‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 488 sur 609 · POUR BIEN ENTENDRE LE SERVICE DIVIN · texte numérisé non relu

POUR BIEN ENTENDRE LE SERVICE DIVIN

La première chose que le chrétien doit considérer, c'est que le service divin est institué pour adorer Dieu, le louer, lui rendre grâces, et lui demander nos besoins, et non-seulement nos besoins spirituels, mais encore les temporels par rapport aux spirituels.

Telle est en général la fin du service divin. L'Eglise le diversi.le souvent, afin de rappeler dans l'esprit des, fidèles les mystères de Jésus-Christ, ou la mémoire de la sainte Vierge et des saints; et tout cela pour nous excitera aimer Dieu par toutes sortes de moyens.

Ainsi, ce qu'on doit faire en général dans le service divin, c'est de se mettre et de se tenir en la présence de Dieu, et de faire de continuels actes de foi, d'espérance et de charité.

Pour le bien faire, il est bon de relire souvent ce qui en est dit dans le second Catéchisme (I. Part., Leçon vi, et III. Part., Leçoni ; et encore IV. Part., Leçon v). On verra que tout le monde est capable de ces actes, et que pour les faire, on n'a pas besoin d'une grande application de l'esprit, mais d'une droite intention du cœur.

Et a chaque jour solennel il faut entrer dans l'esprit de la fête en relisant et méditant avec soin dans le Catéchisme des Fêtes, ce qui est dit pour chacune.

On doit considérer, en second lieu, que c'est avec beaucoup de raison que l'Eglise de Dieu a continué de faire le service divin, ou en grec ou en latin, et dans les autres langues primitives et originales, même après que ces langues ont cessé d'être vulgaires et connues. La principale vue que l'Eglise a eue dans cette pratique, c'est d'éviter les changements trop fréquents qui se font

B. — T. VMI.

dans les langues vulgaires, et de conserver une certaine uniformité.

Quand même on chanterait les Psaumes et qu'on lirait les autres parties de l'Ecriture en langue vulgaire, il y aurait toujours beaucoup de choses que la plus grande partie du peuple n'entendrait pas. Il ne serait pas pour cela sans fruit; parce que, comme dit saint Augustin : Si le peuple chrétien n'entend pas toujours les psaumes qu'il chante, il croit que ce qu'il chante est bon , et il recueille le fruit de sa foi (Tr. 221 in Joan.).

Toutefois, pour ne pas priver le peuple de ce fruit particulier qui lui revient de l'intelligence de ce qui se chante et se récite en l'Eglise, on y a pourvu par tant de pieuses versions, que personne n'a sujet de se plaindre que rien ne lui puisse manquer.

Notre intention , dans ce recueil, est d'aider les plus ignorants qui ne sont pas capables de plus hautes méditations, les plus pauvres qui n'ont pas le moyen d'acheter d'autres livres, et les plus occupés qui n'ont pas le loisir de les lire.

PRIÈRES ECCLÉSIASTIQUES

Les Prières du matix et du ."oir sont à la suite du premier Catéchisme.

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