‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 491 sur 609 · Acte d'adoration devant la divine majesté · texte numérisé non relu

Acte d'adoration devant la divine majesté

On te pourra faire au commencement du service divin, et en d'autre temps de la journée à sa dévotion , à l'exemple de David {I. Parai., xxL\)g

Béni soyez-vous, ô Seigneur Dieu tout-puissant, de toute éternité, et durant toute l'éternité. Avons, Seigneur, appartient la majesté et la puissance , et la gloire, et la victoire, et la louange. Toutes les choses qui sont dans le ciel et sur la terre sont à vous ; vous les avez tirées du néant, et vous ne cessez de les conserver par votre bonté. Il vous appartient de régner, et vous êtes au-dessus de tous les princes. Les grandeurs et les richesses sont à vous ; vous les donnez à qui il vous plaît : heureux ceux à qui vous apprenez à les mépriser, et à se contenter de vous seul ! En votre main est la force et la puissance , la grandeur et l'empire souverain. Ainen.

Adoration et action de grâces a Jésus-Christ.

Pour la rédemption du genre humain {Apoc, v, 12). L'Agneau qui a été immolé pour nous , le Fils de Dieu qui s'est fait notre victime , est digne de recevoir la gloire qui est due à sa divinité , et à sa sagesse , et à sa puissance, et à sa force qui le fait régner dans tout l'univers, et l'honneur, et la louange, et la bénédiction ; ])arce qu'il nous a rachetés par son sang , de tout peuple, de toute langue , et de toute nation, afin de régner avec lui, et d'être des sacrificateurs spirituels qui lui ofl'rent des vœux, des prières et des louanges continuelles pour tous ses bienfaits. Ainsi soit-il.

La messe est le sacrifice des chrétiens, c'est-à-dire, l'acte principal de religion par lequel on rend à Dieu, en lui otfrant et consacrant quelque chose de sensible, le culte suprême qui lui est dii comme à notre créateur, et l'hommage d'une dépendance absolue. On y rend grâces à Dieu de tous ses bienfaits ; on lui domaiido les grâces dont on a besoin, et on apaise sa colère irritée par nos péchés.

PRIÈRES ECCLÉSIASTIQUES

La victime qu'on offre à Dieu pour toutes ces fins, est le corps et le sang do .lésus-Christ sous les espèces du pain et du vin, qu'on lui consacre en mémoire perpétuelle de la passion et de la mort du même Jésus qui l'a ainsi ordonné.

Ce mot de messe signifie renvoi ; parce qu'autrefois au commencement de l'action du sacrifice, on renvoyait, c'est-à-dire, on faisait sortir de l'église les catéchumènes et les pénitents, et qu'à la fin on renvoie encore tout le peuple, en disant : Ite. missa est : Allez, on vous re?ivoie. Ce dernier renvoi veut dire qu'il ne faut sortir de l'église que lorsque tout le sacrifice est achevé , et que l'Eglise elle-même , qui nous y a invités, nous renvoie dans nos maisons.

Les catéchumènes étaient ceux qu'on préparait au baptême , et les pénitents ceux qui étaient en pénitence publique. C'est donc ici le sacrifice des saints ; et pour y assister dignement, il faudrait avoir la conscience toujours pure ; du moins faut-il demander la rémission de ses péchés , avec une douleur sincère de les avoir commis ; et c'est par où le prèlro commence la messe, en se tenant au pied do l'autel comme indigne d'en approcher, disant son Confiteor, et med culpd, frappant sa poitrine et se reconnaissant pécheur.

Le temple où l'on oli're le sacrifice représente le ciel où Dieu se manifeste à ses élus ; il signifie aussi la société des fidèles où Dieu habite, et les fidèles sont les pierres vivantes dont cet édifice spirituel est composé. C'est pour cela qu'on l'appelle Eylisc. parce qu'il représente l'Eglise qui est la société des fidèles.

L'autel représente le trône de Dieu , où il reçoit les adorations de toutes ses créatures. Il signifie aussi Jésus-Christ en qui tous nos vœux et nous-mêmes nous sommes offerts à Dieu comme une offrande agréable.

Le prêtre représente Jésus-Christ notre pontife. Les habits sacrés font reconnaître que le prêtre est une nouvelle créature portant en lui-même l'image de Jésus- Christ crucifié , au nom duquel il agit et il parle dans cette action.

Il faut donc s'unir au prêtre ; et en la personne du prêtre s'unir à J.-C. môme dont il est le ministre.

Il est aussi le ministre de tout le peuple au nom duquel il parle, et dont il porte à Dieu les vœux et les prières ; de sorte que ce sacrifice n'est pas seulement le sacrifice du prêtre , mais encore celui de tout le t peuple.

Anciennement tout le peuple assistait, autant qu'il se pouvait, à la même messe, afin d'offrir en commun ses vœux : chose très-agréable à Dieu , qui est le Dieu de paix , et un père qui est bien aise d'être servi par ses enfants en unité parfaite. C'est ce qu'on fait encore dans la messe paroissiale.

Les assistants communiaient autrefois avec le prêtre , et ce serait encore l'intention de l'Eglise que cela se fil, comme elle s'en est expliquée dans le concile de Trente, Sess. XXII, cap. vi ; mais elle ne laisse pas d'offrir à Dieu son sacrifice, et de célébrer le banquet sacré : encore que tous les fidèles n'y participent pas en effet , l'Eglise les y invite , et il y faut du moins participer en esprit.

Autrefois aussi tout le peuple répondait au prêtre; et le ministre qui le sert doit aussi pour cette raison, parler au nom de toute l'Eglise. Voici les réponses qu'il faut faire.

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