Tu ne di'sireras point la femme de ton prochain
10. Tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien qui lui appartienne.
Le calijchiste pourra ici répéter aux enfants ce qui est dit ci-dessus au premier catéchisme, leçon VI, et le leur faire bien entendre, et même répéter s'il en est besoin.
Il aura soin d'expliquer nettement l'usage des images suivant la doctrine du saint concile de Trente , en la session xxv ; et sur le sixième commandement il inspirera aux enfants une grande horreur de toute déshonnèteté , sans trop particulariser, mais en sorte qu'il fasse entendre qu'en tout âge il se
commet d'horribles péchés contre ce commandement, qui attirent la malédiction de Dieu sur toute la vie, et causent de grands sacrilèges par la lionle qu'on a de les confesser. Il faut insinuer celle qu'on devrait en avoir plutôt que de les commettre , et montrer que celle pudeur, et la honte que nous avons actuellemenl de certaines choses, est un moyen de nous enseigner ce qui déplaît à Dieu. On doit aussi montrer quel mal c'est, d'oser commettre devant Dieu les péchés qu'on ne voudrait pas commettre devant les hommes. Cet avertissement est plus important qu'on ne peut dire; et les curés et le catéchiste n'y peuvent trop faire de réflexion.
LEÇON II
IXSTECCTION GÉNÉRALE SUR LE DÉCALOGUE , ET SUR LES DEUX PRÉCEPTES DE LA CHARITÉ.
A l'occasion de la charité envers le prochain, on pourra parler de l'aumône. — Récit. La sentence de Jésus-Christ au dernier jour [Matlh., xxv, 34, etc). Une autre fois la mort de Tabitha ; les larmes des veuves , et les habits qu'elle leur faisait, montrés à saint Pierre; la résurrection de cette pieuse femme [Act., ix, 36, etc.).
A qui Dieu a-t-il donné le Décalogue? — A Moïse, pour le peuple Hébreu.
Dans quel temps l'a-t-il donné à Moïse? — Après la sortie d'Egypte, quand le peuple était dans le désert.
Oi( l'u-t-il donné? — Sur la montagne de Sinaï, au milieu des tonnerres et des éclairs.
Pourquoi? — Pour inspirer la terreur et la majesté de Dieu.
Comment Dieu a-t-il donné les préceptes dti Décalogue? — Gravés de sa propre main sur la pierre.
Pourquoi? — Afin que nous apprissions à les révérer, comme chose venue de Dieu.
Quel esf l'abrégé des commandements? — L'amour de Dieu et du prochain.
Qui l'a dit? — C'est Jésus-Christ même.
Dites le commandement de l'amour de Dieu et du prochain, comme il est rapporté dans l'Evangile. — Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit ; c'est là le premier et le grand commandement. Et voici le second, qui est semblable à celui-là : Tu aimeras ton prochain comme toimême. Dans ces deux commandements sont renfermés toute la loi et les prophètes (Matth., xxii, 37 ; Marc, xii, 30 ; Luc, s , 27).
LEÇON III
Des COMMANDEMENTS DE l'EgLISE.
Qui a donné à l'Eglise le pouvoir de faire des commandements? — Dieu même, en nous la donnant pour mère.
Est-on obligé d'obéir à l'Eglise? — Oui, puisque c'est Jésus-Christ qui nous le commande.
Pourquoi encore? — Parce que les commandements de l'Eglise servent à observer les commandements de Dieu.
Combien y a-t-il de commandements de l'Eglise? — Il y en a six.
Récitez le premier et le second commandement. — l» Les dimanches messe ouïras, et fêtes de commandement.
2» Les fêtes tu sanctifieras, qui te sont de commandement.
Que veut dire ce mot dimanche? — Il veut dire jour du Seigneur.
Mais Dieu n'avait-il pas établi un autre jour? — Oui; autrefois le jour du Seigneur était le septième jour, ou le samedi.
Pourquoi Dieu avait-il établi ce jour? — En mémoire de ce qu'il avait créé le monde on six jours, et que le septième jour il s'était reposé de tous ses ouvrages.
Que veut dire ce mot? — Que le monde était parfait , et qu'il n'y avait |ilus rien à faire de nou\ eau ; mais seulement à copserver et à gouverner ce qui était fait.
Et quoi encore? — Que Dieu nous prépare à la fin du monde un repos éternel.
Par quelle autorité ce jour-là a-t-il été changé au dimanche?— Par l'autorité des apôtres et de l'Eglise.
CATECHISME DE MEAUX
Pourquoi a-t-on choisi ce jour pour le repos des chrétiens? — En mémoire de la résurrection de Notre Seigneur, et de la descente du Saint-Esprit arrivée en ce jour.
Quelles autres fêtes l'Eglise a-t-clle instituées ? — Les fêtes de Notre Seigneur et des saints.
Pourquoi a-t- elle institue les fêtes de Notre Seigneur? — En mémoire des saints mystères qu'il a accomplis.
Et les fctes de la sainte Vierge et des saints? — En mémoire des grâces que Dieu leur a faites , et pour en remercier sa bonté suprême.
Pourquoi encore? — Afin que nous imitions leurs exemples, et que nous soyons aidés par leurs prières.
Que faut-il faire pour sanctifier les fûtes selon l'intention de l'Eglise? — Il faut entendre la messe, la prédication, et le service de l'Eglise avec dévotion et respect, et vaquer aux bonnes œuvres.
Que nous est-il défendu? — Il est défendu de faire aucune œuvre servile.
Qu'appelez-vous les œuvres scrviles? — Les œuvres mercenaires, par où ordinairement on gagne sa vie.
N'y a-t-il rien d'excepté ? — On en excepte les œuvres nécessaires à la vie.
Que doit-on faire à cet égard? — Disposer tellement son temps qu'on en réserve tout ce qu'on pourra pour le service divin.
Quelles autres œuvres faut-il particulièrement éviter pour bien sanctifier les fêtes? — Il faut éviter le péché et tout ce qui porte au péché ; comme le cabaret , les danses, les assemblées de brelans et de jeux défendus.
Et pour les jeux et exercices permis? — Il se faut bien garder d'y donner trop de temps, et surtout d'y passer le temps de la messe paroissiale, de la prédication , ou du catéchisme , et du service di\in.
Dites le troisième commandement de l'Eglise? — Tous tes péchés confesseras à tout le moins une fois l'an.
Que nous ordonnet-il? — De confesser tous nos péchés au moins une fois l'an au propre prêtre, qui est le curé, ou avec sa permission, à quelque autre qui ait pouvoir de nous absoudre.
Dites le quatrième commandement. — Ton Créateur tu recevras au moins à Pâques humblement.
Que nous ordonne-t-il? — Qu'étant parvenus à l'âge de discrétion , nous recevions le saint Sacrement au moins une fois l'an, à Pâques.
Où faut-il recevoir le saint Sacrement? — A sa paroisse.
Répétez le cinquième commandement de l'Eglise. — Quatre-temps , vigiles jeûneras , et le carême entièrement.
Expliquez ce commandement? — Il nous commande de jeûner certains jours , quand on a l'âge, et qu'on n'a point d'empêchement légitime.
Répétez le sixième commandement. — Vendredi chair ne mangeras, ni le samedi mêmement.
Qu'est-il défendu par là? — De manger de la viande les vendredis et les samedis sans nécessité, sous peine de péché mortel.
Pourquoi s'abstenir de viande ces jours-là? — 1" Pour faire chaque semaine quelque œuvre de pénitence; 2o en mémoire de la mort douloureuse que Notre Seigneur a soufferte le vendredi ; 3» pour honorer sa sépulture, et le jour qu'il y demeura, qui fut le samedi; 4« pour nous préparer à sanctifier le dimanche.
LEÇON IV
Du PÉCHÉ, ET DE LA JUSTICE CHRÉTIENNE.
Qu'est-ce que le péché? — C'est ce qui se fait , ce qui se dit, ce qui se résout contre le commandement de Dieu.
Combien y a-t-il de sortes de péchés? — Do deux sortes , le péché originel et le péché actuel.
Qu'est-ce que le péché originel? — C'est celui que nous apportons dès notre origine, c'est-à-dire, en naissant.
Qu'est-ce que le péché actuel? — C'est celui que nous commettons nous-mêmes, étant parvenus à l'usage de la raison ; comme dérober, mentir.
Combien y a-t-il de sortes de péché actuel? — De deux sortes, le mortel et le véniel.
Qu'est-ce que le péché mortel? — C'est celui qui donne la mort à l'âme, lui fait perdre la grâce de Dieu ; comme tuer, dérober quelque chose considérable, ne point entendre la messe un jour de dimanche ou de fête.
Qu'est-ce que le péché véniel'l — C'est celui qui n'ôte pas la grâce, mais qui refroidit la charité, et dispose au péché mortel ; comme dire quelque paroles inutiles, mentir en chose légère, être distrait dans ses prières, faute de s'y appliquer autant qu'il faut.
Il faut donc beaucoup craindre le péché véniel? — Beaucoup, et en avoir une grande horreur, surtout quand on le commet avec une volonté délibérée.
Que mérite le péché mortel? — Une peine éternelle.
Que mérite le péché véniel? — Des peines temporelles et très-grièves.
Oii le's souffre-t-on ? — En ce monde et en l'autre.
Faut-il beaucoup de péchés mortels pour être damné? — Il n'en faut qu'un seul , les démons sont damnés éternellement pour un seul péché d'orgueil.
Quelle horreur faut-il avoir d'un péché mortel ? — Plus que d'un poison.
Quel remède y a-t-il aupéché ? — La pénitence.
Avons-nous tous besoin de lapénitcnce ? — Oui , puisque nous sommes tous pécheurs.
Quel fruit recueillez-vous de cette doctrine des commandements et des péchés ? — C'est d'avoir et de pratiquer la justice chrétienne.
Qu'est-ce que la justice chrétienne ? — C'est fuir le mal , faire le bien , prier Dieu qu'il nous en fasse la grâce , et lui demander continuellement pardon.
LEÇON V
Qu'on fera aux phis avancés , aussi bien que les deux suivantes. • Des péchés d'omission, et dd précepte de l'a-mour de Dieu.
Quels sont les plus dangereux de tous les péchés ? — Ce sont les péchés d'omission.
Pourquoi les jjlus dangereux ? — Parce qu'ils sont les plus cachés.
Qu' appelez-vous péché d'omission ? — C'est celui que nous commettons en négligeant de nous acquitter de nos obligations générales ou particulières.
Qu'appelez-vous les obligations générales ? — Celles qui sont communes à tous les chrétiens, comme de croire en Dieu , d'espérer en Dieu , d'aimer Dieu , et de le prier.
Qu' appelez-vous les obligations particulières? — Celles qui conviennent à certains états, comme celles d'un père, celles d'un fils, colles d'un mari, d'une femme, d'un magistrat, d'un artisan, et ainsi des autres.
Dites-nous-en quelque exempile. — Comme quand un père de famille ou une mère ne sont pas soigneux d'instruire leurs enfants, et leurs serviteurs et servantes; quand ils manquent de les reprendre , de les faire prier Dieu soir et matin , de les envoyer ou de les mener au service divin , au catéchisme, au sermon.
Donnez-nous-en quelque exemple. — Comme quand un enfant ne rend pas à son père ou à sa mère l'honneur, ou le service ou l'assistance qu'il leur doit , surtout dans la maladie et dans le besoin.
Quels sont les principaux péchés d'omission ? — Ceux où l'on néglige ce qu'on doit à Dieu, comme de l'adorer et de le prier ; de penser à la loi de Dieu et à son salut ; d'aimer Dieu de tout son cœur.
Est-ce un grand péché de manquer à aimer Dieu ? — C'est un très-grand péché, et la cause de tous les autres.
Pourquoi ? — Parce que si on aimait Dieu , jamais on ne manquerait à aucun de ses commandements.
Repétez le commandement de l'amour de Dieu. — Tu aimeras lo Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute
CATÉCHISME DE MEAUX
ton àmp, et de tout ton esprit. C'est là le premier et le grand commandement. Et voici le second, qui est semblable à celui-là : Tu aimeras Ion prochain comme toimême. Dans ces deu.\ commandements sont renfermés toulc la loi et les prophètes.
Combien y a-t-il de sortes d'obligations à l'homme d'accomplir ce précepte ? — De deux sortes , l'une générale et continuelle, et l'autre particulière.
Quelle est l'obligation générale et continuelle ? — C'est de n'aimer en aucun temps la créature plus que Dieu, d'être à toute heure et à tout moment disposé à aimer Dieu plus que toutes choses.
Comment cela? — Comme un bon fils est toujours disposé à aimer son père , et à lui donner des marques de son amour.
Mais n'y a-t-il pas des occasions oii il y a obligation particulière de s'exciter à aimer Dieu? — Il y en a qu'il est difficile de déterminer, parce qu'elles dépendent des circonstances particulières.
Outre ces obligations particidiéres, n'y a-t-il pas obligation de s'exciter de temps en temps à aimer Dieu? — Oui , et nous devons tellement multiplier les actes d'amour de Dieu, que nous ne soyons pas condamnés pour avoir manqué à un exercice si nécessaire.
Faites-moi connaître la faute qu'il y a de manquer à un tel exercice? — C'est parce que celui qui manque à aimer Dieu, manque à la principale obligation de la loi de Jésus-Christ, qui est une loi d'amour.
Pourquoi encore ? — Parce que manquer à l'amour de Dieu, c'est manquer à la principale obligation de la créature raisonnable.
Quelle est cette obligation? — De reconnaître Dieu comme le premier principe et comme la fin dernière.
Qu' appelez-vous premier principe? — La première cause de notre être.
Qu'appelez-vous pi dernière ? — Celle à laquelle on doit rapporter toutes ses actions et toute sa vie. ■ Qtielle est notre fin dernière? — C'est Dieu.
Pourquoi? — Parce qu'il nous rend heureux en se donnant à nous.
De quoi est digne celui qui n'aime pas Dieu? — D'en être privé éternellement.
LEÇON VL Des sept péchés capit.\ux.
L'orgueil de Nabuchodonosor est puni (Dan., iv). Apparition terrible devant le festin de Balthasar [Idem, v). Hérode frappé par un ange [Ad., xn, 20-23).
Quels sont les péchés qu'on appelle capitaux? — Ce sont ceux auxquels tous les autres se peuvent réduire comme à leur source.
Quels sont-ils ? — On en compte sept : orgueil, avarice, envie, gourmandise, luxure, colère, paresse.
Qu'est-ce que l'orgueil? — C'est présumer de soi-même et de ses forces.
Qu'est-ce que présumer de soi-même ? — C'est se croire quelque chose au lieu qu'on n'est rien.
Qu'arrive-t-il de là? — Qu'on se préfère aux autres , et qu'on veut toujours s'élever au-dessus d'eux.
Qu'est-ce que présumer de ses forces? — C'est agir comme si on pou\ ail quelque chose de soi-même, comme font ceux qui négligent de prier Dieu dans les tentations, ou pour les prévenir.
Que leur urrive-t-il en punition de leur orgueil? — Dieu les abandonne à eux-mêmes , et ils tombent dans le i)éché.
L'orgueil est-ce un grand péché ? — Oui , l'orgueil est un grand péché, puisque c'est lui qui fait les démons.
Qu'est-ce que l'avarice? — C'est un amour désordonné des biens de la terre , principalement de l'argent.
L'avarice est-ce un grand péché? — Oui, puisque saint Paul rappelle une idolâtrie.
Pourquoi? — Parce que l'avare fait son Dieu de son argent.
Que dit encore saint Paid de l'avarice? — Il dit que c'est la racine de tous les maux.
Pourquoi l'avarice est-elle la racine de tous les maux?
— Parce que l'argent nourrit toutes les passions, et nous donne le moyen de les satisfaire.
Qu'est-ce que l'envie? — C'est la douleur que nous ressentons du bien qui arrive au prochain, parce que nous en sommes moins considérés.
Donnez-nous-en un exemple? — Comme quand un marchand et un ouvrier est fâché de ce qu'un autre marchand et un autre ouvrier réussit dans son travail.
A qui ressemble-t-on par l'envie? — Au démon, qui tâche de nous perdre, par l'envie qu'il a de notre bonheur.
Et à qui encore ? — A Cain qui porta envie à son frère Abel , et le tua.
Que cause l'envie? — Les calomnies et les médisances.
Qu'appelez-vous calomnie? — C'est inventer du mal de son prochain.
Qu'appelez-vous médisance? — C'est se plaire à découvrir le mal qu'on en sait.
Quel crime est-ce que la médisance et la calomnie ? — C'est une espèce de meurtre et d'empoisonnement.
Qu'est-ce que la gourmandise ? — C'est une attache démesurée aux plaisirs de la bouche.
Quelle est la plus dangereuse gourmandise ? — C'est l'ivrognerie, qui nous fait perdre la raison, et nous change en une bêle furieuse.
Quel est le plus grand danger de la gourmandise ? — C'est qu'elle nous porte à la luxure.
Qu'appelez-vous luxure? — C'est le vice d'impureté.
La luxure est-ce un grandpéché? — Oui : la luxure est un grand péché , puisqu'il obscurcit l'entendement, et nous fait souiller en nous-mêmes le temple de Dieu , c'est-à-dire , notre corps.
Que dit saint Paul de la luxure, et des péchés qui en dépendent? — Qu'ils ne devraient pas même être nommés parmi les chrétiens, à cause de leur excessive déshonnêteté.
Qu'est ce que la colère? — C'est le désir de la vengeance, qui attire sur nous la vengeance de Dieu.
Qu'est-ce que la paresse? — C'est une langueur de l'âme qui nous empêche de goûter la vertu, et nous rend lâches à la pratiquer.
LEÇON VIL De la te.\'t.\tion et de la concupiscence.
Qu'est-ce qui cause en nous le péché? — C'est la tentation.
Combien y a-t-il de sortes de tentations ? — Il y en a deux : celle qui vient du dehors, par exemple au démon; et celle qui vient du dedans, et de notre concupiscence.
Qu'appelez-vous la concupiscence? — Les mauvais désirs que nous ressentons continuellement en nousmêmes.
Quelle est la plus dangereuse de toutes les tentations?
— C'est celle de nos mauvais désirs , parce que le démon même ne peut nous nuire qu'en les excitant {Jac,
Combien y a-t-il de sortes de concupiscences? — L apôtre saint .lean en raconte de trois sortes; à savoir : la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil ou l'ambition (I. Joan., ii, 161.
Qu'est-ce que la concupiscence de la chair ? — C'est l'amour du plaisir des sens.
Qu'est-ce que la concupiscence des yeux? — C'est la curiosité, qui est la mère de toutes les sciences dangereuses.
Qu'appelez-vous les sciences dangereuses? — C'est, par exemple, la magie, l'astrologie judiciaire, et les autres sciences par lesquelles on s'imagine pouvoir deviner l'avenir.
CATECHISME DE MEAUX
Qu'y a-t-il de si dangereux dans cette science de deviner? — Outre que c'est une tromperie et une illusion, c'est de plus, se vouloir soustraire àia divine Providence.
Comment? — En pénétrant l'avenir dont Dieu s'est réservé la connaissance.
Est-il jH'nnis de consulter les devins, et de se faire dire sa bonne aventure? — Non : c'est une illusion et une abomination de\ ant Dieu.
Qu'en arrive-t-il? — Il en arrive sou\ent que les maii.\ qu'on nous prédit , nous arrivent par un juste jugement de Dieu.
Ne permet-il pas aussi quelquefois que les biens qu'on nous prédit nous arrivent "? — Quand Dieu le permet ainsi , c'est pour nous aveugler, et nous punir ensuite davantage.
JVe peut on pas aussi excéder dans la recherche des sciences honnêtes? — Oui, quand on les désire avec trop d'ardeur, et qu'on s'y applique davantage qu'à la piété.
Qu'est-ce que l'orgueil ou V ambition? — C'est se trop estimer soi-même, et vouloir toujours s'élever au-dessus des autres.
Quel mal nous en arrive-t-il? — De nous dissiper comme une fumée, et d'attirer sur nous la colère de Dieu.
Pourquoi? — Parce qu'il se plaît à foudroyer les orgueilleux , et à relever les simples et humbles de cœur.
Faut-il résister à ces trois concupiscences? — Oui, il leur faut continuellement résister, et c'est l'exercice de toute la vie.