‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 470 sur 609 · ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE SAINTE · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE SAINTE

I. La création du monde , et celle de l'homme. — Au commencement et avant tous les siècles, de toute éternité. Dieu était; et il était Père, Fils, et Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes, Esprit bienheureux et tout-puissant. Parce qu'il est bienheureux, il n'a besoin que de lui-même; et parce qu'il est tout-puissant, de rien il peut créer tout ce qu'il lui plaît. Ainsi rien n'était que Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit; tout le reste, que nous voyons et que nous ne voyons pas n'était rien du tout.

Dieu créa donc au commencement le ciel et la terre , les choses visibles et invisibles, la créature spirituelle et la corporelle, et l'ange aussi bien que l'homme. Dieu commanda, et tout sortit du néant à sa parole. Il n'eut qu'à \ouloir, et aussitôt tout fut créé, et chaque chose rangée à sa place; la lumière, le firmament, le soleil, la lune, les astres, la terre et la mer, les plantes, les animaux , et enfin l'homme.

11 lui |jlut de faire le monde en six jours; à la fin du sixième jour il fit l'homme à son image et ressemblance, en lui créant une âme capable d'intelligence et d'amour ; et il voulut qu'il fût éternellement heureux, s'il s'appliquait tout entier à connaître et aimer son Créateur; en même temps il lui donna la grâce de le pouvoir faire : et le bonheur éternel de l'homme devait être de posséder Dieu qui l'avait créé. S'il n'eût point péché , il n'eût point connu la mort; et Dieu avait résolu de le conserver immorlel en corps et en âme.

II. La chute d'Adam, et le Sauveur promis. — Dieu créa pareillement la femme; il appela l'homme Adam, et la femme E\e, et voulut que tout le genre humain naquit de ce premier mariage. Il mit nos premiers parents dans son paradis ; c'était un jardin délicieux. Et pour montrer qu'il était leur souverain, il leur donna un commandement, qui fut de ne pas manger du fruit d'un certain arbre. Dieu appela cet arbre, l'arbre de la science du bien et du mal : le bien était de demeurer soumis à Dieu , et le mal devait paraître si l'homme désobéissait au commandement divin. L'homme avait été créé bon et saint, mais il n'était pas pour cela incapable de péché, ni absolument parfiiit. Le démon le tenta; H désobéit à Dieu, et mangea le fruit défendu. Aussitôt Dieu lui prononça son arrêt de mort; et par un juste jugement, son péché devint le péché de tous ses enfaiils, c'èst-à-dire, do tous les hommes. Dieu le chassa do son paradis, et le mit sous la puissance du démon , par qui il s'était laissé vaincre. Mais en même temps , touché

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de pitié, il lui promit que de sa race il lui naîtrait un sau\eur, par qui l'empire du démon serait détruit, et l'homme délivré du péché et de la mort : c'est le Christ ou le Messie qui devait nailre au milieu des temps.

III. La corruption du monde, et le déluge. — Les hommes ainsi corrompus dès leur origine, devenaient

lus méchants à mesure qu'ils se multipliaient. Gain.

un des fils d'Adam, tua son frère, .4bel le ji'Ste, dont il était jaloux; et sa postérité imita ses crimes. Dieu donna Seth à Adam au lieu d'Abel. La connaissance et le ser\ice de Dieu, se conserva dans la famille de Seth, jusqu'à ceque cette famille bénite s'étant mêlée avec celle de Gain, méchant et maudit, tout le genre humain fut corrompu. Alors Dieu résolut de noyer tous les hommes par un déluge universel , en réservant seulement Noé avec sa famille, afin de repeupler de nouveau la terre. A\ant que d'envoyer le déluge. Dieu ordonna à Noé de faire de bois , en forme de coffre , un grand bâtiment qu'on appela l'arche , et il y renferma les hommes avec les animaux qu'il voulut sauver, de toutes les espèces. Les eaux s'élevaient par toute la terre , jusqu'à couvrir les plus hautes montagnes. L'arche, protégée de Dieu, voguait dessus. Noé en sortit quand la terre fut desséchée , et un an après qu'il y était entré. La première chose qu'il fit fut d'élever un autel, et d'offrir à Dieu un sacrifice en action de grâces.

IV. L'ignorance et l'idolâtrie répandues par toute la terre : la vocation d'Abraham : les promesses et l'alliance. — La terre se repeupla d'hommes et d'animaux, et toutes les nations se formèrent des trois enfants de Noé : Sem, Gham, et Japhet. En s'éloignant des commencements, les hommes oubliaient Dieu qui avait fait le ciel et la terre, et les avait faits eux-mêmes. On adora les créatures où l'on vit quelque chose d'excellent, comme les astres, le ciel, les hommes extraordinaires; et l'idolâtrie commençait à se répandre par tout l'univers. La véritable religion ne laissait pas de se conserver avec la mémoire de la création du monde : les hommes se la laissaient les uns aux autres par tradition, et comme de main en main. Mais de peur qu'avec le temps elle ne se perdit tout à fait parmi tant de corruption, Dieu appela le patriarche Abraham, né de la race de Sem; il fit alliance avec lui, en lui promettant d'être son Dieu et de sa postérité, et l'obligeant aussi à le servir, lui et ses descendants. La circoncision fut établie comme le sceau de l'alliance. Abraham fut introduit dans la terre de Ghanaan , que Dieu lui promit de donner à sa postérité. C'est celle que nous appelons la Judée, la Palestine, ou la Terre-Sainte. Dieu y voulait être servi par les descendants d'Abraham. Pour combler ce patriarche de ses grâces, il lui ]iromit de nouveau le Sauveur du monde qui devait naître de sa race, et par lequel toutes les nations de la terre , après s'êlre longtemps égarées, devaient retourner un jour au vrai Dieu qui avait fait le ciel et la terre, les hommes et les animaux.

Dieu confirme son alliance, et les promesses du Christ qui devait venir, à Isaac, fils d'Abraham, et à Jacob, son petit-fils. Il donna à Jacob le nom d'Israël. Abraham, Isaac et Jacob vécurent dans la Palestine, tantôt d'un côté , tantôt d'un autre , sans y avoir de demeure fixe. Leur vie était simple et laborieuse; ils nourrissaient de grands troupeaux. Dieu bénissait leur travail à cause qu'ils le servaient, et ils étaient respectés des princes et des habitants du pays. Jacob y eut douze enfants, qu'on appelle les douze patriarches, c'est-à-dire, les premiers pères des Israélites, et la tige de leurs douze tribus. C'est de là que sont sortis les Israélites, et on les appelle aussi les Hébreux.

V. Le peuple de Dieu captif en Egypte, et délivré par Moise. — Une famine universelle obligea Jacob à quitter la terre de Ghanaan, pour se retirer avec ses enfants dans l'Egypte, qui n'en était pas éloignée. Tout abondait en Egypte par la prévoyance de Joseph, un des Qls

do Jacob , et celui qu'il aimait le mieux ; mais il croyait l'avoir perdu, et l'avait pleuré comme mort, il y avait déjà longtemps. Cependant Dieu l'avait conservé miraculeusement; et PharaoTl , roi d'Egypte, lui avait donné tout pouvoir dans son royaume. Jacob reçu en Egypte par ce moyen, s'y établit avec sa famille; et là, prêt à expirer, il" bénit ses enfants, chacun en particulier. Parmi tous ses enfants, Judas devait être le plus célèbre. C'était du nom de Juda que la Palestine devait un jour tirer son nom, et devenir la Judée. De ce même nom tous les Hébreux devaient aussi un jour être appelés Juifs. Jacob en le bénissant, lui annonça la gloire de sa postérité, et lui prédit que le Christ, sorti de sa race, serait l'attente des peuples.

La famille de Jacob devint un grand peuple; elle demeura dans la fui des patriarches, et servit le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, que l'Egypte plongée dans l'idolâtrie, ne connaissait pas. Cependant un autre Pharaon monta sur le trône , et ne se souvint plus des services de Joseph. La jalousie de ce prince et de ses sujets leur fit prendre la résolution d'exterminer les Hébreux. Dieu les sauva de leurs mains sous la conduite de Moïse, par des prodiges inouïs. L'Egypte fut frappée de dix terribles fléaux de Dieu , qu'on appelle les dix plaies d'Egypte. L'eau des rivières fut changée en sang, et les Egyptiens trouvaient à peine de quoi boire , les grenouilles remplirent toutes leurs maisons; des mouches de diverses sortes pénétraient partout, et ne leur laissaient aucun repos; Dieu envoya la mortalité et des ulcères terribles sur les hommes et sur les animaux; la grêle ravagea les moissons , dont les restes furent dévorés par des sauterelles qui couvraient la face de la terre; toute l'Egypte fut couverte de ténèbres épaisses, on ne se connaissait plus; enfin, Dieu envoya son ange, qui en une nuit fit mourir tous les premiers-nés des Egyptiens , depuis le fils du roi assis sur son trône, jusqu'au fils de la servante occupée au moulin , et dans les services les plus bas de la maison. Pharaon à cette fois écouta la voix de Dieu, et laissa sortir les Israélites. La mer Rouge s'ouvrit devant eux pour leur faire un passage, et un peu après ils virent flotter sur les eaux le corps de Pharaon et ceux de ses soldats, qui les poursuivaient : c'est qu'ils s'étaient repentis d'avoir obéi à Dieu ; Dieu aussi les fit périr sans miséricorde.

VI. Le peuple dans le désert : la loi : l'entrée dans la terre promise : Josué : David : Salomon : le temple : le schisme de Jéroboam : la captivité de Babylone : les prophéties : l'attente du Christ. — Les Israélites restèrent quarante ans dans le désert; mais Dieu les protégeait. La manne tomba du ciel pour les nourrir; un rocher, frappé par la verge de Moïse, leur fournit des eaux en abondance. Dès le commencement , Dieu leur parut sur le mont de Sinaï, avec une démonstration étonnante de sa majesté et de sa puissance , au milieu des éclairs et des tonnerres; il écrivit de son doigt les dix commandements, qu'on appelle le Décalogue, sur deux tables de pierre, et leur donna la loi sous laquelle ils devaient vivre dans la terre de Ghanaan, jusqu'à la venue du Christ.

Le temps était arrivé où Dieu avait résolu de donner aux Israélites cette terre promise à leurs pères. Moïse, leur législateur, les mena jusqu'à l'entrée : Josué les y introduisit , et la partagea entre les douze tribus. Dieu enfin suscita David , qui en acheva la conquête : la royauté fut établie dans sa famille : Dieu lui promit que le Christ sortirait de lui. Aussi Da\id était-il de la tribu de Juda , dont le Messie devait naître, selon l'oracle de Jacob. David chanta dans ses Psaumes les merveilles du Sauveur qui devait venir : il en \il la figure dans la personne de Salomon son fils et son successeur. Durant le règne de Salomon , le temple fut bâti dans Jérusalem, et celte sainte cité fut la figure de l'Eglise chrétienne. Salomon ne fut pas fidèle à Dieu, et aussi son royaume fut divisé sons Roboam , son fils et son successeur. Des

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douze tribus il y en eul dix qui se séparèrent du temple et de la famille de David, à qui Dieu avait donné le royaume. Jéroboam fut le chef de ces rebelles. C'est la figure des schismatiques et de feurs auteurs, qui se séparent de l'Eglise. Dieu les rejeta, et le nom en est aboli. La tribu de Juda fut le chef de ceux qui demeurèrent fidèles-. Mais les Juifs oublièrent souvent le Dieu de leurs pères, et leurs infidélités leur attirèrent divers châtiments. .'Vprès les impiétés d'Achaz et de Manassès, rois de Juda, Dieu appela Nabuchodonosor, roi de Babylone, pour punir les ingratitudes de son peuple : Jérusalem fut détruite, le temple réduit en cendres, et tout le peuple mené captif en Babylone. Mais Dieu se souvenait toujours de ses anciennes miséricordes, et des promesses qu il avait faites à Abraham, Isaac et Jacob. Ainsi , après soixante et dix ans de captivité , il ramena son peuple dispersé dans la terre de ses pères : Jérusalem fut réparée , et le temple rétabli sur ses ruines. Cyrus, roi de Perse, fut choisi de Dieu pour accomplir cet ouvrage. Esdras et Néhémias y travaillèrent sous les ordres des rois de Perse. En ce temps, et durant plusieurs siècles. Dieu ne cessa d'envoyer ses prophètes, qui reprenaient le peuple et fortifiaient les serviteurs de Dieu dans son culte. Ensemble ils prédisaient le règne éternel, et les souffrances du Christ, et le peuple de Dieu vivait dans cette attente.

VII. La venue de Jésus-Christ : sa prédication : sa mort : sa résurrection : son ascension : sa toute-puissance. — Il y avait environ quatre mille ans que le monde vivait dans les ténèbres. Dieu n'était connu qu'en Judée, et dans le plus petit peuple de l'univers. L'heure bienheureuse étant arrivée , ou ce Christ tant promis devait venir. Dieu envoya au monde son propre Fils : le Verbe de Dieu se fit homme. La nouvelle de sa prochaine venue fut annoncée à Marie, qui devait être sa mère , et néanmoins toujours vierge. Elle crut : le Christ, Fils de Dieu , fut conçu dans ses entrailles. Il naquit à Bethléem : il fut circoncis et nommé Jésus , c'est-à-dire. Sauveur. Il croissait en obéissant à Marie sa mère, et à Joseph son nourricier. A l'âge d'environ trente ans, il fut baptisé par saint Jean-Baptiste : il prêcha dans la Judée, et il annonça l'Evangile, c'est-à-dire, la bonne nouvelle; et cette bonne nouvelle , c'est la rémission des péchés, et la vie éternelle, à ceux qui croiraient en lui, et vivraient selon les préceptes de la loi nouvelle qu'il prêchait. Pour jeter les fondements de son Eglise, il appela ses douze apôtres, dont saint Pierre fut établi le j chef par Jésus-Christ. Cependant la jalousie des pontifes, des pharisiens et des docteurs de la loi s'élevait contre lui, à cause qu'il reprenait leurs erreurs et leur hypocrisie. Enfin , il fut crucifié sur le Calvaire, auprès de Jérusalem , entre deux v oleurs. Les Juifs continuèrent à l'outrager au milieu de son supplice; et comme il eût demandé à boire, on lui présenta dans une éponge du fiel et du vinaigre. Tout ce qui était écrit de lui dans les Psaumes et dans les Prophéties , fut accompli : il expira sur la croix ; son corps fut mis dans un tombeau : son âme sainte descendit dans les enfers, oii elle délivra les Pères détenus dans ces lieux souterrains , et se réunit à son corps le troisième jour. Ce jour même , Jésus-Christ ressuscité se fit voir a ses disciples incrédules. Ils voient , ils touchent ses plaies, ils y enfoncent leurs doigts et leurs mains, ils sont convaincus. Durant l'espace de quarante jours Jésus-Christ leur parle, il les instruit; il envoie ses douze apôtres par toute la terre, pour y être les fondateurs des églises chrétiennes, et la source de tous les pasteurs qui les devaient gouverner jusqu'à la fin du inonde ; enfin , après leur avoir promis d'être toujours avec eux jusqu'à la fin des siècles, il monte aux cieux en leur présence. Là il est assis à la droite de son Père, et toute puissance lui est donnée dans le ciel et sur la terre.

VIII. Descente du Saint-Esprit , et l'établissement de l'Eglise. — Cinquante jours après Pâques, et le jour do

la Pentecôte, il envoya le Saint-Esprit qu'il avait promis. Les apôtres remplis de force, prêchent par tout l'univers Jésus-Christ ressuscité, et la rémission des péchés en son nom et par son sang. En peu de temps ils remplissent tout l'univers de l'Evangile, et répandent leur sang pour en confirmer la vérité. L'empereur Néron , le plus infâme et le plus cruel de tous les princes, fut le premier persécuteur de l'Eglise, et il fit mourir à Rome les apôtres saint Pierre et saint Paul. Aussitôt après cette première persécution , la guerre commença contre les Juifs qui avaient excité l'empire romain contrôles saints, et avaient livré les apôtres aux empereurs. A ce coup , Jérusalem périt sans ressource , le temple fut consumé par le feu , les Juifs périrent par le glaive. .\lors ils ressentirent l'eflèt du cri qu'ils avaient fait contre le Sauveur ; Son samj soit sur nous, et sur nos enfants. La vengeance de Dieu les poursuit, et partout ils sont captifs et vagabonds. Cependant le monde, corrompu par l'idolâtrie et par toutes sortes de vices, apprend une vie nouvelle. L'Eglise, persécutée durant trois cents ans, souffre sans murmurer les dernières extrémités, et tout l'univers s'unit en vain pour la détruire. La sainteté de ses enfants , et la constance de ses martyrs, édifie et convertit tous les peuples. Au temps que Dieu avait résolu de lui cTonner du repos , il suscita Constantin, empereur romain, son serviteur, qui embrassa publiquement le christianisme. Les rois de la terre devinrent les enfants et les défenseurs de l'Eglise; et selon les anciennes prophéties, elle s'établit par toute la terre. Les hérésies prédites par Jésus-Christ et par les apôtres s'élèvent : tous les mystères de la foi sont attaqués les uns après les autres : la foi ne fait que s'affermir et s'éclaircir davantage. Par la saine doctrine et par l'administration des saints sacrements , l'Eglise produit toujours des saints, qu'elle tient cachés dans son sein. Tous les siècles sont illustrés par l'exemple de quelque sainteté plus éclatante. Parmi beaucoup de tentations et de périls, les chrétiens attendent la résurrection générale , et le jour oîi Jésus-Christ reviendra , dans sa majesté, juger les vivants et les morts.

Pour imprimer ce récit dans l'esprit des enfants, il est bon de leur faire retenir les noms de ceux dont Dieu s'est principateraent servi; parce que l'expérience fait voir, que la suite de l'Histoire sainte, comme attachée à ces noms, se conserve mieux dans la mémoire. On pourra donc faire ces demandes , ou d'autres semblables.

Qui est le créateur du ciel et de la terre ? — Dieu éternel, Père, Fils, et Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes.

Quel est le premier homme que Dieu a créé? — C'est Adam.

Et la première femme? — C'est Eve.

Sont-ce là nos premiers parents? — Opi, Adam et Eve sont nos premiers parents.

Qu'eti avo7is-nous hérité? — Le péché et la mort.

Quel est le premier de tous les justes qui est mort dans la grâce? — C'est Abel, que son frère Caïn tua par jalousie.

Quel autre enfant Dieu donna-t-il à Adam à la place d'Abel? — Il lui donna Seth, dans la famille duquel le service de Dieu se conserva.

Comment est-ce que Dieu punit la corruption universelle du monde? — En envoyant le déluge.

Est-ce qu'il n'y avait point de juste sur la terre? — Il y avait le jusie Noé.

Quelle grâce Dieu lui fit-il ? — De le conserver dans l'ai'che contre le déluge, lui et sa famille.

Tar qui fut repeuplé le monde ? — Par les trois enfants de Noé , qui sont Sem , Cham et Japhet.

Avec qui Dieu a-t-il commencé son alliance ? — A\ ec Abraham.

De qui était-il descendu? — De Sem,

Qui appelez-vous les patriarches? — .\braham, Isaac son flis, Jacob, fils d'Isaac, et ses douze enfants.

Quel autre nom a Jacob ? — Il s'appelle aussi Israël ; et c'est de lui que sont sortis les Israélites, c'est-à-dire, le (leuple de Dieu.

D'où sont sorties les doice tribus d'Israël? — De ces douze enfants de Jacob.

Qui est celui de ces douze enfants de Jacob dont Jésus-Christ devait naitre? — De Juda.

Où est-ce que les Israélites furent captifs dans le commencement? — En Egypte, où leurs pères s'étaient réfugiés dans une famine universelle.

De qui Dieu se servit-il pour les délivrer de cette servitude ? — De Moïse.

Par qui Dieu a-t-il donné la loi aux anciens Hébreux?— Par le même Moïse.

Qui les a introduits dans la terre promise ? — C'est Josué.

Qui a achevé la conquête de cette tore ? — Le roi David.

De quelle tribu était-il? — De celle de Juda.

Quelle promesse particulière reçut-il de Dieu? — Que le Christ ou le Messie sortirait de sa race.

Qui a biUi le temple de Jérusalem? — Salomen, flls de David, un des ancêtres de Jésus-Christ.

Que nous figure le temple? — L'Eglise catholique, où Dieu veut être servi.

Sous quel roi est-ce que dix tribus se séparèrent du temple? — Sous Roboam, fils de Salomon.

Qui fut l'auteur de ce schisme ? — Jéroboam , dont le nom est infâme à la postérité.

Que nous figure cela? — Les hérésies et les schismes.

Quelle tribu fut le chef de ceux qui demeurèrent fidèles? — C'est la tribu de Juda, dont le Christ de\ait sortir.

Etait-il attendu par le peuple juif? — Oui , il était attendu , et il était prédit par Moïse , par David dans ses Psaumes, et par les prophètes.

Quand est-ce que Jésus-Christ est venu? — Environ l'an quatre mille du monde.

De qui est-il fils? — Il est Fils de Dieu dans l'éternité, et de la vierge JMarie dans le temps.

Qui so7it ceux qu'il a appelés pour établir son Eglise? — Les douze apôtres.

Qui est le premier des douze apôtres ? — C'est saint Pierre.

Qui lui a donné cette primauté? — Jésus-Christ mênie.

D'où sont venus tous les évêques et tous les pasteurs de l'Eglise? — Des douze apôtres.

Qui est le premier persécuteur de l'Eglise ? — C'est Néron, le plus cruel et le plus infâme de tous les princes.

Par qui commença-t-il la persécution? — Par les apôtres saint Pierre et saint Paul.

Où leur fit-il souffrir le martyre ? — A Rome même.

Qui est le premier prince qui ait fait publiquement profession du christianisme ? — C'est l'empereur Constantin.

Le curé ou le catéchiste pourra ici raconter la conversion de Constantin; la croix qui lui apparut dans le ciel avec ces paroles : En celle-ci tu vaincras; la victoire qui s'en ensuivit, et comme la religion cbrétienne fut embrassée ^t exaltée par cet empereur.

Il pourra aussi raconter succinctement et à diverses reprises, pour ne point trop charger en une fois la mémoire des enfants , que le premier évèque qui a prêché l'Evangile en ces pays, a été saint Denys, envoyé par le pape qui était alors; que saint Denys confirma l'Evangile par son martyre; que c'est de là qu'est venue une longue suite d'évêques, par la grâce de Dieu, tous catholiques; que la nation clés Français étant entrée dans ces pays, Clovis, un de ses rois, gagna une grande bataille, en invoquant Jésus-Christ; qu'il fut baptisé par saint Rémi, archevêque de Reims, avec tous les Français; qu'il se fit à leur conversion une infinité de miracles, par où la foi catholique fut tellement afl'ermie, que depuis ce temps elle n'a jamais été altérée, et que depuis douze cents ans nos rois et tout ce royaume a toujours été catholique , uni à l'Eglise romaine et au successeur de saint Pierre.

Que le catéchiste ne croie pas avoir perdu son temps , en imprimant ces choses dans l'esprit des enfants : car par ce moyen il leur donne une idée générale de la religion , et les attache au corps de l'Eglise catholique.

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