XVII° SIÈCLE
Ostende, assiégée par les Espagnols (1601), devient le spectacle de toute l'Europe.
Mercœur reprend Albe-Royale, et en repousse plusieurs fois les Turcs.
Charles, roi de Suède, repoussé de la Livonie par les Polonais, y perd Charles, son bStard.
Anne-Marie-Maurice d'Autriche nait à Philippe HI le 20 septembre. Cinq jours a|U'ès, le dauphin Louis vient au monde , et en même temps Ip roi, son père, lui met l'épée en main pour le service de Dieu et la défense de l'Eglise.
Clément VHI défend de donner l'absolution par lettres (IG02).
Maurice |)rend Grave, sur la Meuse, durant le siège d'Ostende. Mercœur, revenant en p-rancepour le\er delà cavalerie contre les Turcs, meurt de lièvre à Nuremberg.
Les Turcs reprennent Albe-Royale. Charles de Valois, bâtard de Charles IX, Bouillon et Biron , conspirent contre l'Etat. Ils sont découverts. Biron a la tète coupée. Bouillon, huguenot, se sauve à Heidelberg, chez les protestants.
Charles de Valois est pris et obtient sa grâce.
Le roi fait un édit contre les duels; mais il se moque lui-même de ceux qui refusent étant appelés. Quatre mille gentilshommes périssent en peu de mois.
Mahomet III meurt à trente-neuf ans, après avoir noyé sa femme et étranglé son fds aine (1603). Achmet, son fds, succède à vingt-quatre ans, et n'ayant point d'enfants, il tient son cadet en prison jusqu'à ce qu'il en eût.
Elisabeth meurt. Jacques, roi d'Ecosse, lui succède, et s'appelle roi de la Grande-Bretagne.
La Transilvanie , occupée par divers maîtres qui se chassent l'un et l'autre, devient la proie des Turcs.
Les deux enfants de Hamet, chétif roi de Maroc et de Fez, après une guerre civile, s'accordent à retenir l'un le royaume de Maroc, et l'autre celui de Fez.
Maurice prend l'Ecluse (1604), en feignant d'aller secourir Ostende, qu'Arabroise Spinola prend a|irès trenteneuf mois de siège.
La paix se fait entre l'Angleterre et l'Espagne. L'Angleterre est divisée par les protestants et les puritains.
Etienne Bostcaie, parent de Sigismond Batlori , et Bethlem Gabor. ôtent une grande |)artie de la Transilvanie à l'empereur.
Le cardinal d'Ossat meurt, et un peu après du Perron est fait cardinal.
Clc'uient meurt saintement. Alexandre de Médicis prend le nom de Léon XI, et règne vingt-sept jours. Paul V, Borghèse, est élu.
Bostcaie, souvent battu, se relève par le secours des Turcs. Il est reconnu prince dans les Etats du pays où on soutire trois religions, la catholique, la luthérienne et la zvvinglienne. Le Turc lui envoie une couronne qu'on dit être de Ladislas , et rappelle roi.
Les Turcs prennent Strigonie, mal défendue par les Allemands. Ils sont dc'faits |iar les Perses, qui leur prennent Aden, ville marchande de la mer Rouge. Le roi de Perse avertit l'empereur qu'il ne fasse point la paix avec le Turc, battu en Asie.
La pyramide élevée contre les Jésuites est abattue par le commandement du roi.
Quelques catholicpies conjurent contre le roi Jacques, et sont punis selon leur crime.
Le démêlé entre Paul V et la république de Venise s'émeut sur la juridiction ecclésiastique (1606). Venise est interdite. La république se défend avec res])ect, mais avec vigueur. Elle chasse les Jésuites, qui, seuls des religieux, gardent l'interdit
Bostcaie , qui avait joint à la Transilvanie une partie de la Valachie et de la Moldavie, meurt. Sigismond Ragotski, calviniste, est élu par les États sans le rechercher.
Ambroise Spinola prend Grol et Rhinberg. Maurice cède.
Juste-Lipse meurt.
Par l'entremise de Henri IV (1607), les Vénitiens font un accord avantageux avec le Pape, qui s'était trop avancé, et qui fut bien aise de trouver par cette médiation , une sortie heureuse.
Maximilien, duc de Bavière, prend Donawert, retraite des hérétiques, et [)roscrite par l'empereur, pour préparer le chemin à une paix. Il se fait une trêve de huit mois entre l'archevêque Albert et les Provinces- Unies. Ce prince traite a\ec eux comme libres, sans néanmoins avouer leur liberté.
Le cardinal Baronius meurt, plus célèbre par la sainteté de sa vie que par le savoir qu'il a fait paraître dans ses Annales ecclésiastiques.
Charles de Gonzague, duc de Nevers, fait à Rome, avec un éclat extraordinaire , l'ambassade d'obédience de Henri IV.
Les Espagnols veulent obliger les Provinces-Unies à quitter les Indes, où ils avaient fait d'extraordinaires progrès , et s'étaient rendus maîtres du commerce. Ils refusent, et la paix s'accroche sur cette difficulté.
Guerre civile entre l'empereur Rodolphe, et l'archiduc Mathias, son frère. Rodolphe, plus facile, acquiesce aux propositions du légat, et Mathias profite de son opiniâtreté.
Ragotski , paisible en Transilvanie , la cède à Gabriel Battori , qui s'unit aux Turcs au préjudice de l'empereur, et quitte la religion catholique pour le calvinisme.
Les Jésuites obtiennent un collège à Fera par l'entremise de Henri IV (1609).
Sigismond, roi de Pologne, remporte par ses lieutenants de grands avantages sur les Suédois, qui lui voulaient ôter la Livonie, et lui-môme a de grands succès dans la Moscovie.
Les Suédois sont chassés de devant Riga.
La guerre civile s'émeut en .\llemagne parla mollesse de Rodolphe. Les protestants attirent les catholiques contre l'empereur, et s'appellent correspondants.
Le Palatin est le chef de la ligue, et le prince d'Anhalt- Stettin lieutenant. Il se fait une autre ligue à Lyon, nommée catholique.
Guillaume, duc de Juliers, meurt sans enfants. Le marquis de Brandebourg, luthérien, et le duc de Neu-
DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
bourg, catholique, prétendent à sa succession, et l'Allemagne se partage.
François'de SaTes, évèque de Genève, se rend célèbre par sa sainteté, et par les livres de piété qu'il compose, refuse de Henri IV l'archevêché de Lyon, et ne veut point quitter son petit troupeau.
Joseph Scaliger meurt à Leyde, directeur des études de celte université.
Arminius, dans la même université, meurt aussi. Il laisse une secte de son nom, qui renouvelait les erreurs des demi-pélagiens. Frani,-ois Gomar, professeur célèbre, donne le nom au parti contraire.
Chabas, roi de Perse, reprend Babylone sur les Turcs IBIO .
Henri IV, le meilleur des princes, est tué. Toute la France est en deuil, et chacun est accablé de douleur, comme s'il avait perdu son père.
Louis XIII succède, âgé de dix ans, sous la régence de Marie de Jlédicis sa mère.
Les Alaures sont chassés d'Espagne au nombre de neuf cent mille.
Sigismond continue ses victoires en Moscovie et en Lithuanie.
Conrad Vorstius , appelé à Leyde pour succéder à Arminius, brouille dans les Pays-Bas : il est chassé; mais la secte des arminiens se fortifie.
Charles , duc de Mayenne , autrefois chef de la ligue, meurt regretté par la "reine (1611 , qui avait besoin de ses conseils et de sa main contre les calvinistes, qui menaçaient le royaume dans leur assemblée de Saumur.
L'archiduc ^Malhias se fait couronner roi de Bohême à Prague, sans que Rodolphe s'en émeuve.
Smolensko est prise par Sigisraond, qui y fait périr deux mille de ses ennemis.
Il donne en fief au marquis de Brandebourg une partie de la Prusse.
Charles , roi de Suède , meurt en faisant la guerre aux Danois, à qui il prit Christianstadt, et perdit Golmar. place très-forte.
La plus grande part des seigneurs se portent à rappeler Sigismond ; mais Gustave- Adolphe, fils de Charles, jeune prince de grande vigueur, l'emporte et s'établit.
Les mariages réciproques de France et d'Espagne sont résolus et diflérés, à cause de la jeunesse des contractants. Anne d'Autriche est destinée à Louis XIII , et Elisabeth, sœur de ce prince, à Philippe^ prince d'Espagne. Ces mariages donnent prétexte au mécontentement de (]uelques grands , qui brouillent.
Le docteur Richei-, syndic de la faculté de théologie, écrit sur l'autorité du Pape. .\ndré du Val , professeur de Sorbonne , s'oppose à sa doctrine, et la faculté se partage.
L'empereur Rodol|)he meurt. Son frère Mathias, déjà roi de Hongrie et de Bohême, est élu, et établit son siège à Vienne.
Slicliel , nouveau duc élu par les Moscovites, bat les Polonais, et rétablit les atfaires de Moscovie.
Gabriel Battori envoie au secours d'Achraet André Gietski, à qui Achmet donne la principauté. Battori a recours à Mathias, qui le maintient, les Turcs étant occupés à dompter les Arabes rebelles.
François II, duc de Mantoue, meurt. Son frère, le cardinal Ferdinand, ipii n'avait point d'ordre, lui succède ; mais le duc de Savoie prétend le marquisat de Montferrat pour Marie, sa petite-fille, fille de François et de Marguerite de Savoie.
Les Turcs sont battus par Chabas 1 161.3), et Achmet envoie en Orient les troupes qu'il destinait contre Malte. Les Cosaques lui brûlent \ingt-qualre galères sur le Pont-Euxin.
Pierre de Bérulle institue la congrégation de l'Oratoire.
Gabriel Battori. battu en Transilvanie par Bethlem Gabor, calviniste fasorable aux Grecs, est tué par les ■siens, parce qu'il était malheureux.
Gabor gagne Achmet, et devenu le maître par sa protection, il se moque de Mathias qu'il ménageait auparavant.
Les Cosaques se rendent redoutables aux Turcs, aux Iiloscovites et aux Tartares.
Sigismond Battori, meurt.
Les princes qui ont pour chef Henri, prince de Condé, brouillent en France (I6H), sous prétexte de s'opposer au grand crédit de Concino Concini , florentin , principal confident de la reine-mère, qui l'avait fait maréchal de France. Tout s'apaise par la majorité du roi , déclarée au parlement le 2 octobre.
Les éiats-généraux se tiennent à Paris. Le tiers-état veut faire passer en article de foi que les Papes ne peuvent pas destituer les rois. Le cardinal du Perron, suivi du clergé et de la noblesse , s'oppose à cette manière de passer des points de foi , et le roi assoupit la chose.
L'Espagne protège le Montferrat contre le duc de Savoie.
Le vice-roi de Milan entre en Piémont, et le duc dans le Milanais, glorieux de résister à un si grand roi.
Les Polonais se rétablissent en Mosco\ie. Les Moscovites, qui les avaient abandonnés faute de paye, la reçoivent , et servent bien.
Les Cosaques, plus furieux par les plaintes d'Achmet étales défenses venues de Pologne, font semblant de retourner; mais auparavant ils vont jusqu'aux portes de Constantinople, et ravagent les pays voisins.
Les Hollandais excitent la persécution dans le Japon, où plusieurs souiîrent le martyre.
Achmet, environné de divers ennemis, fait une trêve de vingt ans avec Mathias ('161.5).
La reine Marguerite meurt.
Les mariages de Louis et du prince Philippe s'accomplissent.
La paix se fait entre l'Espagne et la Savoie, par la médiation de la France, de l'Angleterre et de Venise. Le duc , enflé par ses avantages , méprisait les Espagnols , et n'en voulait point.
Les Turcs montrent beaucoup de faiblesse (1616), et sont ravagés de tous côtés.
Les princes mécontents semblent ne vouloir point tenir la paix. Le prince de Condé est arrêté et mis au donjon de Vincennes.
La guerre se renouvelle entre l'Espagne et la Savoie, le Pape et la France travaillent à la paix.
LesUscoques, peuples cravates, pillent les Turcs et les chrétiens. Ferdinand, archiduc de Grets, dont ils étaient sujets, les réprime.
Iilarc-Antoine de Dominis , archevêque de Palatro, dans la Dalmatie, médite des nouveautés sur la religion, et se retire en Angleterre.
.\chmet meurt âgé de trente ans (1617). Osman, son fils, lui succède à douze ans; mais Mustapha, son oncle, religieux turc, est mis sur le trône par les janissaires, où sa stupidité l'empêche de se maintenir, de sorte qu'il est remis dans sa cellule, sauvé de la mort par sa sottise. Osman est reconnu.
Le duc de Mayenne et les princes mécontents sont assiégés à Soissons' par le comte d'Auvergne, pendant que le duc de Guise presse d'un autre côté les autres rebelles. Ils sont délivrés parla mort du maréchal d'Ancre, tué dans le Louvre par la cabale de Luynes, favori du roi. Le roi crut que le maréchal avait résisté à ceux qui l'arrêtaient-par son ordre, et a[)prouva ce qui avait été fait. Il éloigne la reine, sa mère, à Blois, où Armand-Jean de Richelieu, son confident, la suit. Il est depuis renvoyé à son évêché de Luçon , et de là relégué à Avignon, où il se donne à l'élude et compose de beaux ouvrages.
Dans les Provinces-Unies, la querelle entre les arminiens, appelés remontrants , et les arminiens appelés contre-renwntrants s'allume. Les derniers sont protégés par le comte Maurice.
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
Le roi d'Angleterre, médiateur peu considéré de part et d'autre, ne" peut apaiser les troubles.
Mort de Jean-Auguste do Thou , célèbre par son savoir et par l'histoiie qu'il a écrite de son temps.
Il se donne une sanglante bataille entre les Turcs et les Perses sur les confins des deux empires ('1618), où il périt quatre-vingt mille hommes de part et d'autre. Les Perses victorieux offrent la paix , et le vizir l'accepte par nécessité.
Maurice, cardinal de Savoie, vient remercier le roi de France de la protection qu'il venait de donner à sa maison contre les Espagnols , el demande Christine de France, sœur du roi, pour Victor-Amédée, prince de Piémont, fils aine du duc de Savoie.
Le cardinal du Perron , archevêque de Sens, et grand aumônier de France , meurt.
L'aichiduc Ferdinand fait la paix avec la république de 'Venise , occupé de plus grands desseins et songeant à l'empire.
La France oblige l'Espagne à la faire aussi avec la Savoie , el à rendrts Verceil , prise sur le duc de Savoie dans la dernière guerre.
Les hérétiques se révoltent à Prague, dans la Moravie, dans la Silésie.dans la Lusace ; Mathias, plus faible, est supérieur par la vigilance de ses chefs.
Les Grisons traitent mal les catholiques, et donnent à l'Espagne une occasion de leur faire la guerre.
Maurice, fait prince d'Orange par la mort de son frère Philippe, favorise les gomaristes, fait arrêter Barneveld, avocat général de la pro\ince de Hollande, et Grolius, député de Leyde, parcourt en armes la Hollande et la Westfrise, chasse les prédicants arminiens, et dépose les magistrats favorables à leur doctrine.
Les dissensions s'échauffent en Ecosse entre les protestants anglais et ies puritains.
Par la mort do Malhias, décédé sans enfants (1619), Ferdinand II, son cousin-germain , qu'il avait déjà fait roi de liohême et de Hongrie, est élu empereur à Francfort , et donne de grandes espérances de son gouvernement.
Le comte de Buquoy défait le bâtard de Mansfeld et les rebelles.
Fridéric , électeur palatin , dont la femme Elisabeth , fille du roi d'Angleterre, voulait voir son mari roi, se fait élire roi de Hongrie et de Bohême par les rebelles, qui le couronnent à Prague.
Le duc d'Epernon sauve la reine-mère du château de Blois, où elle était comme prisonnière, et la mène à Angoulême, d'où il était gouverneur.
Le roi, en même temps, y envoie une armée ; mais la paix est bientôt faite entre la mère et le fils , par l'entremise de Richelieu.
Le prince de Gondé est délivré de sa prison du donjon do 'Vincennes.
L'impie Lucilio est bn'dé vif à Toulouse ; le poète Théofihile, son disciple, est sauvé par les courtisans.
Les calvinistes tiennent le Synode de Dordrecht où les arminiens sont condamnés. Le prince d'Orange fait couper la tête à Barneveld ; Grotius est sauvé par sa femme dans des ballots. Les arminiens sont chassés.
L'empereur Ferdinand fait la guerre au Palatin avec l'argent du Pape et les troupes que lui en\oient la Pologne et l'Espagne (1620). Le Palatin est secouru par l'Angleterre et par les Provinces- Unies. La France intervient en vain pour concilier les esprits. -Jean-Georges, électeur de Saxe, général de l'armée impériale, quoique luthérien, dompte la Lusace. Spinola prend plusieurs places dans le Palatinat.
Le duc de Bavière , général de l'empereur et du parti catlioli(iue, entre dans la Bohême avec le comte de Buquoy, et vient devant Prague. Il se donne une sanglante bataille, où les hérétiques, d'abord supérieurs, à la fin sont tout à fait vaincus. Prague se rend, les rebelles sont soumis partout, et l'électeur palatin, non-
seulement est chassé du royaume qu'il avait usurpé , mais encore privé de ses propres Etats et de sa dignité.
La Yalteline , pays des Grisons entre l'Italie et l'Allemagne, secoue le joug des héréti(|ues, et implore le secours du duc do Féria, gouveneur du Milanais, qui les assujettit à l'Espagne, et bâtit partout des citadelles, ce qui émeut la république de Venise, les Suisses, et enfin la France.
Les grands, jaloux de la faveur du duc de Luynes, fait connétable , et de celle de ses deux frères , s'unissent contre eux avec la reine-mère ; ses troupes sont battues au pont de Ce. La paix se fait : le roi et la reine-mère se réconcilient ; les deux armées se réunissent, et le roi se sert de cette occasion pour soumettre les hus;uenots, qui ne le reconnaissaient qu'en a|)parence.
Osman entre en Pologne, où Ladislas, fils de Sigismond, le bat plusieurs fois (1621). Il retourne vaincu à Constantinople, après avoir perdu cent mille hommes, et se plaint de la lâcheté des siens et surtout des janissaires, qui l'avaient mal secondé.
Toute la Hongrie est réduite par le comte de Buquoy. Il prend Presbourg ; mais il est tué à la bataille de Neuvensol. Gabor reprend plusieurs villes , dont on lui laisse quelques-unes parla paix, à condition de rendre la couronne des rois de Hongrie.
Saint-.Jean-d'Angély est pris et démantelé par le roi Louis. Il assiège Montaubau , où le duc de Mayence est emporté d'un coup de canon. Le roi est contraint de lever le siège, ce qui fait baisser le connétable, qui meurt un peu après.
Lesdiguières, élevé par sa vertu par tous les degrés des dignités militaires, jusqu'à celle de maréchal de France , se fait catholique, et il est fait connétable.
Les Grisons sont repoussés de la Yalteline par le duc Féria et l'archiduc Léopold.
Paul Y meurt, après une vie sans reproche. Grégoire XY lui succède. Il avait les mêmes vertus, mais il était plus doux.
L'archiduc Albert meurt sans enfants. L'infante Isabelle sa femme gouverne ses Etats avec une prudence et une piété exemplaires.
Philippe III meurt. Le duc de Lerme, son favori, prévoyant sa mort et sa disgrâce, se met à couvert en se procurant le chapeau. Philippe lY succède à seize ans. Il abaisse le duc d'Ossone, tout-puissant sous le roi son père, et don Rodrigue de Calderone, homme de néant, chargé de la haine publique, plus par sa faveur que par ses crimes.
Le comte d'Olivarez gagne l'esprit du jeune roi , et chasse le cardinal , duc de Lerme.
Le cardinal Bellarmin meurt âgé de quatre-vingts ans, après avoir saintement vécu.
Osman , trop entreprenant pour son âge , est déposé par les janissaires et les spahis , à la place desquels il voulait établir une nouvelle milice (1622). L'insensé Mustapha est établi seulement pour faire mourir son neveu , et chassé l'année d'après pour ses fureurs. Anuirat IV est mis à sa place, et la folie de Mustapha lui sauve la vie.
Heidelberg, capitale du Palatinat, .est prise par le. comte de Tilly, général des armées impériales. La fameu.se bibliotlièque de Heidelberg , composée du pillage de celles des monastères d'Allemagne, est envoyée au Pape ; mais elle est dépouilU'e en passant, des plus beaux livres.
De Dominis continue à enseigner des nouveau lés dangereuses, dont il se dédit souvent, et souvent y retombe.
Spinola soumet le duché de Juliers , quoique secouru par le prince d'Orange.
François de Sales meurt en réputation de sainteté.
Louis XIII continue à réduire les hérétiques. Soubise est battu à file de Ré, et le duc de Rohan son frère se soumet. Les Rochelais, pressés par mer et par terre, font semblant do vouloir obéir.
DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Le bâtard Mansfeld , avec des troupes ramassées d'Allemands pillards , menace la Champagne et les Pays- Bas': il est repoussé par le duc de Ne\ers, gouverneur de Champagne, et ensuite taillé en pièces par Gonzalve de Cordoue . comme il entrait dans les Pays-Bas.
Grégoire XV fait Richelieu cardinal , et érige Paris en archevêché , à la prière du roi.
Le comte do Tilly défait ^lansfeld et Chalberstadt, qui tâchaient de rétablir le Palatin, et ne leur laisse aucune ressource ^1623).
Le haut Palatinat est donné par l'empereur au duc de Bavière, toujours attaché à la maison d'Autriche.
La Valteline est déposée entre les mains du Pape, et le marquis Bagni en est fait gouverneur. Par ce moyen la paix se fait entre la France, l'Espagne, Venise et la Savoie.
Charles, prince de Galles, fils aîné de Jacques, roi de la Grande-Bretagne, passe inconnu par la France pour aller à !\Iadrid. où il voulait voir l'infante Marie, fille de Philippe IV, qui lui avait été accordée avec la permission du Pape ; mais il survient des difficultés , et le mariage ne s'achève pas.
Grégoire XV meurt. Urbain VIII, Barberin , est élevé à la chaire de saint Pierre.
Les Espagnols j trop forts autour de la Valteline (1624;, donnent de la jalousie aux Français. Le marquis de Cœuvre d'Estrées, ambassadeur du roi de France auprès des Suisses et Grisons, l'attaque au nom de son maître , des Vénitiens et des ducs de Savoie , et la prend en peu de temps.
La trêve étant finie, Spinola assiège Breda, fait des travaux prodigieux , et se promet la prise assurée d'une place qu'on avait crue imprenable.
Henri , duc de Lorraine , meurt , et laisse deux filles , dont l'aînée, nommée Nicole, avait épousé Charles, fils de François de Vaudémont, frère de Henri.
Frère Paul, ser\ite, célèbre par son Histoire du Concile de Trente, par son savoir prodigieux et par son puissant génie , meurt en apparence dans la communion de l'Eglise, et en elfet cahiniste.
Bethlem Gabor quitte le titre de roi de Hongrie, et donne la liberté de conscience aux catholiques de Transilvanie.
Les Hollandais battent les Espagnols dans le Nouveau- ISIonde, et y occupent des postes considérables.
Les ducs de Rohan et de Soubfte soulèvent les huguenots, et font beaucoup de butin par mer et par terre (l62o;. Soubiso, battu à Ré par le duc de Montraorenci, amiral , demande pardon , et l'obtient.
La loi salique est établie en Lorraine dans les Etats. Nicole souscrit par force; mais sa sœur réclame.
Charles, prince de Galles, épouse Marie-Henriette, sœur de Louis XIII.
Jacques, roi d'Angleterre, meurt, et laisse le royaume à Charles 1" son fils.
Maurice, prince d'Orange, meurt aussi sans s'être marié. Son frère Henri succède à sa principauté d'Orange, et au gouvernement des Pays-Bas.
L'empereur Ferdinand fait élire son fils roi de Hongrie.
Christiern, roi de Danemarck, élu chef des protestants de la Basse-Saxe, ligués pour le Palatin, est battu par Tilly et par Walstein , premier baron de Bohème.
Les Perses prennent Bagdad (1626). Amurat casse le \izir.
François-?»Iarie de la Rovère n'ayant point d'enfants cède le duché d'Urbin au Saint-Siège, à qui il revenait par sa mort.
Gaston, duc d'Orléans, brouille en France. Tous les princes qui le suivent sont arrêtés ou contraints de fuir. Chalais, le plus hardi à parler, a la tête tranchée. Le duc fait sa paix, et épouse Marie de Bourbon, héritière de Montpensier. Le cardinal de Richelieu, que cette conjuration menaçait, s'affermit et s'élève.
Il se fait de nouvelles entreprises contre l'empereur
en Allemagne. Bethlem Gabor y entre, et y fait entrer les Turcs. Le bâtard de Mansfeld, défait pa'r Walstein, perd toute son infanterie, et se sauve à peine avec sa cavalerie , avec laquelle il se rétablit , vient en Hongrie joindre Gabor , et va enfin mourir en Bosnie.
Le roi de Danemarck, battu dans le duché de Brunswick par TiHy, perd vingt-deux canons, soixante-six étendards, et presque tout son monde.
Soixante-dix mille paysans révoltés en Autriche font des demandes insolentes à l'empereur, et sont exterminés par la noblesse qu'ils voulaient détruire.
Gustave-Adolphe, roi de Suède, commence ses exploits, et passe en Prusse, où il paraît égal en forces à Sigismond.
Les Turcs, font des efforts inutiles contre Bagdad.
François de Montmorenci , comte de Boute\ille, et François de Rosmadech , comte des Chapelles, ont la tête coupée à Paris, pour s'être battus en duel.
Les Anglais sont appelés à l'ile de Ré jiar les ducs de Rohan et de Soubise. Le duc de Buckingham, fa\ori du roi d'Angleterre, piqué en particulier contre la France, commande la flotte. Jean de Saint-Bonnet de Thoiras soutient quatre mois la faim et les efforts des ennemis.
Le roi vient sur le bord ; mais un large marais le séparait de l'ile. Le cardinal de Richelieu fait venir des bateaux de tous côtés. Les Français, sous la conduite du maréchal de Schomberg , passent malgré les gros vaisseaux des Anglais, et délivrent la citadelle de Saint- Martin, pendant que Thoiras bat les Anglais, qui ne purent se retirer assez vite dans leurs vaisseaux. Le roi victorieux résout de tourner ses forces contre la Rochelle, qui appelait l'étranger.
11 se donne bataille entre Sigismond et Gustave. Les Polonais la gagnent, mais avec perte. Gustave est blessé en combattant vaillamment.
La Rochelle est environnée de forts du côté de la terre (1628). Le cardinal de Richelieu ferme la mer par la digue. Les Anglais attaquent en vain. Les seigneurs de la cour, qui craignaient plus qu'eux la prise de la Rochelle, qu'ils regardaient comme un frein de l'autorité royale et une retraite , ne laissent pas de faire leur devoir. LesRochelais, pressés par la faim, se rendent. Leurs forteresses sont abattues, et le roi, plus fort et plus doux, leur pardonne.
Leduc de Rohan trouble en Languedoc; sa tête est mise à prix. Le prince de Condé , avec les ducs de Montmorenci et de Ventadour, le poussent à bout.
Les Anglois, Danois, Suédois et Hollandais, se liguent en vain pour le Palatin. Tilly et Walstein demeurent les maîtres.
Gustave et les Suédois remportent de grands avantages sur le Polonais dans la Prusse.
Vincent, duc de Mantoue, meurt sans enfants. Charles de Gonzague, duc de Ne\ ers. prétend à sa succession pour son fils, duc de Réthelois, qui avait épousé Marie, fille de François, frère de Vincent. D'autres prétendants se déclarent.
Les Espagnols assiègent Casai , pendant que Louis, trop occupé contre les rebelles, ne peut venir au secours du duc de Nevers.
Louis voit les huguenots prêts à tomber, et envoie des troupes en Italie (1629 . Elles passent les monts, prennent Suse, font le\er le siège de Casai, et établissent le nou\eau duc de Mantoue. Les Espagnols craignent pour les Milanais.
Tous les huguenots se soumettent, et renversent euxmêmes leurs murailles. Privas seule ferme ses portes au roi, qui la réduit en cendres.
Rohan, après avoir attendu longtemps le secours qu'on lui promettait d'Angleterre et d'Espagne, se soumet trop tard, et il est chassé de France.
L'Angleterre fait sa paix avec la France, et le Danemarck a\ec l'empire.
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
La Pologne el la SucJe se prcpareiil pai' une lrè\e à une guerre |ilus sanglante.
Boisle-Duc, frontière deBrabanL, est prise parles Hollaniiais, après quatre mois de siège.
Le cardinal de Bèrulle, fondateur de l'Oratoire, homme docte et pieux, meurt.
Louis déclare la guerre au duc de Savoie, qui biaisait entre la France et l'Espagne (1630). Richelieu généralissime, lui prend Pignerol. Le roi vient à Grenoble et soumet toute la Savoie, excepté Montmèlian. I^o duc de Montmorenci passe le.-* .\lpes, et prend tout le pays de Saluées. Le roi est malade à l'extrémité à Lyon.
Les Allemands font une querelle mal fondée au nouveau duc de Mantoue, el lui prennent sa capitale, mal gardée par les Vénitiens. La ville soulfre un pillage horrible. Le duc et d'Estrèes, renfermés dans la citadelle, en sortent par composition.
Charles Emmanuel, duc de Savoie, meurt en trois jours; habile mais trop faible pour ses desseins.
Spinola réussit mal à Casai , el souvent battu par Thoiras. Il meurt au milieu de son entreprise. Les Français rendent la ville au marquis de Sainte-Croix, successeur de Spinola, et se renferment dans la citadelle jusqu'à ce que le secours vienne de France. Il arrive, et tout se prépare à une bataille. Les Espagnols sont plus nombreux, et les Français paraissent plus délibérés. Jules iNlazarin ménage la paix.
Gustave est attiré en Allemagne par l'argent de France, pour détourner l'empereur qui en\ oyait en Italie.
L'éminence est donnée au cardinaux par une bulle du Pape.
La division de la reine-mère et du cardinal de Riche, lieu éclate (1631). La reine se retire en Flandre, où le duc d'Urléans la suit.
Gustave , joint au duc de Saxe, gagne la bataille de Leipsick : toute l'Allemagne tremble. Il ravage la Souabe, la Bavière, l'Alsace, le Palatinat, la Westphalie, et ne trouve plus de résistance après avoir battu Tilly au passage du Leck. Ce grand homme blessé d'un coup de mousquet, mourut peu après. Walstein, disgracié pour son orgueil , est mis à sa place par nécessité.
Gustave, redoutable à ses alliés , semble les mépriser en passant le Rhin. Il voit quelques troupes françaises qu'il craint d'attaquer, et rentre en Allemagne pour y atiermir sa puissance.
Magdebourg, ville luthérienne, assiégée longtemps par Tilly, et ensuite par Papenhein, général de l'empereur, est réduite en cendres.
Mantoue est rendue au duc de Nevers, et l'investiture lui est donnée par l'empereur. Louis, content d'avoir établi son allié, rend la Savoie à son duc, et achète de lui Pignerol et le Val de Pérouse.
Embrasement horrible, et fleuve de feu au Vésuve, et autant l'annc-e d'ajjrès, au mois de février. Le port de Naples est mis à sec.
La bataille de Lutzen, entre Walstein et Gustave (1632). Les Suédois mollissent : Gustave les excite, combat en soldat, est blessé à mort : il se retire et meurt à trente-huit ans.
Bernard, duc de Weimar, son lieutenant, cache sa mort et gagne la bataille; mais avec une perte effroyable.
L'archevêque de Trêves demande secours et garnison à Louis contre la Suède, et li\re son château-fort d'Ermstein. Ses chanoines appellent l'Espagne. La ville, prise par les F"'rançais, est rendue à l'archevêque, qui reçoit garnison française.
Sigisniond meurt; Ladislas son fils, plus grand que son |)ère, lui succède.
Le duc de Montmorenci se révolte sous l'autorité du duc d'Urléans, et prend la faveur de Richelieu pour prétexte. Le maréchal de Schomberg le prend dans un combat. Le duc d'Orléans fait son accord , et aussitôt après retoui-ne en Flandre. Montmorenci est condamné à per-
dio la tète, et ensevelit sa maison avec lui. Les cadets qui restent ne peuvent soutenir un si grand nom.
Les affaires de Suède se soutiennent durant la minorité de Christine, fille de Gustave, sous la conduite du chancelier Oxenstiern. Weimar, Horn et Banior, commandant les armées.
Le duc d'Orléans va en Lorraine; il épouse en secondes noces Marguerite , sœur du duc de Lorraine (1533). Le roi va en ce pays, et le duc est obligé de lui rendre Nancy, après avoir perdu toute la Lorraine.
La magnifique ambassade du maréchal de Gréqui à Rome pour l'obédience.
Le célèbre Galilée, prince des mathématiciens de son siècle , meurt en prison.
Ladislas, roi de Pologne, bat les Moscovites, premièrement devant Smolensko qu'ils assiégeaient, et ensuite en Lithuanie. Il défait souvent les Tartares ; mais sa valeur le met en péril.
Isabelle meurt. Ferdinand, cardinal-infant, est envoyé gouverneur aux Pays-Bas.
François, autrefois cardinal de Lorraine, frère du duc Charles, épouse Claude, sœur de Nicole (1634).
La duchesse Nicole, répudiée par son mari, vient en France, où Louis la reçoit en sa protection.
Une grande partie de l'Alsace, l'évèché de Bâle, Spire et Philisbourg, se mettent sous la protection du roi de France.
Le duc d'Orléans, maltraité après la mort d'Isabelle, craint encore le cardinal-infant, et revient en France sans dire adieu. Il est bien reçu.
Albert, comte de Walstein , fait duc de Frieland par l'empereur, médite de se faire roi de Bohême, et y est tué par ordre de l'empereur.
Raiisbonne est repris sur les Suédois par Ferdinand , roi de Hongrie, et Maximilien, duc de Ba\ière. Les assiégés firent quatre cent soixante sorties, soutinrent sefit grands assauts, et se rendirent enfin faute de poudre.
Nordiingen est assiégée par les troupes de l'empereur, auxquelles se joignent le cardinal-infant et le duc Charles de Lorraine. Les Suédois, quoique faibles, leur donnent bataille, et, accablés par le nondire , ils perdent quatre-vingts canons, deux cents étendards, tout leur bagage, et Horn, leur général, fait prisonnier; mais ils ne perdent pas courage.
La paix se fait entre les Moscovites et les Polonais, à qui on cède Smolensko, Neugarden , et autres forteresses importantes, avec leurs territoires.
La France déclare la guerre à l'Espagne , sous prétexte (|ue l'archevêque de Trêves, allié de la France, était détenu dans les prisons d'Espagne. Les maréchaux de Chàlillon et de Brézé entrent dans les Pays-Bas, et vont joindre les Hollandais. Le prince Thomas,' frère du duc de Savoie, ([ui s'était donné aux Espagnols, tâche d'empêcher cette jonction, et perd la bataille d'Avesnes , où furent tués quatre mille hommes. Tout le canon fut pris, avec cinq cents prisonniers. Les vainqueurs, joints aux Hollandais , pillent Thienen, la turque, et coi'rompus parce pillage, .se débandent tellement, qu'il ne parait nul reste de l'armée.
Louis a\ait préparé quatre autres armées pour servir en Lorraine, en Allemagne, en Italie, et à la Valteline.
Le cardinal de la Valette, qui commandait l'armée d'Allemagne, se joint à Weimar, et puis retourne sans précaution , poussé par Galas, général de l'empeieur, et le duc Charles, et ramène ù Metz son armée, ruinée par la faim et par la maladie.
Pierre Seguier est fait chancelier de France par la mort du chancelier d'Aligre , sous qui il a\ait eu trois ans les sceaux.
L'em|)ereur se relève, et beaucoup de villes (|uitlent les Suédois, aussi bien que l'électeur Jean-Georges, duc de Saxe, qui commande l'armée impériale de Hongrie, el se joint aux catholiques quoique luthérien.
DIX-SEPTIEME SIECLE
Il se fait une trêve de vingt-sis ans entre la Suède et la Pologne. La Prusse est partagée entre la Pologne et l'électeur de Brandebourg. La Livonie demeure aux Suédois.
Dole est assiégée par le prince de Condé , et un peu après le siège est levé. Les Espagnols prennent la Capelle et le Castelet sans résistance. Le comte de Soissons, prince du sang, et deux maréchaux de France, ne défendent pas la Somme. Corbie se rend aux Espagnols. La Picardie est abandonnée, et l'armée française, tremblante derrière l'uise, attend du secours. Le roi fait une armée en peu de jours, chasse l'ennemi, reprend Corbie bien vile , ravage la Flandre et le Brabant. L'hiver met tin aux entreprises.
Les Espagnols surprennent et pillent SaintJean-de- Luz , et puis l'abandonnent.
Le fort de Skeink est repris sur les Espagnols par les Hollandais.
L'électeur de Saxe reprend Magdebourg.
Ferdinand-Ernest , roi de Hongrie , est élu roi des Romains. L'élection est contestée , parce que l'archevêque de Trêves était prisonnier. Le duc de Bavière le nomma pour le Palatin.
Le maréchal de Thoiras est tué devant Fontanet, petit château connu seulement par la mort d'un si grand homme.
L'empereur Ferdinand H meurt (1637). Son fils, Ferdinand ni , roi des Romains, lui succède.
Le comte d'Harcourt reprend sur les Espagnols les îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat.
Le duc d'Halvin, fils du maréchal de Schomberg, gouverneur de Languedoc, fait lever aux Espagnols le siège de Lancastre, et ayant reçu le bâton, il reprend le nom de maréchal de Schomberg , déjà si illustre par les belles actions de son père.
Les Espagnols perdent Ivoy et d'.\vveiller, dans le Luxembourg. Landrecies et la Capelle sont reprises.
Victor-AméJée, duc de Savoie, laisse Louis-Amédée, âgé de sept ans, sous la régence de sa mère. Il meurt bientôt, et Charles-Emmanuel son frère succède sous la même régence.
.\murat prend Bagdad avec perte de quarante mille hommes. Le roi de Perse était en guerre contre le Mogol.
Jean de Vert et les Impériaux remportent quelque avantage sur les Français et les Suédois; quatre jours après, Jean de Vert est battu et pris avec quatre autres généraux. Reinfeld, Xewbourg, Fribourg, et enfin Brisach , sont pris par Weimar, secondé par Guébrianl.
Le siège de Fontarabie est levé par le prince de Condé et le duc d'Epernon ; qui rejettent la faute l'un sur l'autre; mais le duc d'Epernon , plus faible , est condamné.
Celui de Saint-Oraer est levé en même temps par deux généraux français.
Louis XIII met son royaume sous la protection de la sainte Vierge.
Dieu écoute ses vœux. Le dauphin naît, et toute la France est en joie.
Les Ecossais font leur covenant, et suscitent de continuelles guerres à leur roi , trop facile.
Hesdin est pris sur les Espagnols par la Meilleraie, que le roi fait maréchal de France sur la brèche (1639).
Le siège de Thionville est levé par Feuquières , général français, qui est battu et tué.
Weimar meurt. Banier est mis à la tête des affaires de Suède, et soutenu par le duc de Longue\ille et par Guébriant , à qui Weimar laisse en mourant son cheval de bataille et ses armes.
Le prince Thomas trouble la Savoie, prend Turin; la citadelle est à peine sauvée. La duchesse vient trouver le roi à Grenoble. Le cardinal de La Valette est envoyé pour la rétablir, et meurt.
Le roi d'.\ngleterre prend faiblement les armes con-
tre ses sujets rebelles; il fait la paix, et il excite une nouvelle révolte.
Amurat IV meurt de vin et d'eau-de-vie chez le visir ^1640). Son frère Ibrahim, âgé de vingt-huit ans, est mis sur le trône, comme il n'attendait que la mort à laquelle son frère l'avait condamné.
Le comte d'Harcourt fait lever le siège de Casai , prend Turin , où les assiégés étaient en plus grand nombre que les assiégeante , et bat le marquis de Léganez , qui avait aux portes de la ville une armée égale à la sienne.
Arras est pris par les Français.
Anne accouche du duc d'.A.njou.
La révolte de la Catalogne cause la conquête du Roussillon.
Les Portugais secouent le joug de Castille . toujours odieux à la nation, et rendent le royaume à Jean , duc de Bragance, avec un concours qui semble miraculeux.
Le roi d'.^ngleterre connaît que sa douceur irrite les Ecossais rebelles. 11 prépare la guerre ; mais il les trouve trop bien défendus par les puritains d'Angleterre. Il s'avance à Yorck, où il fait la paix, et épargne trop ses sujets , ennemis de la puissance royale.
Aire , prise par les Français , est reprise à l'instant par l'armée d'Espagne (1641).
Le comte de Soissons se révolte; le général Lamboy vient à son secours. Le maréchal de Châtillon est battu par le comte devant Soissons ; mais le comte victorieux est tué , sans qu'on sache par qui.
Le parlement d'.\ngleterre brouille. Il est déclaré perpétuel par le roi, qui mollit toujours. Il laisse couper la tête au vice-roi d'Irlande, son fa\ori , innocent.
Le cardinal-infant meurt.
Guébriant bat et prend Lamboy à Xempten : tout le pays se soumet (1642). Perpignan se rend à Louis; mais les Français perdent en même temps la bataille de Honecourt , auprès de Cambrai.
Le marquis de Cinq-lMars Effiat, favori de Louis, el grand-écuyer de France, entreprend de perdre le cardinal de Richelieu, fl traite a\ec lEsjjagne, elil perd la tête avec Jacques-.\uguste de Thou , son confident.
La reine Marie, mère du roi de France, meurt à Cologne.
Tortenson , successeur de Banier, mort depuis peu . bat François-Albert, électeur de Brandebourg, occupe la Silésie et la Moravie, assiège I^eipsick, y bal l'archiduc Léopold et Picolomini , et prend la place.
Osnabruck et Munster sont choisis pour traiter la paix générale. Le roi de Danemarck, médiateur, est attaqué par la Suède, qui ne voulait point de paix.
Le parlement d'.\ngleterre saisit tous les revenus royaux. Le roi quitte Londres; il est rappelé par force. Le parlement craint le prince d'Orange, qui venait d'épouser la fille de Charles, el s'unit avec l'Ecosse.
Le cardinal de Richelieu meurt. Le roi le visite dans sa maladie.
Louis XIII meurt i1643), et prévoit en mourant la victoire de Rocroi , remportée par Louis de Bourbon , duc d'Enghien. fils aîné du prince de Condé.
Louis XIV, âgé de cinq à six ans, commence son règne sous la régence d'Anne d'.\utriche, sa mère.
Le jeune duc d'Enghien délivre Rocroi, assiégé, par une \ictoire signalée, et prend Thionville.
Le cardinal Mazarin est mis par la reine à la tête du conseil.
L'assemblée pour la paix se forme à ^lunster 1644).
Le duc d'Orléans prend Gravelines. Le duc d'Enghien, après la bataille de Fribourg, prend Philisbourg, et plusieurs places sur le Rhin.
Urbain VIII meurt. Innocent X, Pamphile, succède.
Isabelle de France, reine d'Espagne, laisse par sa mort un regret extrême à tout le royaume, et une éternelle mémoire de sa vertu.
SUITE DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE
Le roi de Daiiemarck est attaqué par deux endroits, et vaincu par mer et par terre.
Les Tartarcs, qui étaient entrés avec quarante mille chevaux dans la Fodolie, sont taillés en pièces par les Polonais.
Yorck est assiégé .parles Ecossais et les parlementaires.
Robert, prince Palatin, est battu avec trente mille liommes.
Le roi d'Angleterre fuit à Oxfort. Le parlement fait couper la tète à l'archevêque de Cantorbéry. La reine sort d'Angleterre ; elle est poursuivie, et le canon tire sur elle. Elle arrive en France.
Le cardinal de La Rochefoucault, célèbre par sa piété et par sa prudence, meurt (1645).
La guerre de Candie est commencée par les Turcs, qui |>rennent Canée.
Liv savant Grotius meurt, assez catholique, à ce qui paraît par ses écrits, mais sans se déclarer.
La Mothe, jjlace forte de Lorraine, est prise par les Français. Ils [irerment Mardick et le perdent.
La princesse Marie-Louise est mariée au roi de Pologne.
L'archevêque de Trêves est délivré par les instances de la France et de la Suède, et sa ville lui est rendue.
Tortenson remporte dans la Moravie une victoire signalée. Plusieurs places lui ouvrent leurs portes.
Le duc d'Enghien est envoyé en Allemagne, où le vicomte de Turonne le joint. Il donne la bataille de Norlingen et la gagne. Toute l'Allemagne tremble.
Les Danois font une paix désavantageuse avec la Suède, où leurs droits sur le Sund sont diminués. Les Hollandais interviennent dans le traité.
Les Turcs entrent en Dalmatie, où Thomas Morosini les bat par deux fois. Il assiège la Canée que les Turcs secourent, et prennent Rétin (1646).
Les Français et le prince de Condé prennent Courtrai, Bergues, Mardick, et enfin Dunkerque.
Toute la Moravie, excepté Brinn, est soumise aux Suédois. Tortenson, malade, laisse le commandement à Wrangel.
Ferdinand-François, flisde Ferdinand III, est élu roi des Romains.
Le prince Thomas, devenu Français, prend quelques places en Toscane. L'amiral de Brézé est tué sur les vaisseaux. Le maréchal do La Meilleraie prend Porto- Longone et Piombina.
Le marquis de Léganez fait lever le siège de Lérida au comte d'Harcourt.
Fairfax, général des parlementaires, assiège Oxfort. Le roi s'enfuit dans l'armée d'Ecosse. La ville'est prise. Jacques, duc d'Yorck, est mené en triomphe à Londres.
L'infant d'Espagne meurt à seize ans. Henri, prince de Coudé, meurt aussi.
La révolte de Naples est excitée par Thomas Agnel, homme de néant. Le duc de Guise y est envoyé (r647j.
Ferdinand est couronné roi de Hongrie.
Henri-Fridéric, prince d'Orange, meurt. Son fils Guillaume succède à sa principauté et à ses charges.
Christiern V, roi de Danemarck , meurt. Son frère Fridéric III, archevêque de Brinn, lui succède.
Casimir, électeur de Mayence, meurt. Philippe, évèquo de Wurtzbourg , est élu à sa place par la faveur des Français, maîtres alors de cette ville.
Le maréchal de Gassion est tué devant Lens.
Le prince de Condé gagne la bataille de Lens. Broussel , conseiller du parlement, est arrêté avec quelques autres, et les barricades se font à Paris.
^ Victoire de Wrangel et du \ icomlo do Turenne auprès d'Augsbourg, sur le général Mèlander, qui meurt de ses blessures.
Lamboy bat et prend Ernest, landgrave de Hesse. Il est battu après par les Hessois.
Ferdinand III se marie en secondes noces, d'où naît
un peu après Ferdinand-Charles-Joseph. Marie d'Autriche, fille de Li'opold, comte deTyrol, meurt en couches de ce prince.
La paix se fait à Munster et à Osnabriick entre l'empeieur, le roi très-chrétien, la reine de Suède et tous les princes allemands.
Ladislas IV meurt. Jean Casimir, son frère, est élu. La ré\oltedes Cosaques commence sur Kmielniscy.
Les Vénitiens se défendent avec vigueur contre les Turcs, qui attaquent leur royaume de Candie, et gagnent sur eux une bataille navale aux Dardanelles ^-1649).
Louis XIV est emmené à Saint-Germain, de nuit. Paris est assiégé par son armée.
L'Espagnol est appelé au secours de Paris par les rebelles.
Liège est soumis par son évèque.
. Le roi Jean-Casimir épouse la reine, veuve de son frère, et bal les Cosaques.
Le roi d'Angleterre est vendu par les Ecossais. Accusé par Fairfax et Cromwell, qui entrent en armes à Londres, et se rendent maîtres du parlement, ils le font condamner à perdre la tête. La sentence est exécutée. Tout l'univers frémit ; mais on laisse faire. La chambre haute est abolie. Cromwell et le conseil d'Etat formé par l'armée gouvernent tout.
Gromvvel réduit l'Irlande dont il était vice-roi. Les Ecossais proclament Charles II, fils de Charles 1er, roi de la Grande-Bretagne.
La paix se fait à Paris; et un peu après le prince de Condè , le prince do Gonli son frère et le duc de Longueville leur beau-frère, sont arrêtés (1650). La guerre de Bordeaux se fait pour la délivrance des princes. Les Espagnols profitent des divisions, et prennent la Capelle et Porto-Longone , pendant que le roi marche contre Bordeaux. Le roi donne la paix à cette ville. Les princes sont transportés à Marcoussi, et de là au Havre. Bataille de Rélliel gagnée par le maréchal du Ple.ssis, géni'ral des armées du roi, sur le vicomte de Turenne, qui tenait le parti des princes.
Marie-.\nne, fille de l'empereur, que Philippe IV avait épousée, est reçue à Madrid. Christine est couronnée.
La royauté est abolie en Angleterre. Cromwel bat les Ecossais, qui ne laissent pas de couronner Charles.
Tout se révolte pour les princes (1651). Le cardinal Mazarin , l'objet et le prétexte do la haine des peuples, est obligé à se retirer du royaume, et va lui-même au Havre mettre les princes en liberté. Le duc d'Orléans était à la tête du paiti qui les voulait délivrer.
Le roi est déclaré majeur. Les princes de Condé et de Gonti craignent et se retirent. Il se prépare de nouvelles guerres. Marsin abandonne la Catalogne. Harcourt va en Guyenne contre le prince de Condé, qui en était gouverneur et soulevait cette province.
Le Père Sirmond, jésuite, célèbre par son savoir, meurt.
Charles prend Vigorne, est battu par Cromwel , et se retire en France.
Casimir bat les Cosaques et les Tartares. Maximilien, électeur de Bavière, meurt. Ferdinand-Marie, son fils, épouse Adélaïde de Sa\oie.
Le cardinal Mazarin est rappelé (16S2). Le prince de Condé est chassé de Guyenne par le comte de Harcourt. Bordeaux et quelques autres places demeurent dans son parti.
Le cardinal de Retz reçoit son chapeau. Le duc d'Orléans, poussé, renouvelle la guerre civile. Le prince de Condé laisse ce qui restait de Guyenne au prince de Conti, et vient à Paris. Son armée est assiégée à Elanipes, et réduite à l'extrémité. Elle est dégagée par le duc Charles, qui est bientôt obligé à se retirer par le vicomte de Turenne, général des armées du roi. La sanglante bataille do Saint-Antoine se donne i)ar un événe-
DIX-SEPTIEME SIÈCLE
mrnl douleux. Le feu de l'Hùtel-de-Ville, et la sédition pleine de meurtres, arrivée en même temps, fait ouvrir les yeux aux Parisiens révoltés. Le parti des princes tombe tout à fait. Le roi pardonne et entre à Paris maître absolu. Le duc d'Orléans se retire le jour même à son apanage. Le prince de Gondé n'a plus de retraite que le pays ennemi , et se joint aux Espagnols. Ils reprennent Uunkorque, Barcelonne et Casai.
Le Père Petau, jésuite, célèbre par sa doctrine, meurt. Le cardinal de Retz est arrêté.
Le landgrave Ernest se fait catholique avec sa femme.
L'Angleterre et la Hollande entrent en guerre. Les Cosaques sont victorieux par le secours des Tartares.
Le Père Marlinès, jésuite, ambassadeur de l'empereur de la Chine, vient à Rome. Il apprend au Pape la disposition qu'avait ce grand royaume à se convertir, la mère et le (ils aine de l'empereur ayant déjà été baptisés.
La bataille navale entre l'Angleterre et la Hollande. La victoire est incertaine (1653). Les Hollandais chassent les Anglais de la Méditerranée, et sont battus sur l'Atlantique par Drack. Ils perdent Tromp , leur amiral, et demandent la paix.
Nouvelle victoire des Cosaques secourus par les Tartares et par les Turcs.
Le parti du prince de Conti, ruiné à Bordeaux, fait un dernier effort soutenu par la séditieuse armée.
Les Vénitiens remportent une seconde victoire aux Dardanelles.
L'autorité souveraine est donnée à Cromwel sous le nom de protecteur.
Mouzon et Sainte-Ménehould , que les princes avaient prises, sont reprises par le roi.
Ferdinand III meurt. Ferdinand IV, roi des Romains, succède à l'empire
Innocent X condamne les cinq propositions de Cornélius Jansénius, évêque d'Ypres.
Le duc Charles de Lorraine est arrêté par les Espagnols ''le.'ji).
Le cardinal de Retz se sauve de prison. Les Portugais se rétablissent dans le Brésil contre les Hollandais.
Louis XIV est sacré à Reiras.
La reine Christine se fait catholique, et abdique. Le royaume est donné par les Etats, de son consentement, à Charles-Gustave , son plus proche parent de la maison palatine. Ferdinand IV meurt.
L'armée du roi prend Hénin au prince do Coudé. Arras est secouru. Le Quesnoy est pris. Les Moscovites reprennent Smolensko sur les Polonais. Les Français sont repoussés de devant Naples. Brème, longtemps attaquée parle général Konigsmar, se rend aux Suédois.
Le protecteur d'Angleterre refuse la Majesté, prend l'Altesse, et songe pourtant aux moyens de se faire roi ; il fait la paix avec la Hollande.
Ibrahim meurt (I600). Mahomet IV, son fils, âgé de treize ans, est mis sous la tutelle d'un conseil formé pour cela, qu'on appelle le divan.
Innocent X meurt. Alexandre VII lui succède, Léopold-Ignace-Joseph , second fils de Ferdinand III, est couronné roi de Hongrie à Presbourg.
La reine Christine , après avoir été dans les Pays-Bas , en France et encore dans les Pays-Bas, se retire à Rome.
Landrecies, Coudé, Saint-Guillain, sont prises par les Français , qui lèvent le siège de Pavie , où Alphonse , duc de Modène, commandait.
Les Vénitiens remportent une troisième victoire aux Dardanelles.
Charles , roi de Suède, joint aux rebelles do Pologne, bal le roi Casimir. Cracovie, Varsovie, Thron et antres places importantes, sont soumises ou trahies.
Les Moscovites prennent AVilna.
La paix entre la France et l'Angleterre se conclut. Les deux nations se préparent à assiéger Dunkerque , qui devait être donnée aux Anglais par le traité.
Cromwel découvre une conjuration, renvoie le parlement d'Angleterre , et soumet les montagnards d'Ecosse.
«Les Polonais reprennent courage (1636); ils battent les Suédois, et Charles est obligé de se retirer en désordre. Il perd Varsovie et tout son butin. Il se donne une bataille qui dure deux jours avec un succès presque égal ; mais les affaires des Polonais prennent un meilleur train.
Casimir fait la paix avec les Moscovites, à qui il laisse Smolensko, et reçoit la Lithuanie, la Podolie et la Russie-Noire.
Nouvelles victoires des Vénitiens aux Dardanelles. Don Juan d'Autriche , fils bâtard de Philippe IV, arrive aux Pays-Bas.
Les tremblcurs , secte funeste et fanatique, brouillent en Angleterre, et sont réprimés par le prolecteur, qui se rend maître aussi absolu et aussi tranquille que s'il eût été roi légitime.
Le siège de Valenciennes est levé par les Français, qui reprennent la Capelle. Ils perdent Condé. Le Quesnoy est sauvé par la présence du roi.
Valence, sur le Pô, est prise.
Jean IV, roi de Portugal, meurt. Son fils Jean-Alphonse succède, sous la régence de la reine sa mère, femme courageuse, qui gouverne bien le royaume, mais prend peu de soin de l'éducation de ses enfants.
Pierre Gassendi, célèbre philosophe, homme d'une rare érudition, meurt.
Les Vénitiens, postés à Ténédos (1657), incommodent Constantinople, et prennent Leninos.
Les Espagnols prennent Saint-Guillain trahi par les Irlandais.
Alexandre VII envoie un secours d'hommes et d'argent à Venise, et y rétablit les Jésuites, chassés depuis T'interdit par un sévère décret du sénat.
Le prince de Condé sauve Cambrai. Montmédy es.t pris par les Français. Ils prennent Mardick, qu'ils donnent aux Anglais, selon le traité.
Les Français lèvent le siège d'Alexandrie dans le Milanais. Les Vénitiens, \ictorieux aux Dardanelles, y perdent leur général Moncénigo.
La révolte du bassa d'Alep trouble l'empire ottoman (1658). Ce bassa gagne une grande victoire à Cogni. Le duc de Modène meurt après avoir pris Mortare. Le vicomte de Turenne gagne la bataille des Dunes. Dunkerque est prise, et donnée aux Anglais selon le traité. Plusieurs places se rendent aux Français.
La France tremble sur la maladie du roi. Gravelines est prise par ses armes. Le roi guéri va à Lyon, où la cour de Savoie se rend.
Les Danois, vaincus par la Suède, abandonnent le Schonen.
Les Hollandais battent les Suédois par mer. Léopold-Ignace est élu empereur.
Ragotski bat les Turcs qui entrent en Transilvanie avec les Tartares; mais un peu après il est mis en fuite et se soutient. Il fait enfin une paix avantageuse. Thorn est rendu aux Polonais.
Les Portugais lèvent le siège de Badajoz, et battent les Hollandais à Goa.
Le protecteur, victorieux de ses ennemis , au dedans et au dehors, meurt, et est enseveli à la royale. Richard, son fils, succède à sa charge; mais n'a pas sa force pour se maintenir.
Les affaires du bassa d'Alep sont ruinées, et il meurt (1659). Les têtes de ses complices sont attachées au bout d'une pique devant le sérail.
Morosini, général des Vénitiens, prend Modon, dan-; la Morée, et occupe les Dardanelles où il bat les Turcs.
POLITIQUE DE L'ÉCRITURE SAINTE
Il se fait une suspension d'armes entre la France et l'Espagne pour traiter la paix.
Le cardinal Mazarin el don Louis do Haro commencent à la traiter sur les confins des deux royaumes le 2b juillet, et l'aclièvent au commencement de novembre. Marie-Thérèse, fdle aînée du roi d'Espagne , est accordée à Louis XIV.
Les Danois remportent quelques avantages sur les Suédois. Les Impériaux et l'électeur de Brandebourg, pour faire une diversion des armes suédoises et procurer la paix, assiègent Stettin en Poméranie, qui appartenait aux Suédois par le traité de Munster.
Ragotski , battu par les Turcs, ne laisse pas de se faire craindre , et ne perd point l'espérance.
Les Espagnols lèvent le siège d'Elvas avec grande perte , et sentent que la conquête du Portugal est plus difficile qu'ils ne pensaient.
Les Anglais , médiateurs dangereux entre les Suédois et les Danois, s'avancent \ers le Sund. Ils sont arrêtés par les troubles de leur pays. Les généraux Monck el Lambert, l'un commandant les Ecossais et l'autre les Anglais , se joignent contre le nouveau protecteur qui est déposé , et on traite du retour du roi.
La Canée , pressée par les Vénitiens (1660) , est secourue par les Turcs, qui gagnent une bataille près de Candie.
Le Négrepont est attaqué par les Vénitiens sans succès.
Le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV, se fait par procureur à Fontarabie , le 3 juin. La conférence des deux rois, et d'Anne, reine de France, mère de Louis XIV, se fait le 6, et la paix est solennement jurée. Le mariage s'achève à Saint- Jean-de-Luz.
Tremblement de terre le 19 juin. Les bains chauds de Bagnères sont dissipés.
Le roi et la reine font leur entrée solennelle à Paris sur la fin d'août. — Gaston de Franco, duc d'Orléans, meurt à Blois, après avoir passé dans les exercices de la piété les derniers temps de sa vie.
Vincent de Paul, prêtre, supérieur général et instituteur de la charitable congrégation de la Mission , meurt en odeur de sainteté.
Charles-Gustave, roi de Suède, meurt, et laisse Charles son fils on bas âge.
Les Turcs font de grands progrès en Transilvanie et donnent de la jalousie à l'empereur.
Ragotski prend Ermstadt, où il y avait quinze cents janissaires. Les Turcs s'avancent pour la réassiéger ; il se donne une sanglante bataille , ou Ragotski victorieux , après avoir tué dix-sept hommes de sa main , re(,'oit quatre plaies mortelles, et va mourir à Waradin, que les Turcs prennent bientôt après.
La Transilvanie se partage. Le sultan s'en déclare prince. Toute la noblesse réclame et demande secours à l'empereur.
Les Moscovites , deux fois battus par les Polonais , tremblent. Ils perdent une troisième bataille avec les Cosaques qu'ils protégeaient. Ils achètent la paix en rendant toutes les places qu'ils avaient prises dans la Grimée, et en payant les frais de la guerre.
L'armée qui avait cassé le parlement est licenciée par .Monck , et le parlement est rétabli.
L'épitaphe de Charles Icr est corrigée. Monck cache ses desseins à cause de Lambert , ennemi du roi ; mais il se déclare si à propos, que Charles II est rétabli.
Cromwel est déterré et pendu {-1666). Les juges du roi défunt, et les complices de sa mort sévèrement recherchés, et punis comme méritait un tel attentat.
FIN DE L.V SUITE DE l'iIISTOIRE UNIVERSELLE.