‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 457 sur 609 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

XL II ne faut point s'imaginer que les hommes naissent fidèles; il les faut faire tels; et cela ne se fait point par la force, mais par la bonté. Cyrus mourant à son fils Cambyse. {Inst., liv. viii.)

Xli. Qui veut paraître bon à quelques choses doit l'être en effet. (Id., Mem. Soc.)

XIII. Dans les affaires du monde, la félicité même est à craindre. La gloire fait des ennemis; les richesses attirent l'envie; la puissance fait entreprendre plus qu'on ne peut. (Id , ibid., 1. iv.)

XIV. Un homme né pour commander doit éviter, sur toutes choses, de ne savoir pas, c'est-à-dire d'être mal instruit. (Id., ibid.)

XV. Ceux qui regardent et conversent familièrement avec les belles personnes, sont plus hardis que ceux qui se jettent dans les périls ou au milieu des précipices. (Il) . ibid.)

X\l. L'esprit de l'homme se nourrit et se fortifie en apprenant et en pensant ; il fait toujours quelque chose: il est toujours occupé de quelque recherche et est attiré par le plaisir de voir et d'ouïr. (Cicero, lib. i, De off.)

XVII. Il ne faut pas toujours user de douceur, la sévérité doit avoir aussi son exercice, à cause du bien de l'Etat, qui, sans elle, ne peut exister (Id., ibid.) '

XVIII. Il ne faut point écouter ceux qui disent que c'est un acte de grand courage de se venger de ses ennemis. Il n'y a rien de plus louable et de plus glorieux

que de s'apaiser facilement et d'avoir de la clémence. (Id., ibid.)

XIX. Le châtiment doit être sans injure, sans injustice et sans excès, et il faut le rapporter non à sa propre utilité, mais à celle de l'Etat. (Id., ibid.)

XX. Ceux qui gouvernent les Etats doivent être semblables aux lois , qui sont portées au châtiment non par la colère, mais par l'équité. (Id., ibid.)

XXI. La nature ne nous a pas faits pour le jeu et pour la raillerie, mais pour des exercices sérieux et graves. (Id., ibid.)

XXII. Il faut que la manière de vivre et le soin que nous prenons de notre corps se rapportent à la bonne constitution et à la santé, et non au plaisir. (Id., ibid.)

XXIII. Il vaut mieux prévoir que se repentir. (Denys d'Halicarnasse, Antiq. Rom., lib. xi.)

XXIV. Les flatteurs sont incapables d'être amis : ils veulent être ou maîtres ou esclaves, (Plat,, De rep., c. 9.1

XXV. Plus on est méchant , plus on est malheureux. Le méchant qui réussit devient plus méchant; par conséquent plus misérable, (Id., ibid.)

XXVI. Le plaisir d'apprendre est le plus grand de tous à un esprit raisonnable. (Id., ibid.)

XXVII. Opprimer les laboureurs , c'est opprimer les nourriciers du peuple. (Id., ibid., c. 8.)

XXVIII. Personne ne doit être prince, qui ne sache entendre expliquer les raisons des choses. (Id,, ibid., c, 7,)

XXIX. L'injustice est toujours faible, parce qu'elle n'est jamais d'accord avec elle-même et ne peut unir ses forces. (Id., De rep. et de just.)

XXX. Il ne faut jamais mépriser la réputation : mais il faut savoir que la véritable gloire est toujours unie à la vertu. (Id., De leg., c. 2.)

XXXI. Le monde étant mêlé de bien et de mal , le grand soin de ceux qui gouvernent doit être que le bien prévale, (Id,, ibid., c. Ù.)

XXXIL La destinée de ceux qui ne songent qu'au plaisir et à s'engraisser, c'est d'être la proie des autres. (Id., ibid., c. 7.)

XXXIII. Pour bien juger, il ne faut ni trop de juges ni trop peu, (Id,, ibid., c. 6,)

XXXIV. Le plus grand de tous les maux est de faire tort à quelqu'un. Il vaut mieux souffrir une injure que de la faire. ;Id,, Gorgias.)

XXXV. Si c'est un plus grand mal de faire une injure que de la recevoir, la justice qui nous empêche d'en faire est un plus grand bien que la puissance qui nous em|iêche d'en recevoir. (Id., ibid.)

XXXVI. Etre sage, c'est se connaître soi-même. (Id.) XXXAII. La seule prudence rend les hommes puissants. (Id., Gorgias.)

XXXVIII. Le plus grand mal de l'homme sont les plaisirs non réprimés. (Id., ibid.)

XXXIX. Le péché le plus impuni est le plus nuisible à celui qui le commet. (Id., ibid.)

XL. Il faut suivre la raison , autrement vous serez toujours contraire à vous-même : ce qui est pis que si vous aviez tous les hommes pour ennemis. (Plat., Gorgias.)

XLI. Dieu se moquera des moqueurs, et il bénira les hommes bienfaisants. [Prov., m , 34.)

XLII. Il ne faut rien souffrir contre les bonnes mœurs sur les théâtres : l'esprit n'est pas éloigné des vices dont la représentation lui plaît. (Aristot., Polit., lib. viii , c. 4.)

XLIII. Mettre les choses en ordre, c'est un ouvrage divin. C'est Dieu qui entretient l'ordre dans l'univers. (Id., ibid , lib. vu , c. 4.)

XLIV. Faire observer la loi , c'est faire régner Dieu ; faire régner un homme sans la loi , c'est faire régner une bête farouche. {\D.,ibid.)

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