DES FETES DE NOTRE SEIGNEUR
Et des observances de l'Église qui ont rapport avec les mystères de Jésus-Christ.
LEÇON \
Av.\NT LE PREMIER DIMANCHE DE l'AvENT.
Quel est le dimanche prochaine — C'est le premier dimanche de l'Avent.
Qu'appclez-voits le temps de l'Avcnt'l — Le temps où l'Eglise s'occupe de la venue désirée de Notre Seigneur.
Que médite-t-elle durant ce saint tempsi — Les vœux des Pères qui soupiraient après la venue du Messie.
Qu' appelez-vous le Messie'l — Le Christ ou l'oint du Seigneur; celui qu'il a consacré par l'onction intérieure do la divinité.
Que médite encore l'Eglise touchant l'avêncment de Jésus-Christ t — Elle médite encore la prédication de saint Jean-Baptiste, par laquelle il lui prépare la voie.
Comment lui prépare-t- elle la voici — Par la pénitence.
L'Eglise ne médite-t-elle pas aussi le dernier avènement de Notre Seigneur'} — Oui, l'Eglise médite encore le dernier avènement, do Notre Seigneur, oîi il viendra juger les vivants et les morts.
Pourquoi médite-t-elle ce second avènement ? — Afin que si nous ne profitons du premier avènement où Jésus-Christ nous apporte la grâce, nous craignions celui où il exercera sa justice.
Où nous doit conduire la crainte de la rigoureuse justice de Dieu'f — A son saint amour.
Que devons-nous apprendre de cette doctrine^ — A désirer Jésus-Christ, et à lui préparer nos cœurs par la pénitence.
Les collectes se trouvent dans les Prières ecclésiastiques.
LEÇON IL
Pour le jour de NoëL.
Elle commencera le dimanche qui précédera cette fête , et pourra être continuée le jour de Noël, et à quelqu'une des fêtes suivantes.
Quelle fête célébrons-nous , N. prochaine — Le jour de Noël.
Que veut dire le jour de Noéll — Le jour natal de Notre Seigneur, le jour de sa sainte nativité.
Quelle fut saméret — Marie, toujours vierge.
Qu'est-ce à dire toujours viergel — Vierge a\ant l'enfantement , vierge dans l'enfantement, vierge après l'enfantement.
Pourquoi la nuit de Noël est-elle demeurée plus célèbre que toutes les autres? — En mémoire de ce que Noire Seigneur voulut naître pendant la nuit.
Pourquoi naître pendant la nuit? — Pour montrer qu'avant sa venue, le monde était dans les ténèbres.
Qu'est-ce que cette fête a de particiûier entre toutes 1rs autres? — Qu'on y dit trois messes solennelles; l'une à minuit, l'autre à la pointe du jour, et la troisième à l'heure ordinaire.
Que faut-il penser à la messe de minuit? — Il faut considérer Jésws-Christ né dans une étable , et posé dans une crèche.
Quand le faut-il principalement regarder en cet état? — Au moment qu'on pose son corps adorable, par la consécration, sur l'autel, il faut regarder l'autel comme la crèche, et adorer Jésus-Christ.
Que faut-il faire à la seconde messe? — Venir adorer le divin enfant avec les bergers à qui l'ange annonça sa naissance.
Qu'entendirent ces pieux bergers , pour les inviter à la crèche du Sauveur? — Une musique céleste, et un cantique de réjouissance.
Quel cantique? — Celui que l'Eglise se plait tant à refléter dans la messe, et qu'il faut chanter dans ce jour avec une joie plus particulière.
Quel est-il ? — C'est le Gloria : Gloire soit à Dieu dans les lieux très-hauts, et qu'en terre la paix soit donnée aux hommes de bonne volonté.
Que doit on considérer êi la troisième messe ? — Que cet enfant, qu'on voit dans le temps naître de la Vierge Marie, de toute éternité est le Fils de Dieu.
Le Fils de Dieu et le Fils de Marie est-ce la même personne? — Oui, c'est la même personne, un homme parfait et un Dieu parfait.
Que veut-dire homme parfait? — Qui a, comme nous, un corps et une àme, et nous est semblable en tout , excepté le péché.
Pourquoi veut-il être enfant? — Pour porter toutes nos faiblesses, et se faire tendrement aimer.
Jésus-Christ est-il né pauvre et souffrant? — Oui, sans doute, puisqu'il est né dans une ètable , dans une saison incommode, sans avoir seulement un berceau.
CATECHISME DE MEAUX
Pourquoi? — Pour nous faire aimer la pauvreté et la souffrance.
Quel honneur devons-nous rendre à ces états et à ces vertus de notre Sauveur? — De les imiter.
Comment imiterons-nous sa pauvreté? — En aimant les pauvres, en méprisant les \ aines parures, et employant à aider les pauvres l'argent qu'on y met.
Et les souffrances de Jésus-Christ, comment les faut-il imiter dans cette fête ? — En ne craignant pas de souiTrir quelque incommodité pour assister au service.
Quelle préparation devons-nous apjwrter à cette fête ?
— Une grande pureté, que l'on doit se procurer par une bonne confession ; un grand désir de recevoir Notre Seigneur, pour lui faire un meilleur accueil que n'ont fait les Juifs.
LEÇON III
Pour la fête de la Circo.ncjsion, au dlmanche qui précède, ou si
CE DIMAXCHE EST EMPÊCHÉ d'aILLEURS , AU JOUR MÊME DE LA FÊTE.
Quelle fête avons-nous N. prochain? Ou, Quelle fête avons-7ious aujourd'hui? — La fête de la Circoncision.
Qu'est-ce que c'était que la circoncision ? — C'était un sacrement de l'ancienne loi , qui donnait entrée dans le peuple de Dieu, comme maintenant le baptême nous fait entrer dans l'Eglise.
A qui a été donnée la circo7icision ? — A Abraham , en signe de l'alliance que Dieu contractait avec lui et sa postérité.
Que signifiait particidiêrement la circoncision? — Que l'oiigme du genre humain était impure.
Comment impure? — Par le péché originel.
Pourquoi Jésus-Christ a-l-il voulu être circoncis, puisqu'il était saint? — Pour montrer qu'il venait porter la peine de nos péchés et les e.\pier.
Pourquoi répandre son sanq dés son enfance? — Pour nous montrer qu'il nous venait laver par son sang.
Que fit-on encore en ce jour? — On donna au Fils de Dieu le nom de Jésus.
Que veut dire ce nom de Jésus? — Ce nom signifie Sauveur; pt on le donne au Fils de Dieu, parce ([u'il nous sauve de nos péchés.
De quel honneur est diqne le nom de Jésus ? — On ne peut lui rendre assez d'honneur, puisqu'à ce nom tout fléchit le genou dans le ciel, sur la terre et dans les enfers [Phil., Il, 10).
Que nous apprend la circoncision de Notre Seigneur?
— A circoncire notre cœur, c'est-à-dire , à retrancher les mauvais désirs, et particulièrement l'attache aux plaisirs des sens.
Que faut-il faire en ce jour? — Consacrer à Dieu toute cette année, et le prier que nous la passions dans son service.
LEÇON IV
De l'Epipua.me , au dlm.\.ncue qui la précède , pour être
co.ntlnuée le jour même.
D'oii vient que N. prochain on fait si grande fête? — C'est à cause du jour de l'Epiphanie.
Qu'appelez-vous Epiphanie ? — La manifestation de Notre Seigneur.
Pourquoi appelle-t-on cette ffte d'un si beau nom? — ' Parce que l'Eglise y célèbre trois grands mystères , où la gloire de Jésus-Christ fut manifestée.
Quels sont-ils? — L'adoration des mages, le baptême de -Noire Seigneur par saint Jean -Baptiste, et son premier miracle , lorsqu'il changea l'eau en vin , aux noces de Cana en Galilée.
Quels étaient les mages ? — Des grands seigneurs d'Oi'ient , qu'on appelle rois.
Us n'étaient donc pas du peuple de Dieu? — Non, ils étaient gentils.
Pourquoi Dieu les appela-t-il à adorer son Fils? — Pour montrer que c'était le temps où les gentils devaient être appelés à sa connaissance.
Comment les conduisit-il au lieu oii était Jésus ? — Par une étoile.
Oit apprirent-ils que Jésus devait être dans Bethléem , selon les prophéties ? — Dans Jérusalem, où était alors le signe principal de la vrae Eglise.
Que firent les mages , quand ils eurent trouvé l'enfant Jésus ? — Ils l'adorèrent , et lui otirirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Pourquoi ces trois présents? — Ils lui donnèrent de l'or comme à un roi, de l'encens comme à un Dieu, et de la myrrhe comme à un homme, et pour honorer sa sépulture.
Les Juifs vinrent-ils aussi l'adorer? — Non, et c'était un signe de leur aveuglement prochain.
Et Hérodc qui était le roi de Jérusalem ? — Il fit semblant de le vouloir adorer, mais son dessein était seulement de le découvrir pour le tuer.
Que représe7ite Hérode? — Les hypocrites , qui font semblant de vouloir adorer Jésus , et cependant le crucifient en eux-mêmes.
Que faut-il faire pour profiter de cette fête ? — Suivre l'étoile qui nous conduit à Jésus-Christ, c'est-à-dire, l'inspiration de sa grâce.
Et quoi encore? — Au lieu des banquets dissolus, lui faire de pieux présents.
Comment ? — En la personne des pauvres , par des aumônes.
LEÇON V
Pour faire le dimanche d'après l'Epiphanie , sur le baptême de
Jésus-Christ, et le changement d'eau en vin.
Vous nous dites N. dernier, qu'avec l'adoration des mages, l'Eglise célébrait encore deux autres mystères où Jésus-Christ se manifestait : quels sont-ils ? — L'un est le baptême de Notre Seigneur.
A cjucl âge fut-il baptisé ? — Environ à l'âge de trente ans.
Par qui fut-il baptisé? — Par saint Jean-Baptiste.
Que signifiait ce baptême? — Il signifiait la pénitence et la rémission des péchés.
Jésus-Christ avait-il besoin d'être baptisé ? — Non , puisqu'il était la sainteté même.
Pourquoi donc voulut-il être baptisé? — Pour porter la ressemblance du péché qu'il venait expier.
Pourquoi encore? — Pour établir et consacrer le baptême.
Qu'y eut-il de plus vénérable dans le baptême de Jésus-Christ? — Une voix d'en-haut qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé , dans lequel je me suis plu.
Et qu'arriva-t-il encore? — Le Saint-Esprit descendit sur Jésus-Christ sous la forme d'une colombe.
Pourquoi sous cette figure? — Pour nous montrer la douceur de Jésus-Christ.
Que signifiaient toutes ces choses? — L'union et la manifestation des trois Personnes divines dans le baptême.
Comment? — Le Père parait dans la \oix , le Fils en sa propre personne , et le Saint-Esprit sous la figure d'une colombe.
Quel est l'autre miracle dont on fait mémoire? — C'est le changement d'eau en vin, aux noces de Cana en Galilée.
Que signifiait ce changement? — Il signifiait le changement prochain de la loi de Moïse on l'Evangile.
Que signifiait donc le vin? — La joie spirituelle, et la sainte ferveur des enfants de Dieu par la grâce de Jésus-Christ.
Comment est-ce que Jésus-Christ fut manifesté par ce miracle? — Parce que ce fut le premier miracle de Notre Seigneur, et que ses disciples crurent en lui , ainsi qu'il est écrit dans l'évangile de saint Jean.
Que faut-il faire pour honorer tant de merveilles f — Se ressouvenir de notre baptême , et en renouveler les promesses.
Comment 't — En promettant de nouveau de vouloir croire de tout notre cœur en Jésus-Christ.
Et quoi encore^ — En renonçant à toutes les pompes et à toutes les œuvres du diable.
CATECHISME DE MEAUX
Qu'est-ce à dire à toutes ses pompes'! — A toutes les vanités.
Qu'est-ce à dire h toutes ses œuvres? — A toute la dépravation et aux maximes corrompues du monde.
LEÇON VI
De la vie cachée de jÉsus-CnnisT avec la salnte Vieroe
ET SAINT JOSEI'H.
I^our le dimanche durant l'octave de l'Epiphanie ; et on pourra continuer quelques dimanclies consécutifs, suivant la [irudence du curé. Cette leçon est très-imporlante ; et il la faut beaucoup inculquer. On commencera en récitant, avec de trèscourtes réile.xions, l'évangile de ce jour {Luc, ii, 41 , 42, jusqu'à la fin).
Faites-nous le récit des merveilles qui parurent au commencement de la vie de Jésus-Christ? — Les anges glorifièrent Lieu à sa naissance ; les bergers \inrent l'adorer dans la crèche; les mages y apportèrent leurs présents; et le jour (ju'il fut présenté au temple, il fut reconnu et glorifié par saint Siméon , et par la sainte |)rophélesse Anne.
Qu'arriva-t-il ensuite? — Là commencèrent ses persécutions, et ses parents furent contraints de l'emmener en Egypte.
Pourquoi? — I^our éviter la colère d'Hérode qui le voulait Uier.
Pourquoi fallut-il que ce divin enfant fût ainsi persécuté dés le berceau? — Parce que la croix était son partage.
Comment fut-on averti des mauvais desseins d'Hérode? — Un ange les découviit à saint Joseph dans un songe, et lui ordonna de fuir en Egypte hors de la puissance d'Hérode.
Eh quoi! ce divin enfant n'attirait donc que des souffrances à ses parents? — C'est qu'il fait part de sa croix à ceux qu'il aime.
Quand revint-il d' Egypte? — Après la mort d'Hérode, saint Joseph fut averti par I ange de le ramener dans la terre d'Israël.
Dcmeura-t-il en Judée? — Non, par la crainte d'Archélaiis , fils d'Hérode, qui avait conservé la mauvaise volonté de son père.
Cet enfant eut donc toujours des ennemis? — Oui , et de grands ennemis , inème des rois.
Où demeura-t-il? — A Nazareth, petite bourgade de Galilée, avec ses parents.
N'y eut-il rien depuis ces premiers temps qui fit éclater la venue de Jésus-Christ? — Rien du tout jusqu'à ce qu'il eût l'âge de douze ans.
Que lui arriva-til à cet âge? — Qu'étant allé à Jérusalem, pour solenniser la fête avec Marie, et Joseph qui le nourrissait , il s'écha|)pa de leurs mains , et ils le retrouvèrent dans le temple.
Qu'y faisait-il? — Il y était assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tout le monde était ravi de sa sagesse et de ses réponses.
Que remarquez-vous dans ses paroles? — Que Jésus- Christ y faisait en quelque sorte ce (pie doivent faire j les enfants.
Comment? — En écoutant les docteurs , en les interrogeant, et en répondant à leurs demandes.
Pourquoi donc était-il assis au milieu des docteurs? — Parce qu'en eilet il était le maître ; quoiqu'il n'exerçât pas encore toute l'autorité de ce ministère.
Pourquoi Jésus-Christ voulut-il faire paraître sa sagesse à l'âge de douze ans? — Pour montrer que si le reste du temps il était demeuré caché, c'était par choix.
Combien de temps demeura-t-il caché? — Jusqu'à ce (luil cùi environ trente ans, et qu'il se fit baptiser par saint Jean-Baptiste.
Que sait-on de lui durant ce temps? — Rien, sinon [ qu'à mesure qu'il avançait en âge, il donnait de plus i
grandes manpios de la sagesse qui élailen lui.
Qu est-il encore écrit de Jésus-Christ? — Qu'il obéissant à son porc et à sa mère.
était
Et quoi encore? — Qu'il travaillait avec saint Joseph, et qu'il ('tait connu comme un artisan.
A quel métier travaillail-il ? — La tradition nous a|>prend (pi'il travaillait à faire des charrues.
Est-ce là U7ie vie digne d'un Dieu? — Oui, puisqu'elle instruit les hommes.
Que leur apprend-elle? — A ne se montrer que quand Dieu y appelle; et au surplus à aimer une vie cachée, laborieuse et pauvre.
Qu apprend-il en particulier aux enfants? — Que leur vertu consiste principalement à obéir à leurs parents.
Et quoi encore? — Qu'ils doivent être dans le temple en écoutant les docteurs , en les interrogeant , et en répondant à leurs demandes.
Oit peuvent-ils pratiquer celai — Dans le catéchisme, où ils doivent écouter et répondre.
Doivent-ils aussi interroger? — Oui , pour apprendre ce qu'ils ne savent pas.
Et de là que s'en suivrait-il? — Qu'à l'exemple de Jésus-Christ, ils croîtraient en âge et en sagesse.
La sagesse de Jésus-Clirist n'etait-elle pas parfaite dés son enfance? — Oui sans doute; mais il la déclare tous les jours de plus en plus, afin d'apprendre aux enfants à faire de continuels progrès.
Quelle vie menait la sainte Vierge ? — Une vie aussi cachée que Jésus-Christ.
A quoi s' occupait-elle? — A méditer ce que faisait Jésus, et tout ce qu'on disait de lui.
En quoi donc consistait la sainteté de la famille de Jésus-Christ? — A fréquenter le temple dans le temps que la loi avait ordonné, à obéir à Dieu en toutes choses, à faire son travail , et à se cacher.
Qu'apprenons-nous de tout cela? — Que la vraie sainteté ne consiste pas à faire des actions éclatantes ; mais à se sanctifier dans son état en grande humilité et pauvreté.
Mais pourquoi les évangélistes nous disent-ils si peu de chose de Jésus-Christ et de sa sainte famille? — Ils en disent ce qui sufiît pour nous instruire; et en même temps ils nous apprennent à n'être pas curieux.
De quoi devons-nous être curieux ? — De profiter de . ce que nous savons ; et au surplus nous humilier dans notre ignorance.
LEÇON VII
Au DLMANCHE DE LA SePTOAGÉSIME ; TANT POUR CE DMTAXCHE QUE POUR LES SUIVANTS.
Représenter les enfants d'Israël dans la captivité de Babylone , où ils ne veulent chanter aucun cantique d'allégresse.
Que remarquez-vous de particulier dans l'Eglise en saint temps ? — C'est qu'on y retranche les chants de joie, comme Alléluia, Gloria in excelsis, Te Deum; et que l'on change d'ornements.
Pourquoi cela se fait-il '? — En signe d'affliction et de deuil.
Pourquoi cette affliction et ce deuil ? — Pour deux raisons.
Quelle est la première ? — C'est que ces jours nous représentent les jours d'Adam , dont on commence à lire l'histoire dans l'Eglise.
Que veulent dire les jours d'Adaml — Les jours de douleur et de pénitence, comme il convient à des pécheurs et à des bannis.
Que nous apprend donc l'Eglise par ce deuil public ? — Elle nous apprend à retrancher les joies, lesfestijis, les mascarades, et les autres récréations insolentes.
Pourquoi ? — Pour pleurer comme de bons enfants avec l'Eglise leur mère, la mort et la passion de notre Sauveur.
Quelle est la seconde raison ? — Pour nous disposer à bien passer le saint temps de carême.
D'oii vient donc qu'en ce temps-ci, plutôt qu'en tout autre, la bonne chère, les divertissements et les vanités
CATECHISME DE MEAUX
sotit plus m usage? — C'est une inventien du démon pour contrarier les desseins de l'Eglise.
Quels miiux arrive-t-il encore par cette mauvaise coutume? — C'est qu'elle empêche le fruit du jeûne, et toutes les autres bonnes œuvres que les chrétiens pourraient faire en carême.
Que faut-il faire pour se conformer aux desseins de l'Eglise en ce temps de car}iaval? — Il faut premièrement se rendre \oIontiers aux lieux où se font les prières de quarante heures, lâchant de faire compagnie à Notre Seigneur, tandis que la plupart des hommes l'abandonnent.
Et quoi encore ? — II faut se retirer des jeux , des festins, des mascarades, des danses, et des autres récréations insolentes. Si l'on s'y trouve par quelque sorte de nécessité et de bienséance , il faut s'y comporter avec une modestie et une retenue plus grande qu'en d'autres temps.
A qui pouvons-nous comparer ces coureurs de nuit, qui font tant de désordres et tant d'insolences avec leurs masques ? — Aux Juifs et aux soldats qui dépouillèrent Notre Seigneur, qui lui bandèrent les yeux, et lui firent mille outrages pendant la nuit de sa passion.
LEÇON VIII
Au PREMIER DIMANCHE DE CaRÈ-ME.
Représenter Jésus-Christ dans le désert : ou le jeûne et le deuil de Ninive pénitente (Mailh., iv, 1 ; hue , iv; Joan., m, 5).
D'oii vient le Carême? — Il vient d'une institution ancienne et apostolique.
Pourquoi le Carême est-il établi? — Pour honorer la retraite du Fils de Dieu, qui jeûna quarante jours dans le désert.
Pourquoi encore? — Pour faire pénitence de nos péchés, par les jeûnes et les autres mortifications.
Pourquoi encore? — Pour nous disposer à la célébration de la passion de Notre Seigneur, et à la fête de Pâques.
A quoi l'Eglise veut-elle nous porter par le jeûne et l'abstinence du Carême? — Au véritable jeûne et à la véritable abstinence.
Quelle est-elle? — C'est de s'abstenir du jiéché.
Et quoi encore '? — Des jeux , des amusements, et des divertissements ordinaires.
Que faut-il donc faire pour bien passer le Carême selon l'esprit de l'Eglise'* — Iilodérer avec le manger, le sommeil et les divertissements , pour vaquer à la prière.
Comment les chrétiens doivent-ils passer le Carême? — En jeûnes, en prières, en aumônes plus grandes qu'en un autre temps: s'éloignanl des compagnies, s'huiniliaiit à la vue de leurs péchés qui ont causé la mort à Notre Seigneur.
Qui sont ceux qui sont obligés au jeûne? — Toutes personnes qui ont vingt et un ans accomplis, s'ils n'en sont légitimement dispensés.
Ceux qui ne sont pas obligés au jeune, sont-ils tout à fait exempts de la mortification? — Non ; et ils doivent, autant qu'ils peuvent, entrer dans l'esprit de l'Eglise, en se retranchant quei(|ue chose.
D'où vient que dans le temps de Carême, on couvre la croix et les images, et qu'on tend un voile devant l'autel? En signe de deuil et de [lénitence.
Quel doit donc être le sentiment du chrétien dans le Carême? — Une sainte tristesse, un saint gémissement, une humble et sincère pénitence.
Et quelle doit être la pratique? — Entendre la parole do Dieu sans aucune curiosité , avec foi et com- ])onction.
Et quoi encore? — Assister à l'ofiBce , et y gémir avec l'Ei»lise.
Et quoi encore ? — Se préparer à sa confession , et la faire dans les premier^ dimanches de Carême, selon les pieux statuts de ce diocèse, pour éviter l'empressement du temps de Pâques.
LEÇON IX
Au DIMANCHE DE LA PaSSION , POUR LE DIMANCHE DES R.VMEAUX.
Quelle solennité avons-nous dans l'Eglise dimanche prochain? — Le dimanche des Rameaux, autrement dit Pâques fleuries.
Pourquoi l'appelle-t-on le dimanche des Rameaux? — A cause de la procession qui se fait en ce jour, où chacun porte un rameau , ou une palme à la main.
Pourquoi fait-on cette procession? — En mémoire de l'entrée triomphante de Notre Seigneur dans Jérusalem, six jours avant sa passion.
Que signifiait ce triomphe de Notre Seigneur si peu de temps avant sa mort? — Que par sa mort il triompherait du diable, du monde et de la chair, et nous ouvrirait l'entrée du ciel.
Pourquoi est-ce qu'au retour de la procession, on frappe trois fois à la porte , et qu'à la fin elle s'ouvre!
— Pour signifier que Notre Seigneur par sa mort entra dans le ciel , et nous en ou\ rit l'entrée.
Qui furent ceux qui allèrent au-devant de Notre Seigneur? — Le simple peuple et les enfants.
Pourquoi? — Parce qu'il aime la simplicité et les louanges des âmes innocentes.
D'où vient que les grands de la ville de Jérusalem et les docteurs de la loi ne vini'ent pas au-devant de lui?
— Leur orgueil les rend indignes d'avoir part au triomphe de Notre Seigneur.
Que fxut-il donc faire pour y avoir part? — Etre doux comme lui, et humble de cœur.
Pourquoi Jésus-Christ monta-t-il sur une ânesse? — Pour accomplir les prophéties.
Et d'où vient que Dieu l'avait ainsi prédestiné ? — Afin d'éloigner de nous l'esprit de grandeur.
LEÇON X
Le dimanche des Rameaux, pour la Semaine sainte.
Comment- appelle-t-on la semaine où, nous allons entrer? — La grande semaine, on la semaine peineuse, ou la semaine sainte.
Pourquoi est-elle ainsi appelée? — A cause du grand mystère -de notre rédemption que Notre Seigneur y a opéré , et des grands travaux qu'il y a soufferts.
Qu'est-il arrivé le mercredi? — Ce jour-là Notre Seigneur fut vendu aux Juifs, par Judas, son disciple, trente deniers.
Qu'est-ce qui fut fait le jeudi? — Notre Seigneur sur le soir lava les pieds de ses apôtres, et institua le trèssaint Sacrement.
Quand est-ce que Notre Seigneur fut livré entre les mains des Juifs"! — La nuit du jeudi au vendredi, Judas qui venait défaire sa première communion, entrant dans le jardin des Olives, salua Notre Seigneur, par un baiser selon la coutume; et ce fut le signal aux soldats qu'il avait amenés de se saisir de Jésus-Christ, et de le lier comme ils firent.
Qu'est-ce que Notre Seigneur souffrit cette nuit-là ? — Il fut conduit comme un criminel devant Anne et Caîphe, qui étaient les princes des sacrificateurs. Saint Pierre le renia trois fois ; ses disciples s'enfuirent : et toute la nuit étant laissé à la discrétion des soldats, ils lui firent soulfrir toutes les indignités possibles, blasphémant son saint nom , lui donnant des soufilets , et se moquant de lui.
Qu'arriva-t-il le vendredi^ — Les Juifs dès le grand matin l'accusèrent devant Pilate, gouverneur de Judée pour les Rcmiains ; Pilate l'envoya à Hérode, et il fut traité comme un insensé par lui et par toute sa Cour : puis étant encore renvoyé d'Hérode à Pilate, il fut condamné au fouet ; ce que les soldats exécutèrent a\ec des excès et des cruautés inouïes.
Que firent-ils aprrés la flagellation ? — Les soldats le revêtirent d'un manteau de pourpre; lui mirent une couronne d'épines sur la tête, et un roseau à la main, le saluant par dérision comme un roi de théâtre. Mais
les Juifs n'otant pas encore satisfaits de le voir en cet étal, obligèrent Piiatede le condamner àla mort, comme il fit pour condescendre à leur mauvais dessein. Après que loutre Seigneur ei'it été ainsi condamné, que
firent les Juifs'!
chargèrent une pesante croix
sur les épaules, et le traînèrent ainsi au haut do la montagne du Calvaire, où, l'ayant di'pouillè tout nu, ils l'attachèrent à cette croix entre deux infâmes larrons.
Leur fureur fut-elle du moins assouvie par ce supplice ? — Non : ils continuèrent à l'outrager, et Jésus ayant dit qu'il avait soif, ils lui présentèrent- du fiel et du vinaigre.
Que signifie cette soif de Jcsus-Chrisf! — Un désir ardent de notre salut.
Et quand nous ne répondons pas à son désira — Nous lui donnons du fiel et du vinaigre, à l'exemple de ses ennemis et de ses bourreaux.
Qu'arriva-t-il à la mort de Jésus-Christ ? — Une éclipse extraordinaire de soleil avec un grand tremblement de terre : les rochers furent fendus, les sé|)ulcres ouverts
Et quoi encore'! — Plusieurs morts ressuscitèrent , et apparurent aux hommes; et le voile du temple se déchira du haut en bas.
Qu'était-ce que ce voile du temple '? — Une sorte de rideau parsemé de chérubins, qui séparait le sanctuaire, ou le lieu très-saint, d'avec le reste du temple.
Que signifiait cette rupture du voile? — Que le ciel qui est le vrai sanctuaire où Dieu habite en sa majesté, nous était ouvert par la mort de Jésus-Christ.
Pourquoi Dieu fit-il tous ces prodiges à ta mort de son Fils"! — Ce fut en témoignage contre les Juifs.
N'est-ce pas aussi en témoignage contre nousl — Oui si nous ne profitons de cette mort.
Que firent ceux qui en profitèrenfi — Ils s'en allaient frappant leurs |)oitrines, et s'écriant : Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu.
Quand est-ce qu'il faut exciter en soi-même ces sentiments'! — Lorsqu'on vient adorer la croix.
Pourquoi'! — Parce qu'alors on reconnaît celui qui est attaché à la croix pour le vrai Fils unique de Dieu.
L'adoration ne se termine donc pas à la croix matérielle!— A Dieu ne plaise.
A qui se termine-t-elle! — A Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant.
Comment entendez-vous cela! — Comme lorsque saint Paul dit qu'il met sa gloire en la croix de Jésus-Christ, c'est-à-dire, qu'il la met en Jésus-Christ crucifié.
Que fit-on à Notre Seigneur après sa mort ? — Un soldat lui perga le côté d'une lance, et aussitôt on en vit sortir du sang et de l'eau.
Que signifie ce sang et cette eau sortis du côté de Notre Seigneur! — Le baptême , où son Eglise est lavée dans le sang de son Sauveur, et dans une eau sainte.
Comment Jésus-Christ fut-il enseveli? — Le jour de sa mort, sur le soir, Joseph d'Arimathie, homme noble, et Nicodème, pharisien craignant Dieu, l'ayant descendu de la croix, l'ensevelirent honorablement dans des linges blancs, et le mirent avec des parfums dans un tombeau tout neuf taillé dans le roc.
Que fait-on en l'Eglise le samedi saint ? — La cérémonie du cierge pascal , et la bénédiction des fonts : cérémonies qui sont toutes plemes de mystères.
Quand se faisaient-elles autrefois? — Pendant la nuit du samedi au dimanche, qui fut celle où Jésus-Christ sortit du tombeau.
Que signifie le cierge pascal? — La lumière et la joie que J('sus-Christ ressuscité apporte au monde.
Pourquoi bénit-on l'eau du baptême? — Pour nous montrer la vertu dentelle est remplie.
Que devons-nous faire pour bien passer cette semaine? — 1" Jeûner plus exactement; 2» nous priver des com- |)agnies ; 3" aller à confesse au plus tôt, si déjà nous n'y avons été ; 4° assister avec componction à ténèbres et a tout le service des trois jours; venir adorer la croix le
vendredi saint; et compatir à Notre Seigneur, endurant quelque chose pour l'amour de lui; îj" pour faire toutes ces choses dans leur véritable esprit, repasser continuellement les mystères de sa passion dans notre pensée, durant ces trois jours, et joindre à la prière une pieuse lecture, i'oî/e; sur ce sitjct II. Cat., H. Partie, Leçon VII.
LEÇON XL
Pour le saint jour de Pâques.
Elle pourra être continuée les deux jours suivants.
Quelle fête avoyis-nous aujourd'hui dans l'Eglise? — La plus grande de toutes les fêtes , que nous appelons la fêle de Pâques, laquelle, pour marque de son excellence, se continue encore demain et après-demain, et autrefois se continuait toute l'octave.
Quel mystère célèbre l'Eglise en ce saint jour? — C'est la sainte résurrection de Notre Seigneur.
Que veut dire résurrection ? — La réunion de son âme et de son corps, que la mort avait séparés.
Par qui a été vu Jésus-Christ ressuscité ? — Par les femmes pieuses, par ses apôtres, et par plus de cinq cents de ses disciples.
Quelle preuve leur donna-t-il de sa résurrection? — Il mangea, il conversa avec eux; il leur fit toucher son corps, et mettre leurs mains dans ses plaies.
Que veut dire ce mot , alléluia , qu'on répète si souvent en ce saint jour, et dana le Temps pascal! — Il veut dire louange ii Dieu; et c'était un cri de réjouissance dans la langue sainte.
D'où vient donc qu'on le répète si souvent! — En signe de joie.
Et pourquoi prie-t-on debout en ce temps ? — C'est aussi en signe de joie, et pour figurer la résurrection de Notre Seigneur.
Pourquoi cêlèbre-t-on cette fête, et tout le Temps pascal avec tant de joie! — Parce que Jésus-Christ y paraît comme viclorieux de la mort et du péché.
Pourquoi de la mort ! — Parce qu'il vit et ne meurt plus.
Pourquoi du péché ? — Parce qu'il surmonte la mort que le [léché avait causée.
La pdque n'était- elle pas une fête dupevplejuif! — Oui , c'était une fêle où se célébrait la sortie d'Egypte , et la délivrance du peuple de Dieu.
Quel rapport a cette pdque avec la nôtre? — Parce que Jésus-Christ en ressuscitant, nous délivre de la mort et de l'enfer.
Que veut dire ce mot pâque? — Pâquc veut dire passage.
Que nous signifie ce passage? — Que d-e même que Jésus-Christ est passé de la mort à la vie, ainsi nous devons passer du péché à la grâce.
Que concluez-vous de ce que Jésus-Christ ressuscité ne meurt plus? — Que nous ne devons plus pécher.
Comment donc pourra-t-on connaître si on est véritablement ressuscité avec Jésus-Christ en cette fête de Pâques? — Si on renonce non-seulement à tous les péchés, mais encore à toutes les occasions et les compagnies dangereuses.
Comment encore? — Si l'on recherche les choses du ciel , et qu'on méprise tout ce qui est ici-bas, les grandeurs, les parures et les plaisirs ; et enfin si on a du goût pour les choses divines.
Qu'est-ce ci dire avoir du goût pour les choses divines! — Aimer les exercices de piété, la prière, le service paroissial , la prédication et le catéchisme.
Dans quels sentiments devons-nous passer tout le Temps pascal! — Dans une joie spirituelle.
Comment! — En goûtant la rémission des péchés^ et l'espérance de ressusciter comme^Jésus-Christ.
Qu'est-ce ci dire ressusciter comme Jésus-Christ ! — Etre revêtus de sa gloire en corps et en âmo, si nous participons à ses souf^^£^nces.
CATÉCHISME DE MEAUX
LEÇON XII
Le duia.vche avant la sai.nt Marc , et encore avant les
Rogations.
On la fera avec soin , parce qu'elle est importante.
ARTICLE I
De l'instilulion , et de la fui des litanies et des processions.
Représenter David faisant des prières extraordinaires pour le peuple frappé du fléau de la peste, et priant Dieu de se contenter de le frapper seul (//. Hey., .\xiv, 14, 1.^, etc.); et le même David à pied avec tout le peuple fuyant devant Absalon, et s'huiniliant sous la main de Dieu {Idem, xv, 14, 15, 16, 23, 24, etc.).
Que fait on dans l'Eglise le jour de saint Marc, et aux trois jours des Rogations''! — On fait des processions, et des prières solennelles qu'on appelle litanies.
Que veut dire ce mot, litanies? — La même chose que rogations , et les deux signifient prières , supplications.
Qu'est-ce donc que ces litanies et rogations ? — Des prières publiques qu'on fait à Dieu, pour détourner sa colère de dessus son peuple, et le prierde bénir les fruits de la terre qui commencent à pousser.
Pourquoi joindre ces deux choses ensemble^ — Parce que la famine, la stérilité et la mortalité qui les suit dans les hommes et dans les animaux , sont des fléaux do Dieu. '
A-t-on besoin d'apaiser la colère de 01611°! — Oui, puisque les scandales se multiplient, le luxe et le désordre se répand dans toutes les conditions, et la loi de Dieu est foulée aux pieds.
Comment les processions servent-elles pour apaiser la colère de Dieu'! — C'est qu'elles servent à rendre le deuil et la pénitence plus publics, comme si on allait crier dans les rues et à la campagne ; Faites pénitence, et demandez pardon à Dieu.
Pourquoi va-t-on d'église en église ? — Pour chercher partout des intercesseurs.
Que fait-on dans les litanies ? — Tout ce qui peut servir a apaiser Dieu.
ARTICLE II
Explication des litanies.
Par où commence-ton les litanies"! — En implorant tous ensemble la miséricorde de Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit; et c'est ce que veulent dire ces mots si souvent répétés : Kyrie, eleison; Christe , eleison; Kyrie, eleison.
0 Seigneur, ayez pitié de nous! 0 Christ, ayez pitié de nous ! 0 Seigneur, ayez pitié de nous !
Que fait-on ensuite'! — On s'adresse particulièrement à Jésus-Christ, comme à celui par qui nous devons être exaucés.
Que lui dit-on ? — Christe, audi nos ; Christe, exaiidi nos, c'est-à-dire : Christ, écoutez-nous; Christ, exaucez-nous.
Et après ? — On invoque distinctement les trois Personnes dixines, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit; et ensuite en commun toute la sainte Trinité, qui est un seul Dieu, en lui disant ; Miserere nobis, ayez pitié de nous.
Que fait-on dans la suite de la litanie "! — On demande les prières de la sainte 'Vierge, des saints anges, des saints patriarches, et des saints prophètes ; des saints apôtres, des saints martyrs, des saints évèques, des saints confesseurs, prêtres, diacres, moines, solitaires; des saintes vierges et des saintes veuves, et enfin de tous les sainls et de toutes les saintes.
Pourquoi'! — Pour mettre en prières avec nous tous les amis de Dieu, et toute 1 Eglise triomphante.
Que leur dit-on? — Ora pro riobis, priez pour nous.
Que fait-on ensuite? — On revient à -Jésus-Christ, que l'on conjure, par tout ce qu'il a fait pour notre salut, de nous délivrer de tous les maux, et principalement du péché.
Que dit-on à Jésus-Christ? — Libéra nos. Domine, délivrez-nous, Seigneur.
Et après? — On prie pour tous les ordres de l'Eglise, et pour l'union et le bonheur de tout le peuple de Dieu.
Que répond le peuple? — 0 Dieu! écoutez-nous, nous vous en prions : te rogamus , audi nos.
Que veut dire cette prière, Agiius Dei , qu'on répète trois fois vers la fin ? — On y prie Jésus-ChrisI, l'Agneau de Dieu, qui Ole les péchés du mimde, de nous exaucer et de nous pardonner.
Par oit finit cette prière? — Par où on a commencé, en implorant la miséricorde de Dieu.
Est-ce tout? — Non ; le prêtre qui officie prend la parole au nom du peuple, et commence par l'Oraison dominicale.
Que fait-il ensuite? — Après qu'on a chanté un psaume pour demander à Dieu son secours, le prêtre réilère les prières pour tous les ordres de l'Eglise , et le peuple lui répond.
Et enfin? — Le prêtre offre à Dieu les vœux de tout son peuple par diverses oraisons, qu'il finit en priant universellement pour les vivants et les morts.
En quel nom demandn-t-il toutes ces choses ? — Au nom de Jésus-Christ.
ARTICLE m.
De l'abstinence, et autres choses concernant les litanies.
Pourquoi fait-on abstinence durant les trois jours des rogations? — Pour joindre la mortification à la prière.
Pourquoi ne fait-on pas un jeûne aussi parfait? — C'est à cause qu'anciennement on ne jeûnait pas dans le Temps pascal, qui était un temps de joie.
Que nous apprend l'Eglise par une prière si solennelle? — Le vrai esprit de prier.
Cette prière est-elle ancienne? — Très-ancienne, et le peuple y assistait avec grand concours; on cessait même le travail pour y assister.
D'oit vient donc r/u'on est si peu soigneux maintenant d'assister à ces litanies et processions'! — Cela vient du relâchement de la piété.
Puurriez-vous dire quelque raison de ce que les rogations se font immédiatement devan^ l'Ascension de Notre Seigneur ? — Il semble que Jésus-Christ montant aux cieux , l'Eglise le veuille charger de tous ses vœux , comme le vrai médiateur de Dieu et des hommes.
LEÇON XIII
Le jour de l'Ascension.
Quelle fête avons-nous aujourd'hui? — La fête de l'Ascension; c'est-à-dire, le jour que Notre Seigneur est monté aux cieux.
Jésus-Clirist n'était-il pas dans les cieux? — Il y était comme Dieu, et toujours dans le sein du Père éternel ; mais il est monté au ciel comme homme en corps et en âme.
Comment? — Par sa propre vertu.
Qu'entendez-vous par les cieux? — C'est la demeure des bienheureux.
Pourquoi Jésus-Christ y est-il monté ? — Pour y commencer son règne.
Pourquoi encore? Pour nous y préparer notre place, et nous y servir d'avocat.
En quel temps Jésus-Christ est-il monté aux cieux? — Quarante jours après sa résurrection.
Pourquoi attendit-il ces quarante jours? — Il voulait, par diverses apparitions, confirmer la vérité de sa résurrection à ses disciples.
Oii était-il durant ce temps? — Il n'est pas permis de le rechercher.
Pourquoi? — Parce qu'il n'a pas plu à Dieu de nous le révéler.
Que fit-il le jour qu'il monta au ciel? — Il mangea
CATÉCHISME DE MEAUX
avec ses disciples, leur parla longtemps; les mena en Béllianie cl à la sainte montagne des 01i\iers, d'où il devait monter aux cieux; el il élc\a ses mains pour les bénir.
Qu'arriva-t-il alors? — Pendant qu'il les bénissait, il s'éle\a peu à peu à la \ue de ses disciples, jusqu'à ce qu'une nuée l'eût dérobe à leurs yeux.
Et que virent-ils? — Comme ils continuaient de regarder avec attention, deux anges leur parurent en habit blanc.
Savez-vous ce que leur dirent ces anges? — Qu'il n'y avait plus rien à regarder, et que Jésus reviendrait un jour visiblement des cieux, comme il y était monté.
Que firent les disciples? — Ils se retirèrent ensemble selon le précepte de Jésus-Christ , avec Marie mère de Jésus, el attendirent en grand silence et recueillement le Saint-Esprit cpi'd leur avait promis.
En quel état est Jésus-Christ dans le ciel? — En grande puissance et majesté, assis à la droite de Dieu son père.
Que veut dire cela? — Que toute puissance lui est donnée dans le ciel et sur la terre.
A quoi nous oblige ce mystère? — A élever nos cœurs en haut, et à ne vouloir aucune gloire, jusqu'à ce que celle de Jésus-Christ soit manifestée.
LEÇON XIV
Pour le jour de la Pentecôte , le dimanche durant
l'octave de l'Ascension.
EUe sera continuée le jour de la fête, et les deux fêtes suivantes. ARTICLE I.
Circonstances de la descente du Saint-Esprit.
Quelle est la grande fête que l'Eglise solennise dimanche prochain? — C'est la fête de la Pentecôte, et la descente du Saint-Esprit.
Que veut dire ce mot Pentecôte? — C'est-à-dire, le cinqiiant ième jour après Pâques, jour très-solennel parmi les Juifs.
Quand est-ce donc que l'Esprit-Saint descendit? — Le cinquantième jour après I-'âques , un dimanche vers les neuf heures du matin.
Cotnmcnt se fit cette descente? — On entendit tout d'un coup un grand bruit qui venait du ciel, comme d'un vent violent, et il remplit toute la maison où les disciples étaient assemblés.
Qu'urriva-t-il ensuite? — Ils virent paraître comme des langues de feu qui se partagèrent, el s'arrêtèrent sur chacun d'eux.
Que firent tes Juifs? — Les Juifs qui étaient assemblés en Jérusalem de toutes les parties du monde |iour solenniser la Pentecôte, accoururent au grand bruit qu'on avait entendu du ciel.
Que trouvèrent-ils? — Ils trouvèrent les apôtres qui célébraient les merveilles de Dieu ; et chacun les entendait parler en sa langue.
Qu'était-il donc arrivé aux apôtres ? — A la présence de ce feu céleste, ils avaient été remplis de ferveur et de courage pour annoncer Jésus-Christ ressuscité.
Que signifiait ce grand éclat rjui avait précédé? — Il signifiait la terreur religieuse qui précède l'inspiration de l'amour divin.
Que signifiaient ces langues de feu? — Elles signifiaient la prédication apostolique pleine de lumière et de ferveur.
Qu'est-ce que le Saint-Esprit en prédisait? — Qu'elle éclairerait et embraserait tout l'univers.
Comment le Sai)it-Ksprit le prédisait-il? — Parce que chacun entendait les apôtres parler en sa langue.
Et que voulait dire cela? — Que l'Evangile de Jésus- Christ serait prêché en toute langue.
ARTICLE II
Du mot de Pentecôte, et de la signification du cinquantiime jour. Les Juifs avaient-ils leur Pentecôte? — Oui , nous avons déjà dit que les Juifs avaient leur Pentecôte.
Qu'est-ce que c'était? — Le cinquantième jour après leur Pâque, jour très-solennel parmi eux.
Qu'était-il arrivé au cinquantième jour après la première pi'ic/ue , OM ils sortirent d'Egijpte? — C'est ipie la loi leur fut donnée en ce jour sur le mont Sinaï, au milieu des feux et des éclairs.
Quel rapport de ceci avec la Pctitecôte des chrétiens? — C'est que la loi nouvelle est aussi publiée en ce jour, au milieu d'un feu nouveau que Dieu fait (laraitre.
Quelle différence entre les feux de Sinaî, et le nouveau feu qui nous parait? — C'est que l'un inspirait la terreur, et l'autre inspire la douceur et l'amour.
Que faisaient les Juifs ci la fête de la Pentecôte , ou du cinquantième jour après leur pâque? — Ils offraient à Dieu des pains faits avec les prémices de la moisson.
Qu'appelez-vous les prémices? — Les premiers fruits.
Et qu'a cela de commun avec notre Pentecôte? — C'est qu'au jour de la Pentecôte , par la desconte du Saint- Esiirit et par la prédication de saint Pierre, les prémices de l'Eglise naissante furent offertes à Dieu.
Comment? — Par la conversion de trois mille hommes, qui furent suivis de beaucoup d'autres.
ARTICLE III
Merveilles que le Saint-Esprit opéra dans l'Eglise naissante.
Quelle vie menaient ces nouveaux disciples qui composèrent l'Eglise naissante? — Une vie d'une sainteté admirable.
Jî)i quoi était-elle si admirable? — Ils n'avaient tous qu'un cœur et qu'une âme; et tout était commun entre eux.
Comment? — Ils vendaient leurs biens, et en apportaient le prix aux pieds des apôtres, qui distribuaient à chacun selon ses besoins.
Quelle vertu éclate encore dans les premiers chrétiens? — La joie de souffrir pour le nom de Jésus- Christ.
Quel était leur service et leur culte? — De s'assembler tous les jours pour prier ensemble, écouter la prédication des apôtres, ^t célébrer l'Eucharistie.
Ils étaient donc d'une merveilleuse édification? — Oui, on les voyait toujours ensemble en prières dans le temple, et tout le monde les aimait.
Et qu'est-ce qu'on admirait principalement? — Le changement arrivé dans les apôtres.
Quel était ce changement? — Que des hommes si grossiers et si ignorants expliquassent si hautement les secrets de Dieu et les saintes Ecritures.
Qu'y avait-il encore de changé dans les apèitres ? — C'est que de lâches ils de\ inrenl courageux , pour rendre témoignage de la résurrection de Jésus-Cliiist.
Et comment confirmaient-ils leurs témoignages? — Par les miracles qu'ils faisaient de\ ant le peuple.
Comment encore? — En s'exposant à la mort et à tous les sup|>lices, pour soutenir qu'ils avaient vu , qu'ils avaient oui' et touché Jésus-Christ ressuscité.
Qui leur donna cette force ? — Le Saint-Esprit , en allumant la charité dans leurs cœurs.
ARTICLE IV
De l'opération perpétuelle du Saint-Esprit dans l'Eglise.
Le Saint-Esprit a-t-il opéré seulement dans l'Eglise naissante? — Non, il continue le même secours dans la suite des temps.
En qui parait principalement l'opération du Saint- Esprit dans l'Eglise? — Dans la force invincible qu'il lui donne.
Et en quoi l'Eglise a-t-elle montré cette force? — En souffrant, trois cents ans durant, une continuelle persécution, sans murmurer.
La force de l'Eglise ne parait-elle pas encore en d'autres choses ? — Elle parait encore dans la victoire iiu'elle a remportée contre tant d'hérésies.
Qu' appelez-vous des hérésies? — De mau\ aises doc-
CATÉCHISME DE MEAUX
ti'ines où l'on préfère opiniâtrement des raisonnements humains à ce que Dieu a révélé, et son sens [larticulier au jugement de l'Eglise.
Quelle assistance le Saint-Esprit donne-t-il encore dans l'Eglise? — En ce que la same doctrine et l'esprit de sainteté y demeure toujours , dans une si grande corruption de mœurs.
Que fdut-il faire pour corriijer les mauvaises mœurs?
— Se conformer aux exemples qu'a donnés l'Eglise naissante.
Que devons-nous principalement apprendre d'elle? — A nous réjouir dans les souffrances.
Et quoi encore? — A n'être tous qu'un cœur et qu'une âme.
Comment? — En bannissant d'entre nous les inimitiés et les discordes.
L'Eglise subsistera-t-elle toujours? — Oui . et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle , comme Jésus-Glirist l'a promis.
Qu'est-ce à dire les portes de l'enfer? — La puissance de l'enfer; et cela veut dire que l'Église ne sera jamais renversée, ni par les persécutions, ni par les hérésies, ni par la corruption des mœurs , ni par celle des particuliers, ni par celle de ses ministres.
Sera-t-elle toujours véritable et toujours sainte , malgré toutes ces choses? — Oui , toujours \ éritable et toujours sainte.
Comment toujours véritable^ — Parce qu'elle enseignera toujours toutes les vérités que Dieu a révélées.
Comment toujours sainte^ — Parce que par sa doctrine toujours sainte, elle ne cessera jamais de produire des saints dans son unité.
Qui opère cette merveille? — Le Saint-Esprit qui l'anime.
ARTICLE V