‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 34 sur 609 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Vn même objet considéré diversement se multiplie en quelque façon et multiplie les idées.

Selon ces divers rapports , l'objet est considéré comme différent de lui-même, en tant qu'il esl regardé sous des raisons différentes. Il est, en ce sens multiplié, et il faut, par conséquent, selon ce qui a été dit, que les idées se multiplient. Par exemple , un même corps considéré comme long est un autre objet que ce même corps considéré comme long et large; et c'est ce qui donne lieu à l'idée de ligne et à celle de superficie.

On peut considérer à part les propriétés de la ligne : et cela, c'est considérer ce qui convient au corps en tant qu'il est long ; comme de faire des

angles de différente nature , à quoi la largeur ne fait rien du tout, et ainsi des autres.

Regarder le corps en cette sorte , c'est le regarder sous une autre idée que lorsqu'on le regarde sous le nom et sous la raison de superficie; ou que , lorsqu'on réunissant les trois dimensions, on le regarde sous la pleine raison de corps solide.

Ainsi , à mesure que les objets peuvent être considérés , en quelque façon que ce soit , comme différents d'eux-mêmes, les idées qui les représentent sont multipliées, afin que l'objet soit vu par tous les endroits qu'il le peut être.

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