‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 46 sur 609 · GH.\PITRE XXXII · texte numérisé non relu

GH.\PITRE XXXII

Des êtres qui différent en espèce , et de ceux qui ne différent qu'en nombre.

Nous avons dit que la nature ne nous donne que des êtres particuliers et individuels. Il faut maintenant observer que, parmi ces êtres particuhers et individuels, il y en a qui diffèrent en espèce et d'autres qui ne diffèrent qu'en nombre. Tout cercle, en général, et par conséquent chaque cercle en particulier, diffère de tout carré, et de chaque carré en particulier; mais plusieurs cercles diffèrent seulement en nombre : ainsi des hommes, ainsi des chevaux, ainsi des métaux, ainsi des arbres et de tout le reste.

Ces exemples font assez voir que ce qu'on appelle différent seulement en nombre , c'est ce qui t'ait simplement compter un , deux , trois , quatre , sans que l'esprit aperçoive des raisons différentes dans ce qui se compte ; par exemple , quand nous (lisons un, deux, trois et quatre cercles, la raison

de cercle suit partout : au lieu que ce qui diffère en espèce, est ce où non-seulement on peut compter un, deux et trois, mais où, à chaque fois qu'on compte, la raison se change : par exemple, quand je dis un cercle, un triangle, un carré; non-seulement je compte trois , mais à chaque fois que je compte , je trouve une nouvelle raison dans mon objet, différente de celle que j'avais trouvée auparavant.

Les choses qui diffèrent seulement en flombre sont appelées « individus de même espèce ou de » même nature ; » et ce qui les fait dilférer, s'appelle « différence numérique et individuelle : » .Alexandre , César, Charlemagne sont individus de la nature humaine, et ainsi du reste : être Alexandre , être Scipion , être Charlemagne , s'appelle différence numérique .

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