I. Un seul Dieu tu adoreras, etc
Dites-moi ce qu'il y a à considérer en général en chaque commandement de Dieu. — C'est qu'en chaque commandement il faut entendre quelque chose qui nous est commandé , et quelque autre chose qui nous est défendu.
Expliquez chaque commandement de Dieu en particulier. Que veut dire le premier. Un seul Dieu tu adoreras? — Le premier commandement nous oblige à aimer et adorer Dieu de tout notre cœur.
Que nous défend-il? — Il nous défend toute idolâtrie, magie, hérésie, et toutes superstitions.
Qu'appelez-vous superstition? — Une fausse dévotion.
Que dites-vous de ceux qui guérissent, ou font guérir les hommes ou les animaux par certaines paroles? — Ils i^)échent contre ce commandement.
Pourquoi ? — Parce qu'ils ont recours au démon.
Mais si ces paroles sotit saintes ? — C'est toujours une tromperie du malin esprit, qui nous fait abuser des saintes paroles.
Mais si on a intention d'honorer Dieu? — C'est une superstition , parce que Dieu n'a pas attaché une telle vertu à ces paroles.
Est-il défendu par ce commandement d'honorer les saints? — Non, parce que nous n'honorons pas les saints comme Dieu, mais comme les amis de Dieu.
Est-il défendu d'honorer les images de Jésus-Christ ou des saints? — Non, parce qu'on ne les a qu'en mémoire des originaux, et que l'honneur qu'on rend aux images se rapporte à eux.
Et les l'cliques des saints? — On les honore de même, en mémoire des saints.
LEÇON VIII
Du SECOND ET DU TROISIÈME COMMANDEMENT DE DiEU.
Dans les leçons suivantes, pour récit, quelques exemples des châtiments de Dieu contre ceux qui violent ses commandements , comme pour celui des fêtes , l'exemple d'Achan [Jos., vu).
Expliquez le second commandement. Dieu en vain tu ne jureras. — Par ce commandement sont défendus les jurements faits sans respect et sans nécessité, les parjures, les reniements et les blasphèmes contre Dieu et contre les saints.
Qu'est-ce qui nous est ordonné par ce second commandement ? — Il nous est ordonné d'accomplir nos promesses et nos vœux.
Expliquez le troisième commandement. Les dimanches tu garderas. — Il est commandé ae sanctifier les dimanches et les fêtes.
Que faut-il faire pour cela? — Il faut entendre la messe, la prédication et le service de l'Eglise, avec dévotion et respect , et vaquer aux bonnes œuvres.
Et que nous est-il défendu ? — Il est défendu de faire aucune œuvre servile.
Qu'appelez-vous les œuvres serviles? — Les œuvres mercenaires, par où ordinairement on gagne sa vie.
Quelles autres œuvres faut-il particidièrement éviter, pour bien sanctifier les f Êtes? — Il faut éviter principalement le péché, et tout ce qui porte au péché, comme le cabaret, les danses, les assemblées de brelans et des jeux défendus.
Et piour les jeux ou exercices permis ? — Il se faut bien garder d'y donner trop de temps, et surtout d'y passer le temps de la messe paroissiale, de la prédication , ou du catéchisme et du ser\ ice divin.
LEÇON IX
Du QC.iTRIÈME , CINQUIÈME , SIXIÈME ET NEUVIÈME COMMANDEMENT.
RÉCIT. Le feu descendu sur Sodome {Gen., xix); ou le zèle de Phinèes contre les impurs {Niim., xxv, 6); ou le rigoureux châtiment de David, adultère et homicide (//. lieg., xii, 1, 8, etc.; XV, 13; etc.); ou quelqu'autre exemple de châtiment qui imprime de la terreur.
Expliquez le quatrième commandement , Père et mère honoreras. — Il est commandé aux enfants d'honorer leurs pères et leurs mères, de leur obéir, et de les aider en leurs nécessités corporelles et spirituelles.
Que nous présent encore ce commandement ? — De respecter tous supérieurs , pasteurs, rois, magistrats et autres.
Et que nous est-il défendu? — Il nous est défendu de leur être désobéissants, de leur faire peine, et d'en dire du mal.
Expliquez le cinquième commandement , Homicide point ne seras. — Il est défendu, 1» de tuer, blesser frapper, nuire au prochain en son corps, par soi, ou par autrui; 2" de l'offenser par des paroles injurieuses; 3» de lui souhaiter du mal.
A quoi nous oblige ce commandement? — A pardonner à nos ennemis, et à bien vivre avec tout le monde.
Expliquez le sixième commandement. Luxurieux point ne seras. — Dieu défend par-là tous les plaisirs de la chair, hors l'usage légitime du mariage.
Est-ilpermis de les désirer? — Non, et Dieu le défend expressément par le neuvième commandement, où il est dit : L'œuvre de chair ne désireras.
Expliquez un peu davantage le sixième et le neuvième commandement. — C'est-à-dire, que Dieu défend toutes actions, paroles, pensées volontaires, désirs et attouchements déshonnêtes.
Et quoi encore ? — Tout ce qui donne de mauvaises pensées, comme les tableaux, les livres, les chansons, les danses et les entretiens impudiques.
Que faut-il faire pour bien garder ce commandement? — Il faut être honnête et modeste dans ses paroles, habillements, contenances et postures du corps; et garder la modération dans le boire et le manger. LEÇON X.
Du SEPTIÈME ET HUITIÈME COMMANDEMENT.
Expliquez le septième commandement , Le bien d'autrui tu ne prendras. — Il est défendu de prendre le bien d'autrui, et de le retenir contre la volonté du maître.
Et que nous est-il commandé dans ce précepte ? — Il est commandé de rendre le bien d'autrui , soit dérobé , soit trouvé, et de faire l'aumône aux pauvres selon ses moyens.
Dites quelques-unes des manières dont on prend ou dont on retient le bien d'autrui. — Les plus ordinaires sont l'usure et les tromperies.
Qu'est-ce que l'usure? — C'est le profit qu'on tire du prêt.
Qu'entendez-vous par les tromperies ? — C'est comme quand on trompe dans la quantité ou dans la qualité des choses qu'on vend.
Qu'appelez-vous la quantité? — Le poids, le nombre et la mesure.
Et la qualité, qu'est-ce que c'est? — C'est comme quand on vend de mauvais blé ou de mauvais vin , comme bon.
N'y a-t-il pas d'autres moyens de prendre ou de rcte-
CATECHISME DE MEAUX
nir le bien d'autrui? — Oui, comme quand on relient lo salaire d'un serviteur ou d'un ouvrier, et quand un manouvrier ou artisan ne travaille pas loyalement, ou exige ce qu'il n'a pas gagné.
Expliquez le huitième commandement , Faux témoignage ne diras. — Il est défendu de porler faux témoignage en justice contre son prochain, de médire de lui, d'en juger témérairement, de mentir; et il est commandé de dire la vérité.
LEÇON XI
Du DIXIÈME CO.MHANDEMENT,
Qu'est-ce qui est défendu par le dixième commandemant. Bien d'autrui ne convoiieras? — C'est-à-dire, que Dieu défend non-seulement Telfet, mais encore la volonté de s'approprier le bien d'autrui.
Qu'est-ce que Dieu défend encore? — Il défend de souhaiter d'acquérir les biens de la terre par des voies injustes.
M (luoi encore? — De laisser languir de faim les pauvres , plutôt que de leur faire part de ce qu'on a moyen de leur donner.
A quoi est-on obligé par ce précepte? — A se contenter de l'eiat où il plait à Dieu de nous mettre, et à souffrir la nécessité avec patience , quand il lui plait de nous l'envoyer.
Comment faut-il accomplir ce précepte ? — En souhaitant que la volonté de Dieu soit accomplie, et non pas la nôtre.
Qui sont ceux qui contreviennent à ce commandement? — Ceux qui portent envie à l'élévation et au profit du prochain; comme quand les ouvriers ne voudraient pas que d'autres qu'eux fussent employés dans leur art.
Les marchands et les autres hommes ne péchent-ils pas aussi contre ce précepte? — Oui , (piand ils souhaitent la disette , alin de débiter plus chèrement ce qu'ils ont à vendre.
LEÇON XIL
Des Commj\ndejients de l'Eglise, et la récompense de ceux qui
g.\rdent ces commandements.
Combien y a-t-il de commandements de l'Eglise? — Il y en a six, savoir : I. Les dimanches messe ouïras, etc.
L'Eglise a-t-elle le pouvoir de faire des commandements? — Oui, sans doute, puisque Dieu nous Ta donnée pour mère, et que les commandements qu'elle nous fait, servent à observer les commandements de Dieu.
Suffit-il de savoir les commandements? — Non. Il faut les observer tous.
Le peut-on? — Oui. Dieu et l'Eglise ne les feraient pas, si on ne pouvait les observer.
Mais le peut-on de soi-même et par ses propres forces? — Non. On ne le peut que par la grâce ; mais Dieu est toujours prêt à nous la donner, si nous la lui demandons.
Quelle récompense Dieu promet-il à ceux qui feront tous ses commandements? — Dieu leur promet lo paradis, où ils seront éternellement bienheureux.
Quel châtiment recevront ceux qui ne les auront pas
gardés? — Ils seront misérables en ce monde; et après
cette vie ils iront en enfer, où ils seront privés de la
vue de Dieu, et brûlés à jamais avec les démons.
LEÇON XIII
Des sacrements.
Combien y a-t-il de sacrements? — Il y en a sept : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrêrae-onction , l'ordre et lo mariage.
Qu'est-ce que le baptême? — C'est un sacrement qui nous fait chrétiens et enfants de Dieu.
Ce sacrement est-il nécessaire aux petits enfants? — Oui , pour elliicer en eux le péché originel , avec lequel, nous naissons tous.
Qu'est-ce que la confirmation? — C'est un sacrement qui nous donne le Saint-Esprit, et qui nous fait parfaits chrétiens.
Qu'est-ce que l'eucharistie? — C'est un sacrement qui contient, sous les espèces du pain et du vin , le vrai corps et le vrai sang de Notre Seigneur, pour ètro notre nourriture spirituelle.
Qu'est-ce que la pénitence? — C'est un sacrement qui remet les péchés commis après le baptême.
Qu'est-ce que l' extrême-onction? — C'est un sacrement qui nous aide à bien mourir, et achève en nous la rémission des péchés.
Qu'est-ce que l'ordre? — C'est un sacrement institué par Jésus-Christ, pour donner à son Eglise des prédicateurs de sa parole, et des ministres de ses sacrements.
Quels sont-ils ? — Ce sont les évèques, les prêtres, les diacres, et les autres.
Qu'est-ce que le mariage? — C ail un sacrement qui donne la grâce à ceux qui se marient, de vivre chrétiennement dans cet état , et d'élever leurs enfants selon Dieu.
LEÇON XIV
Des deux sacrements que l'on fréquente le plus, savoir : la pénitence et l'eucharistie.
Quels sacrements fréquentons-nous le plus ordinairement? — Ce sont la pénitence ou confession, et l'eucharistie ou communion.
Que faut-il faille pour se bien confesser? — Il faut faire cinq choses : 1" Examiner sa conscience, et penser à ses péchés; 2o en avoir grande douleur;. 3» avoir un ferme propos de ne les plus commettre ; 4° les dire tous à son confesseur, sans en cacher aucun ; 5o faire la pénitence qui nous est ordonnée.
Qu'est-ce que le prêtre en la sainte messe élève en haut, et montre au peuple? — C'est le corps de Jésus- Christ sous les espèces du pain ; et dans le sacré calice le sang de Jésus-Christ, sous les espèces du vin.
Qu'appelez-vous les esjjêces du pain? — C'est la blancheur du pain, la rondeur, le goût.
Qu'appelez-vous les espèces du vin? — C'est la couleur du vin , l'humidité , le goût.
Faut-il adorer le corps et le sang de Jésus-Christ? — Il les faut adorer sans aucun doute, parce que ce corps et ce sang sont inséparablement unis à la divinité.
Que reçoit-on à la sainte table? — Le corps adorable de Jésus-Christ.
Ne reçoit-on que le corps de Jésus-Christ? — On reçoit en môme temps son .sang, son âme, sa divinité, et, en un mot, la personne entière de Jésus-Christ, parce que tout cela est inséparable.
Faut-il adorer Jésus-Chî-ist en le recevant ? — Il le faut adorer sans aucun doute, parce que c'est la propre personne du Fils de Dieu.
Quelles dispositions faut-il avoir pour bien communier? — Il y en a de deux sortes, dont les unes regardent le corps , et les autres regardent l'âme.
Dites celles qui regardent le corps. — lo II faut être à jeun ; î" il faut être habillé modestement et propremetit, autant qu'il se peut.
Dites les dispositions qui regardent l'âme. — Il faut, avant toutes choses, n'avoir aucun péché mortel sur la conscience, et, pour cela, s'en être confessé, si on en a.
Est-ce tout? — Non; il faut encore être instruit du Symbole des Apôtres et des principaux points de la-religion.
Et quoi encore? — Il faut en particulier avoir une ferme foi , et une croyance certaine , qu'on reçoit dans ce sacrement le corps de Jésus-Christ, et lui-même tout entier.
Et enfin? — Enfin, il faut désirer de s'unir à lui par un saint amour.
LEÇON XV
Du chapelet.
Comment dites-vous le chapelet? — Je me mets on la présence de Dieu, je fais le signe de la croix, en disant : hi nomine Patris, etc.; et puis je dis : Adoremus te, Christe . et benedicimus tibi , quia per
crucem tuam redemisti mundum : qui vivis et régnas Deus in ssecula sxculorum. Amen.
Que veulent dire ces paroles? — C'est-à-dire : 0 Jésus-Christ! nous vous adorons et nous vous bénissons, parce que vous avez racheté le monde par la croix ; vous qui étant Dieu , vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Que faites-vous ensuite? — Je dis le Credo tout entier, en latin ou «n français.
Que faut-il dire sur les gros grains? — Il faut dire le Pater- en latin ou en français; et sur les petits, dire VAve.
Pourquoi dit-on le chapelet? — Pour imprimer dans son esprit les principaux actes du chrétien, comme l'acte de foi en récitant le Symbole, et la principale prièie en récitant le Pater.
Pour quelle autre fin dit-07i encore le chapelet? — Pour montrer qu'on est aflèctionné à la sainte Vierge, el pour obtenir de Dieu, par son moyen, les grâces qui nous sont nécessaires.
Quelle opinion avez-vous de la sainte Vierge? — Que c'est une excellente et bienheureuse créature, pleine de grâce et de vertu , et la très-digne mère de Jésus-Christ.
A quoi doit-on penser en disant A\e? — On doit penser au message que la sainte Vierge reçut , lorsque range saint Gabriel lui vint annoncer qu'elle serait mère de Dieu.
Est-il utile de penser à ce message? — Oui, parce c'est le commencement de notre salut, et le fondement de l'honneur qu'on rend à la sainte Vierge.
A quoi doit-on penser en disant sanota Maria? — On doit penser à la mort, et au besoin particulier que nous y aurons de la grâce de Dieu , que la sainte Vierge peut nous obtenir par ses prières.
Est-il utile de répéter souvent la même prière? — Oui ; si en la récitant on est soigneux de penser et d'imprimer dans son cœur ce qu'elle contient.
Faut-il croire qu'il y ait quelque vertu dans le nombre de Pater ou d'Ave ? — Non, ce serait une croyance superstitieuse.
A qui le chapelet peut-il profiter? — A tous, puisqu'il contient ce qu'il y a de plus nécessaire et de plus utile dans la religion ; mais il sert principalement à ceux qui ne savent pas lire, ou qui ne sont pas assez exercés a prier.
LEÇON XVI, La m.\mèbe de servir et répondre a la messe.
Celui qui sert à la messe a soin que les cierges soient allumés, et les burettes (garnies devin et d'eau, avant que la messe commence. 11 aide au prêtre à se revêtir, et prend garde qu'il soit revêtu proprement.
Si le prêtre part du revestiaire tout habillé, il marcbe devant modestement, portant le missel et les burettes (si déjà elles n'étaient à l'autel), et s'il passe devant le Saint-Sacrement, il fait la révérence.
Etant arrivé à l'autel, il passe au côté de l'Evangile, et y ayant reçu le bonnet, il le place en un lieu convenable, hors de dessus l'autel ; puis ayant mis le missel sur l'aulel , et les burettes en leur place, aussitôt il se va mettre à genoux audessous des degrés, tout en bas du côté de l'Evangile, et se tourne vers le milieu de l'autel.
Il fait toujours la révérence lorsqu'il passe devant l'autel. Il n'a ni livre ni chapelet à la main, afin d'être plus Ubre et plus attentif à bien servir le prêtre.
Il fait le signe de la croix avec le prêtre, au commencement. et répond clairement et distinctement , au même ton que le prêtre.
Le catéchiste fera dire les réponses aux enfants en latin, et les avertira qu'ils les trouveront en français dans le livre des prières , se servant de cette occasion pour les obliger à l'avoir. 11 leur parlera fortement du respect et de la dévotion avec lesquels ils doivent servir à la messe; et se servira aussi de celte occasion pour imprimer à tous les enfauts un grand respect inlérieur et extérieur dans l'église, et particulièrement en entendant la sainte messe.
Quand les enfants doivent recevoir le sacrement de confirmation, il faut les y préparer par des instructions particuhères.
et les mettre en état de répondre sur le catéchisme précédent. On les doit aussi instruire particulièrement sur le baptême, dont ce sacrement confirme la grâce , et puis leur faire apprendre ce que c'est que la confirmation. Pour cela, on leur fera ces deux leçons, surtout s'ils sont dans un âge plus avancé.
LEÇON XVII
"Du BAPTÈ.^^E.
Raconter le baptême de Jésus-Christ, ou la manière dont on baptise dans l'Eglise : d'autres fois, l'aUiance entre Dieu el Abraham dans la circoncision, avec les promesses mutuelles {Gen., xvn); ou l'aUiance entre Dieu et le peuple par le ministère de Moïse et par celui de Josué [Exod., xxiv, 1, etc., jusqu'au 9; DeuL, XXIX, 1, 10 et seq.; Jos., xxiv).
Qu'est-ce que le baptême? — C'est un sacrement par lequel nous sommes faits chrétiens et enfants de Dieu.
Comment donne-t-on le baptême? — On verse de l'eau sur la tète de celui qu'on baptise, en disant ces paroles : Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit; avec l'intention de faire ce que fait l'Eglise en baptisant.
Que signifie l'eau dans le baptême ? — Elle signifie que comme l'eau lave le corps , ainsi le baptême lave l'âme de ses péchés. ^
Pourquoi dit-on ces paroles : Je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit? — Pour faire entendre au chrétien, dès sa première entrée dans l'Eglise, qu'il est consacré à un seul Dieu , Père , Fils, et Saint- Esprit.
Qu'est-ce que fait le baptême en celui qui est baptisé? — Il le nettoie du péché originel , et des autres péchés qu'il peut avoir commis depuis sa naissance, s'il a atteint l'usage de la raison.
Que fait encore en nous le saint baptême? — Il nous fait enfants de Dieu , et nous donne droit au royaume descieux, comme à notre vrai héritage.
Pouvons-nous mériter ces choses? — Non; elles nous ont été données gratuitement par le sang et par les mérites de Jésus-Christ.
Pourquoi appelle-t-on le baptême une seconde naissance? — Parce qu'il efface le péché que nous avions apporté en naissant au monde, et nous donne une nouvelle vie.
Le baptême est-il nécessaire au salut? — Le baptême est nécessaire au salut.
Mais ceux qui sont en âge de discrétion, ne peuventils suppléer au défaut du baptême, lorsqu'il ne leur est pas possible de le recevoir? — Ils y peuvent suppléer, ou par le martyre, ou par un [larfait amour de Dieu, pourvu j qu'ils aientle vœu du baptême.
i Qu'appelez- vous le vœu du baptême? — Une sincère I résolution de le rece\oir quand on le pourra?
A quoi s'oblige celui qui reçoit le baptême? — Il s'oblige à croire en Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit, et toute la doctrine de Jésus-Christ.
A quoi s'oblige-t-il encore? — Il s'oblige à renoncer au diable , à ses pompes et à ses œuvres.
Comment l'Eglise explique- t-elle cette obligation? — En disant à celui qu'on va baptiser : Abrenuntias Satanse, et omnibus pompis ejus, et omnibus operibus ejus?
Que veulent dire ces paroles ? — C'est-à-dire : Ne renoncez-vous pas au diable, et et toutes ses pompes, et à ■ toutes ses œuvres?
Que répond-on pour celui qu'on va baptiser? — On répond : Abrenuntio, j'y renonce.
Qu'appelez-vous les pompes du diable? — Les vanités et l'éclat trompeur du monde.
Qu'appelez-vous les œuvres du diable? — Les péchés et les maximes corrompues du monde.
Dites quelques-unes de ces maximes du monde. — Par exemple : qu'il faut faire comme les autres, c'està-dire , être libertin et débauché comme la plupart des hommes; qu'il est honteux de ne se pas venger quand on a été offensé, d'être pauvre, d'être humble, et ainsi du reste.
CATECHISME DE MEAUX
Que dites-vous de ceux qui craignent de paraître dévots et vrais chrétiens? — Qu'ils manquent aux obligations, et renoncent à la grâce du baptême.
Quand les enfants seront bien instruits des demandes précodenles, le curé ou le catécliiste leur fera renouveler les promesses du baptême en cette forme, surtout devant la confirmation.
Vous tenez-vous obligés à garder ce que vos parrains et marraines ont ■ répondu pour vous dans le baptême ? — Oui , puisque Dieu ne m'a reçu à sa grâce que sous ces promesses.
Renouvelez les promesses de votre baptême? — Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ;
Et en Jésus-Christ son Fils unique , Dieu et homme tout ensemble, qui a racheté le monde par la croix ;
Et au Saint-Esprit.
Je crois l'Eglise catholique, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, et la vie éternelle.
Je renonce de tout mon cœur au diable, à ses pompes, aux vanités et à l'éclat trompeur du monde, aux œuvres du diable, à tout péché, et aux maximes corrompues du monde, et je veux vivre et mourir en vrai chrétien, moyennant la grâce de Dieu. Ainsi soit-il.
Et le prêtre dira : Faites ainsi et vous vivrez.
LEÇON XVIII
De la confirmation.
Représenter la descente du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte {Act., ui); ou les apôtres donnant la confirmation à Samarie {Ad., viii, 14, 15, 16, 17); et saint Paul la donnant à Ephèse (Act., XIX, 1 , etc.).
Qu'est-ce que la confirmation? — C'est un sacrement qui nous donne le Saint-Esprit, et qui nous fait parfaits chrétiens.
N'avo7is-nous pas le Saint-Esprit par le baptême ? — Oui, nous l'avons: mais ce n'est pas avec la même force que dans la conQrmation.
Comment est-ce que la confirmation nous fait parfaits chrétiens? — En augmentant en nous la grâce du baptême, et en nous donnant la force de confesser le nom de Jésus-Christ.
Que veut dire ce mot confirmer? — Il veut dire donner de la force.
Donnez-moi l'exemple de quelque occasion ait le sacrement de confirmation donne de la force? — Si un infidèle menaçait un chrétien qui aurait été confirmé, de le faire mourir, à moins qu'il ne voulût renoncer à la foi , ce sacrement donnerait courage au chrétien pour ne pas craindre ces menaces, et pour persévérer dansia foi.
Qui est le ministre de ce sacrement? — C'est l'évêque.
Que fait l'évêque en donnant la confirmation? — Il étend premièrement les mains sur ceux qu'il doit confirmer, en invoquant le Saint-Esprit, afin qu'il descende sur eux avec ses dons.
Que faut-il faire pendant que l'évêque fait cette prière? — Ouvrir son cœur au Saint-Esprit par un acte de foi et par le désir de le recevoir.
De quelle matière se sert l'évêque dans la confirmation? — Du saint chrême.
Qu'est-ce que le saint chrême? — De l'huile d'olive mêlée de baume, (|ue l'évêque a consacrée le Jeudi saint..
Que signifie l'huile dans la confirmation ? — Elle signffie l'abondance de la grâce du Saint-Esprit, qui se répand dans les âmes.
Que signifie le baume mêlé avec l'huile? — Le baume par sa bonne odeur signifie que le chrétien , qui est prêt à confesser la foi , doit édifier le prochain par l'odeur d'une sainte vie.
Que fait l'évêque avec le saint chrême sur celui qui est confirmé? — Il lui fait une onction, en forme de croix, sur le front.
Pourquoi sur le front? — Parce que le front est la partie la plus haute cl la plus apparente du corps.
Pourquoi encore? — Parce que les signes de la honte et de la crainte paraissent pi'incipalement sur le front.
Et que veut-on dire par-là? — Qu'il faut faire une profession ouverte de la foi de Jésus-Christ , et qu'on n'a ni crainte ni honte de confesser son nom.
Pourquoi fait-on l'onction en forme de croix? — Pour montrer qu'on ne doit pas rougir de la croix de Jésus- Christ.
Pourquoi l'évêque donne-t-il un soufflet à celui qu'il a confirmé'? — Afin qu'il se souvienne qu'il doit être prêt à souffrir toutes sortes d'affronts et de peines.
Faut-il être en état de grâce afin de recevoir ce sacrement ? — Oui , il faut être en état de grâce.
Pourquoi ? — A cause que ce sacrement augmentant la grâce et confirmant la sainteté, il suppose qu'elle soit déjà dans le fidèle.
Que doit faire le chrétien qui doit recevoir ce sacrement , s'il se sent en péché mortel ? — Il doit se confesser avant que de le recevoir.
Dans quel temps est-on plus oblige de recevoir la confirmation ? — Dans le temps que l'Eglise est persécutée.
Mais le doit-on négliger lorsque l'Eglise est dans la paix? — Non, parce que les enfants de Dieu ont toujours à souffrir une espèce de persécution.
Quelle est cette persécution que les enfants de Dieu ont toujours à souffrir ? — C'est que le démon les tente , et que le monde les contraint autant qu'il peut à vivre selon ses maximes.
Est-ce un péché de ne se pas présenter au sacrement de confirmation ? — Oui , quand c'est par mépris qu'on ne s'y présente pas.
JVe doit-on pas se presser de recevoir ce sacrement ?
— On le doit, principalement quand on prévoit que l'occasion de le recevoir ne reviendra pas de longtemps , et peut-être jamais.
A quel âge doit-on recevoir la confirmation? — On la donne ordinairement quand on commence â avoir l'usage de la raison.
Lorsque la confirmation donne le Saint-Esprit, donnet-elle la même grâce que les apôtres reçurent le jour de la Pentecôte? — Oui, elle donne la même grâce, mais non pas de la même manière.
Pourquoi la même grâce ? — Parce que le Saint-Esprit habite dans le chrétien qui est confirmé , comme il habita dans les apôtres, et qu'il lui donne comme à eux la grâce de confesser la foi.
Pourquoi ne recevons-nous pas cette grâce de la même manière ? — Parce que les apôtres la reçurent sous la figure des langues de feu , au lieu qu'elle est figurée par le saint chrême à celui qui est confirmé.
Peut-on recevoir deux fois la confirmation ? — Il s'en faut bien garder, ce sacrement ne peut se réitérer.
Que doit faire le chrétien pour en conserver la grâce?
— Il la doit souvent renouveler par le souvenir, et en invitant le Saint-Esprit à demeurer dans son cœur.
LEÇON XIX
Bref exercice pour régler les principales actions
du chrétien durant la journée.
Il le faut faire lire aux enfants , le leur faire bien entendre ,
et leur en demander compte en la manière que le catéchiste
trouvera le plus convenable.
1 . Le matin, à soi réveil , il faut faire le signe de la croix, en disant : Au nom du Père, etc., et dire : Mon Dieu , je vous donne mon cœur.
2. Etant sorti du lit, il est bon de prendre de l'eau bénite , et de se souvenir du baptême.
.•). Etant habillé , il faut se mettre à genoux , et il est bon que ce soit devant ciuelque dévête image qui recueille notre esprit en Dieu. On dit ensuite : Mon Dieu, je vous remercie de m'avoir créé et mis au monde , racheté , fait chrétien, conservé la nuit passée. Je vous ofl're toutes les actions que je ferai aujourd'hui. Faites-moi la grâce de ne point vous offenser, je vous la demande au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ.
CATÉCHISME DE MEAUX
{Ensuite toute la famille se rassemble pour faire en commun la prière du matin marquée à la fin de ce catéchisme).
4. Avant que l'on comrnence son Étude ou son travail : Mon Dieu, je \ous offre le travail que je veux faire pour l'amour de vous ; donnez-y, s'il vous plaît , votre bénédiction.
3. Avant le repas. Benedicite : Dominus , nos et ea. etc. Bénissez ; [C'est la demande que l'on fait au père de famille, ou à la persomie la plus digne, à quoi il répond : ; C'est au Seigneur qu'il a|)|)artient de bénir. Puis on continue, en disant : Que la main de Jésus-Cbrist nous bénisse , nous et la nourriture que nous devons prendre. .A.u nom du Père , etc.
6. Après le repas. Laus Deo, pax vivis, etc. Louanges à Dieu , paix aux vivants , et repos aux morts ; et vous , ô Seigneur! ayez pitié de nous. ç. Rendons grâces à Dieu.
Ou bien : Agimus tibi graiias, Rex omnipotens Deus, etc. Nous vous rendons grâces de tous vos bienfaits, ô Dieu! Roi tout-puissant, qui vivez et régnez aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Ou bien : Régi sxculorum immortali et invisibili, soli Beo, honor et gloria in ssecula sxculorum. Amen. Au Roi des siècles, immortel et invisible, au seul Dieu, honneur et gloire aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.
7. Dés qu'on s'aperçoit d'avoir commis quelque péché, surtout si l'on craint qu'il soit mortel, il faut s'en repentir au fond de son cœur, et dire, en s'excitant à la contrition : Je déteste, ô mon Dieu ! pour l'amour de vous, le péché que j'ai commis ; je vous en demande pardon par le sang de Notre Seigneur, et moyennant votre sainte grâce , je ne vous offenserai plus.
8. Le soir, avant qu'on se couche , on doit faire dans la famille la prière du soir eti commun, comme elle esta la fin de ce catéchisme.
[Il faut examiner sa conscience, et rappeler en sa mémoire toutes les pensées, les paroles et les actions de la journée. Si l'on reconnaît que l'on a commis quelque péché mortel, il faut s'en repentir avec un coeur vraiment contrit, en s'aidant pour cela de l'acte de contrition tnarqué ci-dessus. Car celui que la mort surprendra en péché mortel, avant qu'il se soit approché du sacrement de pénitence, ou qu'il se soit au moins bien sincèrement repenti de son crime, celui-là' sera éternellement damné.)
9. Enfin il est bon de prendre de l'eau bénite, et avant que de s'endormir, faire le signe de la croix, et dire : — Jésus, soyez mon sauveur; sainte Vierge, mère de Dieu, priez pour moi, maintenant et à l'heure de la mort. Mon Dieu, que je meure en votre grâce. Requiescant inpace, amen ; c'est-à-dire : Que les âmes des fidèles qui sont morts reposent en paix. Ainsi soit-il.
Il est bon de savoir ces courtes prières par cœur, pour prendre l'habitude de prier; mais dans la suite chacun pourra dire ce que Dieu lui inspirera; et il faut bien avertir tes enfants que la prière ne consiste pas tant dans les paroles , que dans la bonne volonté et le sentiment.