‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 434 sur 609 · De Civit. Dei, lib. v, cap. H · texte numérisé non relu

De Civit. Dei, lib. v, cap. H

au royaume où ils sont les seuls maîtres, celui où ils ne craignent point d'avoir des égaux; s'ils sont lents à punir, et au contraire prompts à pardonner; s'ils exercent la vengeance publique, non pour se satisfaire eux-mêmes , mais pour le bien de l'Etat, qui a besoin nécessairement de celte sévérité; si le pardon qu'ils accordent tend à l'amendement de ceux qui font mal, et non à l'impunité des mauvaises actions; si, lorsqu'ils sont obligés d'user de quelque rigueur, ils prennent soin de l'adoucir autant qu'ils peuvent par des bienfaits et par des marques de bonté ; si leurs passions sont d'autant plus réprimées qu'elles peuvent être libres; s'ils aiment mieux se commander à euxmêmes et à leurs mauvais désirs, qu'aux nations les plus indomptables et les plus fières ; et s'ils sont portés à faire ces choses non par le sentiment d'une vaine gloire , mais par l'amour de la félicité éternelle ; offrant tous les jours à Dieu pour leurs péchés , un sacrifice agréable de sainte prière , de compassion sincère des maux que souffrent les hommes, et d'humilité profonde devant la majesté du Roi des rois. Les empereurs qui vivent ainsi sont heureux en celte vie par espérance ; et ils le seront un jour en effet, quand la gloire que nous attendons sera arrivée.

FIN DE L.\ POLITIQUE TIRÉE DE l'ÉCRITURE SAINTE.

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