DU SAINT DIMANCHE
Et par occasion de la messe paroissiale, et des devoirs d'un bon paroissien.
Cette instruction doit être faite au moins quatre fois l'année ; à savoir, après l'Epiphanie, après Pâques, après la Pentecôte , après la Toussaint.
Le pasteur ou catéchiste pourra la continuer deux ou trois dimanches consécutifs, jusqu'à ce qu'on la sache parfaitement, et il l'iuculquera beaucoup, parce qu'elle est la plus importante.
LEÇON I
De l'institutio.\ du dimanche.
Pieprésenter le repos de Dieu, considérant ses ouvrages accomplis, et les approuvant (Gen., i), 6u Jésus-Christ sorti du tombeau, et éternellement affranchi des peines de sa vie mortelle; ou après la résurrection et le jugement dernier, le mémo ^ Jésus introduisant les fidèles dans le repos éternel (/. 6'or., xv).
Demande. Qu'est-ce que le saint dirnanehe ? — RÉ- ' poNSE. C'est le jour que Dieu a choisi pour être particulièrement sanctifié.
Qu' appelez-vous sanctifier le dimanchet — Le passer saintement.
Que veut dire ce mot de dimanche ? — Il veut dire le jour du Seigneur, c'est-à-dire, celui qu'il a spécialement consacré à son service.
Pourquoi dites-vous que Dieu a particulièrement choisi ce jour'? — Parce que, dès l'origine du monde. Dieu ayant voulu partager les jours ])ar semaines, il a choisi un des sept jours de la semaine pour être particulièrement sanctifié.
Quel jour avait-il choisi anciennement ? — Le sepî tième, qu'on appelait pour cette raison le jour du sabbat ou du repos.
j Pourquoi Dieu avait-il institué ce jour ? — En mé- I moire de ce qu'il avait créé le monde en six jours , et que le septième jour il s'était reposé de tous ses ouvrages.
Que veut dire ce repos ? — Que le monde était parfait, et qu'il n'y avait plus rien à faire de nouveau.
CATÉCHISME DE MEAUX
Et quoi encore'' — Que Dieu nous prépare à la fin du monde un repos éterni?! [Ilcbr., iv, 3 et seq.).
Par quelle autorité ce jour a-t-il été changé au dimanche '? — Par l'autorité des apôtres et de l'Eglise.
Pourquoi a-t on choisi ce jour pour être le repos des chrétiens'! — En mémoire de la résurrection de Notre Seigneur, et de la desconte du Saint-Esprit arrivée en ce jour.
Qu'y a-t-il donc ici de divin ? — L'institution d'un jour dans chaque semaine pour le consacrer à Dieu.
Et lu ti-anslation du samedi au dimanche ? — C'est une institution apostolique.
Quel rang tient le dimanche parmi les jours de la semaine'! — Le premier.
Quel jour est représenté par le dimanche^ — Le premier jour de la création, qui est celui où Dieu fit la lumière.
Ce jour a-t-il quelque rapport au jour de Pâques et de la Pentecôte, dont l'Eglise renouvelle la mémoire en ce jour'! — Oui, puisque Jésus-Clu'ist , sorti du tombeau, est la lumière du monde , et que l'envoi du Saint- Esprit a illuminé les apôtres.
LEÇON IL De l.\ messe p.^noissuLE, et premièrement du prône.
Représenter l'ordre de la messe solennelle , principalement comme elle était autrefois, accompagnée de la communion de tout le peuple : faire voir le clergé séparé du peuple, les hommes d'avec les femmes : l'ordre, le silence, l'alteation, tout le monde répondant, et le reste de celte sorte.
Que faut-il faire pour sanctifier ce jour, et le consacrer à Dieu'! — L'employer à do bonnes œuvres.
Quelle est la principale de toutes les bonnes œuvres r) quoi on est obligé en ce saint jourl — ■ A entendre la <ainte messe.
Quelle messe doit-on principalement entendre"! — La messe paroissiale, autant qu'il se peut, selon l'institution ancienne.
Pourquoi vaut-il mieux entendre la messe paroissiale qu'une autre messe? — Parce qu'à la messe paroissiale se fait l'assemblée des fidèles.
Pourquoi encore^ — Parce que le prône se fait dans la messe paroissiale.
Qu'est-ce que le prône ? — Le prône comprend deux choses princi[)ales.
Quelles sont-elles'! — La première est la prière publique, commandée de Dieu pour toute l'Eglise, pour les pasteurs, pour les princes, pour les malades, pour les affligés, et pour toutes les nécessités publiques et particulières du peuple de Dieu.
Cette prière est-elle agréable à Dieu'! — Oui, principalement quand elle se t'ait en commun par le pasteur tt tous les fidèles assemblés.
Quelle est la seconde partie principale du prône ? — C'est l'instruction pastorale.
L'instruction pastorale est-elle pdus agréable à Dieu que les autresl — Oui, parce que c'est l'instruction de celui qui est chargé de nos âmes.
Pourquoi encore'! — Parce que c'est celle que l'Eglise a établie, et qu'elle recommande le plus. Outre que c'est là qu'on publie ses ordonnances, ses fêtes, ses jeunes, ses observapces , et ce qui regarde le service de Dieu.
LEÇON lU.
De l'offrande , du s.icrifice , et de la communion , et en général
DE l'amour qu'on DOIT AVOIR POUR SA PAROISSE.
Que signifie l'offrande? — C'est (ju'autrefois les fidèles apportaient à l'autel leur pain et leur vin pouryétie oll'erts.
Et que faisaient-ils ensuite? — Ils communiaient de leurs oblations , et le reste était destiné à la subsistance du clergé, et à faire l'aumône au.\ pauvres.
D'où vient que cette coutume a cessé? — Parce que le peuple a cessé de communier comme autrefois aux messes solennelles que célébraient les pasteurs.
Et pour ce qui demeurait pour la subsistaiice du clergé ? — On y a suppléé par ce qui s'appelle à présent l'olTrande.
Ne serait-il pus à désirer que l'on communiât comme autrefois à la messe solennelle célébrée par le pasteur?
— Oui, et ce serait une bonne pratique que ceux de la paroisse qui veulent communier, le fissent ensemble à la messe de paroisse.
Pourquoi? — Parce que la communion est plus agréable à Dieu , quand elle se fait en commun.
Qu'y remarquez-vous alors qui soit plus agréable à Dieu? — La société fraternelle, qui est une des choses signifiées par le mot de communion.
Bhtis le mot de communion ne veut-il pas dire la communion au corps de Jésus-Christ? — Oui, mais il veut dire encore la communion des fidèles, dont le corps de Jésus-Clirist est le lien.
La messe paroissiale a-t-elle aussi quelque chose de plus agréable à Dieu ? — Oui.
Et pourquoi ? N'est-ce pas le même Jésus Christ qu'on offre dans toutes les messes? — Il est vrai ; mais la messe paroissiale est recomraandabledo plus par l'union des fidèles.
Qu'y a-t-il en cela de particulièrement recommandable? — C'est d'offrir ses prières à Dieu, en commun . par la bouche de celui qui est établi sur tout le troupea u .
Cela se trouverait donc bien plus partieuUèremenl dans la messe pontificale ou épiscopale ? — Sans doute ; mais le grand nombre des lidèles a obligé de les diviser en paroisses.
Qu'est-ce que les paroisses ont encore de recommandable? — C'est qu'elles sont comme la source de l'instruction et des sacrements.
Comment de l'instruction ? — Par le catéchisme.
Et les sacrements? — Parce qu'on y administre le baptême ; on y conserve le saint chrême et les saintes huiles; on y fait la communion pascale.
Et qu'y a-t-il encore dans les paroisses? — La sépulture commune des chrétiens.
Qu'est-ce que fait tout cela à la société chrétienne? — C'est que l'on renaît ensemble par lo baptême; on reçoit l'instruction et les sacrements de la même source ; et on attend en commun la résurrection des morts.
Est ce bien fait que de contribuer à la décoration des paroisses? — Oui, pour inviter davantage les chrétiens à les fréquenter.
Que faut- il faire principcdement pour les décorer? — Entretenir la propreté et la netteté, tant de l'église et des autels , que des habillements et vaisseaux sacrés.
LEÇON IV
De l'eau BÉNITE, DU PAIN BÉNIT, ET DU RESTE QUI REGARDE LA SANCTIFICATION DU DIMANCHE.
Qu'est-ce ([ue l'eau bénite qu'on fait solennellement à la messe paroissiale? — C'est une eau sur laquelle l'Eglise fait des bénédictions particulières, semblables à peu près à celles de l'eau qu'on bénit pour le baptême.
En quoi consistent ces bénédictions de l'Eglise? — En saintes prières auxquelles on joint le signe de la croix.
Pourquoi le signe de la croix? — Pour montrer que nous recevons toutes bénédictions spirituelles par la croix de Jésus-Christ.
Que veut dire le sel bénit qu'on mêle avec l'eau bénite?
— La sagesse chrétienne, dont notre vie et tous nos discours doivent être assaisonnés [Col., iv, 6).
Pourquoi? — Afin que nous n'ayons rien de fade ni de languissant ; et que, selon le précepte de Jésus-Christ, nous soyons le sel de la terre.
Comment le sel de la terre? — En empêchant la corruption en nous-mêmes et dans les autres, et reprenant vivement les vices.
Qu'est-ce que l'Eglise a dessein de rappeler en notre mémoire pur l'aspersion de l'eau bénite , au commence-
CATÉCHISME DE MEAUX
ment de la messe? — Notre sanctification par le baptémo.
Et quoi encore? — La pureté de conscieuce avec laquelle 011 doit prier, particiilièi'ement dans le sacrifice.
Et If i>ain bénit que veut-il dire? — C'est un signe de communion entre les fidèles.
Toute créature de Dieu n'est-elle pas bonne? — Oni, toute créature de Dieu est bonne, et bénite par la main de Dieu qui l'a faite.
Pourquoi donc bénir le pain de nouveau? — Parce que saint Paul , qui a dit que toute créature de Dieu est bonne, ne laisse pas do dire aussitôt après, qu'elle est sanctifiée par la parole do Dieu et par la prière.
Que concluez-vous de là? — Qu'à plus forte raison devons-nous tenir pour sanctifié ce qui est bénit à l'église parles prêtres pour servir à la piété (f. Tim., iv, .5).
Quelle est l'origine du pain bénit? — On l'a donné à la messe lorsque les fidèles ont cessé d'y communier toujours selon l'ancienne coutume.
Pourquoi le donne-t-on? — En mémoire de l'eucharislie, et en signe de communion entre les fidèles.
De quoi faisait-on le pain bénit? — Des restes des offrandes; et de là vient qu'on l'offre encore à l'autel.
N'y a-t-ilpoird quelque autre raison du pain bénit? — Cette institution tient quelque chose des leslins de charité, que les anciens chrétiens faisaient autrefois en signe de leur union.
Comment appelait-on ces festins? — Agapes.
Que veut dire ce mot Agage? — Charité.
Que faut-il donc apprendre par le pain bénit? — La charité.
Et en général, qu'est-ce que la messe de paroisse a de phis recommandable? — La charité et la communion des sajnts.
Et le reste de l'office ecclésiastique ne doit il pas être fréquenté les jours de fêtes et dimanches? — Oui, pour les passer en bonnes œuvres; principalement dans les églises paroissiales, où tous les fidèles sont ensendjie.
Quelles œuvres sont défendues les joins de fêles et de dimanches ? — Les œuvres serviles.
Qu'appelez-vous œuvres serviles? — Celles par lesquelles on a accoutumé de gagner sa vie.
N'en excepte-t-on pas quelques -unes^ — On en excepte celles des métiers qui sont nécessaires à la vie.
Que faut-il principalement éviter? — Le péché et tout ce qui porte au péché; comme les cabarets, les danses, les jeux , principalement ceux de hasard, et les autres choses de cette nature.
far oi(. faut-il commencer la sanctification du dimanche?— Par se consacrer à Dieu, en faisant des actes de foi , d'espérance et de charité, ou d'amour de Dieu.
Quelles bonnes œuvres doit-on principalement pratiquer envers le prochain? — Des œu\res de miséricorde et de réconciliation.