transportait le titre de Très-Chrétien au roi d'Angleterre, cjui avait pris son parti, et donnait la France au premier qui l'occuperait.
Jean de Médicis est élevé au pontificat, et s'appelle Léon X.
Louis fait la paix avec Venise, reprend Milan et Gênes, et ne laisse à Sforce que Cômo et Novarre. Il est battu par les Suisses en assiégeant cette dernière place.
Maximilien et Henri VIII, roi d'Angleterre, prennent Thérouenne, et gagnent sur les Français la bataille des éperons.
Jacques IV, faisant en faveur de la France diversion contre Henri VIII, est tué dans la bataille de Floddon (1513).
Ismaël ramène Amurat , un des frèras de Selira , à Constanlinople (1.514). Sélim va au-devant avec une armée. Il est vaincu d'abord, et depuis vainqueur par les arquebuses dont il commença de se servir. La guerre s'allume entre les Turcs et les Perses avec des événements douteux.
Anne de Bretagne meurt âgée de trente-sept ans.
Louis, dans l'espérance d'avoir un flls, épouse à Abbeville la sœur du roi d'Angleterre.
i . Cette bulle , alléguée par les auteurs espagnols , est pour le moins tort douteuse. L'.iuleur de I'Aî'I de virifier les dates prouve que lis différentes dates qu'où lui suppose soûl également insoutenables . 1. 1, pa>f. 7ti5.
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SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
Les Français perdent la lanterne de Gènes qui leur restait ; les Génois la font raser,
Sigismond défait en Lithiianie quatre-vingt mille chevaux moscovites, et en laisse trente mille sur la place, sans perdre plus de quatre cents Polonais.
Mort de Louis XII, appelé le Père du peuple (1513). François succède à vingt ans, et passe aussitôt en Italie, où il gagne la bataille de Marignan. 11 reprend le Milanais, l'ait le concordai et retourne en France.
La Bible d'Alcala est imprimée par les soins du cardinal Ximénès.
Le Soudan d'Egypte Campson (1516), gras et pesant, renversé sous les chevaux, meurt avec beaucoup de mamelucks, dans la guerre contre Sélim, qui prend Gaza, va faire sa prière à Bethléem et à Jérusalem, et fait de giandes aumônes aux prêtres et aux pauvres.
Ferdinand, roi d'Espagne, meurt à soixante-trois ans, d'un breuvage que sa femme lui donne pour avoir des enfants. La régence du royaume d'Aragon est donnée par son testament au président de Saragosse, et celle de Castille à François, cardinal Ximénès, qui est joint avec Adrien, précepteur de Charles, jusqu'à ce qu'il eût seize ans.
Jean, roi de Navarre, et Catherine, sa femme, meurent et laissent leur fils, Henri d'Albret, âgé de quatorze ans.
Ladislas, roi de Hongrie, meurt; prince taciturne, idole muette , qui ne disait pour toute réponse que ce mot ; Bien, et laissait tout faire. Son (ils, Louis, lui succède, dont le bon naturel est corrompu par la nourriture que lui donna Georges, marquis de Brandebourg.
Maximilien Sforce, aidé par Léon, recouvre tout le Milanais , excepté le château de Milan.
Le concordat est lu au concile de Latran.
Sélim, maître delà Syrie, attaque l'Egypte (1317). Le Soudan Tomonbey est battu vers le Caire; mais Cinam, général de Sélim, est tué. Il se donne une nouvelle bataille, où le Soudan est pris et puis étranglé. Ainsi finit l'empire, ou plutôt la tyrannie des mamelucks, venu des Circasses, qui avait ri'gné deux cent soixante ans avec toutes sortes d'injustices et de violences.
Le concile de Latran est fini par le discours de Jean- François Pic, comte de la Mirandole, qui déplore le triste état de l'Eglise.
Le cardinal Ximénès, éloigné des affaires, en meurt de chagrin.
Luther, augustin,-par la jalousie de son ordre contre les Dominicains, prêche et publie ses thèses contre les indulgences.
La seote de Luther s'augmente, et l'empereur dit que les écrits ne suffisent plus contre lui (I318J.
Fridéric, duc de Saxe, et l'université de Wiltemberg, entreprennent sa défense. Le cardinal Gajétan le condamne. Il en appelle au Pape , et du Pape au concile, pour gagner du temps.
Christiern, roi de Danemarck , envahit la Suède avec le secours des Français. Il est repoussé de devant Stockolm par le prince Stenon , qui l'épargne quand il est pi'èt à périr par la faim ; mais le perfide attente contre son libérateur.
Maximilien meurt. Gliarles-Quinl emporte l'empire sur François l'"' (1319).
Luther, un peu adouci , s'aigrit de nouveau par la censure de l'université de Paris.
Gérard, fils de Gérard , appelé pour cette raison Oerardus Gerardi , natif de Rotterdam , prend le nom de Desiderius Erasmus, parce que Gérard veut dire désiré, et écrit admirablement, mais avec trop de bberté.
Zvvingle, curé de Zurich, commence à prêcher contre l'Eglise.
Paul Emile. 'Véronais, chanoine de Paris, célèbre écrivain de l'hisloire de France, meurt. L'abbé Trithème, célèbre par ses écrits, meurt en môme temps.
Sélim meurt (1520). Soliman son fils lui succède.
Fridéric, duc de Saxe, protège Luther, dont Charles V fait brûler les livres en Espagne et dans les Pays-Bas.
En iiassant de ces pays à Aix-la-Chapelle , où il va se faire couronner, il visite Henri 'VIII et François I»r. Il laisse à son frère, Ferdinand, l'Autriche et les pays héréditaires.
La révolte de l'Espagne, jalouse de l'autorité des Flamands, est apaisée par une \ictoire des ministres de Charles.
Stenon, prince de Suède, meurt.
Christiern, roi de Danemarck, est appelé à Stockolm, où le jour même qu'il est couronné, il fait un carnage effroyable des sénateurs de Suède et des habitants de Stockolm.
Gustave Ericson , échappé des prisons de Danemarck, est élu gouxerncur par les Suédois, qui ne peuvent plus souHrir les Danois, et les chassent du pays.
Ferdinand Magellan découvre les Moluques sous AIbuquerquB, et, méprisé en Portugal, se donne à Charles.
"Victoires et cruautés de Fernand Cortcz , qui prend le Mexique, et fait mourir Montézuma, roi de ce grand empire.
Soliman prend Belgrade pendant que le roi Louis, âgé de quinze ans, et les Hongrois, ne songeaient qu'au plaisir (1521).
Luther comparait à Worms ; Charles le proscrit, Fridéric se relire. Luther écrit son dialogue avec le diable. Mélanchthon écrit pour lui , à l'âge de vingtquatre ans. Henri VIII écrit contre, et obtient du Pape le nom de défenseur de l'Eglise.
La guerre entre Charles et François commence par la Na\arre, qui est prise et aussitôt perdue par Anolré de Foix, sire de Les[)arre, frère de Laulrec. Là le siège de Pampelune , où Ignace de Loyola est blessé et se convertit.
Charles V s'accorde avec Léon , attaque le Milanais ; Laulrec le perd, manque d'argent : Louise de Savoie, mère de François, avait détourné celui qui lui était destiné. François, possédé par la comtesse de Chateaubriand, sœur de Laulrec, néglige les affaires.
Anne de Montmorency et Bayard défendent Mézières contre Charles , qui eût été pris si le maréchal de Ghâtillon, lieutenant du duc d'Alençon, gendre de Louise, à qui elle fit donner le commandement au préjudice du connétable de Bourbon , eut su la guerre.
La paix ménagée par Henri VIII est rompue par la prise de Fontarabie, que le roi, poussé par Bonnivet, qui l'avait prise, ne veut pas rendre; mais il la perd un peu après avec Tournai.
Léon X meurt de poison. Il était le protecteur des gens de lettres. Sous lui, Marsile Ficin, Paul deMiddelbourg, Petrus Martyr, Englerius, Erasme, et autres hommes illustres fleurissent.
La version de Santés Pagninus se fit de l'hébreu en latin par son ordre et à ses dépens.
Emmanuel, roi de Portugal, meurt. Son fils Jean III, âgé de vingt ans , lui succètle.
Soliman profite des divisions de la chrétienté, et prend Rhodes, où cinquante mille Turcs périssent de faim et de maladie, outre plus de soixante et dix mille qui périssent par le fer (1522).
Ismaèl , roi de Perse , meurt. Son fils Tammas , à onze ans lui succède.
Adrien VI, précepteur de Charles V, est élu Pape ])endant qu'il gouvernait l'Espagne, d'où il part pour \ enir à Rome.
Les Suisses font perdre aux Français la bataille de la Bicoque.
Jean de Beaune de Semblancé , est pendu à la poursuite de Louise, mère de François, pour avoir rejeté sur elle le manque d'argent qui avait fait perdn! le Milanais.
L'Escun, frère de Lautrec, est contraint de l'abandonner. Il ne reste aux Français que le château de Milan, Crémone et Novarre.
SEIZIEME SIECLE
Gènes, qu'il avait recouvrée, est perdue de nouveau sans ressources.
Luther revient à Wittemberg après son bannissement. Son hérésie remplit toute l'Allemagne.
Le connétable de Bourbon, poussé par Louise, mère de François, et Bonnivet, favori du roi , se donne à Charles ;1o»3). Bonnivet est envoyé en Italie ; Fontarabie, mal défendue par Froget , se rend.
Les anabaptistes s'élèvent, excités par les écrits de Luther, et par Nicolas Stoc son disciple.
Gustave, premièrement gouverneur, et ensuite roi de Suède, embrasse le luthéranisme par un intérêt d'Etat, et pour profiter des biens de l'Eglise. L'ignorance et la corruption du clergé causent ce malheur.
Fridéric , duc de Saxe, oncle de Christiern et son successeur, se fait aussi luthérien par un semblable intérêt.
Clément VII, cousin-germain de Léon X, et bâtard de sa maison, est élu.
Bonnivet est défait (1324); Bayard meurt glorieusement.
Le duc de Bourbon passe en Provence , repoussé à Marseille. François prend Milan et le château . assiège Pavie, 011 était François Sforce, duc de Milan, avec Antoine de Lève.
Luther quitte l'habit de moine et tout ce qui lui restait de régularité.
Le christianisme s'établit dans le royaume de Mexique, par les prédications et la sainte vie de Martin de Valence, et de douze moines qui travaillaient avec lui.
Le Canada est découvert sous les auspices de François I«r.
La bataille de Pavie est donnée témérairement par les Français ;lo2o). Le roi est pris. L'évêque d'Osma, confesseur de Charles V, lui conseille de renvoyer son prisonnier sans exiger autre chose que la guerre contre le Turc. Ce conseil est rejeté avec dédain par Fridéric de Tolède, duc d'Albe, qui persuade l'empereur.
François est transporté en Espagne, où il est malade à l'extrémité.
Les anabaptistes troublent l'Allemagne et tous les pays voisins, par des emportements et une fureur inouïe.
Albert, grand-maitre des Teutons, autrement des Portecroix, se fait luthérien, et éteint son ordre. Il est fait duc de la Prusse orientale ou ducale par Sigismond, son oncle maternel , roi de Pologne, et se marie.
Mélanchthon gagne Philippe, landgrave de Hesse^ et lui conseille de garder l'extérieur de la religion.
Le luthéranisme s'introduit en France; un Picard est brûlé à Paris pour l'avoir suivi.
Les Espagnols découvrent le Pérou, où ils exercent d'horribles cruautés.
Soliman, après que Louis, roi de Hongrie (1326), eût refuse la paix qu'il lui offrait, entre dans ce royaume avec trois cent mille hommes. Louis en avait vingtcinq, et néanmoins Paul Tommor, archevêque de Colok, général vaillant, mais téméraire, hasarde la bataille. Le roi est vaincu et noyé ; Paul et toute la noblesse tués. Les Turcs font trois cent mille prisonniers dans tout le royaume. Les mouvements d'Asie les empêchent de passer outre. Ferdmand est élu par le moyen d'Etienne Battori et de ^Nlarie, veuve de Louis, soeur de Charles V et de Ferdinand. Jean Zapori , vaivode de Transilvanie est proclamé en même temps par un parti contraire. Ferdinand perd la Bosnie et une partie de la Croatie.
Louis, fléchi par la reine, sa femme, qui le pressait toujours en fa\eiir du Pape, reconnaît le concile de Latran, et consent à l'abolition de la pragmatique.
Pierre Pomponace, Politien, Calderin et autres faux philosophes qui niaient l'immortalité de l'âme, sont condamnés par le concile.
Pierre Bembo et Sadolet, secrétaire de Léon , Augustinus Niphus, qui enseigna la philosophie dans le col-
lège Romain, Basile Calcondyle, Athénien, qui a écrit l'histoire des Turcs, et autres hommes illustres, fleurissent en ce temps. Le séminaire des Grecs, établi à Rome par Léon X, répand la connaissance de la langue grecque.
François est délivré des prisons d'Espagne, et ses enfants sont donnés en otage à Charles-Quint.
Bourbon assiège Rome et y est tué ;Ioj!7); la ville est prise et pillée. Clément, arrêté et puis renvoyé à de dures conditions , se sauve en habit déguisé. Les Florentins, qu'il avait asservis à sa maison, se remettent en liberté.
François est empêché par les Etats de donner la Bourgogne à Charles, ensuite du traité de Madrid, et offre deux millions d'écus pour la rançon des princes.
Le défl de François L'r. La guerre déclarée à Charles par François et Henri VIII. Lautrec assiège iXaples (lo28). Philipin Doria, neveu d'.André, bat les Espagnols devant cette place; mais un peu après, Doria maltraité quitte le roi. Lautrec meurt, et les aifaires des Français vont mal à Xaples.
Le cardinal de Volsey, favori de Henri VIII, s'engage à poursuivre son divorce avec Catherine, tante de Charles, et veuve de son frère Arthus, espérant lui faire épouser la sœur de François, avec qui il avait fait un secret accord ; mais Henri devient amoureux d'Anne de Boulen.
Charles fait sa paix avec le Pape '1329), qui, pour lui faire plaisir, évoque l'affaire du divorce à Rome.
Paix de Cambrai entre Charles et François , avantageuse à l'un et nécessaire à l'autre,
Henri, pressé par sa maîtresse, chasse Volsey, qui meurt de regret. Il fait Morus chancelier, pour le gagner contre Catherine.
Reginald Pool , parent du roi , quoique jeune, lui résiste avec tant de force sur son divorce, qu'il le veut tuer de sa main.
Erasme quitte Bâle aussitôt que la messe y fût abolie.
Il se fait un décret à Spire pour confirmer celui qui avait été fait à \Vorms contre les luthériens , et on défend d'innover jusqu'au concile. Jean, électeur de Saxe, Georges, électeur de Brandebourg, et Philippe, landgrave de Hesse, protestent contre ce décret, et donnent lieu au nom de Protestant.
Il se tient un colloque à Marpourg pour concilier Luther et Zvvingle, contraires sur la réalité et sur quelques autres articles; mais Luther ne veut point souffrir les zwingliens.
Jean , vaivode, paie tribut à Soliman , qui, avec deux cent mille hommes, prend cinq églises : Albe-Royale, Pest , Bude, Strigonie, .\ltenbourg et autres places; assiège Vienne , très-bien défendue par Philippe, palatin du Rhin. Il lève le siège après avoir perdu soixante mille hommes en vingt jours de siège, et menace d'un prompt retour.
Charles est couronné par le Pape à Bologne (1330). Gonzague de Mantoue est fait duc; les ^Médicis sont établis à Florence avec Marguerite, fille naturelle de Charles, promise à Alexandre de Médicis, neveu du Pape.
La dièle d'Augsbourg, où les protestants et les zwingliens présentent leur confession de foi à l'empereur.
Les enfants de France sont délivrés.
Marguerite, tante de Charles, gouvernante des Pays- Bas, meurt. Marie, veuve de Louis, roi de Hongrie, est mise à sa place.
Sannazar, célèbre par ses poésies latines , meurt. Il suivit en France Fridéric, roi de Xaples, et fut bien traité de Louis XII , qui lui rendit ses biens.
Les catholiques se liguent en Allemagne contre la nouvelle religion.
L'île de Malte est donnée par Charles V, aux chevaliers de Saint-Jean.
Ferdinand est fait roi des Romains (1331) à Cologne; Jean de Saxe et les protestants réclament, et, de nou-
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
veau assemblés à Snialcalde, ils y forment leur ligue, d'où ils excluent les zwingliens cal\inisles, comme ennemis de la saine doctrine, et in\itent les rois de France et d'Angleterre à y entrer. Ils dressent de nouveaux articles pour exposer leur doctrine, et les souscrivent.
Les lettres humaines et la connaissance des langues sont rétablies à Paris, par Guillaume Budé et Jean Lascaris, le plus savant des Grecs. Valable enseigne l'hébreu, et explique doctement l'Ancien Testament. Pierre, Danois, et Jacques Toussaint, enseignent la langue grecque.
Guerre civile des Suisses pour la religion.
Ceux de Zurich et de Berne, protestants, sont battus quatre fois, quûi(|ue plus forts, par les catholiques. Zwingle est blessé à mort au premier combat. Œcolampade, son principal disciple, un peu après est trouvé étranglé dans son lit. Henri Bullinger lui succède.
Les catholiques remportent cinq victoires sur ceux de Zurich.
iNlichel Servet enseigne une nouvelle hérésie, et nie la Trinité.
Georges Vicel, de Hesse, homme célèbre pour sa doctrine et pour ses mœurs, écrit contre Luther.
Louise, mère de François, meurt.
La diète de Ratisbonne défend d'inquiéter personne pour la religion jusqu'au concile (1532).
On prépare la guerre contre les Turcs, mais sans effet.
François l'^r et Henri VHI font une ligue contre Charles, qui voit Clément à Bologne, et s'assure de lui pour sa tante.
Etats de Vannes, où François, dauphin, est déclaré duc de Bretagne.
Christiern , pris par son oncle Fridéric , qui avait été établi dans sou royaume, ne sort de prison qu'en 1059.
Henri VIII épouse Anne de Boulen.
Merveille, ambassadeur de François Ici', est exécuté à Milan par ordre du duc. François se prépare à la guerre, et fait ses plaintes à l'empereur et à tous les princes chrétiens.
Clément vient à Marseille, où il confère avec François L'r.
Basile, duc de Moscovie, menrt à quarante-sept ans. Son lils, Jean Basilide, lui succède à cinq. Cet Etat est troublé jusqu'à la majorité de ce prince. Il est cruel comme son père.
Jean Georges, marquis de Montferrat, meurt, et laisse sa succession à Fridéric le, duc de Manloue.
Soliman prend Tauris sur les Perses ('lu34), qui abandonnent Babylone. Tammas reprend tout, et recou\re tout le butin.
L'affaire du roi d'Angleterre est précipitée à Rome par les sollicitations des ministres de l'empereur. L'auathème est prononcé contre Henri, le 22 mars, s'il ne quitte Anne de Boulen. Catherine meurt dix mois après. Cependant Henri se retire de l'obéissance du Pape, et se déclare chef de l'Eglise anglicane.
Jean Calvin commence. Jean Boccold de Leyde , et les anabaptistes s'établissent à Munster, où ils étonnent tout l'univers [)ar leur conduite inouïe.
Clément VII meurt. Paul III est mis à sa place. Le cardinal Cajétan, grand théologien scolastique, meurt. Il avait été envoyé légat contre Luther, et avait commencé alors à étudier à fond l'Ecriture sainte et à se jeter dans l'hébreu ; mais sa science, pas assez, profonde ni assez étendue en ce point, le rend trop hardi et le fait chopper. En même temps, Cornélius Agrippa meurt à Grenoble ou à Lyon. Il est célèbre par son écrit de la Vanité des Sciences , plus hardi poui'tant que savant.
Soliman reprend Tauris (153.5). Les Turcs périssent au retour pai' un orage eflroyable arrivé au milieu d'octobre. Soliman fait mourir Ibrahim, auteur de celte entreprise, et accusé de s'entendre avec Charles.
François l" fait cette célèbre procession où il anima si fortement ses sujets contre l'hérésie de Luther pai' un discours pathétique et par son exemple. Il fait châtier rigoureusement les novateurs.
Calvin, contraint de se retirer, fait son institution à Ferrare, où il gagne Renée de France, femme d'Hercule, duc d'Esté. Il vient ensuite à Genève, révoltée contre son évèque.
Henri VIII fait mourir Morus son chancelier, et Ficher, évèque de Rochesler, qui s'opposaient à son schisme.
L'évêque de Munster prend sa ville et y extermine les anabaptistes.
Premier voyage de l'empereur en Afrique , où il chasse Barberousse du royaume de Tunis.
Barberousse se rétablit et prend Minorque.
François Sforce meurt.
Henri VIII fait couper la tête à Anne de Boulen, pour adultère (1.53G).
Charles-Quint entre en Provence , et en est chassé.
Fiançois , dauphin, meurt à dix-huit ans, empoisonné par Montécuculli , qui , en moiu'ant, charge les ministres.
Le concile général est convoqué à Mantoue. Le duc s'excuse ; Vicence est choisie par le Pape.
Erasme meurt à Bâle dans la communion de l'Eglise catholique. Il avait été fortement combattu par François Titeleman , capucin , c('lèbre par sa doctrine.
La paix se fait entre Ferdinand et Jean, qui renonce pour ses enfants au royaume de Hongrie.
Jacques, roi d'Ecosse (1337), épouse Marguerite, fille ainée de François !<"'.
Henri VIII entre en jalousie contre François. Marguerite meurt. Le roi d'Ecosse épouse Marie, fille de Claude , duc de Guise, et veuve du duc de Longueville.
Laurent de Médicis , pour alTranchir son parent , gendre de Charles V, tue .Alexandre. Alexandre meurt sans enfants; mais Corne , de la même maison , lui succède à l'âge de dix-huit ans , et la souveraineté est affermie dans la maison de Médicis.
Laurent est tué à Venise. Charles est ajourné au parlement. François traite avec Soliman.
Les Hongrois sont deux fois battus par les Turcs.
Christiern III rend le Danemarck luth('rien. Il établit sept surintendants au lieu de sept évoques. Il pervertit aussi la Norvvége. Jean , archevêque d'Upsal , tâche de soutenir la foi dans la Suède.
L'empereur, le Pape et la ligue sainte, arment contre le Turc deux cents galères (1538), cent vaisseaux, et cinquante mille hommes , sous la conduite d'André Doria et de Ferdinand de Gonzague, sans aucun succès.
L'entreprise que fait Soliman sur les Portugais dans les Indes ne réussit pas. Un vieillard de ce pays convainc les Portugais qu'il a trois cent trente-cinq ans.
La conférence de Paul III avec Charles et François à Nice. Charles ne \eut pas y revoir François; mais il le voit ensuite à Aigues-Mortes , en retournant en Espagne.
L'h('résie passe en Ecosse (1339); ceux qui l'embrassent sont brûlés. François Buchanan , célèbre par ses poésies latines et par son histoire d'Ecosse, se sauve.
La compagnie de Jésus est approuvée par Paul III.
Les Vénitiens traitent de paix avec les Tui'cs.
Charles, pour aller châtier les Gantois révoltés, tra- \erse la France, après avoir promis, mais.de parole seulement, de donner le duché de Milan à Charles, son filleul , second fils de France.
Charles est reçu magnifiquement à Paris (1540), et arrive un peu après à Valenciennes.
Henri VIII épouse Anne, sœur de Guillaume, duc de Clèves , luthérienne , par le conseil de Thomas Cromwel, qu'il fait pendre un peu après pour concussion, et répudie Anne. Il épouse Catherine Howard, catholique,
SEIZIÈME SIÈCLE
et persécute également les catholiques et les zwingliens.
Jean , vaivode de Transilvanie . meurt à cinquantetrois ans. Jean Sigismond, son ûls, lui succède, et Soliman lui donne le royaume de Hongrie, sous la régence de Georges, évêque de Varadin , appelé le Moine. .
Paix entre les Turcs et les Vénitiens, qui cèdent aux Turcs Xapoli et I^Ialvoisie . villes du Péloponèse.
L'historien Guichardin meurt.
La diète de Ratisbonne publie Ymténm rejeté par les deux partis, et quelques articles de réformation (1541).
Ferdinand s'attire la guerre avec Soliman, en voulant opprimer Jean Sigismond. Soliman chasse de Hongrie ce jeune prince avec Georges, son tuteur, et les renvoie en TransiK anie.
Ferdinand accepte de lui son royaume de Hongrie avec tribut. Charles dissimule, et va en Alger, que la tempête l'empêche de prendre. François ne veut pas l'attaquer dans son malheur, quoique résolu de venger le meurtre de Rincon et ds Frégoze, ses ambassadeurs, que le marquis de Gast, gouverneur de Milan, fit assassiner.
Philippe-ThéophrasteParacelse, inventeur d'une nouvelle médecine, meurt à Saltzbourg.
Santés Pagninus, dominicain célèbre, interprète de l'Ecriture, meurt à Lyon.
La diète de Spire ordonne la i^uerre contre le Turc (1542).
Henri VHI fait couper la tête à sa nouvelle femme jiour adultère, épouse une veuve, sixième femme', qu'il lit mourir pour hérésie, n'étant que prévenue.
Jacques V entreprend la guerre contre l'Angleterre. Ses sujets se révoltent; il meurt à trente-deux ans, et laisse sa fille Marie âgée de huit ans.
Le concile est convoqué à Trente pour le premier novembre suivant.
Saint François Xavier, envoj-é légat à Goa pour prêcher la foi dans les Indes, soumet sa légation à l'archevêque Jean Albuquerque.
Charles V marie son flls Philippe à Marie de Portugal, fille de sa sœur (1543), et le déclare à seize ans roi des Espagnes. De là il marche contre le duc de Glèves, allié de la Flandre qu'il dépouille de la Gueldre.
François prend Landrecies, et fait assiéger Nice avec Barberousse. La ville se rend; mais la citadelle se défend si bien, qu'il faut lever le siège.
Le concile est suspendu à cause des guerres qui agitaient la chrétienté.
La paix se fait entre Charles et Henri VHL .
Guillaume de Langey, célèbre par ses négociations , se montre aussi excellent dans la guerre, et défend les conquêtes de France en Italie contre le marquis de Gast.
A la diète de Spire tout l'empire déclare la guerre à François (1544).
La bataille de Cérisoles est gagnée par le jeune François de Bourbon, duc d'Enghien. Le marquis du Gast est blessé et mis en fuite , après avoir perdu douze mille hommes laissés sur la place et deux mille cinq cents prisonniers. Montluc, chef des volontaires, se signale; Enghien, prêt à prendre Milan, est rappelé. Charles V était entré en Champagne avec quatre-vingt mille hommes de pied et vingt mille chevaux. Il est arrêté deux mois au siège de Saint-Dizier. Il vient à Château-Thierry, d'où il se retire à Soissons , pressé par l'armée du dauphin Henri. La paix se fait avec lui par le moyen de la duchesse d'Etampes, qui le favorisait , et malgré le dauphin, qui espérait ruiner ses troupes beaucoup dépéries.
Durant ce temps , Vervin vend Boulogne aux Anglais, avec qui la guerre continue.
Saint François Xa\ ier fait de grandes conversions par
1. EUe était iinboe de la doclrioe de Luther. EUe se hasardait souvent de coDIredire le roî ; mais persuadé par ses excuses qu'elle n'avait cherché qu'à s'instruire en disputant contre un savant aussi profond que lui, Henri lui pardonna, et lui rendit son affection (Voyez l'.4rt de vérifier les dates, 1. 1, l.as. HH).
B. — T. VllI.
ses prédications apostoliques , par sa vie et par ses miracles.
Charles traite la trêve avec Soliman (1545).
François joint ses ambassadeurs à ceux de l'empereur ; mais Charles, second fils de France, étant mort, la liaison est rompue entre les deux princes. François fait la paix avec l'Angleterre. Le concile de Trente commence.
Mort de Luther (1546). Les protestants se préparent à faire la guerre à l'empereur. Jean Fridéric , électeur de Saxe, et Philippe, landgra\e de Hesse . lèvent soixante-dix mille hommes de pied et quinze mille chevaux, qui menaient douze cents canons.
Cette redoutable armée ne fait rien , et se diminue par les disseneions des deux princes.
L'empereur forme son armée. Le Pape lui envoie douze mille hommes sous la conduite d'Octave Farnèse, petit-fils du Pape. Les protestants peu d'accord. Fridéric, palatin, rentre dans les bonnes grâces de l'empereur, qui se moque d'eux.
Henri, pauvre après avoir pillé tous les biens d'Eglise , est contraint de faire la paix en vendant Boulogne, qui devait être rendue aux Français dans un certain temps.
Conquêtes et victoires des Portugais dans les Indes.
Le concile est transféré à Bologne (1 547), où il ne se fait rien.
Charles V surprend l'armée protestante par le prompt passage de l'Elbe. Le duc de Saxe et le langrave sont faits prisonniers.
La conjuration de Louis, comte de Fiesque, Génois, contre Doria et contre la liberté de son pays , est découverte.
Grand tumulte à Naples pour l'inquisition. L'empereur n'en presse pas l'établissement.
Henri 'Mil , devenu monstrueusement gras, meurt à cinquante-trois ans, prêt à faire mourir sa femme pour hérésie. Il déclare pour successeur son fils Edouard, fils de sa femme Anne Seymour, et appelle après lui à la succession Marie, fille" de Catherine, et Elisabeth, fille d'Anne de Boulen. Il donne à son flls seize régents, tous catholiques ; mais la direction principale fut donnée à Edouard, comte d'Erford , frère d'.\nne Seymour. Il était zwinglien caché. Lui et Thomas Cramraer. archevêque de Cantorbéry, font venir Pierre Vermiglio et quelques autres, qui introduisent le calvinisme.
François I^i" meurt à cinquante-deux ans et demi, après en avoir régné trente-deux.
Henri II commence son règne à vingt-huit ans. Diane de Poitiers, sa maîtresse, veuve de Brézé , sénéchal de Normandie, a tout pouvoir, quoique déjà âgée.
Aruch Barberousse, roi d'.AIger, et Fernand Cortez , célèbre par la conquête du Nouveau-Monde, meurent.
Bajazet, fils aine de Soliman, se retire en Perse (1548), parce qu'il voit son père enclin vers Sélim. Tammas refuse de le rendre, et après avoir laissé ravager son pays en attendant le secours des Portugais , il tue avec ce secours cent trente mille hommes à Soliman.
Mort de Sigismond, roi de Pologne, à quatre-vingt- ■ deux ans. Sigismond Auguste, son fils, est élu à vingthuit ans.
Basile , duc de Moscovie , envoie ses ambassadeurs à Augsbourg pour faire une ligue contre les Turcs.
L'électorat de Jean Fridérïc est donné à Maurice, qui s'était tenu, quoique luthérien, dans le parti de l'empereur, pour se défendre contre Jean Fridéric, qui l'opprimait.
Charles donne en mariage sa fille Marie à Maximilien son ne\eu , flls de Ferdinand.
La messe est abolie en Angleterre. Les Anglais font la guerre aux Ecossais pour avoir Marie, reine d'Ecosse, qu'ils voulaient donner à leur roi : mais la jeune princesse est menée en France, et le secours envoyé par Henri II réprime les Anglais.
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, est marié par Henri avec Jeanne, unique iiéritière de Henri d'Albret roi do Navarre , et do Marguerite, sœur de François I^'f.
Durant les troubles survenus en Angleterre ('liJ49), Henri prend beaucoup de places autour de Boulogne, que les Anglais tenaient encore; ce qui cause en Angleterre do nouveaux tumultes contre le gouvernement.
L'alliance entre la France et les Suisses est renouvelée.
Théodore de Bôze vend ses bénéfices et se retire à Genève auprès de Calvin.
Paul 111 meurt du chagrin que lui donna une lettre d'Octave Farnèse son petil-lils.
Pierre Gasca , jurisconsulte, après avoir rétabli les affaires du Nouveau-Monde, et modéré la tyrannie es- ])agnole sans violence et sans armes, revient chargé d'or pour son maître, et sans rien rapporter pour lui-même (ju'un vieux manteau qu'il avait porté. Il est fait évoque de Palence.
Saint François Xavier entre dans le Japon, oi^i il fait des conversions admirables.
Jules HI est élu pape (liJoO), et s'applique au concile.
La paix se fait entre les Anglais, les Français et les Ecossais. Boulogne, avec les châteaux voisins et toutes les munitions, est rendue aux Français à certaines conditions.
Le concile est repris après une longue interruption (loS'l).
Ija guerre se recommence entre Charles et Henri. Le maréchal de Brissac, et sous lui Pierre de Montluc, se signalent en Italie, et principalement dans le Piémont.
La guerre civile se renouvelle en Allemagne. Maurice se joint aux autres protestants contre l'empereur, qui lui refuse la liberté de Philippe, landgrave de Hesse. Les princes protestants se liguent avec Henri II, et lui donnent Cambrai, Melz, Toul , Verdun et Strasbourg, s'il les pouvait prendre. Charles et Ferdinand , durant que Soliman fait la guerre en Perse, prennent quelques places en Hongrie.
Le cardinal Georges le Moine, assassiné par un capitaine de Ferdinand. L'hérésie commence en Hongrie et en Transilvanie.
Le concile est suspendu à cause des guerres (IbSg).
Les ligués, et ]\Iaurice à la tète, prennent Augsbourg, entrent à Inspruck , d'où l'empereur venait de sortir en grande hâte, prennent Herberg, crue imprenable.
Jean Fridéric, délivré par l'empereur, a ordre de suivre la cour.
Le connétable do Montmorenci entre cependant en Lorraine; Henri la trouve soumise. Il occupe Toul, Verdun et Metz. Ceux de Strasbourg se soutiennent. Prêt à entrer en Allemagne, il est arrêté par Maurice et les ligués, qui travaillent à faire leur paix avec l'empereur. Il prend la plus grande partie du Luxembourg. Les princes font leur paix sans lui.
L'intùrim est aboli. La liberté de conscience est donnée aux protestants. Le landgrave est délivré. Henri ne laisse pas de renvoyer aux princes leurs otages.
L'empereur fait le siège de Metz avec cent mille hommes de pied, douze mille chevaux, sept mille prisonniers . et cent quatorze canons. François , duc de Guise , défend la place, et lui fait lever le siège.
Henri appelle le Turc, dont la flotte paraît plusieurs années de suite sans aucun elfet.
L'amour de Soliman pour Roxelane lui fait étrangler Mustapha, son fils [1o53), dont le frère, nommé Giangire le Bossu , se tue en voyant son corps. Roxelane appuyée de Muphti, fait |)référer Bajazet le cadet à Sélim l'ainé.
Albert de Brandebourg, qui remuait toute l'Allemagne, est baitu |)ar Maurice, qui meurt des blessures qu'il avait reçues dans ce combat., Auguste, son frère, est fait électeur, et s'accorde avec Jean Fridéric.
Albert fuit en France, inquiet, et va mourir chez le marquis de Bade.
Thérouenne est prise et ruinée par Charles V.
Edouard meurt à dix-sept ans ; déshérite ses deux sœurs. Jeanne Gray, fille de Henri, duc de Sullolk, est couronnée reine. Marie se fait reconnaître, et fait couper la tête à beaucoup de la faction. Elle reçoit le légat Réginaldus, dit Pool us , rétablit la foi catholique, et épouse Philippe , prince d'Espagne.
Calvin fait brûler à Genève Michel Servet, Espagnol, dont Valenlin Gentil et Georges Brandrade , Italiens, sèment les erreurs en Hongrie, Pologne et Transilvanie.
Henri , fils d'Antoine de Bourbon , roi de Navarre et de Jeanne d'Albret, naît à La Flèche (10.53)'.
Le mariage de Marie avec Philippe excite la guerre civile en Angleterre (1ob4). La reine apaise les Londrois par ses discours, et la fausse reine Jeanne, quoique innocente-, est décapitée avec quatre-vingts de la conjuration. Elisabeth est mise en prison. Philippe, fait roi de Naples , vient en Angleterre pour se marier; mais Marie ne peut obtenir qu'il soit couronné.
Réginald réconcilie le royaume, et laisse les revenus ecclésiastiques à la conscience des laïques. Paul IV confirme tout.
Sienne , pressée, est défendue par Montluc. En Piémont tout réussit sous Brissac. Les Turcs ravagent l'Italie.
L'archevêque de Cantorbéry, hérétique relaps, est brûlé vif (1555). R('ginaldus Poolus est mis à sa place.
Les supplices commencent à Paris contre les hérétiques.
Jules III meurt. Marcel Cervin, appelé Marcel II, homme admirable, veut être couronné sans pompe, et ne tient le siège que vingt-deux jours. Jean-Pierre Garaflé est élu. Il s'appelle Paul IV, homme sévère au clergé, et chéri du peuple.
Sienne se rend aux Espagnols. Un peu après Philippe la donne au duc de Toscane, et garde les places maritimes de cet état.
Mort de Jeanne, mère de Charles V. Ce prince remet ses états à Bruxelles entre les mains de son fils, et n'attend cpie le beau temps pour aller à la retraite qu'il avait choisie en Espagne.
La France antarcticpio est découverte par Villegagnon, chevalier de Malte, sous les ordres de Gaspard de Coligny deChâtillon, amiral de Franco.
Ilcnr^ d'Albret, roi de Navarre, meurt à Pau, bien conlirmé dans la fui ; mais Jeanne, sa fille, persiste dans l'hérésie.
La trêve conclue pour cinq ans enire Philippe et Henri est bienlôt troublée par les dissensions du Pape avec les Colonne (1556). François de Guise est envoyé en Italie sous les ordres de Henri, duc de Ferrare, dont il avait épousé la fille.
Charles V quitte l'empire, passe en Espagne avec ses sœurs, Marie, reine de Hongrie, et Eléonore, reine de France. Il embrasse en passant son petits-fils Charles, à Valladolid, et se retire dans l'Eslramadure dans un couvent, où il ne garde que douze valets et un cheval.
Les Turcs sont battus en Afrique et en Hongrie devant Sigeth. Ils diil'out Ferdinand en TransiKanie; mais ilsïont plus de mal à leurs alliés et à Isabelle qu'à leur ennemi.
Guise est envoyé au secours de Paul III contre les Colonne (1557), et remporte quelques avantages en Lombardie.
Ferdinari(j de Tolède, duc d'Albe, général des armées d'Espagne, protège les Colonne, tient Rome en crainte, et, prêt à la prendre, il s'arrête étonni! du grand silence de la ville, qu'il crut allècté pour le sur|irendr6.
1. Il nar|iiil au cliàleau de Pan en noain (M île virillcr les dates, pa^. OIU cl UUll).
2. Elle parut coupable , en ce que doutaul au moins de son dioil, elle s'élail laissé couronner.
SEIZIÈME SIECLE
La guerre est déclarée entre Philippe et Henri. Emmanuel Philibert, duc de Savoie, lait gouverneur des Paj s-Bas , assiège Saint-Quentin avec quarante mille hommes de pied , et quatorze mille chevaux. Le connétable, avec seize mille hommes de pied, quatre mille che\aus, et quatorze canons, jette du secours dans la place mais il est battu et pris en se retirant. L'amiral et Andelot, son frère, qui s'étaient jetés dans la place assiégée, la défendent jusqu'à la dernière extrémité, pour donner le temps à Henri de se reconnaître. A la fin elle est prise de force.
François de Guise est appelé d'Italie, oii en partant il conseille la paix au Pape. Il revient; il rétablit les affaires, et assiège Calais malgré l'hiver.
Jean III, t^ès■^ertueux roi de i'ortugal, meurt. Sébastien, son petit-tils, eîgéde trois ans, succède sous la régence très-sage de sa grand'mère Catherine.
Calais se rend au duc de Guise le premier de l'an 1338. Il prend encore Thionville.
Le maréchal de Thermes perd la bataille de Dunkerquecontre le comte d'Egmont, à qui les Espagnols de- \ aient la victoire de Saint-Quentin.
François, dauphin, épouse Marie, reine d'Ecosse. Marie, reine d'Angleterre, meurt de chagrin de la prise de Calais.
La dauphine, reine d'Ecosse, se dit aussi reine d'Angleterre; mais Elisabeth est reconnue.
Ferdinand est reconnu empereur.
Charles V meurt âgé de cinquante-huit ans.
Jules-César Scaliger, célèbre dans les belles-lettres; Fcrnel, le premier médecin du roi, el le plus savant en son art, aussi bien que le plus élégant qui fût dans ses ouvrages, et Jean Tiraqueau, grand jurisconsulte, meurent.
Baj;izet, vaincu par Sélim (lobS), se réfugie chez Taramas; mais Soliman fait si bien que Tammas lui persuade de faire étrangler ce hls rebelle avec ses complices.
Paul lY, mal satisfait de la mau\aise conduite de ses neveux, leur ôte toutes leurs charges, et fait de belles ordonnances pour la réformation de sa cour.
L'érection des nouveaux évêchés dans les Pays-Bas y donne commencement aux troubles. Cambrai est soustrait à Reims, sans ouïr rarche\èque ni le chapitre de l'église métropolitaine, et au mépris de leur opposition.
Elisabeth persécute les catholiques.
Le connétable, ennuyé de la prison, el craignant que les princes lorrains ne prennent sa place dans l'esprit du roi, fait faire la paix honteuse de Cateau-Cambrésis.
Isabelle, lille de Henri, appelée Isabelle de la Paix, épouse à Paris, Philippe II. Durant les divertissements de ses noces, Henri H est tué dans un tournoi parMontgomeri qu'il lit jouter contre lui.
François II, son fils, lui succède , âgé de seize ans. Les Guisards s'emparent de son esprit par le moyen de la reine, sa femme , leur nièce.
Philippe retourne en Espagne, et laisse dans les Pays- Bas Marguerite, sa sœur, duchesse de Parme. En arrivant en Espagne, il extermine les hérétiques, qu'il fait mourir sans miséricorde.
Jacques Stuart, bâtard de Jacques V, comte de Murray, trouble l'Ecosse et y protège l'Eglise.
"Chrisliern III, roi de Danemarck et de Norwége , meurt, après après avoir altermi le luthéranisme. Fridéric II, son fils, lui succède.
Paul IV meurt a\ec beaucoup de résignation.
Ange Madequin, ^Milanais, prend le nom de Pie IV.
Jean Gropcr, homme docte en Allemagne, meurt, après avoir défendu longtemps la foi catholique.
Pie IV fait faire le procès aux neveux de son prédécesseur (I3G0J, élève Ions les siens , entre autres Charles Borromée, fils de sa sœur, qu'il fait à vingt et un ans, cardinal-archevêque de Milan.
Le prince de Condé, poussé par l'amiral et ses frères, se fait clief des huguenots.
Godefroi de Bar de la Renaudie, son lieutenant, sous le nom de la Forêt, court les provinces, et fait la conjuration d'Amboise, où il devait s'assurer de la personne du roi , et prendre ou tuer le duc de Guise, et le cardinal de Lorraine, son frère, chef du parti catholique. La conjuration est découverte, et les complices sont punis.
François de Guise est appelé par le parlement conservateur de sa patrie.
Par la mort du chancelier Olivier, Michel de l'Hospital est fait chancelier.
Les Français défendent en Ecosse l'autorité de la religion catholique; mais, faute de secours, ils font une paix honteuse.
On parle de tenir en France un concile national, el Pie IV recommence celui de Trente.
Les Etats se tiennent à Orléans. Le prince de Condé est pris et condamné à mort. On donne des gardes au roi de Navarre, son frère. Le roi meurt, et ils sont délivrés. On crut le roi empoisonné par Ambroise Paré, son chirurgien , calviniste.
Charles IX commence à régner à dix ans et demi. Catherine, sa mère, se fait déclarer régente par adresse.
Gusta\e, roi de Suède, luthérien, meurt. Son fils Eric IV lui succède.
Le cardinal Jean du Bellay, évêque de Paris, homme docte et célèbre par ses négociations, et André Doria , meurent.
Le connétable de Montmorenci, vojant les mauvais desseins des hérétiques , se joint aux princes lorrains (1361).
Dans les états-généraux tenus à Pontoise, la préséance est adjugée aux princes du sang sur les cardinaux.
Le colloque de Poissy se tient, et les calvinistes en profitent. L'hérésie commence à infecter les Pays-Bas, et la rébellion s'y forme.
En Ecosse, la foi est presque éteinte par Jacques Stuart, comte de Murray, bâtard du feu roi d'Ecosse. La reine Marie obtint la liberté pour sa religion.
La Livonie se soumet entièrement à Sigismond , roi de Pologne; et l'ordre livonique est éteint après trois cent cinquante-sept ans.
L'édit de janvier est publié pour adoucir les rigueurs de celui de juillet contre les huguenots (1362).
Le meurtre des huguenots, fait à Vassy, par les domestiques du duc de Guise, excite tous les huguenots à prendre les armes. Ils se rendent maîtres de plusieurs villes, où ils font des désordres inouïs.
Maximilien , fils de Ferdinand, déjà couronné roi de Bohême, est élu roi des Romains à Francfort.
Les huguenots traitent avec Elisabeth, à qui ils livrent le Havre-de-Grâce.
Antoine, roi de Navarre, prend Rouen, occupé par les huguenots, et meurt d'une blessure qu'il avait reçue au siège.
Andelot amène des troupes de Hesse et d'Allemagne au prince de Condé. renfermé dans Orléans.
La bataille de Dreux, où les deux chefs sont faits prisonniers, le connétable et le prince. Le duc de Guise rétablit les atlàires, donne la bataille, et la gagne; mais l'amiral se retire en bon ordre et sans grande perte. La valeur des Suisses se fait admirer. Le maréchal de Saint-André est tué.
François-Just, cardinal de Tournon , doyen du collège, célèbre par sa piété et par sa doctrine, meurt.
Le cardinal Jean de Médicis, âgé de dix-neuf ans, est tué par son frère Garcias, que Cùme leur père tue froidement par un sentiment de justice, mais trop rigoureuse, et tient la chose secrète.
Guise assiège Orléans défendu par Andelot (1363). Il est assassiné par Jean Poltrot de Méré qui accuse l'amiral et Bèze.
La paix se fait ensuite de la conférence entre le roi, le prince, et le connétable. L'édit appelé de Piirifica-
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
tion moilèi'O on quelque clioso l'ikiit, de janvier en faveur des callioliques ; mais les huguenots sont contraints do se eontenlor.
L'ambassadeur de France et le cardinal de Lorraine no dél'endent pas assez à Trente la prési'ancfi du roi.
Alaximilien est couronné roi de Hongrie à Presbourg.
Le concile est. confirmé à Rome (Ib64), malgré l'opposition des olïiciers de la cour.
Le roi \isite son royaume dans un froid extrême. Il fait divers édits en interpréta tion de l'éditde pacification.
Philippe II , après avoir sau\é Oran, sur la côle d'Afrique, y prend le Pennon de Velèze, place importante.
Georges Cassandre, homme docte et catholique, compose, par ordre de Ferdmand, le livre célèbre De officio viri boni, pour concilier les religions, mais il est improuvé des deux partis.
L'empereur Ferdinand meurt à soixante ans, et le huitième de son empire.
La reine d'Ecosse épouse Henri Stuart, catholique.
Michel-Ange Buonarotti, peintre, sculpteur et architecte célèbre, meurt à quatre-vingt-dix ans. Raphaël d'Lrbin, peintre incomparable, fleurit dans le même temps, mais bien plus jeune.
Charles IX visite la Guyenne, et voit à Rayonne sa sœur Elisabeth. Les huguenots craignent l'union des deux rois contre eux.
Les Turcs lèvent le siège de Malte.
La révolte se prépare dans les Pays-Bas par la haine de l'inquisition, et par les hérétiques de ce pays, que ceux de France animent secrètement.
Pie IV meurt. — Adrien Turnèbe , homme célèbre dans les lettres humaines, meurt.
Soliman, pour etVacer l'affront que ses armes venaient de rece\oir a Malte, assiège Sigen ('Ib66)'. Henri, duc de Guise, et la noblesse de France s'y signalent.
Soliman meurt d'apoplexie à ce siège. Sa mort est cachée jusqu'à ce que la place fût prise et que son fils Sélim fût couronné à Constantinople.
Les Perses attaquent vainement Bagdad. Tammas s'excuse sur son fils, qui l'avait fait sans ses ordres. Sélim lui envoie des ambassadeurs qui lui parlent arrogamment. Le roi de Perse leur fait couper le nez et les oreilles, et Séiim la tète, au retour, pour ne laisser point paraître celte ignominie à Constantinople.
Le cardinal .\lexandrin, fils d'un laboureur, est élu pape , et s'appelle Pie V. La cour de Rome est changée par ses sages règlements et ses saints exemples.
L'assemblée de Moulins, oii il se fait un édit pour la réformation. — Réconciliation apparente des Guisards et des Coligny. — Les gueux paraissent dans les Pays- Ras. Les hérétiques prennent ce nom. Henri de Bréderode est à leur tète.
Elisabeth contraint la reine d'Ecosse de rétablir les héréticiues bannis. Le roi Henri fait tuer comme adultère David Risi , musicien, de\enu secrétaire de la reine. Il demande pardon à la reine. Ils se réunissent, et chassent les rebelles, qu'Elisabeth rétablit encore, et leur chef, le comte de Murray. Marie accouche d'un fils nommé Charles-Jacques, mais à qui on ne donne ordinairement que le nom de Jacques. Elle a peine à le faire baptiser à la catholique.
Xoslradamus meurt.
L'empereur Maximilien (Io67), par les présents envoyés à la Porte , fait une paix avantageuse avec Sélim, et retire les places qu'il avait reprises en Hongrie.
Bûlhuel conspire contre Henri, qui est étranglé, et sa chambre saute par une mine. On soupçonne la reine, et en ell'et elle épouse Botliuel , forcée en apparence à ce mariage; mais en ellét elle y apporte peu de résistance. Les seigneurs se révoltent. Elle est contrainte de livrer son nouveau mari; mais aussitôt elle est ellemême renfermée à Edimbourg. Elle quitte le royaume , et Jacques son fils est couronné.
1. l-a Gùograiihie de Vuigien appelle ccUe ville Sigcth ou Zitjcth.
■Valenciennes est prise par la gouvernante des Pays- Bas. Les gueux alfaiblis perdent toutes leurs placqs , les unes après les autres.
Le duc d'Albe est envoyé dans les Pays-Bas avec une armée puissante, contre l'avis de la gou\ ornante. Ses rigueurs et celles de l'imiuisition renouvellent les révoltes. Il fait arrêter le comte d'Egmont, et Philippe de Montmorenci , comte de Horn. Les hérétiques se dispersent au nombre de plus de trente mille, en Angleterre, Allemagne et France. Le prince d'Orange se retire.
Marguerite demande son congé et se retire à Parme. Le prince d'Orange, qui jusqu'alors se ménageait, lève des troupes pour le parli en Allemagne.
Le prince de Condé et l'amiral craignent le duc d'Albe et les nouvelles levées de Suisses et de Français que Charles IX faisait faire. Ils ti'ichent de surprendre à Meaux le roi , la reine et toute la famille royale. Ils sont ramenés à Paris, de nuit, par huit cents gentilshommes et six mille Suisses.
Paris est assiégé par les huguenots. Ils surprennent Orléans et prêchent à Paris.
Le connétable donne la bataille de Saint-Denis, oii il est tué en combattant vaillamment, âgé de plus de quatre-vingts ans ; mais ses enfants rétablissent le combat, et le gagnent avec grande perte.
Les rebelles craignent d'être environnés et lèvent le siège de Paris. Chartres est bien défendue par Linière et par Bourdeille. — Il se fait une paix plâtrée et courte.
Philippe fait emprisonner et mourir Charles son fils, âgé de vingt-trois ans (1368).
Marie se sauve de prison. Elle est battue par le comte de Murray, et se retire en Angleterre, malgré les siens; elle y est mise en prison par la reine Elisabeth.
Le duc d'Albe, irrité d'une conjuration qu'il découvre, fait couper la tête aux comtes de Horn et d'Egmont.
Les huguenots malgré la paix, refusent de poser les armes. Le roi arme. — Troisième guerre des huguenots. Henri , duc d'Anjou, est fait lieutenant général et commande les armées.
Eric, cruel roi de Suède, après avoir tenu dix ans en prison son frère, fait couronner sa concubine et condamnera mort une infinité d'innocents, est déposé par ses deux frères et toute la noblesse du pays. Jean III, son frère, succède. Il fait d'abord la guerre en Danemarck , mais pour avoir une paix plus ferme.
La bataille de Jarnac, vers la Charente, où le duc d'Anjou est victorieux, et le prince de Condé tué par Montesquieu , capitaine des gardes du duc (1569).
L'amiral est déclaré général des huguenots , sous le nom de Henri, prince de Béarn , et de Henri , fils du prince de Condé alors jeunes. — Andelot meurt un peu après.
Le duc de Doux-Ponts amène un grand secours aux huguenots et meurt de trop boire.
On parle de paix, et l'amiral fait des demandes insupportables.
L'amiral assiège Poitiers, que le comte du Lude, avec Henri, duc de Guise, et son frère Charles, duc du Maine, défendent avec \iguour. Le siège est levé après cinipianto jours d'attaque furieuse.
L'amiral , après avoir eu i|uelques avantages à Saint- Clerc , ])erd la bataille de IMoncontour, où il voit périr dix-huit mille hommes et tous ses Allemands.
Quelques milords catholiques conspirent contre la reine d'Angleterre, et sont châtiés avec leurs complices.
Les impôts excessifs cpiimpose le duc d'Albe, et les citadelles qu'il fait bâtir, aliènent les esprits.
Come est appelé grand duc par Pie V, et prend une couronne royale. Maximilien et Philippe s'y opposent.
Les Maures se révoltent en Espagne, et font beaucoup de peine à don Juan d'Autriche, fils bâtard do Charles V, que Philippe II en\oya jiour les meltre à la raison. Ils
SEIZIÈME SIÈCLE
espiTaient que Sélim les assisterait; mais il était occupé en Chypre, et les Maures abandonnés se laissent apaiser par le duc d'Arcot.
Sélim attaque l'île de Chypre , et commence par la Cilicie. Les princes chrétiens occupés laissent les Vénitiens se défendre seuls. Le Pape, Phdippe, et les Génois envoient leur flotte trop tard.
Nicosie, métropolitaine, située au milieu de l'île, est prise en quarante-cinq jours, par la discorde des chefs, et la mollesse de Mcolas d'Andole , qui meurt pourtant courageusement.
Les Turcs diffèrent le siège de Famagouste à cause de l'approche des chrétiens, qui se retirent voyant Nicosie perdue.
Décret de Pie V contre Elisabeth, anathème, privée de son rovaume. Les catholiques sont persécutés pour la primalie anglicane. •
En France. "le roi épuisé d'hommes et d'argent est contraint de faire la paix. Le roi d'Espagne s'y oppose, craignant que les troupes ne tombent des deux côtés sur "les Pays-Bas. Cependant les deux rois s'allient. Philippe épouse en quatrièmes noces la tîlle aînée de Maximilien, et Charles, Elisabeth, la plus jeune.
Pie engage les princes chrétiens à de grands préparatifs de guerre contre les infidèles. Le Portugal , occupé aux Indes, et la France, tourmentée par Ihérésie, s'excusent d'y contribuer [I.ï7l).
Famagouste est prise par les Turcs, après une longue défense de Bragadin; et malgré lui, on lui accorde des conditions honorables , mais mal observées. Les Turcs le font écorcher, sur ce qu'il refuse de renoncer à la foi. Ils vengent sur les chefs et sur les soldats , la mort de quatre-vingt mille des leurs tués à ce siège.
Don Juan d'Autriche, général de la flotte chrétienne, gagne cette célèbre bataille de Lépante , où périrent trente mille Turcs, outre trois mille cinq cents prisonniers. Ils perdirent plus de cent navires, et a peine sauvèrent-ils trente vaisseaux. Ils craignaient une rébellion universelle dans tout leur empire, et déjà ils songeaient à quitter Constantinople, la Thrace, le Péloponèse. et les îles. Sélim et le roi de Perse, Tammas, se moquent des chrétiens, voyant qu'ils s'arrêtent.
Elisabeth fait faire le procès à Marie Stuart; ses amis sont tous mis à mort en Ecosse.
Jean Sigismond , vaivode de Transilvanie, y établit l'arianisme, et meurt à trente-deux ans. Etienne Battori est reconnu par Maximilien et Sélim.
Jérémie , archevêque de Larisse (lo7î', est fait, à vingt-deux ans, patriarche de Constantinople, et tra- \ aille à déraciner la simonie dans la Grèce.
La révolte éclate dans les Pays-Bas ; le duc d'Albe bat les rebelles, et reprend Mons avec quelques autres places qu'il avait surprises.
Pie V meurt. On dit que Sélim craignait ses prières plus que les armes des chrétiens. Grégoire XIII (Bnoncompagno^ , lui succède.
Jeanne , reine de Navarre , vient à Paris pour le mariage de son fils Henri, avec Marguerite, sœur du roi. Le prince de Condé , l'amiral , le comie de La Rochefoucauld , et les chefs des rebelles sont présents à la cérémonie.
L'amiral est blessé; le roi le visite, et le charge de promesses feintes. Le dimanche suivant , jour de saint Barthélémy, au premier coup de matines de la cloche de Saint-Germain l'Auxerrois , on commença à faire mainbasse sur les huguenots. L'amiral est le premier tué et traîné à la rivière par les enfants. La Rochefoucauld, Téligni, gendre de l'amiral, Lavardin, Pardaillan, et les autres chefs, ont la même destinée. Plusieurs se sauvent en bateau au faubourg Saint-Germain , où ils a\ertissent les autres qui étaient en grand nombre. Pierre de La Ramée , professeur célèbre en éloquence dans l'université de Paris, est jeté du haut de la tour du collège de Beauvais. Denis Lambin meurt de peur. Trois
mille hérétiques périssent, et, parmi eux, beaucoup de catholiques. Le prince de Navarre et le |)rince de Condé abjurent par force , et écrivent au Pape. Le roi publie un édit où il déclare qu'ils ont été punis non comme hérétiques, mais comme rebelles, et promet de pardonner à tous ceux qui se tiendront en repos. On fait le même carnage dans beaucoup d'autres villes catholiques, et chacun a la liberté d'exercer sa vengeance particulière sur ce prétexte.
Sigismond Auguste , roi de Pologne , meurt sans enfants. Charles IX songe à faire élire le duc d'Anjou.
Quatrième guerre des huguenots contre la Rochelle , Montauban, et autres villes rebelles, qui demandent secours aux étrangers et à Elisabeth. Armand Gontaull de Biron, grand-maître de l'artillerie, assiège la Rochelle , que Lanoy, envoyé par le roi pour l'inviter à la soumission, entreprend de défendre.
Rodolphe, fils de Maximilien, est couronné roi de Hongrie à Presbourg.
L'étoile nouvelle de Cassiopé paraît.
La République de Venise , abandonnée de tous côtés, fait une paix honteuse, mais nécessaire, avec Sélim (1573).
Don Juan passe en Afrique , où il prend Tunis, et bâtit une nouvelle citadelle près de la Goulelte. Il prend aussi Biserte, et y établit un nouveau roi."
Harlem est pris par Fridéric , fils du duc d'.\lbe. Soixante vaisseaux espagnols en battent cent des rebelles. Le duc d'Albe, accusé en Espagne d'avoir fait mourir cent mille hommes par main de bourreau, est rappelé. Louis, marquis de Riquesens, lui est donné pour successeur; homme vaillant et doux, mais trop mou.
Sancerre, place des huguenots, assiégée dès l'an précédent par Claude de La Châtre, après avoir souffert une faim horrible, et dans un siège de huit mois, se rend. La Rochelle, pressée par le duc d'Anjou, n'attend de secours que de la flotte anglaise, qui se retire, voyant celle de France en trop bon état. La nouvelle vient que le duc est élu roi de Pologne, ce qui fait qu'on écoute les propositions de paix. Les anciens traités sont renouvelés , et la Rochelle se soumet en apparence. Le nouveau roi, accompagné de beaucoup de noblesse et de gens sages pour lui servir de conseil , va en Pologne à regret.
L'Hospital . chancelier, meurt. L'éducation de ses neveux, et son testament , calvinistes.
.André Masius , savant interprète de l'Ecriture, et très-versé dans les langues orientales , meurt. Il avait travaillé avec .Arias Montanus à cette belle bible polyglotte d',\nvers, appelée la bible de Philippe.
Jean, vaivode de Moldavie (Io74j, chasse Bogdan. — Sélim lui envoie ordre de quitter, ou de doubler le tribut que Pierre, son frère, vaivode de Valachie, promettait. Il refuse, et bat les Turcs. Un peu après, surpris dans une embuscade, il se rend pour sauver les siens, à condition qu'on le mène vif à Sélim. Il espère trouver de la clémence dans un prince turc, mais Sélim le fait tuer. — Il meurt lui-même un peu après son fils aîné. Amurat III succède à vingt-sept ans.
Henri, roi de Pologne , est couronné à Cracovie.
François, duc d'Alençon, frère de Charles IX, favorise les huguenots. Le parti des politiques et des mécontents, qui prétendaient tenir le milieu entre les catholiques zélés et les huguenots , se forme sous son autorité. Les Monlmorenci, jaloux des Guisards, y entrent. Montmorenci et Fossé sont arrêtés. On donne des gardes au duc d'Alençon et au prince de Navarre. Henri, prince de Condé , gouverneur de Picardie, se retire en Allemagne. Jlontgommery, assiégé et pris par Matignon, à Domfront, a la tète coupée à Paris. Les huguenots se croient perdus; mais Charles meurt à vingt-^cinq ans, après treize ans de règne. La régence est donnée à Catherine jusqu'au retour de Henri IIL, qui, aussitôt après
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qu'il apprend la mort du roi, son frère, se sauve de Pologne, et ariive à Paris.
Dans les Pays-Bas, sous Requesens , les rebelles se relèvent. Philippe leur offre le pardon, ils s'en moquent, se sentant trop forts pour être opprimés.
Tunis et Biserte se donnent aux Turcs. La jalousie des ministres contre don Juan l'empêche de les secourir. La Goulette est mal défendue par Porto Garrero, et la nouvelle citadelle est prise de force. Les Espagnols sont chassés d'Afrique.
Le grand Côme, renommé pour sa prudence et son amour pour les lettres, meurt. Son fils François lui succède.
Le cardinal de Lorraine meurt à Avignon.
Il se fait quelques propositions de paix dans les Pays- Bas (Ib75). Elisabeth se déclare protectrice des rebelles. Le prince d'Orange répudie sa femme, fille de l'électeur de Saxe, et épouse Charlotte de Bourbon de Montpensier. Il fait ériger l'Académie de Leyde, à laquelle Philippe oppose celle de Douai.
Henri est sacré à Reiras par Louis, cardinal de Guise, évêque de Metz, l'archevêché de Reims étant vacant. Il épouse le lendemain Louise, fille de Nicolas, comte de Vaudémont.
Les troubles de France recommencent. Le duc d'Alençon se retire à Dreux, où Catherine le suit. Elle l'oblige à consentir à une trêve , et accorde de grands avantages à lui et aux huguenots; mais le prince de Condé, aimé par Bèze, amène en France les troupes du Palatin , dont une partie est battue à Château-Thierri par le duc de Guise, appelé le Balafré, d'une blessure reçue à la joue dans ce combat.
Pibrac , envoyé en Pologne par Henri , trouve son maître déposé, Slaximilien presque élu et déjà proclame par l'archevêque de Gnesen ; quelques-uns s'opposent et demandent un roi du pays. On propose Etienne Battori, à condition d'épouser Anne, sœur du roi Sigismond. Maxirailien vient lentement; Etienne, plus diligent, est couronné.
Rodolphe, fils de Maximilien, est élu roi des Romains à vingt-quatre ans.
Mort de Tammas, roi de Perse (1376), qui laisse onze enfants qui disputent le royaume. Mahomet, aveugle, qui était l'ainé , cède au second, bientôt chassé et tué par sa sœur. Ismaël, le troisième, commence son règne par le meurtre de sept de ses frères et de sa sœur. L'aveugle, qu'il avait laissé envie, est rappelé; homme faible, sous qui Amurat espère de conquérir la Perse.
îililan, ravagé par la peste, est soulagé par la charité de saint Charles , son archevêque.
Le duc d'Alençon continue à brouiller et écrit au parlement.
Casimir, fils du Palatin, conduit par le prince de Condé , lui amène un secours de douze mille hommes de pied et de mille chevaux. L'argent leur manquait; •mais le roi plus faible, fait, par l'entremise de la reinemère, la paix de Beaujeu, très-désavanlageuse. On accorde aux huguenots le pouvoir de tenir leurs synodes; on les admet aux charges, et on leur donne huit places de sûreté.
La ligue des catholiques commence par les Picards. Le prince de Condé se présente à Péronne, une des places données pour sûreté. Il est repoussé par Humières, malgré les lettres du roi à ceux de la ligue.
La Trémouille fait une ligue en Poitou, à leur imitation. Tout le royaume suit cet exemple. Les ligués s'engagent à sacrifier leurs biens, leur honneur et leur sang pour la religion et Henri IH. Le duc de Guise est regardé comme le chef aussi bien que comme l'auteur de la^ ligue; mais, pour couvrir en quelque façon l'autorité royale, le roi, par le conseil de Morvilliers, chancelier, s'en déclare le chef.
Les états-généraux se tiennent ù Blois. On ne s'y accorde pas sur les moyens de ne rétablir dans le
royaume que la seule religion catholique. Le roi prévoit de nouvelles guerres, et s'accorde secrètement avec le prince de Na\arre, le prince de Condé, et Danville, pour humilier les Guisards, que les catholiques regaraaient seuls. Dans ce dessein, il ordonne la préséance des princes du sang en toutes rencontres. Les Guisards se soutiennent.
Requesens meurt, et laisse, par sa mollesse, les rebelles bien plus puissants qu'il ne les avait trouvés. Le conseil d'état prend l'administration, en attendant que le roi ait pourvu au gouvernement.
Philippe le laisse quelque temps entre les mains du conseil. Dans cet intervalle, les étals s'autorisent : il se fait une union des trois ordres, qui s'accordent à secouer le joug de l'Espagne. Les ecclésiastiques souscrivent aussi bien que les huguenots. Là commence la république des Provincel-Unies.
Philippe envoie don -Juan comme gouverneur. Les ligués assemblés à Grand , déclarent les Espagnols ennemis, et que l'autorité appartient aux Etals. Le prince d'Orange est nommé gouverneur de Zélande et Hollande, mais sous le nom de Philippe. La religion est conservée et on n'ôte que les peines.
Maximilien meurt. Rodolphe II lui succède à vingtcinq ans.
Jérôme Cardan, médecin et astrologue, meurt.
Continuation des Etats de Blois (l.5'77). On persiste à chercher les moyens d'établir la religion catholique seule ; mais le roi ne veut point désespérer les huguenots qu'il voit trop forts. Ils rappellent Casimir et les étrangers, et se joignent aux mécontents catholiques; mais Danville, voyant qu'ils s'élevaient contre le roi, les abandonne. ]Jes huguenots sont contraints d'accepter une paix désavantageuse, de peur de pis.
La paix conclue dans les Pays-Bas est troublée par le prince d'Orange. Don Juan d'Autriche surprend Namur. Les Etats prennent Anvers, qu'ils ruinent, et accusent don Juan auprès de Philippe. Ce prince est contraint de se retirer dans le Luxembourg.
Le prince d'Orange est fait par les Etats, gouverneur de Brabant; mais les catholiques ne veulent point reconnaître un gouverneur hérétique, et appellent Malhias d'Autriche, frère de l'empereur, pour s'opposer au prince d'Orange; raaisMathias le trouve trop établi. Il est contraint de partager avec lui le gouvernement, mais en apparence seulement; et en effet tout le pouvoir est conservé aux Etats, dont Orange était lieutenant. Il attire Elisabeth , lui faisant entendre que don Juan avait dessein d'épouser Marie Stuarl, et d'envahir son royaume, ce qui l'oblige à renouveler ses rigueurs contre Marie et les catholiques.
Amurat fait la guerre aux Perses '1578), et perd une bataille oîi soixante-dix mille Turcs sont tués.
Octave, duc de Parme, mari de Marguerite, envoyé avec des troupes à don Juan, remporte à Gemblours une \ icioire signalée ; mais les vaincus surprennent .Amsterdam. Le duc d'Alençon, fait duc d'.\njou, sur la nouvelle de la victoire de Gemblours, ollre secours aux Etats. Le prince d'Orange se joint à lui a\ec Casimir. Ils reçoivent de l'argent d'Elisabeth, et ôtent à don Juan le fruit de sa victoire. Il se fait un jiarti de catholiques mécontents, qui ne peuvent souffrir que les Etats soient si favorables à l'hérésie.
Don Juan meurt à trente-deux ans, du chagrin conçu des défiances du roi. Alexandre Farnèse, duc de Parme, fils d'Octave et de Marguerite d'.\utriche , est envoyé gouverneur des Pays-Bas.
Parmi tant de divisions dans le parti rebelle, le prince d'Orange, plus habile, se conser\e la principale autorité.
Le duc de Parme prend quelques places. Le duc d'Xnjou ne sait quel parti prendre parmi tant de divisions, et se voyant méprisé de tous côtés, il fait une retraite honteuse.
Casimir va en Angleterre pour sa paie. Ses soldats,
BEIZIÈME SIECLE.
tins et maltraités en Flandre, s'en retournent en Allemagne.
En Ecosse, le vice-roi Morton perd toute sa réputation par son avarice, et l'administration est donnée au roi, âgé de douze ans, avec douze conseillers. Morton en est un ; et, plus habile que tous les autres, il reprend bientôt toute l'autorité, en sorte que le roi est en sa puissance. Il arrive de nouveaux troubles, et Morton est obligé de se retirer.
Sébastien, roi de Portugal, s'engage témérairement à défendre Mahomet, roi de Fez et de Maroc, contre .\bdemelok , qui l'avait dépossédé, et espère par ce moyen d'étendre ses conquêtes en Afrique. Son armée est défaite. Il est pris en combattant avec une valeur étonnante. Deux soldats disputent à qui l'aura, et un capitaine le tue. Trois rois demeurent dans ce combat; Mahomet est noyé, Sébastien est tué, Abiiemelek malade, qui sentait sa fin prochaine dès le commencement du combat, meurt durant (pi'on combat, après avoir donné ordre que sa mort ne fût connue qu'après l'action.
Le cardinal Henri, frère de Jean III, succède; mais il était V ieux et prêtre, et jamais il ne \ oulut se marier. Ainsi les prétendants se déclarent. Le plus h'gitime était le duc de Bragance; le plus fort était le roi d'Espagne.
Laurent Surius, chartreux, qui a ramassé les actes des saints, meurt à Cologne.
L'ordre du Saint-Esprit est établi par Henri III (1.579).
Les mécontents, méprisés par les Etats des Pays-Bas, se tournent du côté du roi. Le duc de Parme prend Maëstricht. Philippe offre la paix à des conditions acceptées de tous; mais le prince d'Urange la rompt. Le duc d'Anjou passe en Angleterre, espérant épouser Elisabeth, qui le joue.
La guerre s'allume entre Etienne Battori, roi de Pologne, et .lean , fils de Basile , duc de Moscovie.
Le bassa Sinan, battu en Perse, envoie des ambassadeurs à Constantinople pour traiter la paix (I.dSO).
Assemblée en Portugal pour la succession. Henri meurt. Philippe vide le procès par la force, et envoie le duc d'Albe , quoique disgracié, sans le vouloir voir.
Les huguenots brouillent de nouveau. Le prince de Navarre prend Gahors avec grande perte. Le prince de Condé va chercher du secours en Allemagne, d'où il revient seul. Le roi lève trois armées.
Les huguenots se sentent faibles; le roi est las de la guerre ; la paix se fait à la Flèche.
Les avantages que remporte le duc de Parme sont cause que le duc d'Anjou est déclaré prince des Pays- Bas par les Etats. Il est recommandé par Elisabeth , et aidé par le prince d'Orange , dont la tête est mise à vingt-cinq mille écus , avec des peines terribles contre ceux qui ne le découvriraient pas. Malhias d'Autriche songe à la retraite.
Navigation heureuse de François Drack, anglais, dans le nouveau monde, d'oii il revient en son pays, avec des richesses immenses.
Le roi de Pologne défait les Moscovites (1581). Jean Basile tue en colère son CIs, qu'il croit auteur d'une sédition.
Philippe règle le Portugal.
Les Etals assemblés à la Haye déclarent qu'ils ne sont plus sujets à Philip|ie, et invitent le duc d'Anjou, qui était encore en Angleterre, à venir prendre possession de la nouvelle principauté.
Le roi Jacques fait décapiter Morton, malgré la reine d'Angleterre.
Gudiaume Postel , normand, curieux écrivain, meurt âgé de près de cent ans.
Leduc d'Anjou revient d' .Angleterre avec des troupes et de l'argent , et il est magnifiquement reçu à Anvers {1o82i.
Le prince d'Orange est blessé par un jeune homme excité par son confesseur.
Nicolas Salseda, pris sur soupçon, découvre une
conspiration vraie ou fausse contre Henri , François et toute la famille royale.
Ferdinand, ducd'Albe, meurt.
Jacques, roi d'Ecosse, est arrêté par la faction des calvinistes, qui se disaient puritains.
Grégoire XIII réforme le calendrier.
Christophe de Thou , premier président , homme célèbre et grand défenseur de la religion catholique, meurt, Achille de Harlay est mis à sa piace.
Sainte Thérèse meurt, après avoir édifié l'Eglise par sa doctrine et par sa vie admirable. ^
Le duc d'Anjou est chassé des Pays-Bas, où il s'était mal conduit (1.58.3).
Henri III fait des processions et des pèlerinages où il se donne la discipline avec ses pénitents, et ne peut persuader au peuple qu'il a de la religion.
Jacques s'échappe de sa prison , chasse les rebelles , fait couper la tête au prince de Guri, protecteur des révoltés , dépose les ministres puritains , et rétablit les évèques.
Les puritains se rendent puissants en Angleterre, et l'hérésie se divise en parlementaires et calvinistes.
Les jésuites prêchent l'Evangile dans la Chine.
Le duc d'Anjou meurt à Château-Thierry, ou une ambassade des Etats était venue le redemander (1584).
Henri ne sachant quel parti prendre entre la ligue trop puissante et les huguenots rebelles, tâche de gagner le roi de Navarre.
Le duc de Guise tient l'assemblée de Joinville, où il se trouve un envoyé du roi d'Espagne et un de Charles, cardinal de Bourbon. Ce pieux prince est déclaré successeur de Henri III, s'il mourait sans enfants, au préjudice du roi de Navarre. On résolut de faire recevoir le concile, et ne souffrir que la seule religion catholique.
Le prince d'Orange est assassiné. Le meurtrier, arrêté, déclare qu'il voulait défaire les Pays-Bas d'un tyran. Son fils, à dix-huit ans, est reconnu. gouverneur par les Etats. Par cette mort , Gand se rend au duc de Parme, et ensuite toute la Flandre, excepté Ostende et l'Ecluse.
Saint Charles Borromée meurt, et laisse à toute l'Eglise, dans sa conduite, un modèle accompli d'un bon pasteur.
Les Turcs prennent Tauris sur le roi de Perse (1585).
Grégoire meurt. Sixte V, cordelier, homme de basse naissance, mais d'une élévation d'esprit et de cœur extraordinaire, est élu. Il extermine les bandits; il excommunie le roi de Navarre, et le déclare incapable de succéder; mais il estime ce prince, quand il voit qu'il lui fait partout afficher à Rome, et aux portes de son palais un placard où il appelle de son décret, et le déclare juge incompétent.
Les huguenots arment ; le prince de Condé assiège Brouage. d'où il est appelée Angers, et perd tous les deux, contraint de retourner à la Rochelle.
Le duc de Parme prend Anvers, après un siège éternellement mémorable.
Le roi Jacques est de nouveau arrêté par le moyen d'Elisabeth.
Les Anglais découvrent dans le nouveau monde un pays qu'ils appellent la Virginie, à l'honneur de leur reine, qui n'était point mariée.
En ce temps arrive la mort du cardinal Sirlet , celle de Sigonius, et celle de Pierre Ronsard, dont Jean Da\ y du Perron prononce l'oraison funèbre.
L'émir Ensa , fils du roi de Perse, est tué ; et les affaires de Perse sont ruinées par sa mort. Son père en meurt de douleur. Il laisse le royaume à son fils Abunnriza, qui continue la guerre contre les Turcs, mais faiblement.
Sixte V élève le grand obélisque à la place de Saint- Pierre.
La reine Marie est condamnée à mort. Le roi de France , et Jacques son fils, roi en apparence, mais en
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effol dans la dépendance de ses sujets, intercèdent en vain.
Horrible persécution dans le Japon.
Martin Navarre, et Antoine .Augustin, archevêque de Tarragiine, grands canonistes, meurent.
Elisabeth souscrit comme malgré elle à la sentence de Marie, qui est exécutée (1587). Elisabeth prend le deuil, et fait la fâchée, elle s'excuse envers son lils, qui est contraint de recevoir ses excuses.
Los Etats donnent le commandement de l'armée au comte Maurice, pour secourir l'Ecluse assiégée par le duc de Parme, qui la prend malgré lui, et malgré le duc do Lancastre, envoyé aux Pays-Bas par Elisabeth.
Le roi de Navarre plus faible, gagne en Périgord la bataille de Centras, et n'en tire aucun avantage.
Les grands secours qui venaient aux rebelles de tous côtés sont dissipés par les généraux du roi , et les restes en sont tués par les paysans, qu'ils a\ aient pillés.
Sigismond III, roi de Suède, est élu à vingt et un ans roi de Pologne. Il avait été nourri dans la foi catholique par son père Jean, qui abjura le luthéranisme.
La maison de Lorraine et leurs partisans se liguent à Nancy pour la religion, et contre le roi son successeur, qu'ils prétendent fauteur de l'hérésie (1.Ï88). Le roi , qui voit tous les peuples animés contre lui, dissimule, el fait semblant de tout approuver. Les prédicateurs ligueurs déclament contre lui dans toutes les chaires de Paris, quoiqu'il y fût. Guise arrive; les barricades se font : tout le peuple crie : Vive Guise : le roi a peur, el se sauve.
Henri, prince de Condé, meurt de poison.
Le roi , ne sachant que faire, assemble les Etats à Blois.
Les Guisards y sont tout-puissants. La haine contre le roi de Navarre, huguenot, rejaillissait sur le roi, qui, à la veille de jjerdre sa couronne, fait tuer le duc do Guise, et un peu après son frère le cardinal. Il laisse échap]ier le duc do Mayenne.
Le duc de Savoie profite des troubles et s'empare du marquisat de Saluées.
La flotte de Philippe II, qu'on appelait V invincible, et qui ne promettait rien moins que la conquête de toute l'Angleterre, est entièrement dissipée par la tempête. Elisabeth demeure intrépide durant le péril , el donne ses ordres en habit d'homme.
Catherine de Médicis meurt à soixante et un ans, troublée par la mort des Guises, tués sans sa participation, et par la prévision des troubles (1589).
La ligue, maîtresse dans Paris, et soutenue par la Sorbonne avec des emportements inouïs, déclare ouvertement qu'elle ne reconnaît plus le roi, et établit le duc de Mayenne lieutenant général de l'Etat. Le roi transfert le parlement à Tours, et mande le roi de Naxarre.
Il se poste à Saint-Cloud avec une armée de trentecinq mille hommes, toute la noblesse autour de lui, et en étal de châtier Paris; Jacques Clément, jacobin, l'assassine, et est tué. Paris, insensé, le révère comme un martyr.
Henri IV, roi de Navarre, nommé par le roi mourant son successeur, jure qu'il no fera rien contre la foi catholique. Beaucoup de noblesse le quitte. Il va en Normandie y attendre le secours d'Elisabeth. Assiégé à Arques par le duc de Mayenne, il se dégage |)ar une victoire signalée, et marche à Paris, où tout est en trouble.
Les ligués reconnaissent pour roi le cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. Paris se rassure.
Luxembourg, duc de Piney, arrive à Rome de la part des seigneurs de France qui tenaient pour le roi (1590). Le Pape attend l'événement cl improuve la conduite de son légat, le cardinal Cajelan, qui se donne tout à la ligue. Il se mo(pie des menaces du roi d'Espagne, et lui répond qu'il prend ses conseils, non de lui mais du Saint-Esprit.
Le duc de Mayenne va demander du secours au duc de Parme, et revient avec des troupes conduites par Philippe, comte d'Egmont. Il veut faire lever le siège de Dreux à Henri, qui le défait dans la plaine d'hry. Le comte d'Egmont est tué avec huit cents chevaux. Les Allemands et les Suisses prennent |uirti dans les troupes du roi.
En même temps François de Chabanes, royaliste, bat en Auvergne Louis de la Rochefoucauld, comte de Randan , ligueur.
Henri assiège Paris, où se fait la procession ridicule du recteur. Le duc de Parme vient au secours , prend Lagny à la vue du roi, délivre Paris et refuse la bataille, parce que, dit-il, il était venu pour dégager Paris, et non pour combattre. Il prend encore Corbeil pour assurer Paris et s'en retourne.
Sixte meurt saintement à soixante-neuf ans, laisse cinq millions d'écus d'or, qu'il destinait à quelque grande entreprise. Clément VII. élu, meurt treize jours après et remercie Dieu de le tirer des périls où le mettait une si grande charge. Grégoire XIV, Sfondrate, Milanais, lui succède.
Cujas, le plus docte des jurisconsultes, meurt , et du Bai'tas, célèbre poète français, mais huguenot.
Grégoire XIV donne des troupes à son neveu contre Henri 1^ et promet à la ligue quinze mille écus d'or par mois (1591).
Les ligueurs sont repoussés devant Saint-Denis, par Dominiq'iie de Viq , et le ducd'.\umale est tué.
Le tiers parti s'élève en France. Le cardinal de Vendôme, appelé le cardinal de Bourbon depuis la mort de Charles, en est le chef.
Le duc de Savoie est chassé de Provence par La Valette et Lesdiguières, qui défait aussi la plus grande partie de l'armée papale. Les restes s'en joignent au duc de Parme pour délivrer Rouen, assiégé parle roi. Le Pape meurt, et son neveu songe à d'autres affaires qu'à celles de France.
Le roi lâche le jeune duc de Guise pour mettre de la division dans la ligue.
Innocent IV est élu, et ne tient le siège que deux mois. Clément VIII (Aldobrandin) , homme de savoir et de vertu, est élevé à la chaire de Saint-Pierre (1592).
Rouen est secouru par le duc de Parme, qui retourne à Anvers, où il meurt avec beaucoup de piété, et laisse une gloire immortelle.
Ernest d'Autriche, frère de l'empereur Rodolphe, lui est donné pour successeur dans les Pays-Bas.
Jean III, roi de Suède, meurt. Son fils Sigismond, roi de Pologne , prétend lui succéder.
Les Etats de la ligue s'ouvrent à Paris pour exclure Henri IV (1593). Clément appuie, et Philippe propose sa fille. Le duc de Guise prétend à ce mariage et à la couronne. La division se met parmi les ligueurs. Le duc de Mayenne tient tout en suspens pour se conservei' l'autorité. Il se tient une conférence à Suresne entre les deux partis. Le roi se fait instruire par les évêques, et écoute six heures du Perron , évêque d'Evreux. Il fait son abjuration ]nibliquement à Saint-Denis, et reçoit l'absolution par l'archevêque de Bourges. Le légat et les prédicateurs disent qu'elle est nulle, et qu'il la fallait recevoir du Pape. Le parti tombe en confusion. Le duc de Nevers. envoyé ambassadeur à Rome, commence à apaiser Clément.
Le roi est sacré à Chartres (1594). Les villes se rendent en foule depuis l'abjuration et le sacre du roi. Le parlement de Paris donne un arrêt pour le recevoir. Il entre à Paris le 18 mai, malgré les chefs de la ligue. Il fait publier l'amnistie ; le Te'Deum est chanté à Notre- Dame, et tout est paisible en trois heures. Le duc de Mayenne se retire dans les Pays-Bas.
Le duc de Guise fait sa paix, et reçoit le gou\ernement de Provence.
Henri déclare la guerre à Philippe. Il est ble.ssé par
SEIZIEME SIECLE
JeanChâtel, et les Jésuites soupçonnés faussement do l'avoir suscité, sont chassés. Une pyramide est érigée pour scr\ ir de monument de leur bannissement.
Le comte Maurice prend Groningue.
Sigismond, roi de Pologne et de Suède, tâche de rétablir en Suède l'ancienne religion; les luthériens s'opposent; il est contraint de les souffrir seuls, et de se faire couronner par un luthérien.
Mathias, frère de l'empereur, perd Raab en Hongrie, et lève le siège de la nouvelle Strigonie.
.\murat meurt. Il élait plus doux que ses prédécesseurs, et lisait les historiens; mais il ne faisait la guerre que par ses lieutenants, non plus que son père Sélim, au surplus il était adonné à toutes sortes de débauches (1.')9.'j).
Mahomet III, son fils, se défait d'abord de vingt et un frères, et ne laisse vivre que ses sœurs.
Henri est en grand péril à la bataille de Fontaine- Française, qu'il donne en Bourgogne contre Vélasque, connétable de Castille; mais il la gagne parce que le duc de Mayenne ne joignit |)oint les Espagnols.
Pierre do Gusman , comte de Fontaine , envoyé dans les Pays-Bas à Ernest, prend Cambrai, que Jean Montlucde Balagny, fils bâtard de Jean, évéque de Valence, avait eu du duc d'Anjou en souverainett', sous la protection du roi do France. La ville est rendue à l'archevêque, et la citadelle est conserxée à Philippe.
Le roi de France est pleinement réconcilié avec le Pape, par les soins d'Ossat et de du Perron.
La paix se fait entre la Suède et la Moscovie.
Durant l'absence do Sigismond, les Suédois, ne pouvant souffrir un roi catholique, lui demandent pour gouverneur Charles, duc de Sudermanie , son oncle paternel. Le roi lui laisse prendre trop de pouvoir, et lui donne par là le moyen de se faire roi.
Les Hongrois prennent Strigonie, oii ils battent les Turcs. Visigrade se rend. Ils auraient pris Bude, s'ils ne se fussent arrêtés mal à propos au milieu de leurs conquêtes.
Sigismond Battori' bat les Turcs en Transilvanie, et bat, dans la Turquie même, Sinan, vizir, presque toujours victorieux. Il est arrêté par les prétentions des Polonais sur la Moldavie. Karaoski , Polonais , bat son lieutenant; le Pape et l'empereur ne peuvent accommoder le dilférend.
Le Tasse, célèbre auteur de la Jérusalem délivrée, meurt.
Glissa, place importante de la* Dalmatie , est prise sur les Turcs par les Usco(iues; mais les Turcs la reprennent bientôt.
Mahomet vient en Hongrie, et prend Egra. Le sultan fait mettre en pièces le gouverneur, qui avait mal tenu la capitulation. Il se donne une bataille sanglante à K(!resti , oii ^laximilien, victorieux, est battu par Cicada, apostat calabrais, pour avoir trop pillé. Cicada est fait vizir malgré lui, puis relégué, et deux ans après, bassa de la mer.
Le duc de Mayenne se soumet et fait sa paix. Marseille est reprise. Casaux, consul, ou plutôt tyran de cette ville, est tué comme il se croyait le maître, ayant déjà reçu Doria avec trois galères dans le port.
Calais est pris par le cardinal Albert d'Autriche ; Ham et Guines lui ouvrent aussi leurs portes. Ardres se rend avec trop peu de résistance.
La navigation des Hollandais en Orient par le nord. Les ours blancs qui les épouvantent, le froid extrême , le vaisseau changé en maison, une nuit perpétuelle depuis novembre jusqu'à la fin de janvier, font les princiliales circonstances de ce voyage d'où il ne revient que deux hommes.
Maurice remporte une grande victoire sur Albert d'Autriche.
Portocarrero surprend Amiens avec des noix et dos fruits , el des soldats habillés en charretiers. Henri la
rassiége. Biron commence. Le roi vient lui-même. Portocarrero est tué. Le cardinal d'.^utriche, venu pour secourir, hésite trop à attaquer l'armée française. Il est mis en fuite. La ville est rendue, et le roi y fait faire une citadelle.
Charles, gouverneur de Suède, est couronné roi. La confession d'Augsbourg est de nouveau reçue, et toute autre croyance est interdite.
La mort d'Aide Manuce, fils de Paul Manuce, arrièrepetit-fils d'Aide Manuce, tous gens de lettres, et célèbres imprimeurs.
Gilben Génébrard , célèbre chronologiste , et savant dans les langues orientales, meurt archevêque d'Aix.
Clément VIII va à Ferrare pour se mettre en possession de ce duché (1598), fief revenu à l'Eglise par la mort du duc Alphonse, mort sans enfants.
La paix est traitée à Vervins , entre Henri et Philippe.
Le duc de Mercœur, de la maison de Lorraine , qui s'était cantonné durant la ligue dans le duché de Bretagne , sur lequel il avait des prétentions, se soumet le dernier de tous.
Le duc de Savoie traverse la paix de Vervins, do peur que Henri no lui ôte le marquisat de Saluées. Elle se conclut , et toutes les places prises par les Espagnols sont rendues sans exception.
Philippe II meurt. Philippe III son fils épouse Marguerite d'Autriche, et le cardinal Albert quitte le chapeau pour épouser Isabelle, fille de Philippe II , que le roi son père avait destinée à ce prince avec les Pays- Bas pour dot.
Arias Montanus^ homme consommé dans les languo-î grecques et orientales, et célèbre pour avoir fait la Bible d'Anvers , meurt.
Abraham Orthelius, fameux cosmographe, meurt à Amsterdam.
Sigismond, roi de Pologne, va contre la Suède avec peu de troupes. Il est battu par mer et par terre, et déposé, s'il ne donnait son fils Ladislas, âgé de cinq ans. Il refuse ; Charles est confirmé.
L'ambassadeur de France à Constantinojjle empêche que le Saint-Sépulcre ne soit ôté aux chrétiens latins (■1599).
Ossat et Bellarmin , gens célèbres , l'un par sa sage politique, et l'autre par son grand savoir, tous deux de grande vertu , sont faits cardinaux.
Albert et Isabelle sont mariés à Valence, et arrivent aux Pays-Bas pour en prendre possession. Ils honorent de leur présence l'université de Louvain, et les leçons de Juste-Lipse, célèbre professeur des lettres humaines.
Le maréchal Henri de Joyeuse reprend l'habit de capucin, qu'il avait quitté durant la ligue, et prêche sans rien savoir; mais il touche par son exemple.
Après de longues oppositions du clergé et du pariement, le roi fait recevoir l'édit de Nantes, où il accorde la liberté de conscience aux huguenots, qu'il appelle prétendus réformés, et règle leur conduite. Il leur laisse aussi par tout le royaume un grand nombre de places de siireté, et s'excuse envers Clément sur la nécessité de ses affaires.
Il épouse Marie de Médicis, fille du grand-duc (1600). Elle est amenée en France, et attend à Lyon le roi, qui faisait la guerre en Savoie au sujet du marquisat de Saluées.
Le duc de Savoie, a|)rès avoir perdu tout ce duché et toute la Bresse, attend vainement à Turin les secours que l'Espagne lui promettait, et se tire d'affaire par le moyen du Pape, en donnant la Bresse en échange pour le marquisat de Saluées.
Henri fait tenir en sa présence, à Fontainebleau, la fameuse conférence du cardinal du Perron et de du Plessis-Mornay, sur le livre que ce dernier avait composé contre l'Église. Du Plessis est confondu , de l'aveu
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des juges choisis des deux religions, et se relire de nuit, sans voir le roi, en son gouvernement, de Saumur.
Miiuiice vient au secours d'Ostende , bloquée avec deux nulle huit cents vaisseaux, et gagne la bataille de Nieuport sans en tirer aucun avantage.
Le roi d'Ecosse se sauve d'une grande conjuration par son courage intrépide, et tue, avec le secours de ses domestiques, ceux qui venaient pour le tuer.
Le comte d'Essex , favori d'Elisabeth, réussit mal contre les Iilandais révoltés. Les accusations de ses envieux le font mettre dans la tour de Londres. Il en sort, et accusé de nouveau, il obtient pour toute giâco de la reine qui l'avait tant aimé, qu'elle ne le ferait point mourir en public, ni par la main du bourreau.
Le duc de Mercœur, demandé à Henri pour l'opposer aux Turcs qui attaquaient la Hongrie, fait de merveilleux exploits.
Ambassade d'Abas, roi de Perse, à Vienne, pour chasser les Turcs d'Orient et d'Occident; nul fruit.
Clément [)resse la réception du concile, que le parlement empêche, mais il ne peut empêcher que le roi, sur les instances du Pape, ne rappelle les Jésuites avec honneur.
Le fourbe, qui se disait Sébastien de Portugal, met en doute le sénat de Venise. Le grand-duc Ferdinand le livre aux Espagnols qui le font mourir.